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Essais philosophiques Développement Personnel & Art de Vivre

Comment la personne peut-elle espérer s’accomplir ?

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L’accomplissement de la personne, un vaste sujet. Un sujet qui mérite que nous nous penchions un instant dessus. Un sujet qui, depuis le périple d’Ulysse pour rejoindre Ithaque, passionne les hommes. L’accomplissement de la personne, n’est-ce pas au fond un périple personnel vers son Ithaque intérieur, un voyage vers son moi profond ?

Un moi ipséitaire que l’on tente de découvrir ou de redécouvrir. Un moi qui donne un sens à l’existence, une conquête du « je » et du « tu ». L’accomplissement personnel, c’est un moi en dehors de moi, tout en étant en dedans de soi. C’est un moi qui a du sens.

Alors ici, la question se pose : Comment la personne peut-elle espérer s’accomplir ?

Nous y répondrons en étudiant l’accomplissement dans le pour soi et le pour autrui. Nous le verrons dans le domaine privé et le domaine public, dans ce que Hannah Arendt appelait la « vita contemplativa » et la « vita activa »¹.

I. L’accomplissement dans le pour soi

Au cours de cette première partie, nous allons nous attarder sur les moyens dont la personne dispose pour espérer s’accomplir dans le pour soi. Nous allons entrer dans le monde de la vita
contemplativa.

Cette vita contemplativa, bien que contemplative est avant tout une vie d’actions intérieures.
Le « pour soi » est ici un prélude au « pour l’autre ». Or, comment espérer s’accomplir sans se
connaître ou sans connaître le monde qui nous entoure ? De prime abord en prenant le recul, le
retrait nécessaire à l’introspection, la contemplation et l’étude.

Ce temps de facto privé, est le temps du loisir dans son antique acception d’activité ne servant pas à pourvoir à la nécessité du quotidien. Ce temps de vie est un moment pour l’élévation intellectuelle et morale. Par la skholé, comme jadis les grecs nommaient l’étude, l’homme peut avoir l’espoir de s’accomplir dans sa res cogitans.

En effet, Sénèque nous interpelle sur le fait que « le loisir sans étude est une mort de l’âme – une pierre tombale pour l’homme »². Cesser de se cultiver revient à cesser d’être au monde, cela est la première étape du sabotage de l’accomplissement de l’homme. La personne a le devoir de s’enrichir intellectuellement et moralement, car sans entretien de sa raison l’âme se meurt.

Si l’on cesse d’être au monde, c’est la fin du « pouvoir être ». Et de facto on annule le champ des possibilités qu’offrent la contemplation et l’introspection.

Contemplation qui permet à l’artiste, à l’explorateur et à l’homme en général de fixer ces parenthèses extatiques qui octroient la possibilité d’être dans l’accomplissement pour soi. Par la contemplation, Paul Cézanne a pu s’accomplir en figeant son regard, en figeant son moi dans le massif de la Sainte Victoire ; tout comme Eric Tabarly, qui en plongeant son regard dans l’horizon du rivage, ira voir par delà les Colonnes d’Hercules.

Enfin l’introspection, cette retraite nécessaire de soi en soi-même, offre de se recentrer sur son être dans son être, pour que s’opère l’aléthéia, le dévoilement de soi, pour entrer en « aperture » comme le dirait Ricoeur. « Aperture » qui ouvre la voie de l’accomplissement dans le pour autrui.

II. L’accomplissement dans le pour autrui

Je vous invite à poursuivre notre analyse des moyens dont dispose la personne pour espérer s’accomplir en nous penchant sur l’accomplissement dans le pour autrui, et dans la vita activa, la vie dite publique.

L’homme étant un animal politique selon l’aristotélicienne formule, il peut tenter de s’accomplir en trouvant sa place, son utilité dans la polis.L’homme n’est pas une machine, un outil. C’est pourquoi, cette utilité ne doit pas être comprise au travers du prisme de l’utilitaire, elle doit être regardée sous l’angle de la responsabilité, de la préoccupation pour autrui.

Nous entendons tous, ça et là, certaines personnes, à un moment donné de leur vie s’interroger sur le sens de leur emploi, de leur rôle social : « À quoi je sers ? » « Qui suis-je ? »

Ces interrogations légitimes se posent de plus en plus dans notre société moderne où la technicisation du travail (notre rôle dans la polis) tend à déshumaniser nos interactions.

Qui, du chef opérateur sur une hotline, ou de la puéricultrice est dans l’utilitaire ?

Qui, de la vendeuse de prêt-à-porter régie par la pression du chiffre ou du conseiller funéraire devant être attentif à l’autre, est dans la responsabilité ?

Il va de soi qu’un conseiller funéraire saura donner du sens à sa place dans la cité. Je ne suis pas sûr qu’un chef opérateur s’accomplisse dans un emploi si technique que le sens, l’éthique et la morale semblent être antagonistes à cet emploi purement utilitaire.

Pour espérer rejoindre son Ithaque personnel, l’homme doit agir en responsabilité et dans la préoccupation pour son altérité. Surtout si cette dernière est un enfant ou un jeune adolescent.

C’est pourquoi la paideia, la transmission, me paraît être capitale dans l’accomplissement de la personne.

En effet, éduquer, instruire c’est donner des connaissances, des sagesses et du soi à la personne que l’on a en face de soi. N’est-ce pas une preuve d’accomplissement pour un père ou pour un instituteur que de voir le fils ou l’élève évoluer selon les préceptes transmis ?

C’est dans cette transmission que le chef opérateur précédemment évoqué, peut espérer s’accomplir.

Parmi les moyens que possède la personne pour espérer s’accomplir, il y a également l’aide, le secours, la charité. C’est par cet acte de désintéressement que l’homme, abruti par le non-sens que lui propose la société moderne, devenue une bien piètre tragi-comédie indigne d’Eschylles, retrouvera du sens à ce pourquoi il est là. Je parle ici de désintéressement car, comme aurait pu le dire le philosophe et théologien espagnol Juan Luis Vives, ce que Dieu donne à chaque personne cela ne lui est pas donné à lui seul. Il ne peut donc pas y avoir de véritable piété sans aide ou bienfaisance mutuelle³.

Cela me fait dire que la charité désintéressée, c’est donner à Dieu par l’entremise du nécessiteux.

En effet, l’aide c’est se rapprocher de Dieu en se rapprochant de l’homme. Le secours est une préoccupation pour autrui faisant sortir l’homme de la banalité de son quotidien⁴. Et en cela, la
personne peut espérer s’accomplir.

Cette préoccupation non-banale me mène à vous parler des deux derniers moyens pour espèrer
s’accomplir, l’amour et l’acte de foi.

Nous avons vu que, par une préoccupation non-banale, la personne sortait de la banalité de son quotidien. C’est par cette sortie de la banalité ordinaire que la personne peut trouver les moyens de son accomplissement⁴. Parlons de l’amour maintenant, comme moyen d’espérer s’accomplir.
L’amour revêt d’abord un partie égoïque, voir dans l’autre un autre moi-même bien que l’autre soit
un étranger. Cependant, l’amour c’est aussi prendre la responsabilité d’une personne, qui à partir du
moment où cette personne est aimée, cesse d’être une chose parmi les choses mondaines. Elle cesse d’être réifiée pour devenir sujet.

Par l’expression des sentiments, et donc par la sortie de son moi, pour aller vers le toi s’opère la
subjectivité de la personne qui reçoit cet amour. L’amour devient alors une préoccupation non-
banale : une autre personne que moi-même compte dans ma vie. Cette personne est importante pour moi comme je suis important pour elle. Ce qui me confère une responsabilité pour un autre que moi, pour un être libre d’être ou de ne plus être dans ma mondanéité. C’est une responsabilité pour ce qui n’est pas de mon fait tel que pouvait le dire Emmanuel Levinas⁵.

L’amour est avant tout une éthique, il nous fait prendre conscience de l’autre en tant qu’être, nous
permettant donc d’être pour autrui.

Ainsi, c’est dans l’amour fondateur de bien des amitiés, de nombreuses romances, que notre
vendeuse en prêt-à-porter pourra, dans cette responsabilité, dans cette préoccupation non-banale, espérer s’accomplir. Elle cessera donc d’être dans l’utilitaire, pour être dans l’être. Tissera-t-elle de solides relations amicales ? Fondera-t-elle un foyer ?
S’accomplira-t-elle en offrant à un autre la vie ?

Ici, je voudrais poser une dernière question :
Et si pour espérer s’accomplir, la personne devait poser un acte de Foi ? Acte de Foi, qui est une éthique de la Foi. Éthique alliant l’amour désintéressé pour Dieu et l’amour en responsabilité pour l’autre, une action qui sort l’être de la banalité.

En effet, c’est par cet amour désintéressé pour Dieu que peut s’opérer l’ouverture. Laquelle fondera l’espoir de s’accomplir en Dieu. Pour illustrer mon propos, je voudrais vous parler d’une religieuse polonaise , qui devenue aveugle à 22 ans, parcourut l’Europe occidentale pour s’enquérir des techniques de communication pour aveugle déjà bien développées en France et en Allemagne. Mère Roza Czacka fondera par la suite la « Société pour le soin des aveugles » à Varsovie et adaptera l’alphabet Braille à la langue Polonaise.

La Bienheureuse n’hésitera pas, au péril de sa vie, à utiliser son couvent pour cacher des Résistants pendant l’annexion de la Pologne par les nazis. Mère Roza Czacka ne s’est-elle pas ici accomplie ? N’a-t-on pas ici un bel exemple de l’espoir d’accomplissement par un acte de Foi ? Acte d’une existence tournée vers Dieu, en ouverture sur le
monde pour autrui.

Nonobstant tout ce que nous venons de dire, la personne devra prendre en considération son caractère mortel. Marquée par une temporalité définie, elle devra par conséquent se hâter d’être et de vivre pour espérer s’accomplir.

Conclusion :

Nous avons vu que pour espérer s’accomplir, la personne pouvait dans un premier temps se chercher, étudier, être dans la contemplation pour devenir une ouverture et être au monde. Puis, nous nous sommes attardés sur le fait que pour espérer découvrir son Ithaque personnel l’homme devait être pour autrui.

En comprenant le paramètre temporel de son existence la personne sera de facto dans l’être.

C’est par cette compréhension de sa finitude terrestre, qui lui permettra une conscience introspective de soi et d’agir éthiquement dans la préoccupation pour autrui, l’amour, la foi et la raison et en trouvant le sens de son existence que la personne peut espérer s’accomplir. Car comme l’aurait dit Zénon de Kition : « l’homme conquiert le monde en se conquérant lui-même ».

Florian Marek

Bibliographie :
¹. Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne, trad . Georges Fradier, coll. Biblio Essais, éd. Le Livre de poche, 2023.
₂. Sénèque, Lettres à Lucilius, éd. Edition Intégrale, 2022, Lettre n° LXXXII.
₃. Juan Luis Vives, El socorro de los pobres, langue espagnole, coll. Clásicos del pensamiento, éd.
Tecnos Editorial SA, 2007.
₄. Martin Heidegger, Être et Temps, trad. François Vezin coll. Tel, éd. Gallimard, 1968.
⁵. Emmanuel Levinas, Ethique et Infini, coll. Biblio Essais, éd. Le Livre de poche, p.91.

📚Avis lecture – Ma vie à l’infini📚

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💖Pépite coup de cœur💖

Ma vie à l’infini est le premier roman d’Adeline Tabary publié à Heaven Dream Editions.

Je connais depuis longtemps la plume d’Adeline qui est incroyable, et ce fût un vrai bonheur de la retrouver. La première vie de Maxime ne m’était pas inconnue et j’attendais avec impatience de la relire et, avec elle, découvrir les autres et retrouver Max, Lex, et la jolie Mathilde 💜💜💜. Et autant vous dire que Ma vie à l’infini est une vraie pépite, un régal que j’ai dévoré sans modération.

Les personnages sont profonds et attachants. On les retrouve au fil des cinq vies de Maxime avec leurs personnalités qui restent les mêmes. Au fil des recommencements, Adeline nous montre comment un choix, une action, un petit détail peut tout changer. Comment un grain de sable peut enrayer la machine, comment un intonation de voix peut tout faire basculer…

Adeline nous expose avec brio, d’une plume qui fait écho à votre âme et votre cœur, une réflexion sur la vie et tout ce qui peut la colorer dans toutes les nuances de gris, car rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. A la question que l’on s’est tous posé au moins une fois dans notre vie : “Et si j’avais fait ci, ou choisi ça…”, Adeline nous offre un aperçu des possibilités avec les différentes vies de Maxime qui implique toujours le même trio, des âmes sœurs qui sont vouées à évoluer ensemble.

Les émotions, les rebondissements, les surprises sont au rendez-vous et vous tiennent en haleine du début à la fin. Aucune vie ne ressemble à une autre, mais toutes résonnent au plus profond de nous car elles sont offertes avec justesse. Une telle justesse, qu’elle fait écho à votre propre vie, à vos propres remises en question, vos émotions, vos doutes, vos certitudes…

Une expérience littéraire hors norme offerte par une auteure à la plume envoûtante et au talent exceptionnel. Et, la fin est un vrai coup de maître de l’auteure, elle est d’une justesse incroyable et parfaite.

En résumé : Foncez, à l’infini !

*****

Résumé :

Que feriez-vous si votre existence n’était qu’un éternel recommencement ? Vos choix seraient-ils différents ?
Je m’appelle Maxime, et ce matin, je me dirige vers un entretien d’embauche qui pourrait s’avérer crucial pour mon avenir. Je ne m’attendais pas à croiser la belle Mathilde, l’hôtesse d’accueil timide. Cette rencontre pourrait bouleverser ma vie, l’illuminer. Amour, succès professionnel, tout semble enfin me sourire. Mais le bonheur est éphémère et le rêve peut rapidement se muer en cauchemar.
Que serais-je devenu si j’avais su ? Aurais-je pris d’autres décisions, emprunté un chemin différent ? Et si le destin m’offrait une nouvelle chance, un véritable recommencement ?

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📚Avis lecture – Le croisement des parallèles📚

#Hashtag(s) : #Critique & analyse

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Une lecture sympathique

Avec Le croisement des parallèles de Patrick Nadaud et Bernard Varnoux publié aux édition Le livre et la plume, je sors de mes lectures habituelles puisque ce court roman à quatre mains retrace le quotidien de Philippe et Adrien.

Les chapitres s’enchaînent, alternant le parcours des deux hommes qui arpentent des chemins de vie presque à l’opposé l’une de l’autre.
D’un côté, Philippe vient au monde dans un cocon douillet avec une enfance de rêve et un avenir qui semble se tracer sans encombres. Il a une relation très profonde avec son père, Charles, auquel il est très attaché.
De l’autre, Adrien qui naît de “père inconnu” (officiellement), non prévu dans la vie de sa jeune mère. Il vivra ses premières années chez sa tante et son oncle. Deux personnes qui m’ont beaucoup touchée et que j’ai énormément apprécié.

Tout semble les mener vers des vies si différentes, au point que rien ne prédit qu’elles pourraient se croiser.
C’est d’ailleurs ce concept, offert dans le titre, que j’ai trouvé intéressant. Malgré tout, je regrette qu’il n’ait pas été plus approfondi au fil du livre. Je pense que le croisement des parallèles aurait mérité d’être exploité de façon plus développée et pas seulement sur la fin. J’aurai aimé en savoir un peu plus sur cette intersection improbable, mais aussi sur ce qu’elle a permis de faire naître.

La plume des deux auteurs est fluide et très agréable à lire. Le passage de l’une à l’autre se fait sans difficulté. On sent l’amour des mots qui les animent tous les deux même s’ils ont chacun leur style.
Le côté Philippe est écrit avec un peu trop de naïveté à mon goût, tandis que le récit d’Adrien est parfois un peu trop chaotique ce qui a entraîné un brin de confusion par instant, mais la vie d’Adrien est aussi plus complexe que celle de Philippe.

En conclusion, une lecture sympathique avec une excellente chute, un concept d’intrigue bien pensé, mais j’aurai aimé que celui-ci soit un peu plus développé.

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Résumé :

Dans cet écrit à quatre mains, deux hommes pudiques nous plongent dans leurs vies singulières. Rien ne présupposait que leurs trajectoires de vie, a priori parallèles, se croiseraient. Ni leur enfance, ni leur vie professionnelle.
Qu’ont-ils en commun ? Leur amour des mots, de la poésie et de la musique ? Leur souffrance d’un parent disparu ? Leur quête de reconnaissance de ce qu’ils ont accompli ?
Dans cette interrogation “Charles, le sais-tu ?”, Adrien et Philippe nous livrent leurs intimités.

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L’être de Merleau-Ponty

#Hashtag(s) : #Critique & analyse

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Notre propos portera sur deux aspects de la philosophie complexe et saisissante de Maurice Merleau-Ponty, une philosophie qui révolutionne la vision phénoménale et existentiale du monde.

Dans un premier temps nous parlerons du monde et de la façon dont nous l’habitons, ainsi que de la perception comme système de connaissance du monde. Dans un second temps, nous verrons que c’est par la communication que s’articule la perception de l’autre et la relation avec lui, nous verrons que l’être est une incarnation, qui tient le tout et nous possède.

Nous conclurons en argumentant sur le fait que l’être de Merleau-Ponty est un être pour le monde et pour autrui.

 

I. Le monde et la perception

a). Nous habitons le monde

La philosophie de Merleau-Ponty nous permet de comprendre que nous ne sommes pas de simples « être-là » au sens heideggerien du terme. Nous ne sommes pas qu’un « Dasein ». Pour le philosophe allemand nous sommes des « êtres au monde » alors que pour Merleau-Ponty nous sommes des êtres dans le monde, monde qui est déjà là, devant nous. Ce monde est ici soutenu par l’être qui ne demande qu’à exister en tant qu’être pour se laisser percevoir et percevoir le monde.

Nous sommes en relation avec ce dernier comme nous sommes en relation avec notre maison. Notre maison « est » notre maison, comme le monde « est » notre monde. Nous percevons notre maison comme notre maison et le monde comme notre monde car au fondement de tout ils « sont ». Nous sommes en relation avec ce qui nous entoure, car ce qui nous entoure « est ».

Nous ne sommes en relation que parce que l’être est là, il soutient le monde. Et l’être c’est une aperture, une ouverture au monde comme aurait pu dire Paul Ricoeur et d’après Merleau-Ponty, l’être est l’ouverture de la chair qui nous fait entrer en médiation avec le monde environnant. C’est là, la clef de notre perception, nous percevons ce qui « est ». Nous habitons le monde par notre chair et notre esprit, car nous sommes incarnation. Et c’est l’incarnation, qui nous fait habiter le monde. Car notre chair s’ouvre pour entrer en relation avec le monde et nous le faire habiter.

En effet, c’est notre être et son incarnation qui nous octroient le droit d’habiter le monde ; nous ne pouvons habiter que ce qui est. Nous habitons ce monde, comme nous habitons notre maison, dans les deux cas nous pouvons nous y mouvoir. Nous pouvons aller dans la rue, comme nous pouvons aller dans notre chambre.

Pour habiter pleinement le monde nous devons pouvoir le sentir. Nous devons pouvoir le toucher, le goûter, le sentir et surtout le voir. Nous sommes sommes chair, incarnation et de facto obligés de passer par la sensation et le mouvement pour percevoir le monde. Merleau-Ponty nous le rappelle effectivement, nous sommes des êtres sensori-moteurs. Nous habitons le monde grâce à un schéma corporel, ce schéma offre à mon corps un rapport intersoriel au monde qui m’entoure et me précède.

C’est ce phénomène qui fait quenous sommes au monde. Car le monde est une expérience de la sensation permanente. Si nous voulons nous convaincre que c’est par la perception que nous habitons le monde, observons les comportements primaires des enfants.

Le nourrisson ne porte-t-il pas tout à la bouche, comme pour goûter le monde ? C’est ici sa manière de s’approprier le monde, de l’habiter. Cependant, la vue reste la seule façon valable d’entrer en relation avec l’espace environnant. C’est par cette dernière, que notre être sort de nous, et se projette dans l’horizon de l’espace autour de nous. Assurément, c’est parce que je vois que je peux mettre du moi dans le monde. Aller voir, c’est beau d’aller voir, d’aller regarder. D’aller regarder ce qu’il y a derrière la grande palissade, pour qu’une fois vu, ce qui y est caché soit dévoilé et fasse partie de mon monde.

Par ce dévoilement, j’aurais découvert une nouvelle pièce dans ma maison-monde. Et c’est mon œil qui m’aura permis de voir ce qui est, et c’est par la perception de l’être omni tenens que nous entrons dans le monde et pouvons l’habiter.

b). La perception un système de connaissance du monde

Dans phénoménologie de la perception, à la page 235, Merleau-Ponty nous dit : « le corps propre et dans le monde comme le cœur dans l’organisme : il maintient continuellement en vie le spectacle visible, il l’anime et le nourrit intérieurement, il forme avec lui un système. »

Ici la métaphore du cœur est, au regard de sa pensée sur la chair, très intéressante.

En effet, la chair est ce que nous percevons des corps qui nous encerclent. C’est la masse que nous voyons et le cœur c’est justement ce que nous ne voyons pas. Le cœur rejoint là l’idée de foi perceptive qu’il défend.

Mais le cœur, c’est surtout le point de départ du système vasculaire, c’est lui qui donne l’impulsion. Le cœur, c’est l’être en nous. Il vascularise le monde, il lui donne l’impulsion qui le fait se projeter et percevoir le monde. La perception est une communication sensorielle entre le monde et moi.

Effectivement, grâce à cette dernière je peux naître avec le monde, je peux le connaître. Grâce à ma perception, je peux percer ce que je vois, voir ce qui est, et de facto le conceptualiser.

Je conceptualise ce que je vois, car ce que je vois me nourrit. Une fois vue, une carafe pourra être vue par l’imaginaire ; cette perception du dedans. Par ma vision de la carafe je me suis projeté en elle, et elle c’est projetée en moi. J’ai intériorisé sa forme, sa couleur, sa taille. Je l’ai vue dans un contexte, sur un fond qui me permet de l’identifier comme carafe. Elle était sur une table, au milieu de verres, elle était dans le jardin. Je l’ai vu depuis mon canapé. Ce qui est fabuleux, c’est que je peux la voir par l’imagination.

Mon esprit peut mettre en forme et en couleur la carafe qui n’est pas là, et je la vois intérieurement. Je la conçois car son corps est gravé en moi et du fait que je l’ai vue, je me suis gravé en elle.

Carafe dont on ne voit qu’une perspective dans l’horizon et qui soumise à un autre point de vue peut sembler plus petite, vermillon ou bien carmin selon l’exposition lumineuse. Mais aussi avoir une ance si elle est vue depuis le potager et non depuis le canapé, sur lequel je suis assis.

Le monde en effet est un spectacle où grâce à la perception, je deviens un spectateur acteur d’un système de relations de « corps à corps », de « chair à chair » mis en scène par l’être et possible par la perception. Ainsi je peux tisser un schéma de pensée et un schéma corporel qui m’ouvrent à un système de connaissance, octroyant à l’être une intentionnalité de l’existence.

II. Le rapport à autrui

a). La perception de l’autre est communication.

Notre rapport à l’autre, notre perception de l’autre, ne peut avoir lieu que parce que nous communiquons. L’être de l’autre est comme un miroir qui nous répond dès lors que l’on s’y projette. En effet, notre mode de perception d’autrui est forgé par la communication. Nous communiquons sans cesse, c’est cette communication qui rend possible l’intentionnalité de l’existence, et de facto notre perception de celui qui est en face de moi. La communication fait de moi un pour autrui.

Nonobstant, je perçois l’autre qui est un corps, une chair. Un corps qui n’est pas un corps en soi mais un corps pour soi qui sort de la pure objectivité pour être dans le pour soi, le pour autrui. Un corps qui est dans l’intersubjectivité. Il est pour la communication, ce qui implique tout le panel des sens, comme il est corps je peux le toucher, le sentir, l’ouïr et le voir. Les modes de communication sont le désir et la confiance. Communication elle-même mode d’existence de l’être.

A la question, « pourquoi je désire ma femme ? » Nous pouvons répondre, je la désire parce que je désire son corps, sa chair. Je veux pouvoir la toucher, la caresser, l’entendre, la voir. Je la désire car je désire la présence de son être dans mon espace. Je veux la voir exister dans mon champ de perceptions. Je veux qu’elle soit là. Je veux que mon être communique avec le sien. Mais, quand elle n’est plus là, je me retrouve dans un état de frustration car mon être ne peut plus se communiquer à elle, il ne peut plus communier avec elle. Et quand elle réapparaît devant moi, alors je ressens un sentiment extatique qui me fait à nouveau exister pour elle et la percevoir dans mon monde. Le désir est ici une intentionnalité dans le sens où je désire un corps qui existe, avec lequel je peux me communiquer à l’autre, à l’être de l’autre dans son incarnation, dans sa chair. Cependant, la communication à autrui, la communion des êtres, ne peut advenir que si la confiance, la foi perceptive est présente. La confiance peut s’observer dans un contexte cognitif et affectif.

Par exemple, ma mère. J’ai confiance en elle parce qu’elle est ma mère. Mère que je ne connais pas vraiment parce qu’elle relève du mystère pour moi. Je ne saurais jamais à cent pour cent qui elle est.

Sur le plan biologique c’est elle qui m’a conçu, d’un point de vue généalogique j’ai un lien de filiation avec elle et du point de vue de la quotidienneté elle est celle qui caressait ma joue et me faisait mes tartines le matin. En dehors de cette contextualité qui est-elle ? C’est pourquoi je ne peux avoir qu’une foi perceptive vis à vis d’elle, une expérience interrogative permanente. Quand j’étais petit, je m’étonnais qu’elle fasse des « trucs de grands ». Maintenant que je suis « grand » à mon tour, je m’interroge sur ses activités de « vieux ».

Quand je serais également « vieux » et qu’elle sera morte, je me poserais la question de savoir ce qu’aurait bien pu dire ou bien faire ma petite maman dans telle ou telle situation.

La foi perceptive ouvre la voie à cette interrogation perpétuelle, qui m’empêche d’enfermer ma mère dans un système de croyance, car si je l’y enferme alors elle n’est plus. Pour qu’opère le phénomène décrit ci-dessus il faut une osmose du corps et de l’âme afin de sortir de moi-même pour aller vers l’autre et entrer en relation avec lui.

Si ici, j’ai évoqué ma femme et ma mère, c’est parce que pour l’homme que je suis, la femme relève du mystère inépuisable et que comme disait Henri Wallon, je ne peux pas tout réduire en objet. Ma femme et ma mère sont ontologiquement autres et de facto elles échappent à mon intelligence. Ce n’est pas tant la question freudienne « que veulent-elles » qui anime ma relation à elles, mais plutôt la question « qui sont-elles ».

En effet, nous ne pouvons pas, par notre intelligence, y répondre car la question de leur être relève de leur infrastructure, de leur « ultra-chose » que je ne connais pas et qui restera mystérieux pour moi.

Enfin, c’est le mystère de l’être qui anime mon désir, qui est en réalité un besoin de rencontre et de communication avec l’autre, bien plus qu’une pulsion qui chez Freud et chez Sartre s’avère être de l’ordre de l’atavisme ou de la perversion. En fait, je désire et j’ai confiance car je veux comprendre l’autre et que l’autre me comprenne. Par la communication de mon être, je désire pouvoir être. Ce faisant je désire que l’on m’autorise à être.

b). L’être nous possède car il est incarnation

Chez Merleau-Ponty l’être est omni tenens, c’est-à-dire qu’il tient le tout, qu’il nous soutient. Ce qui veut dire que nous ne pouvons pas le posséder, mais que c’est lui qui nous possède. C’est l’être de l’homme, qui par l’union de l’âme et de la chair fait de nous des incarnations ; faisant ainsi de l’être merleau-pontyen une concrétude de l’être alors qu’à contrario de l’être cartésien, qui de part le « cogito » demeure une abstraction. La définition de Descartes « je pense donc je suis » réduit l’être à une pensée, une abstraction.

Alors que, chez Merleau-Ponty, l’être pourrait se définir par l’apophtegme suivant : « je m’incarne donc je suis » renvoyant encore à la concrétude de l’être.

En effet l’incarnation projette l’être dans le monde. Faisons ici une analogie théologique : les Évangiles disent que Dieu par le Christ s’est incarné. Or, avant la descente de Jésus sur la Terre, Dieu n’était qu’une abstraction contenue dans les prières. Par son incarnation dans le Christ, l’être de Dieu nous démontre que l’être soutient le tout, qu’il est « pantocrator », qu’il est omni tenens ; et donc que je ne peux pas posséder ce qui soutient le tout. A l’image de Gabriel Marcel dans « Être et avoir », lorsque je dis « j’ai un enfant », cela ne veut pas dire que je possède un enfant, que j’en suis le propriétaire. Cela est à comprendre de la manière suivante : je suis le père de cet enfant ou bien, cet individu est mon enfant. Il « est », et c’est parce qu’il est que je ne le possède pas. Effectivement l’être est libre, il a une existence propre qui découle de la chair, de son incarnation. Je le perçois comme mon fils car il est un être palpable, qui a son existence propre.

Enfin, c’est parce que tout ce qui est existe, que l’existant s’incarne, que l’être nous possède.

 

Pour conclure, de la chair, de l’incarnation Maurice Merleau-Ponty a fait de l’être un être vu et voyant percevant et perçu. Un être qui, grâce à la perception, se retrouve projeté dans le monde. Avec la philosophie de Merleau-Ponty, l’être se situe loin des circonvolutions heideggeriennes et de l’abstraction cartésienne. Ici nous avons affaire avec un être concret, pas seulement mis au monde mais mis dans le monde, faisant de lui un existant qui par l’intentionnalité de l’existence est un sujet dans l’intersubjectivité, dans la relation à l’autre.

L’être merleau-pontyen est de facto un être pour autrui, un être concret qui par un réseau relationnel et sensoriel habite le monde.

 

Florian Marek.

 

Bibliographie :

Maurice Merleau-Ponty, Signes, coll. Folio Essais, éd. Gallimard, 1960.

Gabriel Marcel, Être et avoir, éd. Aubier, 1935. 

Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, éd. Gallimard, 1945.

Martin Heidegger, Être et Temps, trad. François Vezin coll. Tel, éd. Gallimard, 1968.

Maurice Merleau-Ponty, La structure du comportement, coll. Bibliothèque de philosopihe contemporaine, éd.

Presses Universitaires de France, 1942.

Maurice Merleau-Ponty, L’Oeil et l’Esprit, coll. Folilio Essais, éd. Gallimard, 1964.

Emmanuel de Saint Aubert, « Être et chair chez Merleau-Ponty », dans Ágora Filosófica, Recife (Brésil), 

vol. 23, n° 3, septembre-décembre 2023, pp. 5-35.

https://www1.unicap.br/ojs/index.php/agora/article/view/2457/2226

Emmanuel de Saint Aubert, « “L’Incarnation change tout”. Merleau-Ponty critique de la “théologie 

explicative” », in Archives de philosophie, tome 71, cahier 3, 2008, pp. 371-405. 

https://www.cairn.info/revue-archives-de-philosophie-2008-3-page-371.htm

Oser être soi

#Hashtag(s) : #En cours d'écriture

Contenu complet

Osez être vous-même : Le chemin de l’authenticité révélé

Fatigué(e) des promesses de “bonheur parfait” et des injonctions à toujours être positif ?
Ce livre est pour vous.

Découvrez un guide franc et authentique qui démystifie les recettes miracles du développement personnel. Oubliez la formule magique pour être vous-même ; elle n’existe pas. Mais il existe un chemin, le vôtre, pour vous accepter pleinement et révéler votre véritable potentiel.

À travers mon propre parcours – j’ai moi aussi vécu un chaos où mes repères s’étaient envolés – je vous offre les clés pour :

– Accueillir toutes vos facettes, y compris vos “défauts”, et les transformer en atouts.
– Libérer vos émotions sans culpabilité, et comprendre leur pouvoir.
– Découvrir une créativité qui ne se limite pas à l’art, mais qui se trouve dans chaque aspect de votre quotidien.
– Rebâtir votre confiance en vous, non pas en vous forçant à changer, mais en vous connaissant et en vous respectant tel(le) que vous êtes.

Ce livre n’est pas une solution toute faite, mais une invitation à l’introspection profonde. Il vous poussera à vous poser les bonnes questions, à explorer vos zones d’ombre avec bienveillance et à transformer votre vie en acceptant votre singularité.

Osez être vous-même, sans faux-semblants. Le voyage est exigeant, mais la liberté d’être enfin soi est à portée de main.

🌱CHAPITRE 1

Y a t’il une formule magique pour être soi ? 

Vous cherchez la formule magique pour être vous-même ? L’astuce secrète, le raccourci qui va tout changer ? Je dois vous le dire : elle n’existe pas. C’est peut-être la première grande vérité à accepter. 

Ce livre ne vous donnera pas de solution toute faite, mais il vous offrira des clés pour découvrir votre propre chemin vers l’authenticité. Car chacun de nous est unique, façonné par un vécu singulier.

Avant même d’oser être soi, une question essentielle s’impose : quelle est la confiance que nous nous accordons ? Car sans une certaine confiance en soi, il est difficile de s’autoriser à être pleinement qui l’on est.

Alors, comment trouve-t-on ce chemin si particulier ? Comment bâtit-on cette confiance indispensable ? 

Pour ma part, c’est à l’âge de vingt ans que cette question a surgi en moi : qui étais-je ? Ma vie était alors sens dessus dessous. 

Mes projets venaient d’être anéantis, ma famille avait explosé, et l’existence que je connaissais n’était plus. Je me sentais complètement perdue. Au début, j’ai tenté d’avancer sans écouter mes douleurs. Mais j’étais totalement désorientée, mes repères envolés. Chaque nouveau pas se heurtait à un mur, comme si tout ce que je voulais dans la vie était devenu inaccessible.

J’ai alors compris que je ne maîtrisais pas tout de ma destinée. Ce fut le moment le plus bouleversant de ma vie. En silence, j’ai commencé à me poser des questions profondes sur moi-même, sur mon identité. Pourquoi tout s’écroulait-il autour de moi ? Qu’avais-je fait pour que ma route bifurque à ce point ?

J’ai d’abord sombré dans la culpabilité, alors même que cette situation n’était pas de mon fait. J’avais subi les conséquences des mauvais choix de mes parents. Je me sentais prise pour cible, comme si, pour certains, on m’avait jeté le mauvais œil.

Avec le temps, j’ai compris que tout ceci n’avait rien à voir. Ma vie a changé de cap pour me mettre sur un autre chemin, bien loin de celle que je pensais être.

Maîtriser mon avenir était devenu impossible pour moi. Comme si la destinée me plaçait à un endroit précis sans me demander mon avis. Mon cœur n’a pas accepté cette situation. Ma tête pensait que je devais survivre quoi qu’il arrive. Je ne rentrerai pas dans les détails de ce que j’ai vécu, je préfère le garder pour moi. J’ai juste envie de vous révéler que parfois, nous ne maîtrisons pas tout, hélas…

Certaines personnes choisissent tout dans leur vie et voient tout se mettre en place. Je ne fais pas partie de ces gens. Plus j’ai des projets qui me tiennent à cœur, plus je me sens poussée vers d’autres horizons. 

Depuis que mon chemin a dévié de la trajectoire pour laquelle j’avais bossé comme une dingue, j’ai vécu avec une sorte de faille énorme. Je l’ai même dessinée pour l’intégrer dans les jeux de cartes que j’ai créés, et l’ai nommée « ruine ». Un trou béant immense, comme un séisme violent séparant deux plaques sismiques. Cette souffrance m’a habitée pendant des années. J’ai alors commencé à travailler sur moi pour cicatriser. De là est née mon envie de mieux me comprendre et de libérer mon véritable potentiel. J’ai commencé à me poser des questions existentielles :

À quoi je sers ? Si je ne peux pas faire ce que je veux, pourquoi suis-je poussée à réaliser quelque chose que je ne veux pas ?

C’était violent. Mes vingt ans ne datent pas d’hier ; c’était la fin des années quatre-vingt-dix. À l’époque, le développement personnel, la loi d’attraction, la loi de Murphy n’étaient pas à la mode comme aujourd’hui. J’ai dû me dépatouiller seule. Je me suis tournée vers mes ressources personnelles, utilisant mon intuition, mon instinct et mon hypersensibilité. 

C’est ainsi que, aidée par des jeux de cartes, j’ai commencé à décoder mes émotions et celles des autres. J’utilisais alors un oracle pour ensuite créer mes propres jeux : j’avais ce besoin d’avoir un outil qui me ressemble. J’ai découvert que j’avais un don, celui de prédire certaines situations en fonction du décodage émotionnel de la personne face à moi.

Le destin me jouait un sale tour. Il me permettait de voir comment aider les autres à atteindre leurs objectifs en fonction de leur vécu et de leurs émotions. Cocasse, quand on découvre comment la vie a tourné. J’ai eu du mal à encaisser cette ironie. La formule « le cordonnier est toujours le plus mal chaussé » me collait superbement bien. La colère animait quotidiennement mon cœur. À l’époque, je ne m’étais pas encore lancée professionnellement dans le développement personnel. J’avais surtout besoin de comprendre, de ME comprendre. C’en était même vital.

De mon expérience, je peux vous révéler une évidence : il n’y a pas une seule formule magique pour « être soi », mais une multitude. Tout dépend de votre personnalité, de votre vécu. Méfiez-vous des personnes qui vous proposent des méthodes toutes faites, car elles n’existent pas. Ce qui vaut pour l’un ne vaut pas forcément pour l’autre. C’est en tout cas ce que j’ai compris dans mon cheminement vers la compréhension de soi. Nous sommes tous uniques, et ce que nous recherchons l’est également.

Le développement personnel ou le travail sur soi ne veut pas dire être toujours dans la pensée positive en permanence ou dans la loi d’attraction. 

Ces méthodes peuvent fonctionner pour certaines personnes mais pas pour toutes. Ne culpabilisez pas de ne pas attirer à vous cette fameuse énergie positive qui solutionnera tout dans votre vie. Il est normal de vivre des hauts et des bas. Il est naturel d’être négatif, en colère voire même pessimiste. Ce sont des émotions légitimes.

Est-ce que vos pensées sont limitées ? Non ! Est-ce que vos croyances sont trop ancrées ? Non !

Les freins, les peurs sont naturels. Ces instincts sont importants, c’est ce qui vous permet d’être en alerte en cas de danger.

Devez-vous obligatoirement dépasser vos zones de confort ? Non plus.

« Être soi », c’est apprendre à vivre avec vous-même. Découvrir qui vous êtes : vos limites, vos émotions, votre caractère, vos rêves, votre éducation…

Être soi n’est pas s’obliger à devenir quelqu’un d’autre. Transformer sa vie, d’accord, mais pas à l’encontre de qui vous êtes réellement.

J’avais envie de remettre l’église au milieu du village.

Ce que j’ai appris avec les années, c’est avant tout de respecter ce que vous êtes. Ensuite, de l’accepter. Accueillez vos défauts, vos qualités, vos erreurs, vos réussites. La première chose pour commencer à se remettre en question est de faire le bilan de votre vie, de vos actions, avec un regard éclairé, honnête et franc. Évitez de vous complaire dans vos mensonges ; assumez toutes vos facettes. Ce premier pas est le plus important : avoir une autocritique sans œillères, sans faux-semblants. Dans cette étape, soyez exigeant avec vous-même. Le but n’est pas de vous plaindre ou de vous victimiser, bien au contraire. Épluchez, détaillez vos actions et analysez les réactions qu’elles engendrent dans votre vie. Peut-être y a-t-il un mécanisme qui vous a échappé. Si c’est le cas, ce sera le premier indice à comprendre et à transformer.

Peut-on changer son caractère ou sa personnalité ? Pas forcément, mais vous pouvez évoluer. Si vous comprenez vos actions et vos réactions, vous apprendrez à connaître parfaitement vos mécanismes de fonctionnement. Bien plus que de se laisser vivoter ou d’accepter que la destinée vous mène à tel ou tel endroit : si vous avez la clé pour vous comprendre, votre vie se transformera. Elle ne sera pas parfaite, elle ne vous évitera pas les épreuves, non. Mais elle vous aidera à comprendre chacune de vos émotions. Savoir, c’est la connaissance, paraît-il. Alors, découvrez-vous.

À ce moment-là de votre lecture, vous allez sans doute vous dire : « Non, mais elle se moque de nous ! Elle a écrit précédemment que sa vie avait pris un autre chemin pour aller vers sa « destinée », et là, elle nous dit de mieux nous connaître. What ? Ahaha ! » Oui, oui, j’assume. J’ai cru au début qu’il y avait une forme de destinée. 

Mais avec le temps, en travaillant sur moi, j’ai compris que j’avais un mécanisme d’action qui m’avait éloignée de mon objectif. Si à l’époque j’avais eu les clés que j’ai aujourd’hui, j’aurais pu renverser la situation. Alors non, je ne regrette pas ce qui s’est passé. Je suis heureuse de comprendre aujourd’hui que j’aurais pu faire autrement. J’ai simplement fini par accepter d’être celle que je suis, avec mes failles, mes défauts et mes erreurs.

Des personnes peuvent vous mettre des bâtons dans les roues, mais à vous de ne pas vous laisser faire et de ne pas accepter tout passivement. Ensuite, soit vous vous battez pour y arriver, soit vous lâchez prise. Les deux solutions sont bonnes. Derrière chaque porte qui se ferme, une nouvelle s’ouvre. Donc, quelle que soit votre décision, votre route vous mènera quelque part. Peut-être pas là où vous vouliez en premier lieu, mais peut-être sur un chemin qui vous plaira davantage. Soignez votre cœur et votre ego pour faire le choix que vous devez assumer.

Oser être soi, c’est toutes ces petites choses à intégrer. Vous devez construire votre philosophie de vie et suivre le fil de cette trame ; vos projets pourront alors être alignés avec qui vous êtes au plus profond de vous.

Est-ce simple ? Pas forcément ! Tout dépend avec quoi vous vous débattez.

Votre éducation vous a conditionné. Vous fonctionnez souvent comme vos parents et votre famille en général. Peut-être que ce conditionnement ne vous ressemble pas. Si vous vous sentez différent, si vous avez la sensation que vous n’arriverez jamais à être à la hauteur pour vos proches, alors comprenez que vous êtes simplement différent. Au lieu de rechercher la bénédiction des vôtres, apprenez à créer votre propre philosophie de vie, que ça plaise ou non à vos proches. Vous avez le droit d’être différent. Vous avez le droit de vivre la vie qui vous ressemble.

 

🌻Exercice pratique : 

Prenez un carnet et un stylo, décrivez votre « Moi » actuel en listant trois à cinq de vos comportements que vous souhaitez voir évoluer. 

Imaginez l’évolution qui vous semble juste si vous pouviez oser être vous même, sans aucune contrainte, sans aucune limite. 

Décrivez trois aspects qui vous serrez essentiels pour y arriver.

Exemple : Être plus serein, plus affirmé, plus créatifs, moins anxieux…

Le tout premier pas que vous pourriez faire, cette semaine, serait de prendre cinq minutes pour vous détendre, sans vous juger.

🌱CHAPITRE 2 : 

Être soi, Être vrai…

J’adore aborder ce sujet : « être soi, être vrai ». Souvent, face à cette idée, beaucoup me répondent : « Mais je suis déjà honnête avec moi-même ! Pourquoi ne le serais-je pas ? » J’ai toujours un petit sourire en coin quand j’entends cette phrase. Non, je plaisante… quoi que !

Moi aussi, je pensais être vraie. En réalité, je ne l’étais pas du tout. Comme tout le monde, j’avais des zones d’ombre que j’aimais occulter. Je ne le faisais pas exprès, je n’en avais absolument pas conscience.

J’ai tenté de transformer mes défauts pour m’améliorer. Seulement, à l’époque, je ne pensais pas qu’accepter mes faiblesses telles qu’elles étaient pouvait m’aider. J’ai compris que je n’avais pas à changer mes défauts, mais plutôt à les utiliser au moment opportun. Car ces failles pouvaient m’être utiles. Quand vous avez conscience de vos qualités et de vos défauts, il ne tient qu’à vous de les utiliser correctement pour vous exprimer au plus juste et construire la vie que vous souhaitez. Votre tempérament est une véritable boîte à outils que vous pouvez maîtriser et utiliser en fonction des situations. C’est cela, être maître de soi. 

Se connaître parfaitement est votre meilleur atout, et c’est ainsi que vous gagnerez en confiance en vous.

Vos actions déclenchent toujours une réaction. À vous de les assumer quoi qu’il arrive. Si vous êtes en équilibre avec vos pensées et vos actions, alors vous serez en confiance. Ce sera votre zone de confort personnel, celle qui vous permettra d’avoir tous vos atouts à disposition dans votre quotidien. C’est dans cet équilibre que vous pourrez véritablement lâcher prise sur le stress, les angoisses et les anxiétés qui vous habitent.

Respectez qui vous êtes sans faux-semblants.

Car il est tellement plus simple de se voiler la face, de se mentir à soi-même. Être dans le déni peut paraître confortable, mais au contraire, c’est ce qui vous déstabilisera le plus. Votre inconscient regorge de tout ce que vous préférez omettre. Cette situation est déjà votre plus gros mensonge.

Ne pas affronter ses émotions, passer au-dessus, se détourner du problème en disant : « Moi ? Tout va bien ! T’inquiète, j’ai vécu pire. » Mensonge ! Non, tout ne va pas bien.

Vivre ses émotions, les accepter, ne veut pas dire que vous êtes faible. Pleurer, hurler sont des réactions émotionnelles naturelles. Il est important d’exprimer ce que vous ressentez au moment où vous le vivez. Si ce n’est pas le cas, dites-vous que vos émotions reviendront un jour ou l’autre en mode “tsunami”, au moment où vous vous y attendrez le moins. Vous risquez de vous noyer dans vos douleurs.

Nombreuses sont les personnes qui pensent avoir surmonté des chocs émotionnels et qui se retrouvent un jour face à une situation similaire. À ce moment-là, le traumatisme se réveillera, ainsi que toutes les émotions que vous avez refusé d’assumer. Vous serez alors complètement bouleversé(e)s.

S’écrouler n’est pas une faiblesse. Et quand bien même ce le serait, où serait le problème ? Si vous êtes conscient de vos points faibles, vous deviendrez plus fort. Vous saurez s’il faut vous protéger de votre famille, de vos amis… Vous pourrez également discerner si vous avez besoin de prendre du recul, de dormir, de pleurer, de hurler…

Toute émotion que vous n’exprimez pas verbalement ressortira par un moyen ou un autre. Tout garder en vous peut provoquer de gros dégâts sur votre corps physique et sur votre santé mentale. Ne minimisez pas ce que vous vivez. Acceptez la réalité le plus rapidement possible, même si vous avez mal. Prenez le temps de panser vos blessures.

Accepter ses défauts, c’est accueillir le fait d’être : menteur, manipulateur, colérique, mou, hypocrite, non courageux… ce ne sont que des exemples.

Vous aimez mentir ? C’est ok. Vous avez tendance à manipuler, à vous victimiser ? C’est ok aussi… Accueillez toutes les parts de votre caractère et de votre personnalité. Il n’y a aucune honte à avoir. De plus, cette démarche ne concerne que vous. C’est votre travail personnel.

Une fois vos défauts établis, demandez-vous : pourquoi êtes-vous ainsi ? Y a-t-il une raison précise pour que vous vous comportiez ainsi ?

Quelques exemples plus précis :

La colère peut être une réaction utile pour vous défendre face à un trop-plein d’autorité, ou l’envie de vous imposer sans pouvoir le faire. À force d’encaisser, vous n’avez pas d’autre choix que d’utiliser la colère pour vous sortir de ce sentiment d’inconfort.

Essayez de trouver vos raisons. Êtes-vous né ainsi ? Ou l’êtes-vous devenu par l’entourage familial, sociétal, professionnel… Il est important de comprendre pourquoi vous vous comportez ainsi.

Si vous n’avez pas envie de décortiquer le pourquoi du comment, alors respectez-vous. Je vous donne simplement quelques pistes de travail pour mieux comprendre vos mécanismes d’action. Rien ne vous oblige à plonger dans tous ces questionnements intérieurs.

Je crois qu’il est essentiel de se connaître et d’être plus fort pour affronter les déceptions et les obstacles. Être vous-même ne vous empêchera jamais d’affronter les épreuves de la vie.

J’aime être prête à tout affronter. Même si j’ai mal, même si je m’effondre, je suis certaine qu’il y a toujours un autre chemin derrière chaque moment difficile. L’espoir est toujours présent quelque part dans mon cœur. Je peux m’éteindre et me rallumer aussi vite, tel le Phénix. Des renaissances, j’en ai vécues plusieurs. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. » C’est exact. Vous serez malgré tout amoché(e)s par les coups reçus. Autant se relever, n’est-ce pas ?

Je vous conseille de prendre avec vous un carnet pour y noter tout ce qui vous vient à l’esprit lorsque vous pensez à vos défauts :

 — Est-ce que cela vous rend faible ?

 — Est-ce que cela vous agace ?

 — Pourquoi n’arrivez-vous pas à accepter pleinement qui vous êtes ?

Pour se comprendre, il faut s’interroger. Ce n’est que mon avis bien entendu. J’ai souvent constaté que lorsque vous vous posez les bonnes questions, vous obtenez les réponses qui vous sont essentielles pour avancer.

Puiser en vous pour plonger dans vos « mauvais » côtés est épuisant. Vos émotions vont être secouées, alors prenez le temps de laisser ce que vous ressentez s’exprimer. Soyez tolérant avec vous-même. Pensez à vous avant tout. Surtout si vous débutez un travail sur vous. L’air de rien, cela demande de l’énergie, du courage. Faire surgir vos émotions profondes bouscule. Je ne le dirai jamais suffisamment.

Pour conclure cette partie du livre : demandez-vous pourquoi vous souhaitez « oser être vous-même » ? Que recherchez-vous ? Concrètement, vous ne pouvez être personne d’autre que vous. Êtes-vous certain que ce que vous cherchez n’est pas déjà en vous ?

Je vous l’avais dit, j’adore que vous réfléchissiez à vos démarches. Je décortique toujours chacune des émotions. C’est ma spécialité.

 

🌻Exercice pratique :

Mon Passé, Mon Présent, Mon Pont

Prenez votre carnet : 

— Décrivez 3 à 5 choses que vous avez laissées derrière vous (une habitude, une relation, une vision de vous même…) 

— Décrivez 3 à 5 aspects de la personne que vous êtes aujourd’hui même si cela vous semble encore flou ou difficile à accepter. 

Quelles nouvelles perspectives vous viennent en y pensant. 

Maintenant construisez un pont en réfléchissant à la dindon dont les expériences de votre passé ont contribué à devenir la personne que vous êtes aujourd’hui 

Identifiez une force que vous tirez de votre passé et qui vous aide aujourd’hui.

🌱CHAPITRE 3 : 

Découvrir sa créativité

Quand je dis aux gens qu’ils sont créatifs, la première réaction est toujours la même : « Je ne suis pas doué(e) dans le domaine artistique. » Cette réponse me fait toujours sourire. (Rassurez-vous, pas mon sourire sadique, promis !) Tout le monde s’imagine que le mot « créatif » symbolise toujours les milieux artistiques. Sauf que c’est faux.

La créativité est partout dans votre quotidien. Avoir une idée, c’est être dans la créativité. Imaginez également le nombre de pensées que vous pouvez avoir dans votre journée, des pensées créatives. Mettre un enfant au monde est créatif. Créer n’importe quel projet, cuisiner, jardiner… Tout ce qui est de l’ordre de la nouveauté est en lien avec cette fameuse créativité.

Vous l’avez compris : lorsque quelqu’un vous dit que vous êtes créatif, c’est que vous l’êtes.

Pas besoin de faire une école d’art ou d’avoir du talent pour vous créer une belle vie. Même dans les pires moments, il y a toujours cette petite flamme prête à prendre pour vous pousser à voir le chemin qui est le vôtre.

Vous avez des richesses inexploitées qui dorment au fond de vous. Personne ne vous apprend à être créatif, à puiser en vous pour développer cette confiance que vous oubliez régulièrement.

Connaître son potentiel, c’est puiser au plus profond de soi. Se découvrir, c’est également savoir de quoi vous êtes capable. Comment le savoir ? En essayant, bien entendu. Pourquoi faire autrement ?

Vous n’avez pas besoin que qui que ce soit vous dise de quoi vous êtes capable. Vous pouvez le découvrir par vous-même.

Vous avez du potentiel. Tout le monde en a. Même si, pendant des années, on vous a rabâché le contraire. Même si vous n’étiez pas bon à l’école. Même si vos parents répétaient sans cesse que vous n’y arriveriez jamais. Écoutez ce qu’il y a dans votre cœur. Vivez vos projets ; s’ils ne fonctionnent pas, ce n’est rien. Vous en recommencerez un autre.

Cessez d’avoir peur de vivre.

Cessez de croire que vous êtes incapable de réussir.

D’ailleurs, qu’est-ce que la réussite ?

Est-ce le résultat ? Ou le parcours ?

Dans cette quête de soi, la réussite se trouve souvent dans la richesse du parcours et la découverte de vos capacités.

À l’heure où tout le monde parle de hauts potentiels, j’ai envie de dire : vous avez du potentiel. Chaque personne en a. Le tout est de ne pas se limiter, ni de s’interdire d’essayer.

Comment voulez-vous savoir ce qui est fait pour vous ?

Votre éducation, l’école, la famille, la société ne vous présentent souvent qu’une petite palette de possibilités… En réalité, vos possibilités sont illimitées. Ne laissez personne vous déstabiliser.

Reprenez confiance en qui vous êtes. Si vous n’êtes pas doué dans un domaine, essayez-en un autre. Rien de plus simple.

C’est dans la créativité de vos pensées que se trouve une partie de votre potentiel. Tout ce que vous avez envie de réaliser, faites-le ; c’est ce qui vous permettra de découvrir les tréfonds de votre potentiel.

Quand je pense que certaines personnes n’ont jamais découvert ce dont elles sont capables, mon cœur se serre. Je ne m’imagine pas un seul moment sans continuer à découvrir ce dont je suis capable.

Bien entendu, tout le monde n’est pas ainsi. Je le respecte. Donc, si vous souhaitez en savoir plus chez vous, n’hésitez pas, lancez-vous. Si ce n’est pas votre cas, c’est également ok ! Ne vous forcez en rien.

Cette quête de travail sur soi doit être un choix de votre part. Les raisons vous appartiennent. À chacun sa méthode ; le principal est que ça vous ressemble. Au plus vous serez à l’aise dans vos choix, au plus votre quête sera agréable.

Découvrir votre potentiel et votre créativité va vous exalter. Prenez le temps d’accueillir cette émotion ; vous pourriez ressentir un sentiment d’extrême puissance. Rassurez-vous, cette sensation passera vite.

Puiser dans la créativité, c’est ce que je fais continuellement. Cet exercice est celui qui m’amuse le plus. Aller puiser en moi, le plus loin possible pour pouvoir avancer, me découvrir, me révéler.

Avec le temps, j’ai découvert des facettes de moi que je n’aurais jamais soupçonnées, surtout si ma vie avait tourné autrement. J’ai trouvé la force de me renouveler en permanence. Affronter le chaos pour mieux me relever par la suite. Tel un phénix, j’ai appris à renaître de mes cendres. Échec après échec, je me suis relevée, comme si en moi l’espoir ne s’éteignait jamais. Même lorsque j’ai vacillé dans le noir le plus complet, j’ai toujours eu cette petite mèche qui restait allumée dans un coin de mon âme.

Il m’arrive de m’écrouler. Dans ces moments-là, c’est difficile, douloureux. Je suis comme vous. Alors j’enclenche le mode survie, ce qui me permet de plonger dans ma créativité pour y puiser mon potentiel. Celui que je n’aurais jamais soupçonné si je n’avais pas vécu toutes mes défaites.

Votre potentiel est illimité, la créativité l’est encore plus. Dites-vous que vos rêves, vos projets… le sont tout autant. Si ce que vous désirez le plus ne se réalise pas, dites-vous qu’il est possible d’avoir d’autres rêves. Au plus vous en avez, au plus vous pourrez les réaliser.

Travaillez sur vous. Apprenez à vous poser les bonnes questions. N’hésitez pas à explorer des chemins inexplorés.

Je sais que vous allez me demander comment faire pour découvrir votre créativité.

En réalité, c’est très simple. Il vous faut prendre conscience de qui vous êtes. Découvrir vos limites.

Pourquoi vous sentez-vous limité ?

Est-ce vous qui vous freinez ?

Ou vous a-t-on rabaissé dans vos envies ?

Essayez déjà de découvrir vos blocages. Ce serait un nouveau pas vers votre réalisation.

La prise de conscience de vos possibilités est importante. Je vous préviens, cette quête vous suivra toute votre vie. Vous évoluez, et à chaque nouvelle étape, de nouvelles capacités s’inviteront à vous. C’est ce que j’aime dans cette recherche de découverte de soi : les possibilités infinies qui s’offrent à vous.

Franchir cette étape, c’est un pas de plus vers la confiance en vous.

Le début de l’éveil, c’est le début de la compréhension de votre inconscient.

« Votre quête de découverte libérera votre potentiel. »

 

🌻Exercice pratique : 

Notez sur votre carnet : 

— Vos 3 forces inattendues, identifiez 3 de vos qualités ou vos trois talents sans les minimiser.

🌱 CHAPITRE 4 : Zone de confort ?

“L’équilibre pour atteindre votre épanouissement”

Oser être soi, c’est se libérer d’un carcan qui n’est pas le vôtre. Il s’agit de dépasser ce que je nomme la « zone grise » dans laquelle vous évoluez. Bienvenue dans cet espace où vous êtes peut-être enfermé—e, pensant qu’il s’agit de votre zone de confort. Un lieu où vous vivez sans réelle satisfaction.

Vous allez vous dire : « Mais que me raconte-t-elle ? Une zone grise ? Et la zone de confort, alors ? »

Dans ce chapitre, je vais vous parler de trois zones émotionnelles :

 — La zone grise

 — La zone de confort

 — La zone à risque

Je vous en dis plus maintenant, vous comprendrez rapidement. Promis.

Comme je suis gentille, je vais vous aider en vous posant quelques questions :

 — Vous sentez-vous à part ?

 — Avez-vous l’impression que personne ne vous comprend ?

 — Agissez-vous à cause des pressions de votre entourage ?

 — Avez-vous peur d’évoluer dans le domaine qui vous attire réellement ?

Si ces questions vous parlent, je vous annonce que vous êtes bel et bien en zone grise.

Qu’est-ce que la zone grise, me direz-vous ? C’est votre zone de survie, la sphère dans laquelle vous ne vous sentez pas en équilibre.

Imaginez que c’est la saison de l’automne et que sur votre chemin se trouve une multitude de feuilles glissantes. La zone grise, c’est exactement cela : un terrain instable et à déblayer pour avancer. C’est la zone émotionnelle que chacun essaie de soulager comme il le peut. Cette zone n’est en rien une zone de confort, bien au contraire.

La zone de confort, comme son nom l’indique, doit être confortable. Vous devez vous y sentir en sécurité, indépendant—e. C’est également dans cette zone que vous allez pouvoir recharger vos batteries en toute quiétude.

Revenons à la zone grise avant d’aller plus loin. Être émotionnellement bloqué dans cet espace vous rend bien plus fragile que vous ne l’imaginez. Imaginez que vous êtes prisonnier, enchaîné par des liens solides.

À chaque mouvement, une douleur insupportable vous oblige à rester immobile, vous épuisant inévitablement. Vous y perdez petit à petit votre énergie vitale. C’est exactement ce qu’est la zone grise. Elle vous retient fermement par vos peurs, vos blocages, la toxicité de vos relations… vous empêchant d’avancer, vous forçant à rester à votre place, ce qui vous épuise au fur et à mesure. Souvent, ces entraves agissent sur vous de manière inconsciente, rendant d’autant plus difficile d’en prendre la pleine mesure.

La seule façon d’y échapper serait de vous libérer de vos chaînes. Si vous n’y arrivez pas, vous vivrez des émotions frustrantes, angoissantes, mêlées de colère, de désillusions…

Sortir de cette zone, c’est faire un saut dans le vide. Aller vers l’inconnu. C’est ce que la majorité des personnes appellent « quitter sa zone de confort ». Or, vous vous leurrez : vous n’êtes pas dans une zone sécurisée. Ce sont simplement les chaînes qui vous retiennent, en vous berçant d’illusions. Alors, quittez sans regret cette zone qui vous étouffe chaque jour un petit peu plus.

Avancez un pas devant l’autre. Prenez conscience de ce qui vous bloque afin de vous en libérer rapidement.

Un petit rappel utile : personne n’a le droit de décider de votre avenir à votre place. Pensez à vous avant tout. C’est peut-être égocentrique, voire même individualiste, mais pour être sûr—e de vous, vous n’avez pas le choix.

L’avis des autres peut être intéressant s’il s’agit de critiques constructives pour vous aider à évoluer vers votre but, et non vous démolir. Vous n’avez qu’une seule vie, alors profitez-en au maximum pour vous réaliser. Personne ne mérite votre soumission et encore moins votre dévouement. Vous devez être libre de vos choix, en pleine conscience.

Vous libérer de cette pression qui vous étouffe un peu plus chaque jour n’est pas le plus simple. Le premier pas est déjà de prendre conscience que vous êtes libre de vivre la vie que vous souhaitez. Une fois que vous aurez réalisé qu’un autre chemin vous attend, vous vous sentirez déjà un peu mieux. Ensuite, le pas le plus difficile est celui de la désobéissance ou de l’affrontement tout dépend de votre situation. 

Si votre entourage vous met la pression, comprenez que vous devez vous en libérer. « Se libérer » ne veut pas dire tout quitter du jour au lendemain, ni effacer les personnes de votre vie, entendons-nous bien. Vous devez sentir que vous avez le contrôle sur vos choix et sur votre vie, pour apprendre à vous affirmer face à votre entourage. Cette prise de conscience vous aidera à aborder chaque étape de votre vie bien plus facilement. Vos choix, vos décisions, vous amèneront alors sur des chemins heureux. Bienvenue dans votre zone de confort.

Parlons de la « zone à risque » maintenant. L’étape ultime, celle de la prise de risque comme son nom l’indique. Il s’agit de quitter votre zone de confort pour réaliser vos plus grands rêves. Ayant trouvé l’équilibre, vous pouvez maintenant foncer tête baissée vers ce que votre cœur vous dicte, sans retenue.

Vous allez me dire : « Bon d’accord, super, mais où se trouve le risque dans cette démarche ? » J’y viens. Ne vous impatientez pas.

J’ai nommé cette zone « risque » précisément parce que beaucoup de personnes décident de se lancer directement de la zone grise à la zone à risque, pensant à tort être dans une zone de confort initiale. C’est un peu comme sauter en parachute sans vous être entraîné(e) avant. Si vous ne savez pas activer votre parachute, vous risquez de vous faire mal. Bien sûr, vous avez une chance de réussir, mais c’est une méthode très hasardeuse avec un faible taux de réussite. 

C’est dommage, car si vous aviez compris qu’il ne fallait pas brûler les étapes, vous auriez eu bien plus de chances de succès.

Je vous laisse méditer sur ces zones émotionnelles.

Récapitulatif :

 — Zone grise : frustrations, mal-être, doutes, blocages…

 — Zone de confort : équilibre, liberté, indépendance, épanouissement.

 — Zone à risque : Satisfaction, euphorie…

Alors, quelle zone préférez-vous ?

 

🌻Exercice pratique :

— Pensez à un aspect de votre vie que vous considérez comme imparfait à vos yeux. Un aspect qui vous rend anxieux. ( Votre zone grise) Au lieu de juger cet aspect tentez de le comprendre en notant ce qu’il vous apporte ou ce qu’il vous a appris. 

— Notez maintenant une vérité que vous vous êtes longtemps cachés. (Le coucher sur votre carnet peut-être libérateur).

« Bientôt la suite sera publiée, en attendant n’hésite pas à me laisser un commentaire pour me soutenir ⬇️ »

Être Homme

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Être Homme n’est qu’un tissu de conditions et de modalités. Nous sommes des hommes, parce que nous sommes dans ce monde, sur cette terre qui permet à l’âme humaine grâce aux impressions compréhensives du monde qui l’entoure, d’être humain.

Je ne suis pas sûr que des hommes, sur une autre planète avec un tout autre tissu de conditions et de modalités, puissent être encore considérés, comme des hommes.
Seront-ils confrontés aux mêmes impressions compréhensives ? Ces impressions entraînent une certaine compréhension et connaissance du monde environnant.

Nous sommes des hommes par notre environnement, en relation avec ce dernier. Cet environnement donné permet l’émergence de l’être humain.

Est-ce que des êtres humains évoluant dans un environnement autre que le nôtre seront dans deux ou trois générations encore des hommes ? Seront-ils autre chose ?

La Terre, n’est pas une prison elle est la condition sine qua non de notre humanité. Elle a une durée de vie, comme l’Homme qui d’une manière ou d’une autre s’éteindra. Il est illusoire de penser l’Homme, ailleurs que sur la Terre.

Florian Marek.

L’argent ne fait pas le bonheur

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Le bonheur c’est, se départir du jugement, des passions qui troublent l’âme, tout en acceptant son destin. Ne se préoccuper que de ce qui dépend de soi, savoir s’estimer à sa juste valeur ni plus, ni moins. C’est également vivre dans le présent sans espoir pour demain. Mais aussi, vivre selon sa et la nature, le tout dans la constance de la vertu. Le bonheur c’est, le contentement de l’âme.

L’argent ne fait pas le bonheur, au contraire ceux qui mettent le bonheur dans l’argent finissent par tomber dans la passion de l’amour de la richesse. Mettre le bonheur dans l’argent, c’est prendre le risque de vivre dans un état de frustration permanente. Il n’y en aura jamais assez ! Et le jour où celui-ci n’est plus disponible, la dépression s’installe. L’argent pour pallier à la nécessité, oui. Mais pas pour être heureux.  Courir après lui, c’est devenir son esclave.

Vénale vanité !

L’eudaimonia ne s’achète pas !

Florian Marek.

De l’amour de la solitude, premier essai de Florian Marek

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Florian Marek est chroniqueur et éditorialiste pour divers médias et notamment pour, la version francophone de

 

Tygodnik Solidarnosc hebdomadaire du syndicat polonais Solidarnosc.

 

Solitaire heureux, il vous propose ici son discours à l’esseulé, son éloge de la solitude.

 

Solitude, qu’il considère comme une amie, sa seule véritable amie.

 

« Seul tu es sorti des entrailles maternelles, seul tu rejoindras celles de la terre. »

 

Disponible ici : 

https://www.florianmarek-livres.fr/product/10495801/de-l-amour-de-la-solitude

Du stoïcisme par temps pandémiques

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De stoicismus in pandemicis temporibus – Du stoïcisme par temps pandémiques

 

Dans son deuxième essai Florian Marek chroniqueur, éditorialiste et philosophe traite, des années pandémiques que nous avons vécues.

Il interroge notre rapport à la mort, notre capacité à prendre du recul et à réfléchir. Il nous rappelle l’importance de la vie comme un vécu et non comme une unité de temps biologique.

Il met en exergue nos apories dans l’analyse de ce qui dépend ou ne dépend pas de nous.

Il nous exhorte à travailler notre apatheia c’est-à-dire notre faculté à maîtriser nos émotions.

Cet ouvrage, se veut être un testament pour les générations futures. Pour que plus jamais nous n’oublions que nous n’avons pas le droit de mettre en péril le devenir d’une génération, pour sauver une génération dont l’avenir se conjugue au passé.

Il vous propose donc, de prendre une dose de stoïcisme par temps pandémiques.

Disponible ici :

 

https://www.florianmarek-livres.fr/product/10495863/de-stoicismus-in-pandemicis-temporibus

Sur le temps, premier traité de Florian Marek

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Sur le temps,

 

Qu’est-ce que le temps ? Comment s’écoule-t’il ? L’usage linguistique que nous en faisons.

Le passé, le présent et le futur. La nostalgie et le temps dans la nature. La temporalité, la synchronicité. Le temps pour soi.

Autant de questions et de réflexions soulevées dans ce traité auxquelles le philosphe Florian Marek tente d’apporter une réponse stoïcienne.

 

Disponible ici :

 

https://www.florianmarek-livres.fr/product/11550896/sur-le-temps

De l’âme, deuxième traité de Florian Marek

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De l’âme :

Dans ce petit traité de l’âme, le philosophe Florian Marek, tend à apporter une définition stoïcienne de ce que peut être l’âme , ce feu qui habite nos corps. Cet ouvrage fait suite à son premier traité, sur le temps.

Disponible ici :

https://www.florianmarek-livres.fr/product/14872307/de-l-ame

“Des passions” nouveau traité de Florian Marek

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📣Chers amis,

j’ai la joie de vous annoncer que, mon nouveau traité est enfin disponible. J’y tente modestement d’apporter une définition stoïcienne des passions. 

Une définition en regard avec notre actualité et notre société tellement passionnellement correcte.

Vous pouvez le commander en cliquant sur le lien que je vous communique ci-après.

https://www.florianmarek-livres.fr/product/18906415/des-passions

Bien à vous,

Florian Marek.

Le féminisme en question : méritocratie ou justice pour toutes ?

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Le féminisme en question : Méritocratie ou Justice pour toutes ?

Comment pouvons-nous construire un féminisme plus juste et inclusif qui s’attaque aux inégalités structurelles ? Cet essai explore ces questions cruciales et propose un chemin vers un avenir féministe plus intersectionnel. Rejoignez-nous dans ce voyage intellectuel !

Nous n’avons aucune affiliation politique, et les opinions exprimées dans cet essai sont indépendantes de tout parti ou mouvement politique.

Notre objectif est de fournir une analyse objective et informée sur [ Le féminisme : Méritocratie ou Justice pour toutes ? ]. Nous nous engageons à aborder ce sujet de manière impartiale, en nous appuyant sur des sources fiables et des arguments philosophiques rationnels.

Croyant que l’analyse philosophique doit être fondée sur l’impartialité, bien que cela ne soit pas si facile.

Pourquoi le féminisme “Mainstream” ne répond-il pas aux besoins de toutes les femmes ? Dans cette section introductive, nous examinerons si le féminisme contemporain a tenu ses promesses et pourquoi le féminisme “Mainstream” d’aujourd’hui, ne répond pas aux besoins de toutes les femmes.

Faut-il revisiter notre conception du féminisme à l’aube du XXIe siècle ? Dans cette partie, nous nous interrogerons sur la nécessité de revisiter notre conception du féminisme à l’aube du XXIe siècle, en tenant compte des nouveaux défis et des évolutions sociales.

L’usage exclusif du terme “féminisme” présente-t-il des dangers particuliers ? L’universalité du terme “féminisme” risque-t-elle de le vider de son sens ? Nous examinerons ici les dangers potentiels liés à l’usage exclusif du terme “féminisme” ainsi que le risque de vider ce terme de son sens en le rendant universel.

La lutte du féminisme contre les inégalités de sexe peut-elle l’aveugler aux inégalités sociales et économiques qui subsistent entre les femmes ? Cette partie abordera la question de savoir si la lutte du féminisme contre les inégalités de genre peut parfois négliger les inégalités sociales et économiques entre les femmes.

Des contradictions existent-elles entre les différents courants du féminisme ? Nous explorerons les contradictions potentielles entre les différents courants du féminisme et leurs implications sur la cohérence du mouvement.

Quelles motivations ont conduit la philosophe politique Nancy Fraser et d’autres philosophes à écrire un manifeste contre le “féminisme de la méritocratie” au profit du “féminisme de la classe ouvrière” ? Dans cette section, nous analyserons les motivations qui ont conduit des philosophes comme Nancy Fraser à critiquer le “féminisme de la méritocratie” au profit du “féminisme de la classe ouvrière”.

Qu’est-ce qui motive l’appel de nombreuses militantes féministes à créer également un nouveau terme pour le féminisme, un terme plus actuel et distinct des autres mouvements féministes parfois flous ? Enfin, nous examinerons les raisons qui poussent de nombreuses militantes féministes à proposer un nouveau terme pour le féminisme, plus actuel et distinct des mouvements féministes précédents.

Avant de plonger dans le cœur de cet essai académique, prenons un moment pour réfléchir à cette statistique qui vient appuyer l’idée que, bien que le féminisme les défende, de nombreuses femmes le perçoivent comme une solution imparfaite à leurs besoins. En effet, il arrive que les discours féministes ne reflètent pas fidèlement leurs réalités et ne parviennent pas à cerner leurs angoisses profondes, car toutes les femmes ne jouissent pas des mêmes privilèges et opportunités.

En 2023, une enquête de l’Institut français “Ipsos” menée auprès de 1000 femmes françaises a révélé des chiffres frappants :

1.32% des femmes ne se reconnaissent pas dans le mouvement féministe.

2. Un quart des femmes (25%) estime que le féminisme ne répond pas à leurs préoccupations et aspirations.

3. Près d’une femme sur cinq (18%) considère que les discours féministes ne prennent pas en compte les réalités et les défis auxquels font face, notamment les femmes de divers horizons et origines.

Le féminisme, jadis confiné aux recoins domestiques, a désormais imprégné tous les aspects de la société, de la politique aux médias en passant par l’art. Les slogans et les discours féministes résonnent désormais dans tous les domaines, portés par des personnalités aussi diverses qu’Hillary Clinton et Ivanka Trump.

Ivanka Trump signe un ouvrage intitulé “Les femmes qui travaillent : Réécrire les règles du succès”, tandis que Sheryl Sandberg, COO de Facebook, publie “En avant : Femmes, travail et volonté de diriger”. Sandberg, figure emblématique du féminisme d’entreprise, a bâti sa renommée et sa fortune en encourageant les femmes à prendre les rênes des entreprises, persuadée que l’égalité se conquerra par le biais du monde des affaires.

Dans le même sillage, la professeure Anne-Marie Slaughter publie “Pourquoi les femmes ne peuvent-elles toujours pas tout avoir ? Soulevant une question cruciale : Quand les problèmes des femmes se sont-ils réduits à de simples questions de réussite professionnelle ? Dans quelle mesure une femme peut-elle se satisfaire de ce type de féminisme, qu’il s’agisse de celui d’Hillary Clinton ou même du féminisme version Trump ?

Cette interrogation en amène une autre fondamentale : Les différences entre les mouvements et les formes de féminisme ne sont-elles pas contradictoires ? Si la multitude de tendances féministes pourrait faire paraître cette question simpliste, il est clair qu’un discours féministe dominant s’impose, gommant les nuances et uniformisant les perspectives féministes. Ce discours ne se contente pas d’ignorer les diversités, mais il pose, d’une manière ou d’une autre, une limite ou une fin à la lutte féministe réelle.

L’universalité du terme “féminisme” risque-t-elle de le vider de son sens ?

Lorsque le terme “féminisme” est employé de manière trop large et pour désigner une variété de causes et de défis, il risque effectivement de perdre de sa signification précise. Cette utilisation universelle peut mener à des interprétations floues et permettre à des discours et idéologies politiques en vogue de redéfinir le terme à leur convenance, le vidant ainsi de son essence initiale.

Face à ce constat, une question fondamentale se pose : Que recouvre exactement le terme ‘féminisme’ aujourd’hui ? Que signifie-t-il de nos jours ?

Catherine Rosenberg, professeure émérite d’études féministes, s’interroge sur l’évolution de la pensée féministe, soulignant le remplacement progressif des notions de justice, de liberté et d’égalité par des concepts tels que le bonheur, la responsabilité, le progrès et le succès.

Pour comprendre cette transformation, il est nécessaire de remonter aux années 1960, marquées par l’émergence de la deuxième vague féministe aux États-Unis. Cette période charnière a été caractérisée par une revendication fondamentale : l’égalité des droits.

En 1961, la création de la Commission présidentielle sur la situation de la femme sous la présidence de John F. Kennedy a constitué un tournant majeur. Cette commission avait pour objectif d’informer le président sur les questions relatives aux femmes, ouvrant ainsi la voie à l’adoption de lois cruciales, comme la loi sur l’égalité des salaires en 1963.

Judyth Krantz, historienne américaine, s’est penchée sur les origines de ce mouvement féministe et son ascension fulgurante, suscitant l’intérêt de l’élite gouvernementale. Comment les questions des femmes ont-elles pu s’inscrire à l’agenda politique de l’administration américaine sans l’impulsion d’un mouvement féministe organisé ?

La réponse réside dans le contexte économique et social de l’époque. La loi sur l’égalité des salaires n’a véritablement attiré l’attention de l’administration américaine que lorsqu’elle a été confrontée aux lois de protection du travail, conçues pour protéger les femmes de la classe ouvrière.

Le projet de loi sur l’égalité des salaires, présent sur la table politique depuis des décennies, n’a été pris au sérieux qu’à partir du moment où il a été envisagé de le substituer à la loi sur le travail qui protégeait les femmes travailleuses ou les mères non instruites en leur garantissant un salaire spécifique.

En d’autres termes, la loi sur l’égalité des salaires visait avant tout les femmes éduquées et les universitaires qui aspiraient à des carrières dans des domaines tels que la médecine, l’ingénierie, le droit et la philosophie.

Le parcours tortueux de la loi sur l’égalité des salaires révèle une réalité troublante : son objectif principal n’était pas d’améliorer le sort des femmes travailleuses issues de milieux défavorisés.

Au lieu de leur garantir une rémunération équitable, elle a plutôt servi d’outil pour octroyer un salaire aux femmes de la classe supérieure, tout en privant les ouvrières du salaire qui leur était destiné à titre de protection.

Dans son ouvrage Féminisme pour les 99%”, la philosophe Nancy Fraser dénonce cette approche biaisée et propose une alternative : un féminisme inclusif et accessible à toutes.

Ce nouveau courant, dominant dans les pays du Nord, met l’accent sur la participation des femmes aux instances dirigeantes, notamment aux conseils d’administration des entreprises. Son objectif est d’autonomiser un petit nombre de femmes privilégiées pour leur permettre de gravir les échelons du monde professionnel.

Si ce féminisme condamne fermement la discrimination sexuelle et défend la liberté de choix des femmes, il reste aveugle aux contraintes socio-économiques qui entravent l’accès à la liberté et à l’autonomisation pour la majorité des femmes.

En effet, il semble que son objectif ultime ne soit pas l’égalité des chances, mais plutôt l’instauration d’une méritocratie qui profite à une minorité privilégiée.

Le mouvement féministe, en luttant pour l’intégration des femmes dans le monde du travail et pour l’égalité salariale, a consolidé un courant largement accepté, souvent appelé ‘féminisme mainstream’. Ce courant met l’accent sur des revendications telles que l’accès au marché du travail et l’égalité des rémunérations.

Cependant, cette évolution a suscité des tensions entre différents courants féministes. Le féminisme mainstream se concentre sur des réformes au sein des structures existantes, tandis que d’autres branches, comme le féminisme radical ou intersectionnel, critiquent plus profondément les structures de pouvoir en place.

Contrairement à ce qui est parfois suggéré, le féminisme mainstream n’est généralement pas associé à la droite politique ou à des politiques non libérales. Il est plutôt lié à des politiques progressistes, bien que certaines alliances temporaires avec des groupes de droite ou certaines alliances temporaires avec des groupes de gauche radicale puissent se produire pour des objectifs spécifiques.

Cette complexité peut parfois placer le féminisme dans des positions délicates.

En réponse, un nouveau discours féministe a émergé, centré sur le travail, l’entrepreneuriat et l’épanouissement personnel. Cependant, ce changement s’est accompagné d’une disparition regrettable de termes fondamentaux comme l’égalité, remplacés par des notions axées sur le plaisir, le bonheur et la réalisation de soi. Même lorsque le féminisme mainstream aborde l’égalité, il le fait dans un cadre restreint, se limitant à la reconnaissance de l’identité de genre ou à l’égalité professionnelle.

Ce changement s’explique en partie par l’absence de prise en compte, par la deuxième vague féministe, d’une critique matérielle des conditions économiques et sociales. Ce manque a favorisé l’émergence de la troisième vague féministe et d’autres courants postmodernes.

Le problème avec le féminisme mainstream, gagnant en popularité, réside dans son omniprésence dans les publicités et sur les réseaux sociaux.

Non seulement il utilise un langage féministe pour promouvoir des politiques non libérales, mais il contribue également à l’apparition de nouvelles formes de racisme et de discrimination. Plus encore, il dénature et marginalise le féminisme, le réduisant à un produit de consommation éphémère ou à un outil pour des ambitions individuelles.

Le véritable problème réside dans le système de valeurs et la nature des désirs inculqués par ce discours féministe.

Sous couvert de promouvoir la rationalité politique chez les femmes, il transforme leur vie, privée et publique, en une sorte de commerce. Il encourage un individualisme forcené qui exclut autrui et vise uniquement le profit personnel.

L’alliance entre le féminisme mainstream et l’ascension individuelle se retrouve également chez les célébrités des réseaux sociaux. Les frontières entre le féminisme et la promotion personnelle de certaines femmes se brouillent. Le risque est que le féminisme ne devienne qu’un hashtag et un outil de marketing personnel, servant l’intérêt de quelques-unes au lieu de toutes les femmes.

En conclusion, le féminisme d’aujourd’hui se trouve à une croisée des chemins, confronté au défi de répondre à une diversité de besoins et de réalités. Pour aller au-delà du féminisme mainstream et de la méritocratie, il est crucial de promouvoir un féminisme intersectionnel et inclusif, capable de traiter les inégalités structurelles et de créer un véritable changement pour toutes les femmes.

La méritocratie, appliquée équitablement, permet à chacun de s’épanouir selon ses talents et ses aspirations. Le féminisme mainstream contemporain, selon la philosophe Nancy Fraser, commence à tisser des alliances ponctuelles avec des groupes de droite ou de gauche radicale pour des objectifs spécifiques.

Le problème réside dans l’ascension parfois injustifiée d’individus issus de ces courants, qui accèdent à des positions de pouvoir sans posséder les compétences ou le talent requis. Cette situation est préoccupante car elle peut nuire à la crédibilité du féminisme et brouiller le message d’égalité pour tous.

L’alliance entre le féminisme mainstream et l’ascension individuelle se retrouve également chez les célébrités des réseaux sociaux. Les frontières entre le féminisme et la promotion personnelle de certaines femmes se brouillent. Le risque est que le féminisme ne devienne qu’un hashtag et un outil de marketing personnel, servant l’intérêt de quelques-unes au lieu de toutes les femmes.

Mal comprendre pour mieux comprendre : une analyse de la pensée de Schelling à Hegel.

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Mal comprendre pour mieux comprendre : une analyse de la pensée de Schelling à Hegel.

Selon le philosophe allemand Schelling, il n’est pas donné à tous de philosopher. C’est comme s’il nous lançait un défi : “Qui êtes-vous pour oser philosopher ou vous aventurer dans la philosophie ?” Mais face à ces affirmations catégoriques de Schelling, nous devons présenter une réfutation digne de ce nom. Et qui mieux que son ami et ancien allié, le philosophe allemand Hegel, peut le faire ? Ainsi, dans cet article philosophique, nous serons en compagnie de deux grandes voix de la pensée allemande : Schelling et Hegel. Cet article se propose d’examiner les questions suivantes : Qui peut philosopher ? Qui peut la comprendre et la pratiquer ? Peut-on l’apprendre et acquérir ses principes ? Ou est-ce simplement un don réservé à quelques élus, au-delà du commun des mortels ?

Contrairement à Hegel, Schelling estime que la philosophie ne peut être enseignée ou acquise comme les autres sciences. Selon lui, elle est innée, présente dès la naissance chez ceux prédisposés à philosopher, comme si leurs mères étaient des philosophes. Schelling utilise le terme “intuition intellectuelle” pour désigner cette capacité ou ce talent propre aux philosophes.

Ainsi, Schelling met en évidence un conflit flagrant entre la compréhension, considérée comme le premier mouvement de la pensée, et la raison, qui en est le second. Hegel analyse le mouvement de la pensée, selon lui, celle-ci débute par la compréhension avant de progresser vers la raison. Schelling, quant à lui, avance l’idée de l’intuition comme une sorte de saut ou de transition logique. Pour lui, cette intuition exige de mettre la compréhension entre parenthèses. En d’autres termes, la capacité de comprendre n’est pas universelle, ce qui, d’après lui, conduit à une diminution de la rationalité chez les individus.

En plaçant la raison au-dessus de la compréhension, Schelling suggère que tout le monde n’est pas apte à la rationalité. Cela revient à abandonner la compréhension, considérée comme le mouvement le plus élémentaire de la pensée, et qui devrait être accessible à tous dans des conditions optimales de connaissance. Ainsi, pour Schelling, la nouvelle philosophie consiste à dépasser la compréhension.

Par conséquent, l’intuition intellectuelle est pour lui une certitude absolue, inaccessible. Et comme elle est une certitude absolue et inébranlable, l’intuition, selon Schelling, est contraire à toute connaissance rationnelle et conceptuelle. Pour lui, l’intuition est le seul savoir absolu et libre, contrairement à toute autre forme de connaissance, intellectuelle ou conceptuelle, que l’on trouve par exemple dans le débat, la preuve, l’induction ou la déduction. Ces formes de raisonnement ne sont pas libres selon lui, même si les formes de logique diffèrent ici. Elles restent toutes des formes de rationalité, ce qui n’est pas le cas pour Schelling. Pour lui, cela ne relève pas de la philosophie.

Au cœur de la philosophie de Schelling, l’intuition s’érige en essence même de la discipline, la rapprochant ainsi de la poésie. En effet, la poésie, comme le souligne Schelling, ne s’apprend pas, elle s’inspire. Ainsi, s’il y a une chose à apprendre de la philosophie, c’est son aspect poétique et esthétique, bien plus que son essence même. Cette vision, fortement teintée de soufisme, semble, chez Schelling, mener à une fermeture de la voie à la discussion scientifique et absolue, c’est-à-dire à la connaissance par le raisonnement. En effet, en obstruant le chemin de la raison et de la science, Schelling ouvre grand la porte à l’irrationnel. Sa philosophie se révèle ainsi davantage romantique qu’intellectuelle.

L’irrationalité chez Schelling ne signifie pas pour autant l’absence de raison. Elle renvoie plutôt à une raison d’ordre métaphysique, à une intelligence supérieure, bien au-delà de la portée du commun des mortels et de ses capacités de compréhension. Avec Schelling, nous nous trouvons face à une sorte de classe intellectuelle, ou pour être plus précis, une aristocratie de la connaissance. Selon lui, la connaissance philosophique, loin d’être accessible à tous, est réservée aux intuitifs, aux élus éclairés par la lumière du savoir. Il n’est donc pas surprenant que cette aristocratie de la connaissance s’oppose à la philosophie éclairée d’Hegel. Ses tenants pencheraient plutôt vers des tendances politiques rétrogrades et une opposition à la démocratie.

Schelling affirmait que la démocratisation de la compréhension rationnelle entraînerait inévitablement celle des sciences, ce qui finirait par provoquer la révolte des ignorants. Il déclarait clairement que la mission de la philosophie est de contrer les démagogues du peuple et qu’elle doit servir de rempart contre la fusion du vulgaire avec le sublime. Quand cette fusion a-t-elle débuté, selon Schelling ? Sa réponse est claire : dès que le peuple a commencé à écrire et que chaque individu a pu prétendre au pouvoir.

Le positionnement aristocratique de Schelling, qui réservait la connaissance philosophique à une élite, constituait précisément le point de divergence fondamental avec Hegel. Lorsque ce dernier a fondé la philosophie dialectique, il estimait naturel que celle-ci soit accessible à tous. Il ne s’agissait pas uniquement de reconnaître le droit de chacun à l’apprentissage de la philosophie, mais Hegel allait plus loin en affirmant que la nouvelle philosophie dialectique avait un devoir éducatif intrinsèque. Autrement dit, elle devait faciliter l’accès au savoir, le rendre accessible au plus grand nombre plutôt que de se cantonner dans un cercle restreint. Cet objectif était au cœur de la rédaction de son célèbre ouvrage, la Phénoménologie de l’Esprit.

Ce livre nous ramène à Schelling et à la nature de sa relation avec Hegel. La Phénoménologie de l’Esprit était principalement dirigée contre Schelling et sa théorie aristocratique de la connaissance. Ainsi, deux amis et collaborateurs devenaient rivaux et adversaires. Dix ans après la mort de Hegel, la classe réactionnaire prussienne romantique fit appel à Schelling pour s’opposer à Hegel. Schelling atteignit un point où il se proclama architecte de l’arsenal philosophique opposé à la dialectique hégélienne.

Dans les années 1840, Schelling ne se contenta pas de critiquer la philosophie de Hegel de manière destructrice. Il aspira à fonder une nouvelle philosophie qui répondrait aux exigences religieuses croissantes de la réaction romantique, afin de fournir une alternative à la pensée hégélienne. Ce fut un épisode éclairant dans le débat entre Schelling et Hegel.

Avant de conclure cet article, je vous dois une confession : j’ai triché. Je ne vous ai pas présenté Schelling comme le faillibiliste qu’il était, mais plutôt l’image classique et traditionnelle de sa philosophie. Pourquoi ce choix ?

Premièrement, Schelling est un philosophe méconnu, surtout hors des cercles académiques. Il existe peu de traductions ou de travaux explicatifs sur sa pensée. J’ai donc préféré le présenter tel qu’il est généralement perçu et décrit par le public et les philosophes.

Deuxièmement, Hegel, que nous avons également évoqué, est souvent critiqué pour son absolutisme. Cependant, Hegel lui-même n’est pas toujours fidèlement représenté. Il est victime de nombreuses interprétations, notamment celle de Kojeve, et des lectures indiennes modernes qui montrent que son absolutisme est interprété différemment. Il était donc juste de présenter les deux images traditionnelles de ces philosophes.

Cela ne signifie pas que mes propos soient faux. Tout ce que j’ai mentionné dans cet article est exact, mais cela ne représente pas suffisamment leur philosophie.

Plus important encore que cette raison et mon petit mensonge, c’est que je crois que nous ne pouvons pas comprendre la philosophie sans d’abord la mal comprendre. C’est pourquoi je défends personnellement la mauvaise compréhension de Schelling et de Hegel, ainsi que les lectures erronées qu’ils ont suscitées. Je pense que dépasser cette mauvaise compréhension et passer directement à d’autres lectures correctes pourrait entraîner une erreur plus importante dans la compréhension. La philosophie de la mauvaise compréhension nous mène non pas à une compréhension parfaite, mais à une compréhension moins erronée.

On dit souvent que l’histoire de la philosophie est une histoire d’incompréhension, où chaque philosophe semble être précédé par une mauvaise compréhension d’un autre philosophe. Thomas d’Aquin a mal compris Aristote, Hegel a mal compris Kant, Marx a mal compris Hegel, et ainsi de suite. Mais est-ce que cette mauvaise compréhension peut être utile d’une manière ou d’une autre ?

Comme l’a un jour déclaré André Lwoff, célèbre sociologue français : “Ce livre est certainement inexact, mais néanmoins, il est très important pour la vérité”. Est-ce que la mauvaise compréhension peut être importante pour la vérité ? Peut-être, car elle peut éclairer des aspects inattendus de la philosophie.

Malgré toutes les erreurs d’interprétation dans l’histoire de la philosophie, nous disposons aujourd’hui d’une riche compréhension philosophique. Et malgré toutes ces erreurs d’interprétation, nous devons croire au droit des gens à comprendre, même si cette compréhension n’est pas toujours précise.

Soyons honnêtes, lorsque nous abordons la philosophie de Hegel, nous constatons que la compréhension n’est pas toujours pure, comme l’a pensé Schelling. Elle peut même être une mauvaise compréhension. Par conséquent, soyons sincères dans notre malentendu, car cela peut être le début nécessaire d’un processus de compréhension véritable et de réflexion profonde. Décidons si nous serons du côté de Schelling ou de Hegel, mais avec une intention sincère d’explorer la profondeur de la compréhension et de la philosophie.

L’appétit féminin partie deux : une histoire de répression ?

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La première partie de cet essai philosophique a examiné les raisons de la répression de l’appétit des femmes à travers l’histoire, en mettant l’accent sur l’époque victorienne où l’aristocratie a promu des normes esthétiques spécifiques et où l’idée de la privation de soi s’est répandue. Il discute également de l’aspect idéologique des représentations du corps mince et plein. Dans cette partie, nous aborderons des questions plus problématiques concernant la compréhension des troubles alimentaires chez les femmes en particulier.

Traditionnellement, la médecine aborde les problèmes de poids, qu’ils soient en excès ou en déficit, en les qualifiant de problèmes biologiques, hormonaux, physiologiques ou même psychologiques, pouvant être liés à la paresse, à l’ennui, à l’anxiété, à la dépression, etc. Souvent, la médecine trouve la solution dans la régulation des repas, la consommation d’aliments sains et le calcul des calories ingérées ou brûlées par le corps. Malheureusement, la médecine néglige ici une idée fondamentale liée à la nourriture, à savoir le plaisir fondamental de manger, ou en d’autres termes, le plaisir particulier lié à la personne elle-même et à sa psyché. Nous ne parlons bien sûr pas des troubles physiques, hormonaux et génétiques liés à la personne. Le plaisir alimentaire chez cette personne est lié à de nombreux facteurs psychologiques intrinsèques qui dépassent les facteurs génétiques et hormonaux.

Nous commençons ici par poser une question importante : Comment pouvons-nous comprendre le plaisir de manger chez les femmes ? Cette question nous invite d’abord à distinguer entre le concept du besoin de nourriture et celui du désir de nourriture. Le besoin de nourriture représente un besoin biologique de fournir la nourriture nécessaire au corps pour survivre et accomplir ses fonctions vitales. Quant au désir de nourriture, il s’agit d’un désir psychologique qui dépasse le simple sentiment de faim ou de satiété, et inclut une sensation de plaisir particulier, parfois accompagnée de douleur. Le plaisir peut être douloureux pour l’individu lorsqu’il mange trop ou s’abstient de le faire. Cependant, il reste un plaisir pour lui, et peut même être une solution à d’autres problèmes de sa vie. Par exemple, lorsque quelqu’un est confronté à des difficultés émotionnelles, à des situations douloureuses ou à des retards inattendus dans des affaires spécifiques, il peut soit se tourner vers la nourriture, soit la résister. Il ressent du plaisir qui le distrait des autres problèmes et l’aide à résoudre le problème. Bien que ce plaisir puisse être temporaire, lorsque la personne mange dans ces circonstances soudaines ou douloureuses, elle répond à son désir de manger et éprouve ce plaisir, ce qui lui permet de se débarrasser des pensées négatives et de sortir de l’état dans lequel elle se trouvait.

La Dr. Emmanuelle Garnier, experte française en psychologie et neurosciences, a mené des recherches sur la relation entre le cerveau et le comportement, y compris l’impact des émotions sur l’alimentation. Elle a publié de nombreux articles et documents scientifiques sur ce sujet, dont son célèbre livre “Pourquoi on mange trop”, qui aborde l’effet des émotions sur les choix alimentaires et les comportements alimentaires chez les femmes.

Dans son livre, elle aborde l’impact des émotions sur les choix alimentaires et les comportements alimentaires des femmes, un sujet complexe exploré par de nombreux chercheurs et experts en psychologie et en nutrition. Les femmes ont généralement tendance à recourir à la nourriture comme moyen de faire face aux émotions négatives telles que la tristesse, l’anxiété, le stress ou l’ennui.
Tristesse : Consommation d’aliments riches en matières grasses et en sucres, car ces aliments stimulent la libération d’hormones telles que la dopamine et la sérotonine qui améliorent l’humeur à court terme.
Anxiété : Surconsommation alimentaire ou consommation de repas peu sains, recherche de soulagement du stress par la nourriture.
Stress : Suralimentation compulsive ou perte d’appétit, affectation des hormones de la faim et de la satiété.
Ennui : Manger comme forme de divertissement ou pour combler le vide.

Passons à la deuxième question : Quel est le lien entre la nourriture et les émotions, 
L’analyse psychologique considère que la relation entre la nourriture et les émotions reflète la relation de la personne avec elle-même et avec les autres. La nourriture est souvent utilisée comme moyen d’expression émotionnelle. Dans les premiers stades de la vie, le nourrisson est lié à sa mère à travers la nourriture, et les effets de cette relation émotionnelle sont clairement visibles dans les cas de rejet ou de suralimentation. Pendant l’adolescence, les défis émotionnels augmentent avec le sentiment de choc et de non-compréhension des changements physiques et des nouvelles identités sociales, ce qui peut entraîner des troubles alimentaires tels que la boulimie ou l’anorexie.
Au niveau psychologique, le désir sexuel est étroitement lié à la nourriture. Des troubles alimentaires peuvent apparaître en raison du désir émotionnel pour l’autre et pour exprimer des émotions. Dans certains cas, une personne peut ressentir un confort et une tranquillité mentale en consommant de grandes quantités de nourriture, tandis que d’autres peuvent refuser de manger comme moyen de contrôler leurs émotions ou en réaction à la peur de perdre ce plaisir.

Ainsi, il apparaît que la relation entre la nourriture et les émotions représente un aspect important des relations personnelles et psychologiques. Elle reflète les défis et les changements auxquels l’individu est confronté dans sa vie. La nourriture peut être utilisée comme une stratégie d’adaptation pour faire face à des émotions difficiles, à des situations stressantes ou à des changements importants.

Nous arrivons à la dernière question de cet essai philosophique : Pourquoi les femmes sont-elles associées aux sucreries ? En réalité, cela est lié à l’histoire et à la culture des publicités qui ont lié les sucreries à la récompense, au réconfort et à une gamme d’émotions variées. Les médias actuels dépeignent les glaces, le chocolat et les sucreries comme des aliments préférés des femmes, associés à la récompense, au réconfort, parfois à la détente, et d’autres fois aux émotions romantiques et érotiques.
Les caractéristiques sensorielles et émotionnelles des sucreries
Il existe d’autres facteurs liés à la nature même des sucreries qui en font partie intégrante de la culture populaire. Elles stimulent les sens du goût et de l’odorat, et contiennent des composés qui favorisent la relaxation et le confort. Ces caractéristiques sensorielles et émotionnelles font des sucreries un symbole de plaisir et de récompense, et peuvent parfois inciter les femmes à se sentir coupables en en consommant de grandes quantités.

En général, la question de la préférence des femmes pour les sucreries reste multidimensionnelle. Elle est liée à l’histoire, aux discours culturels et sociaux associés à la nourriture et à son impact sur les émotions. 

 

L’appétit féminin : une histoire de répression ?

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L’appétit féminin : une histoire de répression ?
L’esthétique, une des branches majeures de la philosophie, s’est toujours intéressée à la nature du beau, à nos expériences esthétiques et aux caractéristiques qui rendent une chose belle. Soucieuse de se renouveler, elle explore aujourd’hui les questions liées à la femme, s’attaquant aux normes de beauté traditionnelles imposées par la société et proposant des alternatives plus inclusives et diversifiées. Elle encourage une nouvelle compréhension et un féminisme renouvelé.

Cet essai décrypte les mécanismes ayant réprimé le désir de manger chez les femmes. Découvrons ensemble comment et pourquoi ce lien naturel au plaisir gustatif a été altéré ? Le sujet des troubles alimentaires et des problèmes de poids chez les femmes n’est pas nouveau. Depuis longtemps, les femmes sont plus touchées que les hommes par ce fléau. La médecine et la psychologie se sont penchées sur cette question, soulignant souvent le rôle des hormones féminines et des troubles hormonaux comme le syndrome des ovaires polykystiques ou la dépression. La médecine s’est attaquée à ce problème de l’intérieur, en se concentrant sur le corps. En revanche, les études féministes ont abordé la question de l’extérieur, en s’attaquant aux aspects sociaux et culturels. Elles ont notamment œuvré à normaliser les différentes morphologies féminines et à lutter contre le body-shaming subi par les femmes qui ne correspondent pas aux critères de beauté et à l’image stéréotypée masculine de la femme.

Dans cet essai, je propose une nouvelle approche en deux volets.
Le premier volet explore la dimension idéologique superficielle du problème, tandis que le second se penche sur une analyse philosophique approfondie. Certaines questions resteront sans réponse, mais il est essentiel de poser les bonnes questions, car la bonne question est en soi une réponse, même sans réponse.

Le premier questionnement : Comment l’appétit féminin a-t-il été réprimé ? Quand et pourquoi le corps mince et frêle est-il devenu le critère de beauté pour les femmes ?Autrefois, dans de nombreuses cultures, le refus de manger ou le jeûne était associé aux saints et aux pratiques religieuses visant à transcender les désirs du corps. Cependant, à l’époque victorienne, une période de pointe de la révolution industrielle en Grande-Bretagne, l’aristocratie britannique a commencé, pour la première fois dans l’histoire occidentale, à s’abstenir de manger pour atteindre un idéal esthétique. Le manque d’appétit chez les aristocrates ne symbolisait pas seulement le dédain des désirs et des besoins du corps, mais aussi une supériorité de classe et un snobisme social. En effet, l’aristocrate voulait montrer qu’il ne souffrait pas de la faim comme l’ouvrier qui travaille dur toute la journée et ne mange pas avec raffinement ni appétit, mais de manière impulsive et désordonnée.

L’idée de se priver de nourriture s’est ensuite répandue au sein des femmes de la classe aristocratique, et ce, de manière plus prononcée que chez les hommes. En effet, cette pratique ne visait pas uniquement à atteindre un idéal de beauté, mais également à réprimer les désirs sexuels, à l’instar des saints autrefois. Plus l’appétit d’une femme diminuait et plus son corps s’amincissait, plus elle était perçue comme pure et innocente, incarnant ainsi l’idéal de beauté artificiel prôné par l’aristocratie. On semblait croire que le fait de réprimer l’appétit pour la nourriture impliquait nécessairement de réprimer la libido.

À l’instar de l’hystérie, l’anorexie s’est largement répandue à cette époque chez les femmes des sociétés industrielles avancées et, en particulier, dans la culture victorienne répressive. Le désir d’imiter l’aristocratie était un facteur important. En effet, l’ouvrier affamé qui travaille toute la journée rêve d’une vie meilleure et aspire à épouser une femme au corps mince pour adopter un goût plus raffiné, à l’instar de l’aristocrate.
De plus, l’hystérie, qui était fréquente chez les femmes à cette époque, était associée à la répression dans tous les aspects de la vie, y compris la nourriture, la boisson, les vêtements et le mode de vie en général. Cette situation a contribué à l’apparition de symptômes tels que l’anorexie mentale, qui se traduit par une perte de poids importante, et a renforcé l’image de la femme mince au sein de la classe aristocratique

Passons maintenant à la deuxième question importante de cet essai : Comment le cinéma et la publicité ont contribué à la construction de normes alimentaires différentes pour les hommes et les femmes ? Les habitudes alimentaires et les normes esthétiques victoriennes se sont transmises au XXe siècle en raison de la persistance de la culture victorienne.

Même si elle n’a pas conservé sa forme victorienne d’origine, cette culture est restée misogyne, cherchant à confiner la femme dans de nouveaux moules sociaux et sous de nouveaux systèmes de gouvernance. En raison de son association avec les normes esthétiques, le corps mince est resté un symbole de beauté, de pureté et de moralité. Avec le développement du capitalisme, l’augmentation de la division du travail et l’apparition des médias au XXe siècle, l’image stéréotypée de la femme s’est enracinée d’une nouvelle manière. Cette image ne servait plus seulement les intérêts de l’homme ou de la famille conservatrice, mais aussi ceux du marché.

En effet, la femme et ses besoins alimentaires et esthétiques ont été utilisés pour commercialiser des produits et augmenter les profits. La relation de la femme à la nourriture est ainsi représentée de manière particulière et différente de celle de l’homme. Se priver de nourriture est considéré comme un exploit extraordinaire, un signe de force et de maîtrise de soi. En revanche, l’homme qui mange dans les films le fait par envie de sociabiliser avec ses amis. 

La femme, quant à elle, Elle se nourrit en solitaire chez elle, avec prudence, angoisse et un sentiment de culpabilité lié à la prise de poids. Peut-être la scène la plus fréquente au cinéma est celle où une femme dévore une boîte de glace en larmes suite à sa séparation d’avec son compagnon. Pendant que les publicités vantent des repas copieux aux hommes, elles proposent aux femmes de petits morceaux de sucreries. Comme si la femme ne devait manger que des quantités infimes. Malgré le fait que la femme ait quitté la maison et ait rejoint le monde professionnel, elle est toujours tenue seule responsable de la cuisine et de la nourriture de la famille, une idée qui n’a pas encore été contestée, durant le XXIe.

Troisième question : Que signifient symboliquement un corps mince et un corps rond d’un point de vue idéologique ? Pourquoi les femmes d’aujourd’hui recherchent-elles un corps mince, même si cela est souvent loin d’être une question de beauté ? En Effet, L’idéologie évolue avec la culture, et ses outils se perfectionnent avec le développement des éléments culturels. L’idéologie créée par le marché et les institutions peut s’adapter aux évolutions du temps et incorporer les avancées scientifiques et technologiques. Au cours du XXe siècle, le corps mince est devenu le symbole ultime de la construction des identités, cessant ainsi d’être principalement lié aux normes esthétiques de l’époque victorienne pour être associé à des valeurs et à des critères plus contemporains.

Dans la société moderne, la femme définit qui elle est en utilisant son corps comme un outil de construction identitaire. Ce processus est alimenté par des idées imaginaires et des images corporelles idéalisées. Les images présentes dans les publicités et les magazines ne sont plus de simples illustrations de la beauté. Elles deviennent de vraies leçons et discours percutants qui diffusent une fausse perception de l’identité corporelle des femmes. Par exemple, on associe souvent les formes arrondies du corps à une féminité excessive, à la quête de la maternité et à l’art de la séduction. Il est également stéréotypé comme un signe de paresse et de désorganisation. Toutefois, la vérité est bien différente. Il existe diverses raisons qui expliquent la prise de poids, liées à des facteurs matériels, sanitaires, psychologiques et sociaux. Le plus souvent, elles n’ont aucun lien avec la paresse ou la voracité. En effet, le corps mince est souvent simplement un privilège biologique dont la femme hérite. Cependant, cette nouvelle conception du corps mince, qui prétend offrir aux femmes une liberté et les présente comme une force autonome, n’est en réalité qu’une norme masculine présentée sous un nouvel angle contemporain.

En abordant maintenant la dernière question du premier volet de cet essai : Comment comprendre la transformation idéologique chez la femme, passant d’un régime alimentaire ordinaire à un régime végétalien ? A l’instar des représentations du corps, l’alimentation s’est aujourd’hui érigée en élément constitutif de l’identité. Cette identité se façonne et se refaçonne continuellement à travers nos choix alimentaires et l’image véhiculée par le régime adopté, y compris les valeurs qui lui sont associées. Autrefois considéré comme un signe de richesse et d’appartenance à une classe sociale élevée, le régime alimentaire traditionnel, qui se caractérisait par une consommation importante de viande, de glucides et de sucres divers, est désormais accessible à une grande majorité des individus dans les sociétés développées. Par conséquent, les membres de la classe supérieure ont abandonné leur préférence pour l’alimentation à base de viande au profit d’un régime végétalien. De nouveaux arguments, axés sur la santé, Justifient désormais l’adoption de ce type d’alimentation comme riche en nutriments, fibres et vitamines en abondance. Elle veille sur le corps, le protège avec douceur en encourageant aussi un retour à la nature. Cependant, le problème principal ne réside pas dans le coût élevé des produits végétaux et l’incapacité des gens ordinaires à les acheter.Le point essentiel est que ces produits ont établi une nouvelle norme de beauté et de féminité qui affecte principalement les femmes. Ce nouveau standard se reflète dans différents domaines : allant des produits de soin pour le visage aux séances de yoga matinales, en passant par l’adoption du tofu comme repas du soir et le choix de vêtements éco-responsables plutôt que de vêtements de luxe. En outre, le tatouage est de plus en plus considéré comme une alternative à la chirurgie esthétique. Ensuite, la femme accepte cette nouvelle approche qui lui offre une plus grande autonomie, tant dans sa relation avec les hommes que dans la gestion des défis de la vie moderne, que ce soit sur le plan technologique, communicationnel ou professionnel. Son identité se base désormais sur le sentiment de retour à la nature, symbolisé par l’adoption d’un régime végétalien exempt de violence et de meurtre, contrairement au régime alimentaire ordinaire.

Dans le deuxième volet, nous nous pencherons sur une analyse philosophique approfondie de la question de l’appétit féminin. Je vous invite alors à poursuivre la lecture de cet essai dans la deuxième partie.

Quelle est la relation entre la tragédie et la philosophie ?

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Pourquoi Platon exprime-t-il son mécontentement et prononce-t-il un décret d’expulsion des poètes tragiques et de refus de leur donner le droit de résidence ? Cet essai explore la relation entre la philosophie, la poésie et le théâtre, en mettant particulièrement l’accent sur la tragédie et sa relation avec la philosophie, notamment dans le contexte des philosophes grecs anciens en particulier les deux grands piliers de la philosophie, Platon, Aristote.

Comme nous le savons, la philosophie et le théâtre avaient une grande importance dans la Grèce antique. Les deux étaient profondément enracinés dans leur nature grecque. Ils étaient tous deux réservés aux Grecs et, par conséquent, nous ne trouvons pas dans d’autres cultures une telle interconnexion profonde et organique entre ces deux arts comme nous le trouvons dans la culture grecque antique. La Grèce était le berceau de nombreux arts tels que les épopées, les pièces de théâtre, la musique, la philosophie, les mathématiques et la politique, et tous étaient écrits par le même auteur avec la même pensée et la même recherche intellectuelle.Une des preuves du lien étroit entre le théâtre et la philosophie réside dans le fait que le premier ouvrage critique sur le drame, la poésie et le théâtre a été écrit par le grand philosophe Aristote. Son célèbre ouvrage, intitulé “La Poétique”, aborde également la tragédie, tout comme Platon l’a fait dans ses œuvres renommées “La République” et “Les Lois”.

Avant d’explorer les points de vue de Platon et d’Aristote sur la tragédie, prenons un moment pour nous pencher sur ce terme lui-même. Le mot “tragédie” est largement utilisé et banalisé dans notre vie quotidienne. Nous qualifions certains événements de tragiques et certaines histoires de tragédies. Mais que signifie réellement ce mot ? Est-ce simplement une manière de décrire un récit triste ? Ou existe-t-il d’autres éléments qui distinguent certaines histoires des autres ? Certaines histoires peuvent être empreintes de tristesse, de douleur et de cruauté, mais cela ne les rend pas nécessairement tragiques. La tragédie se réfère généralement à des événements tels que les guerres, les famines et les massacres, en les qualifiant de durs, dévastateurs et douloureux. Cependant, tout ce qui est dur et douloureux ne peut être considéré comme tragique. Certains événements, comme l’échec d’une cause, peuvent être qualifiés de tragiques. La tragédie repose-t-elle sur la souffrance et la douleur, en particulier l’intervention du destin ? Et sommes-nous d’accord pour dire que la tragédie a perdu de son importance de nos jours en raison du conflit entre l’espoir, le progrès scientifique, l’intelligence artificielle et la confiance en la science ?

Pourquoi nous intéressons-nous à la tragédie ? Avant d’essayer de répondre à cette grande question, je vais revenir à Platon et Aristote et passer en revue certains des termes importants qu’ils ont utilisés, de manière rapide et concise, afin de mieux comprendre certains aspects du théâtre.

Commençons par le terme “mimesis”, utilisé dans le théâtre, la critique littéraire et la philosophie, et qui a de nombreuses significations, y compris l’imitation, la représentation, la similitude et la performance. La mimesis était le principe fondamental de la création artistique, où l’art imite des choses matérielles et les représente, créant ainsi toujours une version d’autre chose. Puisque Platon appelle à la recherche de la vérité incarnée par le monde des idées, et considère l’art comme éloigné de la vérité et nous attirant vers le monde sensible qui dépend de l’illusion, Platon voit l’art comme une copie du monde des idées, mais une copie non authentique, offrant une vision superficielle du monde. Platon affirme que la tragédie, comme les autres formes d’art, appartient au niveau des choses sensibles inférieures. Selon Platon, une personne qui a une grande sensibilité poétique ne peut pas être un chef militaire. En effet, une personne ayant une grande sensibilité poétique n’a pas la capacité de gérer les affaires politiques de manière efficace.    

Selon la définition d’Aristote de la tragédie, la référence de l’œuvre dramatique est la réalité et la nature, et l’imagination joue un rôle essentiel dans le processus créatif. De plus, selon la définition d’Aristote de la tragédie, elle est considérée comme une simulation d’une action noble et complète, réalisée par les personnages plutôt que par l’intrigue elle-même. Elle suscite la compassion et la peur, ce qui conduit à la purification de ces émotions. La théorie cathartique aristotélicienne est simplement que lorsque vous regardez une pièce de théâtre tragique, vous vous identifiez aux personnages et ressentez différentes émotions telles que la peur, l’anxiété, la compassion, la douleur et l’extase. Ainsi, vous vous débarrassez de ces émotions et réactions que vous avez gardées et refoulées dans votre cœur. Vous les libérez donc dans un endroit sûr et vous ressentez une libération et un soulagement tant sur le plan physique que mental.

Le concept de purification a ses origines dans le domaine médical, et il signifie traiter une maladi par la même maladie. Par exemple, en regardant de la violence, le spectateur se débarrasse de sa propre charge de violence. Le concept de purification a ensuite été associé au concept de péché dans la religion chrétienne, et avec le temps, il est devenu un concept philosophique et esthétique lié au plaisir esthétique. Il a également été intégré dans le domaine de la psychologie et de l’analyse psychanalytique par Sigmund Freud, qui considérait le déchargement ou la purification comme une partie centrale de ses théories, le décrivant comme une méthode de guérison pour ses patients.

Cependant, c’est Aristote qui a été le premier à introduire le concept de purification comme libération des émotions et a défini la purification comme l’objectif de la tragédie. Ce qui est intéressant, c’est que la purification selon Aristote n’est pas seulement un traitement, mais elle procure également du plaisir. Le philosophe Nietzsche a ensuite examiné le concept de purification et a constaté que la tragédie grecque conduisait à une sorte de purification collective, où l’effet de la tragédie ressemblait à l’effet de la danse extatique et des anciennes célébrations. Par contre, le dramaturge allemand Bertolt Brecht a abordé la purification d’un point de vue idéologique. Contrairement à Aristote, qui considérait la purification comme l’objectif de la tragédie et rendait le spectateur passif, Brecht a défini la réflexion et la distanciation comme l’objectif de la tragédie, ce qui rend le spectateur actif. Ainsi, nous pouvons nous contenter de ces deux termes : la distanciation et la purification.

Revenons maintenant à la tentative de comprendre la tragédie de manière générale. Comme nous l’avons vu, Platon considérait la tragédie comme un jugement moral et politique et voulait punir les poètes tragiques qui corrompaient les gens avec leurs lamentations et leurs gémissements sur scène. En revanche, Aristote abordait la tragédie en tant que phénomène esthétique et définissait la tragédie par ses caractéristiques formelles et son impact émotionnel. Cependant, il méprisait en même temps les spectateurs qui perdaient le contrôle de leurs émotions et qui s’identifiaient avec le héros tragique quand il échouait et faisait des erreurs, estimant que cela devait provoquer le choc et l’indignation, plutôt que de simplement évoquer des émotions tragiques.

Certains philosophes ont exprimé leurs opinions sur la tragédie et la façon dont ils la percevaient. Commençons par le philosophe Hegel, considéré comme le premier à reconsidérer les caractéristiques formelles de la tragédie après Aristote. Hegel a constaté que la philosophie elle-même est le résultat d’une certaine tragédie. Les êtres humains ne se tournent vers la philosophie que parce que la complexité de la vie ne peut plus être comprise par les sens et la perception directe. Ainsi, les êtres humains se tournent vers les idées et les concepts pour comprendre cette dimension tragique de la vie elle-même. En d’autres termes, Hegel considérait que c’est l’art qui laisse place à la philosophie. Il considérait la tragédie comme un art positif plutôt que négatif. Selon lui, la tragédie ne dépend pas du héros tragique qui occupe une position élevée et possède des qualités spéciales, comme le pensait Aristote. Au contraire, Hegel considérait que le héros tragique était une personne ordinaire. La tragédie survient en raison d’un conflit constant qui détruit l’harmonie intérieure de la personne. Au début, la personne se trouve dans un état de fierté pour ses valeurs, ses luttes et sa perfection, mais à un certain moment, elle découvre sa particularité et ses désirs qui entrent en conflit avec les valeurs et les idées supérieures, ce qui conduit à l’échec et à la chute tragique. Le conflit vécu par le héros n’est pas un conflit entre le bien et le mal, mais entre des aspects contradictoires de sa vie, certains porteurs de bien. Cependant, grâce à ses capacités mentales et spirituelles, l’être humain se relève et triomphe lorsqu’il parvient à surmonter ce conflit et cet échec.

Contrairement aux époques anciennes où l’on considérait que le héros tragique triomphe en acceptant son destin, Hegel a trouvé que le héros triomphe lorsqu’il change sa perception de ses échecs. En d’autres termes, il ne les considère pas comme des échecs. En revanche, Nietzsche considérait que la tragédie exprime le sens de l’existence et rend la vie digne d’être vécue. Nietzsche n’a pas cherché à comprendre la tragédie de l’intérieur, mais s’est contenté de parler de l’esprit tragique de manière générale, en disant que l’homme tragique accepte la vie avec tout ce qu’elle comporte de souffrance. Grâce à l’art tragique, la vie mérite d’être vécue. Grâce à la tragédie, nous pouvons dire oui à la vie, car elle est une catharsis. Nietzsche s’opposait à la philosophie de Socrate et de son disciple Platon, qui étaient hostiles aux poètes tragiques et qui recherchaient la vérité et prônaient la connaissance et la raison. Et parce que la philosophie, avant et avec Socrate, a commencé à prendre une tournure scientifique, elle est entrée en collision avec la philosophie de caractère mythique, qui est l’histoire de la tragédie. Nietzsche a trouvé que Socrate avait compris la nature scientifique de manière erronée. Cela s’explique par le fait que la science prônée par Socrate est une négation de la vie, et pour Nietzsche, la vie est plus vaste et plus grande que la science et la raison, elle englobe l’art, le théâtre et la poésie.

C’était un rapide survol des opinions de certains philosophes sur la tragédie. Il est intéressant de noter que Socrate, que Nietzsche accusait d’avoir tué la tragédie dans son berceau, a été jugé et condamné pour corruption et incitation à la jeunesse. Dans l’un de ses dialogues dans “La République”, Platon rapporte une phrase prononcée par Socrate qui dit : “Nos poètes tragiques, nos sages, nous excuseront car s’ils ne sont pas les bienvenus dans notre État, c’est parce qu’ils ont glorifié les tyrans”. Ainsi, Platon exprime son mécontentement et prononce un décret d’expulsion des poètes tragiques et de refus de leur donner le droit de résidence, en raison d’une mauvaise interprétation de la phrase citée par Euripide, dans laquelle il comparait le tyran à un dieu. Ce que Platon a considéré comme un éloge du tyran et des tyrans. Ainsi, Platon n’accorde pas de permis de séjour ni à Euripide, ni à Sophocle, ni à Eschyle, ni à aucun autre poète tragique. Entre Platon traitant les poètes avec cruauté et Aristote, qui adoptait une position plus nuancée et les appréciait peu, leurs opinions sur la tragédie divergeaient. Hegel, par exemple, la voyait comme un processus naturel, tandis que Nietzsche la pensait morte, étouffée par la raison socratique et le doute d’Euripide. Freud, quant à lui, insistait sur l’importance du destin et de la catharsis dans la tragédie. De nos jours, certains célèbrent la vie rapide et liquide, où la science et l’intelligence artificielle règnent en maîtres, ne laissant aucune place pour la tragédie.

Machiavel doit-il être considéré avec méfiance ou comme une source d’inspiration ?

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Machiavel a apporté une révolution à la pensée politique occidentale en remettant en question l’existence de l’éthique, qu’il considérait comme une tentative des faibles pour limiter le pouvoir des forts. Cette notion soulève une question fondamentale : les tyrans lisent-ils ? C’est une interrogation qui mérite une exploration approfondie. Nous savons qu’Hitler gardait “Le Prince” de Machiavel près de son lit, et que Mussolini, Napoléon et Staline le considéraient comme une référence incontournable. Le terme “machiavélique” s’est depuis répandu dans toutes les langues comme synonyme de perfidie et de manque de principes, en grande partie à cause de la célèbre maxime “la fin justifie les moyens”. Cette réputation conduit beaucoup à croire que l’œuvre de Machiavel se consacre à la philosophie du mal, de l’opportunisme et de l’autoritarisme, au détriment de l’éthique. Mais est-ce vraiment le cas ? Et si oui, quel est le type de mal évoqué ? Pourquoi ce livre a-t-il marqué un tournant dans la pensée politique occidentale, au point que son auteur, Machiavel, soit souvent qualifié de père de la science politique moderne ? Non seulement il a influencé les politiciens, mais également les artistes, les poètes et les écrivains.

Dans cet essai, nous ne nous attarderons pas sur le contenu précis de l’œuvre, déjà largement discuté, mais nous nous focaliserons sur sa spécificité et son importance historique et philosophique. Nous tenterons également de répondre à une question cruciale : Machiavel doit-il être considéré avec méfiance ou comme une source d’inspiration ?

Pour comprendre pleinement l’impact de cet ouvrage et les controverses qui l’entourent, il est crucial de saisir le rôle de Machiavel. Au-delà de sa simple facette d’homme politique et de diplomate italien prodiguant des conseils aux dirigeants, Machiavel a profondément questionné les fondements de la philosophie politique occidentale. Il a remis en question le lien entre éthique et politique, une relation longtemps établie par les philosophes grecs et romains, comme en témoignent les œuvres telles que “La République” de Platon et “L’Éthique” d’Aristote. Alors qu’Aristote insistait sur l’intégrité du système politique en lien avec une vie vertueuse et éthique, Machiavel a radicalement bouleversé cette vision, la jugeant contradictoire. Selon lui, un homme politique accompli ne peut être moral, mais plutôt l’inverse. Machiavel rejetait l’idée que l’éthique ou toute forme de métaphysique, qu’elle soit religieuse ou non, garantissait le succès. C’est ainsi que certains historiens le situent dans la tradition sophistique. Les Sophistes de l’Antiquité considéraient en effet la force comme une vertu des grands hommes. Cette conception transparaît chez Platon, lorsque Socrate, dans un dialogue audacieux avec le Sophiste Thrasymaque, interroge la notion de justice. Thrasymaque répond alors que “la force est le droit et la justice est l’intérêt du plus fort”. De même, le Sophiste Calliclès rejette l’éthique, la qualifiant de tromperie inventée par les faibles. Cette idée sera reprise par Nietzsche, affirmant que l’éthique est une invention des faibles pour contraindre les forts.

Cette perspective s’oppose radicalement aux préceptes moraux véhiculés par la religion. Cependant, le pouvoir a souvent été exercé sous le couvert religieux tout au long de l’histoire politique. Pourquoi donc Machiavel a-t-il insisté sur la séparation entre éthique et politique, ou entre religion et politique, plutôt que d’employer la religion au service de la politique ? La réponse réside dans le contexte historique de l’époque de Machiavel, celle de la Renaissance émergeant à Florence en Italie. Ce mouvement culturel, porté par une tendance humaniste visant à élever l’homme et ses capacités à un niveau de perfection, a remis en question les fondements théologiques traditionnels. Machiavel a saisi cette opportunité pour plaider en faveur de la séparation entre religion et État. Face à la corruption de l’Église de son époque, il estimait que c’était à l’homme, plutôt qu’à une autorité divine, de déterminer le bien et le mal.

Dans cette perspective, Machiavel a identifié la vertu dans le pouvoir et la force, les considérant comme des instruments servant les intérêts humains. Ainsi, il a non seulement contesté, mais renversé les préceptes de l’éthique occidentale, trouvant la vertu dans des traits tels que la puissance, la force, la ruse et même l’hypocrisie, tandis qu’il voyait le mal dans la sincérité et l’intégrité. Dans cette optique, Machiavel loue l’ingéniosité et la ruse, appelant les dirigeants et les tyrans à cultiver ces qualités. Cependant, il critique également ceux qui adoptent ces caractéristiques de manière excessive et simpliste. L’interprétation de son œuvre varie selon les individus et dépend souvent de leur position politique. Machiavel ne prône pas simplement le mal pour le mal, mais cherche plutôt à guider les dirigeants vers un équilibre subtil entre l’usage nécessaire de la force et la réalisation de la grandeur historique. Il soutient que le politicien ne peut se permettre d’être trop scrupuleux. Le tyran doit inspirer à la fois l’amour et la crainte, et agir avec discernement et intelligence, combinant habilement la coercition et la séduction.Toutefois, Machiavel condamne fermement l’usage gratuit de la violence et de la répression, soulignant que ceux qui s’y adonnent de manière non nécessaire se condamnent à leur propre chute. Ce mal, selon lui, n’est ni futile ni absurde, mais plutôt un art subtil de la stratégie politique, imprégné de nuances psychologiques. Ainsi, on reconnaît en Machiavel l’un des précurseurs dans la compréhension des motivations agressives de l’homme, une notion qui sera plus tard explorée par Freud dans le domaine de la psychanalyse.

Nous n’avons pas encore achevé cette analyse sans mentionner quelques citations et idées de son livre. Machiavel, dans ses écrits, souligne l’importance pour un prince de posséder à la fois la force du lion et la ruse du renard. Le lion, sans ruse, tombe facilement dans les pièges, tandis que le renard, sans force, ne peut faire face seul aux loups. Ainsi, les dirigeants doivent être à la fois rusés pour naviguer dans les pièges et puissants pour dissuader les menaces, car celui qui ne comprend que la force brute manque l’essence même du leadership.

Il existe un consensus général selon lequel de nombreux dirigeants n’ont retenu de Machiavel que l’idée du lion, utilisant la violence gratuite dans l’espoir de maintenir un contrôle éternel sur leurs peuples. Cependant, ces dirigeants ont rapidement découvert que les peuples ne se contentent pas de réagir à la tyrannie, à l’injustice et à la répression, mais qu’ils rejettent également la bêtise, l’impulsivité et le manque de ruse et d’intelligence.

Nous tenons à souligner que nos propos ne sont en aucun cas une apologie de la tyrannie, de l’injustice ou de la répression, que nous condamnons tous fermement. Nous aspirons à nous en libérer en utilisant la raison, l’action politique, l’humanité et l’éthique comme nos armes, malgré les nombreuses adversités de ce monde.Finalement, une chose est sûre : sa pensée continue de nous interpeller et de nous questionner sur la place du pouvoir et de la morale dans nos sociétés.

La psychanalyse : Une héritière de la philosophie ? Pourquoi Freud a-t-il dissocié sa relation avec la philosophie ?

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La psychanalyse : Une héritière de la philosophie ? Pourquoi Freud a-t-il dissocié sa relation avec la philosophie ? Freud, l’éminent neurologue autrichien et pionnier de la psychanalyse, intrigue les lecteurs qui, au-delà de sa renommée médicale, découvrent en lui un penseur profondément philosophique. Dans l’exploration de la psychanalyse, une confusion s’installe, brouillant les frontières entre une philosophie de la psychanalyse et une analyse psychologique de la philosophie. Notre essai s’engage à dévoiler la complexité de Freud en tant que personnage et à examiner sa relation parfois ambivalente avec la philosophie.

Nous ne voulons ni ériger Freud en héros ni le dénigrer injustement. Notre approche demeure objective, s’alignant sur la quête de vérité et la foi en la raison qui caractérisent Freud. Contrairement à une perception répandue, l’explorateur de l’inconscient était avant tout un défenseur ardent de la conscience. Sa découverte de l’inconscient s’avérait être une lutte pour la raison, une tentative de se libérer des illusions et des autorités intérieures oppressantes. Ainsi, le projet de Freud, malgré ses thématiques souvent perçues comme négatives, s’inscrit dans une vision positive, un héritage des Lumières et de la philosophie éclairée.

Freud a vécu une époque de tumulte politique et de déclin, suscitant en lui des doutes omniprésents. Trouvant la tranquillité à travers la connaissance, il s’est lancé dans le monde avec ses idées, croyant que la compréhension des causes du malheur offrirait le pouvoir de changer ces conditions. Courageux et parfois arrogant, Freud attribuait son courage comme sa caractéristique la plus saillante. Ses peurs, qu’elles soient de la pauvreté ou des voyages en train, témoignaient de son ancrage dans la réalité matérielle humaine. Malgré son mariage, son désintérêt pour les émotions, son indifférence envers la musique, et son admiration pour Hannibal révèlent une personnalité unique.

Les orientations politiques de Freud se tiraient entre le socialisme et le libéralisme politique, une dualité qui a alimenté son intérêt pour John Stuart Mill. Traducteur d’œuvres et marqué par l’expérience traumatisante de la Première Guerre mondiale, Freud s’est opposé à la guerre. C’est dans cette toile complexe que nous chercherons à dévoiler la relation fascinante de Freud avec la philosophie.

Bien que Freud ait fréquemment soutenu qu’il n’avait pas de doctrine philosophique personnelle et que la philosophie n’avait pas influencé l’émergence de la psychanalyse, ceux qui ont scruté attentivement l’œuvre de Freud savent qu’il n’a pas exposé toute la réalité. Malgré la pancarte proclamant “Il faut travailler sans philosophie” dans sa chambre pendant ses années d’études, la vérité réside dans sa participation à des cours de philosophie et à l’écoute des conférences du philosophe autrichien Franz Brentano. L’influence de Brentano sur la personnalité de Freud est notable, lequel a affirmé : “Sous l’influence de Brentano, j’ai décidé d’obtenir un doctorat en philosophie et en biologie”. Brentano a également recommandé que Freud assume la traduction des œuvres de John Stuart Mill.

Freud a scruté les pensées d’Aristote, Socrate et Platon, maîtrisant les langues grecque et latine. Il a exercé ses talents de traducteur pour des œuvres anglaises et françaises. Bien que Freud ait ensuite orienté son attention vers les sciences naturelles, cela ne signifie pas qu’il a complètement délaissé la philosophie, comme nous l’explorerons. La psychanalyse de l’inconscient n’a pas été inaugurée par Freud. Par exemple, Platon a exploré la notion de connaissance inconsciente, Spinoza a parlé du désir aveugle qui guide les êtres humains plus que la raison, Hume s’est penché sur l’activité inconsciente de l’homme, et Schelling a évoqué une nature qui émerge à partir de l’inconscient. Bien que Freud mentionne rarement ces penseurs dans ses écrits, de nombreux lecteurs de Freud soulignent également l’influence de Schopenhauer et de Nietzsche sur lui. Il est évident que cela ne suggère pas une correspondance stricte entre les philosophies de ces penseurs et les idées de Freud, et la découverte de l’inconscient s’étend au-delà du seul domaine de la philosophie. Elle se réfugie également dans les domaines de la physiologie et de la médecine. Au moins six ouvrages médicaux du XIXe siècle traitent de l’inconscient. Même lorsque Freud affirme que personne avant lui n’a compris le rôle de la sexualité dans la vie humaine, il exagère. Platon évoquait déjà l’importance d’Éros comme un dieu ancien, Schopenhauer discutait de la métaphysique de la pulsion sexuelle, Feuerbach liant la sensualité à l’existence de Dieu, et bien d’autres idées présentes chez Freud avaient déjà une existence philosophique antérieure. L’indéniable connexion entre la psychanalyse et la philosophie constitue un sujet incontournable.

Freud n’a pas reconnu cela, non pas par ignorance des philosophes, bien qu’il en ait exploré une part substantielle. Cependant, cela n’implique pas qu’il a élaboré ses idées de manière isolée, sans influences extérieures. L’essentiel réside dans l’idée elle-même, sans qu’il soit crucial de déterminer quel philosophe l’a introduite dans la philosophie ou la psychanalyse. Le concept de plagiat ou de vol intellectuel ne trouve pas sa place ici. Freud a, de fait, renié la philosophie d’un point de vue philosophique, mais l’a reconnue sous un autre angle. La portée et les risques résident dans sa manière d’introduire et de traiter ces idées philosophiques. La justification de ce refus de la philosophie et de l’omission délibérée des philosophes découle du contexte de l’époque, où un sentiment de dégoût envers la philosophie et un rejet de la métaphysique prévalaient. Le courant positiviste dominait le paysage culturel et intellectuel, marqué par la conviction forte que tout élément psychique est mental, reléguant l’inconscient au statut d’invention philosophique. C’est cette atmosphère qui a conduit Freud à dissimuler consciemment ses sources philosophiques. Son intention était de préserver ces idées en les adossant de manière judicieuse à la science, afin d’être reconnu comme un scientifique authentique, fondant ses théories sur des données empiriques issues de la pratique médicale. Il redoutait que ses enseignements ne cadrent pas avec la philosophie ou qu’on l’accuse de s’orienter vers la métaphysique. Par conséquent, Freud a délibérément écarté la métaphysique et s’est distancié de la philosophie en général, dissimulant ainsi volontairement ses sources philosophiques pour préserver ces idées en les associant à la rigueur scientifique.

Freud a rejeté sa dimension philosophique en raison de considérations intellectuelles et politiques, optant résolument pour la science et se comparant à Copernic et Darwin. Il percevait son approche de la psychologie comme une révolution copernicienne dans la compréhension de l’esprit humain.

Néanmoins, lors d’une de ses conférences médicales, Freud a souligné le manque de connaissances philosophiques parmi les auditeurs, déclarant : “La philosophie pourrait vous être bénéfique dans votre pratique médicale”. Paradoxalement, il soutenait que la philosophie n’était pas une entrave à la science, mais plutôt une discipline utilisant en partie les mêmes méthodes. Cependant, il précisait que “l’analyse psychanalytique doit opérer principalement avec des concepts et des propositions considérés comme philosophiquement indéterminés”.

Cette apparente contradiction révèle la complexité de Freud, loin d’être naïf. On peut le percevoir davantage comme un homme politique que comme un pur homme de science ou de philosophie. Il adopte une perspective historique et politique dans sa lecture de la philosophie et de la science, élaborant des tactiques et des stratégies pour instaurer une nouvelle science.

Freud a cherché à résoudre les impasses philosophiques du XIXe siècle, marquées par les extrémismes positivistes, en optant pour une philosophie ancrée dans une science précise. Rejetant l’inconscient ontologique et la métaphysique, il a articulé un inconscient scientifique en relation avec les facultés cognitives humaines. Sa tentative de conciliation entre l’objectif et le subjectif, le naturel et le culturel, le rationnel et l’irrationnel s’est exprimée dans un langage scientifique dépourvu d’ambiguïté.

La résolution de cette impasse par Freud s’est matérialisée dans sa transition de la médecine à la psychologie, puis au-delà de la psychologie, marquée par le rejet de la métapsychologie et l’entrée dans une métapsychologie ouvrant la voie à la philosophie de l’analyse psychologique. La métapsychologie est comprise comme une ouverture aux frontières de la psychologie, englobant également la philosophie, facilitant ainsi la transition entre la médecine, la philosophie, la biologie et la psychologie, formant ainsi le cercle de l’analyse psychologique.

Freud s’est consacré à la biologie, à la médecine, et aux neurosciences tout en maintenant un lien avec la philosophie. Il n’est donc pas surprenant d’observer Freud aborder des sujets tels que la poésie, l’éthique, le théâtre, ainsi que des thèmes médicaux lors de ses séances d’analyse. Cela a conduit Freud à parfois révéler sa connexion avec la philosophie, tandis qu’à d’autres moments, il devait la dissimuler. Ainsi, il existe un consensus général affirmant que l’analyse psychologique n’était pas simplement une école de pensée ou une science, mais plutôt un mouvement d’essence politique, comparable aux mouvements et aux écoles secrètes des philosophes pythagoriciens et platoniciens du passé.

Ainsi, les conférences d’analyse psychologique adoptaient des traits de conférences politiques, marquées par l’opposition, les querelles, et les ajournements. D’où l’émergence de termes spécifiques et de réunions confidentielles associées à l’analyse psychologique. Freud qualifia lui-même l’analyse psychologique de “problème”. Ses relations avec amis et collègues étaient toutes teintées de politique. Son lien avec le psychiatre renommé Eugen Bleuler se brisa en raison d’un désaccord avec Carl Gustav Jung sur cette question. La rupture avec Jung, bien que motivée par des raisons similaires, revêtait une gravité politique aux yeux de Freud, menaçant la scientificité de l’analyse psychologique.

Ainsi, une discipline nouvelle naquit, fondée non seulement sur la pensée, mais également sur la tactique et la stratégie. L’Organisation internationale de psychanalyse émergea et se répandit dans divers pays. Bien que de nombreux détails restent à explorer sur ce sujet, je m’en tiendrai là. L’objectif de cet essai philosophique était de dévoiler Freud le philosophe et la relation clandestine entre la psychanalyse et la philosophie. Pour clore ces réflexions, je citerai Freud lui-même : “Je me justifie secrètement en atteignant mon premier objectif, qui est d’atteindre la philosophie.

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Pourquoi la beauté nous touche-t-elle ?

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La beauté est partout et nulle part à la fois, une chimère insaisissable qui nous attire et nous trouble.

Qu’est-ce donc que la beauté ? Une simple question d’apparence physique ? Un reflet de notre âme ? Une construction sociale ? Ou bien une force universelle qui transcende les définitions humaines ?

Dans cet essai, nous explorerons les différentes dimensions de la beauté, de sa nature subjective à ses implications culturelles et philosophiques. En chemin, nous défierons les notions préconçues et embrasserons la complexité de ce mystère fascinant.

La beauté, la séduction, l’attrait… autant de mots que nous utilisons pour décrire ce qui est beau, que ce soit de manière générale ou spécifiquement pour décrire une femme belle, voire un homme beau. Mais pourquoi sommes-nous attirés par la beauté ? Pourquoi la beauté nous intrigue-t-elle et nous perturbe-t-elle ?

Certains affirment que la femme cherche à séduire l’homme, à lui tendre des pièges. Plus récemment, la psychologie évolutionniste a avancé que l’attirance de l’homme pour la beauté de la femme est motivée par des préférences biologiques. En effet, sa beauté serait un indicateur de sa santé, de sa fertilité et de sa capacité à procréer. De son côté, le champ des études culturelles et sociales soutient que la beauté et l’attention portée à l’apparence sont le fruit d’un long processus de soumission et de conditionnement. Selon cette théorie, les femmes, dans leur état naturel, sans les normes de beauté imposées par le patriarcat, ne se soucieraient pas autant de leur apparence. 

Pourtant, si l’on suppose que ces théories sont exactes, comment expliquer l’intérêt de l’homme pour la beauté absolue, que ce soit dans l’art, les paysages magnifiques, les idées belles ou même la science, qui est elle aussi qualifiée de belle ?

Avant d’entamer cette discussion, il est important de souligner que nous ne cherchons pas à imposer la beauté uniquement aux femmes, ni à promouvoir des normes de beauté spécifiques. Il s’agit simplement de remettre en question les discours qui associent la beauté des femmes ou leurs préférences esthétiques à des concepts de reproduction, ou à des concepts de conditionnement culturel peser sur les matchs comme pense, beaucoup de féministes. Nous cherchons également à comprendre la beauté dans un contexte plus large, qui englobe à la fois les femmes et les hommes. C’est-à-dire l’humanité.

Il est indéniable que la médecine a cherché tout au long de l’histoire à lier la beauté à divers aspects de la santé et à en faire une marchandise.

La beauté reste un aspect physique qui reflète notre nature sexuelle, mais le problème ne réside pas dans cela. Le véritable problème réside dans la réduction de la beauté à une dimension purement sexuelle, comme le fait la psychologie évolutionniste d’un côté, ou dans la réduction de la beauté à une construction culturelle patriarcale répressive, comme le soutiennent certaines théories féministes dans le domaine des études culturelles et sociales. Est-ce que la nature de la beauté et ses critères relèvent d’une question subjective ou objective ? C’est un autre sujet que j’ai déjà abordé dans mon explication de la théorie de Kant sur la beauté, que je considère comme apportant une réponse objective à cette question. Pour l’instant, nous allons plutôt nous intéresser à la relation entre l’homme et la beauté. Pourquoi la beauté nous touche-t-elle ? Pourquoi sommes-nous attirés par elle ? Que se passe-t-il en nous lorsque nous contemplons quelque chose de beau ?

Depuis l’avènement de la civilisation, l’homme poursuit le bonheur comme s’il s’agissait d’un précieux trésor qu’il ne cesse de chercher et de perdre à nouveau. Au milieu du stress et du déracinement, entre les obligations imposées par cette civilisation et ses désirs de rébellion, l’homme s’efforce de calmer ce déracinement et d’atténuer sa souffrance de diverses manières : sur le plan spirituel, intellectuel et esthétique.

Le désir de beauté a été assimilé, dans l’analyse psychologique, au désir de vivre, à cette impulsion de construire. De même, la laideur a été associée, indépendamment de ses critères, à l’impulsion destructrice. Ces deux pulsions, celle de construction et celle de destruction, sont des forces fondamentales inhérentes à l’être humain, émanant d’une énergie biologique universelle. La pulsion de construction vise à satisfaire les besoins et les désirs de l’âme, englobant non seulement les besoins alimentaires et sexuels, mais aussi les aspirations émotionnelles, notamment le plaisir et le bonheur.

Ce déracinement de soi, que l’homme ressent depuis l’émergence de la civilisation, se manifeste dès les premières étapes de la vie, notamment dans l’enfance, où l’enfant découvre  lui-même à travers, le miroir ou son identité et sa conscience de soi se forment comme une image. En raison de son incapacité à correspondre parfaitement à cette image, cette image comporte des faiblesses, des maladies, des handicaps et des lacunes. C’est ici que la séparation commence et que les désirs commencent à se former pour combler cette lacune et dépasser cette faiblesse et cette séparation. L’enfant cherche alors à trouver d’autres images idéales avec lesquelles il peut correspondre ou se ressembler. Par exemple, pendant sa croissance, la personne se ressemble à de belles images de personnes qu’elle aime, comme l’un des parents ou une image d’un être cher, ou elle se ressemble à de belles images conceptuelles telles que les principes moraux ou les images visuelles esthétiques présentes dans le monde extérieur. Grâce à cette ressemblance avec les belles images qui correspondent aux goûts de la femme ou de l’homme, la lacune est comblée et la douleur est atténuée, et la personne acquiert un sentiment de présence et d’estime de soi, et son narcissisme se nourrit. La personne trouve ce qui le complète dans l’image belle, et ainsi, en présence de la beauté, il est aussi proche que possible du plaisir et de l’extase, et aussi éloigné que possible de l’anxiété, de la peur et de la douleur. L’œil touche indirectement ce sur quoi il regarde, et lorsque la chose est désirable et belle pour l’homme, l’œil interagit avec elle, se fond en elle et se ressemble à elle. Le soi absorbe la chose extérieure belle qui procure une sensation de plaisir, et ce n’est pas l’image en elle-même, mais ce que l’image symbolise dans nos esprits seulement, que ce soit la liberté, l’amour ou d’autres choses que nous pourrions ne pas comprendre, car notre inconscient les comprend et les désire. Une théorie soutient également que l’enfant impose un modèle esthétique à sa vision de la vie, comprenant ce qui est bon et ce qui est mauvais, et ajoute une belle image au bon et une image laide au mauvais. Si nous regardons les anciens mythes et contes de fées, nous constatons que le changement de forme est très courant. Dans les mythes, il est fréquent d’observer des changements de forme. Par exemple, le méchant, initialement laid, peut se transformer en une belle apparence afin de tromper et de communiquer avec les humains. Nous, êtres humains, avons souvent tendance à confondre le beau et le bien en raison de notre culture, considérant tout ce qui est beau comme bon et tout ce qui est bon comme beau. Cependant, cette généralisation est simpliste et erronée, car le beau n’est pas toujours synonyme de perfection. En réalité, il est souvent basé sur une lacune, que nous en soyons conscients ou non. Lorsque nous contemplons une image belle, notre désir se transforme en une autre belle image, sans que la lacune ne soit comblée ou que le désir ne soit entièrement satisfait. Le charme du beau réside souvent dans son aspect insaisissable, qui ne permet pas à l’observateur de le comprendre ou de s’identifier complètement à lui. Malgré cela, le beau exerce toujours une attraction particulière sur nous. Avant de pouvoir apprécier pleinement le charme de la beauté, il est essentiel de comprendre le sentiment d’élévation que nous ressentons lorsque nous contemplons quelque chose de beau. Ce sentiment d’élévation nous permet de nous élever au-delà du monde matériel et familier vers quelque chose d’immateriel. En observant le beau, nous transcendons l’état de manque du monde matériel pour atteindre un état idéal et sans défaut. Ainsi, le beau suscite en nous une interaction et une sensation de protection. Il n’est pas surprenant que notre désir de beauté soit souvent une tentative de compenser des conditions douloureuses et difficiles. En ce qui concerne la dimension sexuelle de la beauté, elle est indéniable et englobe toutes les formes de beauté. Les études psychologiques ont révélé que le désir de beauté et l’appréciation de la beauté satisfont indirectement nos besoins vitaux. Toutefois, avec l’émergence de la civilisation et de la culture, ces besoins vitaux se sont transformés en des besoins émotionnels profonds, remplaçant ainsi leur aspect purement sexuel. Par conséquent, les affirmations de la psychologie évolutionniste qui associent la beauté des femmes à leur capacité de reproduction de manière exagérée ne sont pas précises et négligent la dimension psychologique de l’être humain ainsi que nos besoins émotionnels essentiels que la beauté nous aide à combler. Les études culturelles féministes qui remettent en question les normes de beauté masculines et bourgeoises sont également justifiées, car le corps des femmes a été historiquement maltraité et exploité en imposant des normes de beauté nuisibles pour des raisons politiques, économiques et de contrôle de la mémoire collective. Il est cependant important de faire la distinction entre les normes de beauté imposées de l’extérieur et le désir de beauté qui émane de l’intérieur.

Vers une nouvelle compréhension du beau : Déconstruire la théorie de Kant.

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La perception de la beauté est-elle subjective ou objective ? Quelle est la différence entre la beauté libre et la beauté subordonnée ? Existe-t-il différentes formes de beauté ? Quels sont les sentiments qui naissent en nous lorsque nous voyons quelque chose de beau ? Dans cet essai philosophique, nous aborderons la beauté qui a intrigué les philosophes, les poètes et les artistes depuis l’antiquité. Certains l’ont associée à la nature, d’autres à l’amour, à la passion ou au sexe, tandis que d’autres l’ont associée à l’art. Certains pensent que la beauté est universelle et acceptée par tous, tandis que d’autres pensent qu’elle est subjective et personnelle. Les opinions divergent et varient.

Étant donné qu’il est impossible de discuter de toutes les opinions dans un seul article, nous nous concentrerons sur l’opinion du philosophe allemand Kant sur la beauté, qui a révolutionné les concepts de la beauté et l’a assimilée à la science. Il a introduit le concept d’esthétique et lui a attribué des principes. Bien que le philosophe allemand Alexander Gottlieb Baumgarten ait souligné l’importance de la beauté avant Kant, Baumgarten a commis plusieurs erreurs qui ne lui ont pas permis d’être considéré comme le fondateur de cette discipline.

Commençons par examiner le terme “esthétique”, qui a une origine grecque et se réfère à tout ce qui est lié à la perception sensorielle, tout ce qui plaît à nos sens et qui n’est pas soumis à la raison. Baumgarten a choisi ce terme car il souhaitait mettre en évidence l’expérience de l’art esthétique en tant que moyen de connaissance. Kant, quant à lui, cherchait à comprendre l’art dans sa spécificité, non pas comme une forme de connaissance. Avant et après Baumgarten, de nombreux philosophes ont discuté de la beauté et l’ont associée à des concepts tels que la vérité, le bien, la moralité et l’utilité. Certains ont considéré la beauté comme incomplète, parfaite, fausse, authentique, etc. C’est à ce moment précis que l’importance de Kant apparaît, car il a abandonné l’approche normative et a réuni dans sa compréhension de la beauté l’intellect et les sens. Il a également distingué les facultés mentales par lesquelles nous percevons la beauté et a posé des questions telles que : notre perception de la beauté est-elle subjective ou objective ? Quelle est la différence entre la beauté libre et la beauté subordonnée ? Existe-t-il différentes formes de beauté ? Quels sont les sentiments qui naissent en nous lorsque nous voyons quelque chose de beau ?

Son livre “Critique de la raison pure” est la première critique philosophique de Kant, et son livre “Critique de la raison pratique” est la deuxième critique philosophique qu’il a publiée. Kant a ensuite publié son troisième ouvrage critique, “Critique de la faculté de juger”, qui est considéré comme une étude théorique fondamentale sur la science de la beauté. Kant a distingué trois types de facultés mentales ou de pouvoirs intellectuels : le premier est la faculté de la compréhension, par laquelle nous comprenons la réalité et lui donnons des lois et des principes fondamentaux. Kant a critiqué cette faculté dans son livre “Critique de la raison pure”. Le deuxième est la faculté de la raison, par laquelle nous utilisons des compétences d’inférence et d’analyse, et dans laquelle nos désirs prennent forme de manière pratique. Kant a critiqué cette faculté dans son livre “Critique de la raison pratique”. Entre la première et la deuxième faculté, Kant a découvert qu’il y avait une autre faculté qui se situe entre la compréhension et la raison, qui médie la connaissance et le désir, et c’est la faculté de ressentir le plaisir et la douleur.

Entre la faculté de compréhension et la faculté de raison, Kant a découvert ultérieurement qu’il existe une deuxième faculté qui médie la connaissance et le désir, à savoir la faculté de ressentir le plaisir et la douleur. Il a supposé que cette faculté est responsable du jugement esthétique, c’est-à-dire du jugement sur quelque chose comme étant beau. Il l’a appelée la faculté de juger. Selon Kant, le jugement sur la beauté est une affaire subjective et non objective, qui n’est pas déterminée par des critères ou des concepts. C’est plutôt une expérience individuelle dans laquelle il y a un accord général sur ce qui est considéré comme beau.

Kant a fait une distinction entre les facultés mentales par lesquelles nous percevons la beauté. Il a également souligné qu’en jugeant quelque chose comme beau, nous ne le relions pas à des concepts spécifiques dans notre esprit ou à une expérience particulière que nous avons vécue. Pour Kant, il existe des règles spécifiques et des idées sensibles par lesquelles nous comprenons intuitivement la beauté. Il a déclaré que la faculté de juger est une force spéciale qui nous permet de juger des choses en fonction de leur beauté, sans se référer à des concepts préétablis.

Kant a publié plusieurs critiques philosophiques, dont “Critique de la raison pure” et “Critique de la raison pratique”. Son ouvrage “Critique de la faculté de juger” est considéré comme une étude théorique fondamentale sur la science de la beauté. Il a également exploré la différence entre le jugement esthétique et le jugement téléologique. Le jugement esthétique se produit lorsque nous contemplons quelque chose de beau et que cela suscite des sentiments particuliers en nous. Le jugement téléologique, en revanche, se produit lorsque nous disons que quelque chose est beau en raison de ses caractéristiques et de son but spécifique.

Il convient de noter que Kant n’était pas intéressé par l’établissement de règles et de principes pour l’éducation du goût esthétique. Il n’a pas cru en la possibilité d’apprendre le goût esthétique. Il était davantage préoccupé par la nature du jugement esthétique lui-même. Cependant, il a souligné l’importance de distinguer entre ce qui est beau et ce qui est sublime. Le sublime est quelque chose qui dépasse la beauté et qui est particulièrement grandiose et élevé. Kant a distingué entre le sublime mathématique et le sublime dynamique. Le sublime mathématique se réfère à quelque chose qui est immense et sans limite, comme l’océan déchaîné. Le sublime dynamique, quant à lui, se réfère à quelque chose qui est puissant et en mouvement, comme une tempête ou un volcan.

Le concept de beauté est lié à l’imagination, tandis que le concept de sublimation est associé à la puissance et à la capacité. Alors que la beauté nous procure une jouissance positive, le sublime nous procure une jouissance négative car il suscite l’admiration, l’émerveillement et la crainte. Kant relie le sublime aux idées et à l’esprit, mais il ne le considère pas comme purement rationnel. Le sublime nous pousse à réfléchir et à abandonner momentanément le domaine de la perception pour entrer dans le domaine des idées.

En conclusion, Kant a apporté une contribution significative à la compréhension de la beauté en la reliant à la faculté de juger et à l’expérience subjective. Il a distingué entre le jugement esthétique et le jugement téléologique, ainsi qu’entre la beauté et le sublime. Son approche a révolutionné la compréhension de la beauté et a eu une influence durable sur la philosophie esthétique. Dans les prochaines essaie, nous approfondirons davantage ce sujet.

Un humaniste, une époque

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           Écrire contre l’oppression 

Dénoncer les horreurs du passé comme celle d’aujourd’hui 

Sans jamais renoncer au combat utile et indélébile 

Pour rendre hommage aux humanistes 

Mon appel pacifique pour ce prémunir des idéologies nuisible 

Toujours à la symphonie 

Pour garantir les valeurs démocratiques 

Défendre les innocents contre l’injustice 

Pour humaniser les peuples asservis 

Et vivre en harmonie 

Protéger la dignité 

Sans jamais renier l’équité 

Afin de rester fidèle à l’humanité 

 

 

 

        Introduction

Ce projet d’écriture qui me tient particulièrement à cœur me redonne de l’espoir pour ceux qui se lancent dans l’écriture afin de partager mes analyses. Exprimer mes sentiments sur l’humanité à travers l’écriture permet également de reconnaître et de perpétuer la mémoire de ceux qui ont consacré leur vie à une cause juste. Ce livre me donne l’opportunité de concrétiser mon projet qui reste une passion fondamentale. En utilisant mon écriture, je souhaite rendre hommage aux personnes qui ont perdu la vie dans une société parfois ignorante et influencée par l’obscurantisme, et qui ont traversé le monde. Mon écriture me permet aussi de me tourner vers mes passions secondaire la philosophie, la sociologie,la politique, le droit, la poésie, l’histoire particulièrement l’histoire du XXe siècle marqué par les deux guerres mondiales, les idéologies totalitaires et les guerres de décolonisation. La philosophie politique est une passion pour moi, en particulier à travers les écrits de Jean-Jacques Rousseau sur le contrat social et les valeurs telles que la liberté, l’égalité et la justice. Enfin Voltaire pour sa tolérance qu’il mettra en avant dans son œuvre Traité sur la tolérance publié en 1763. Cette œuvre sera d’actualité tout au long des siècles qui suivront les événements décrits dans ce livre, en particulier au cours du XXe siècle et également à notre époque face à l’intégrisme et aux mouvements réactionnaires.

 

Il est essentiel de rappeler le drame des intellectuels qui ont été assassinés pendant la décennie 90 par les intégristes. Pendant la guerre civile, Tahar Djaout, un intellectuel renommé, a été assassiné en 1993, faisant de lui l’un des

premiers intellectuels tués. Cette tragédie est effrayante pour l’Algérie qui possède une grande richesse intellectuelle à travers les écrivains tels que Assia Djebar, Mohamed Dib, Rachid Mimouni, Kateb Yacine ou encore Mouloud Mameri. L’intégrisme représente un danger majeur pour la société qui est en train de régresser et qui met en péril l’émancipation des femmes après une longue période de colonisation. Dans cette optique, l’intégrisme est un poison pour l’humanité, il anéantit l’humanisme et la dignité humaine, il est le symbole du fascisme et du nazisme. Je tiens à rendre hommage à Abdelkader Mesli pour son humanisme et son engagement inébranlable dans la résistance. Il a été imam de la grande mosquée de Paris et a joué un rôle crucial dans la sauvegarde de plusieurs dizaines d’enfants juifs durant la seconde guerre mondiale. En 2022 à l’occasion du centenaire de la mosquée, le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, déclare: « Mes illustres prédécesseurs ont gravé dans la mémoire nationale une certaine idée de l’humanisme. Le premier recteur de la Grande Mosquée de Paris, Kaddour Ben Ghabrit, a aidé à sauver, avec l’imam Abdelkader Mesli, des personnes juives de la barbarie nazie». Je tiens à souligner ma reconnaissance envers Jacques Paris de Bollardière qui, malgré son refus d’appliquer la torture pendant la guerre d’Algérie, sera emprisonné pendant un mois. En honorant cette action héroïque et symbolique, il ne renie pas la mémoire de Jean Moulin, qui a été torturé par la Gestapo en 1943. D’une manière générale, il ne salira pas la république en préservant les valeurs d’un peuple uni. Alors je dois à nouveau évoquer ses écrivains, journalistes intellectuelles femmes, hommes et enfants d’Algérie qui dans la décennie 90 ont payé de leur vie le fait d’écrire, d’exposer leurs idées ou tout simplement d’enseigner en langue française. Au moment où j’écris ce livre des enfants, des femmes et des hommes sont tués en Palestine, je voudrais en ce sens humaniser ses victimes innocentes et rendre leur dignité visible. Les valeurs démocratiques définies dans la

déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 pourraient au moins reconnaître leur visage altéré par les atrocités commises par une armée immorale. Assia Djebar disait dans son discours à l’académie française: « en 1950 le grand poète Aimé Césaire dans son discours sur le colonialisme avait montré avec le souffle puissant de sa parole comment les guerres coloniales en Afrique et en Asie on en fait « décivilisé et ensauvagé» dit il l’Europe.

 

Il serait utile de rappeler que depuis de nombreuse années en Palestine des enfants ont perdu l’usage de leur bras et de leur jambe durant les conflits opposant les civiles palestiniennes et l’armée israélienne. Il est important de souligner la destruction des écoles, des hôpitaux, des institutions, des mosquées, des églises (dont une qui date de 2000 ans) et des logements à Gaza, et surtout le déplacement de 493 000 femmes et filles palestiniennes sans aucune considération et en toute impunité. Où sont les féministes, les humanistes, les défenseurs des chrétiens d’Orients, des musulmans et des droits humains ? D’après les ONG et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, l’enclave palestinienne a été le théâtre de plusieurs opérations militaires depuis juin 2007, avec un blocus terrestre, maritime et aérien. Peut-on aujourd’hui se montrer compatissant envers les Palestiniens qui réclament leur souveraineté, le respect de leur dignité et la prospérité, conformément à la norme universelle du respect de la dignité humaine ? Le regard des médias sur le conflit est préoccupant en comparaison avec les valeurs prônées par la société française. L’islam est abordé sans aucune connaissance du contenu du texte coranique ou de sa lecture. On parle de l’islam comme s’il s’agissait d’une révélation du 21e siècle. A la fin du XIXe siècle le message prônés par les intellectuels tunisiens et égyptiens est que « l’islam est d’abord un état d’esprit basé sur la concorde, le civisme, la politesse et le respect de l’autre ». Dès l’indépendance de la Tunisie en 1956, le président Bourguiba a promulgué le code du statut

personnel tunisien, qui confère aux femmes devenues indépendantes les droits les plus élémentaires. Il faudrait rappeler le long combat des femmes au Maghreb et dans le monde arabe. C’est notamment le cas de Tawhida Bencheikh qui fut la première femme médecin tunisienne du monde arabe ou encore Aldjia Noureddine Bennalègue qui fut la première femme médecin en Algérie. Dans les années 60 et 70, le monde arabe était ouvert d’une certaine manière à l’émancipation des femmes qui occupent une place importante dans la société et qui ont été méprisées par la misogynie et la domination coloniale.

 

Enfin la démocratie qui représente à mes yeux une place importante dans le monde pour préserver la dignité et la liberté d’un peuple. Les puissances étrangères et les conservateurs semblent négliger et mépriser la démocratie. Selon moi, la démocratie permet de sauvegarder les valeurs portés par la déclaration universelles des droits de l’homme qui sont bafoués dans de trop nombreuses États. En ce sens, le pouvoir politique doit se préoccuper du pouvoir d’achat, de la sécurité, de la santé et de la prospérité des citoyens. Ainsi la démocratie me permet de m’exprimer en tant qu’individu et citoyen du monde. Ayant très vite survolé ma réflexion qui porte sur le monde en évolution ou en régression, je décide de partager ma réflexion et mes mémoires.

 

 

      Écrire contre l’ignorance et l’obscurantisme

En 2012, le terroriste Mohammed Merah tue Imad Ibn Ziaten qui fut l’une des premières victime d’un terrible attentat. Mohammed Merah a t il penser un seul instant à la mère d’Imad qui sera endeuiller toute sa vie. Ainsi les attaques terroristes ont toujours ciblé les musulmans première victimes des attentats intégristes. Les intégristes tue au nom d’une idéologie totalitaire qu’ils vont admirer et vénérer. Il semble nécessaire d’indiquer que les terroristes qui ont perpétrer des attaques abjectes n’ont jamais été à la base des musulmans pratiquants. En effet, Khaled Kekal,Mohamed Merah, Salah Abdeslam ou encore Abaoud ou Coulibaly ont été condamnés pour des délits de droit commun tels que des vols, des vols à la voiture bélier, braquage,vol à main armée, violence volontaire, injure, agression, dégradation de biens publics et violence en réunion, consommation de cannabis et d’alcool tout ceci étant interdit par l’islam. À chaque attentat ou drame on évoque systématiquement l’islam mais lorsqu’il y a une attaque terroriste d’un catholique intégriste on n’évoque pas le christianisme comme cause de ce drame. En rappelant le drame d’enfants poignardé par un individu qui se revendique chrétien en 2023 à Annecy ou encore l’assassinat d’ yitzhak rabin en 1995 par un intégriste juif Yigal Amir son objectif étant de poursuivre la lutte entamée par le terroriste américano-israélien Goldstein contre le processus de paix, «au nom de Dieu ». Goldstein assassine 29 Palestiniens musulmans en prière et en blesse environ 125 autres dans une mosquée durant le ramadan avec une arme à feu automatique, avant d’être maîtrisé et battu à mort avec un extincteur. Sa mort et son acte sont régulièrement commémorés par une partie de l’extrême droite au cimetière de la colonie israélienne de Kiryat Arba où il est enterré. Parmi les 10 commandements formulés en dix lois morales que Dieu a données Moise on peut citer « tu ne tuera point » qui sera repris dans la législation pénale interdisant les homicides. Il serait utile de rappeler également la violence du Ku Klux Klan lié au terrorisme d’extrême-droite et au suprémacisme blanc. Il se fonde souvent sur une lecture raciste, xénophobe et intégriste de la Bible. En 1988, un attentat du cinéma Saint- Michel commis par un groupe de catholiques intégristes, protestant contre la projection de La Dernière tentation du Christ de Scorsese, fait 13 blessés.

Au delà de ses événements le vivre ensemble demeure difficile mais réaliste et possible. De 711 à 1492 durant la période de l’Espagne musulmane, les musulmans acceptaient les églises des chrétiens et les synagogues des juifs. Ainsi la tolérance demeure une valeur prépondérante au sein de la société. Voltaire écrit dans son œuvre que « la tolérance est la liberté des autres et la seule vraie marque de l’humanité ». La pratique de l’islam authentique était cohérente au regard de l’interprétation du coran qui garanti le principe de non contrainte prévu à la sourate 2 verset 256. On impose pas l’islam, on adhère volontairement à l’islam qui pourrait nous permettre de nous épanouir. Ensuite l’islam protège l’intégrité physique des individus dans la sourate 17 verset 33 « Ne tuez point la vie que Dieu a rendu sacré ». Ainsi la peine de mort ne s’applique pas dans l’islam en vertu du droit à la vie puisque c’est Dieu qui juge les consciences des croyants. De plus, le prophète de l’islam dit « assiste l’opprimé et l’oppresseur » et la sourate 16 verset 90 énonce que « en réalité Dieu ordonne l’équité et le bien, la générosité envers les proches. Il interdit la turpitude, la mauvaise action et la rébellion ». Logiquement, la protection de la vie et le respect de la dignité humaine sont à la base de l’enseignement de la religion musulmane, en ce sens il s’agit de préserver la tolérance et l’épanouissement. À travers le fanatisme on remarque d’emblée l’embrigadement des jeunes vulnérable au discours intégriste. Tout ceci favorise le désordre complet qui vise à dégrader le progrès de la civilisation islamique.

Ceci met en avant la science et la philosophie omniprésente dans le savoir islamique mais également la lecture est essentielle et recommander par la sourate 96 du coran. Ainsi se sont des scientifiques arabo-musulmans qui ont participé à structurer les mathématiques dans le domaine de l’arithmétique, de l’algèbre et de la géométrie. Les autres disciplines développées sont la médecine, la botanique, la zoologie, l’agriculture, la physique, la chimie, l’optique, la géographie et l’astronomie. Parmi les savants musulmans on retrouve El Farabi, Avicenne, Avéroes et Ibn Arabi. On retrouve également les écrits des historiens musulmans comme Ibn Khaldoun et Ibn Saad historien du 8e siècle connut pour sa biographie du prophète Mohammed. Avéroes théologien, philosophe, médecin et juriste musulman parlait déjà à son époque au 12e siècle de la compatibilité de la révélation et de la raison humaine. Il incite les musulmans à pratiquer la philosophie qui ne contredit pas la loi divine qui appelle à étudier rationnellement les choses. Avéroes a été célèbre et admiré par les juifs d’Espagne qui ont répandu sa philosophie en Europe après leur expulsion en 1492. Avéroes a été aussi un médecin cherchant des traitements contre les maladies en publiant son livre De la médecine universelle en 1162. Il indique également que la médecine scientifique doit être réuni avec l’ensemble des traditions rassemblant les pratiques et les conseils du prophète concernant les soins. Jean Pic de la Mirandole influencé par les écrits d’Avéroes accorde une place importante à la dignité et aspire au progrès scientifique, intellectuel et social de l’être humain dans son livre Discours sur la dignité de l’homme publié en 1486.

J’aimerai rappeler que des intellectuels ou des artistes français comme Eva Vitray-Meyerovitch, le peintre Étienne Dinet et Louis Massignon se sont convertis à l’islam. Leurs écrits seraient d’une utilité pour mieux appréhender l’islam, contre des discours fallacieux qui se répandent de manière spectaculaire dans les médias et les réseaux sociaux.

Certains ont fait croire que l’islam interdisait la musique alors que la musique est présente dans le soufisme. Mais allons plus loin dans cette réflexion, durant la colonisation et les guerres de décolonisation, on compose des chants révolutionnaires, des hymnes nationales. Les mariages et les fêtes de circoncision ont fait appellent à des orchestres pour fêter ses événements. De surcroît, la musique traditionnelle au Maghreb est très écouter comme le malouf musique traditionnelle arabo-andalouse du temps de l’Espagne musulmane puis implanté au Maghreb ou encore la musique d’Abdelkrim Dali qui chante des chansons diffusé tous les ans à l’occasion de l’aid Al Kebir et l’aid el Firt à la télévision algérienne. Oum Kalthoum célèbre chanteuse égyptienne dans le monde arabe et à travers le monde demeure l’une des plus grandes musicienne arabe. Son père imam reconnaît en elle un talent exceptionnelle sur le chant. Elle vient chanter dans les grandes villes arabe et s’offre une popularité immense marquant l’une des figures de la musique arabe. Fadhéla dziria figure de la musique traditionnelle algérienne est au centre du chant algérois. Comme Oum kalthoum, Fadhéla dziria représente le symbole de la musique classique dans le monde arabe. Le grand philosophe El Ghazali dit que la musique n’est pas interdit par l’islam en ce sens qu’on ne peut pas interdire le chant d’un rossignol par exemple. Et le philosophe et théologien Al Farabi joué des instruments de musique influencé par la poésie. Cette réflexion sur la religion me semble fondamentale contre l’intégrisme et les mouvements réactionnaires qui rejette la démocratie et l’universalisme ainsi que les principes immuable de l’islam à savoir la bonté, la tolérance et le respect d’autrui.

Par conséquent, il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression. Dans cette optique, les peuples des Nations Unies ont proclamé leur fidélité dans les droits fondamentaux de l’homme dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes, et se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleur conditions de vie dans une liberté plus grande. Contre l’ignorance, je préconise toujours l’instruction qui permet de consolider ses connaissances au delà de nos vertus et préserver une société démocratique. Nelson Mandela disait : « l’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde ». Nelson Mandela meurt en 2013 après un combat humaniste et consciencieux contre l’apartheid et la ségrégation qui lui valu 27 ans de prison et le prix Nobel de la paix en 1993, soit presque 20 ans avant sa mort.

La romancière Assia Djebar élu à l’académie française en 2005 raconte son enfance où « son père instituteur dans les années trente en pleine montagne algérienne, seul dans une école où ne parvenait même pas la route, scolarisait en français des garçonnets, en ajoutant des cours d’adulte pour des montagnards de son age les préparant ainsi à des métiers d’administration afin que leurs familles bénéficient de revenus convenable ».

Revenons brièvement à la cause palestinienne en citant le Général De Gaule en novembre 1967 : « Dans les territoires qu’occupe Israël, il organise l’occupation, cette occupation provoque une résistance qu’Israël appelle terrorisme ». Cette citation du Général De Gaulle occulté par les médias aujourd’hui montre la prise de conscience de ce conflit majeur qui dure depuis de nombreuses années et qui déshumanise les populations civiles palestiniennes qui réclame de vivre en paix et en harmonie. On constate par ailleurs l’échec de la politique américaine à travers la normalisation des pays arabe avec Israël. Il faudrait

également rappeler que Israël a été condamné 140 fois par les Nations Unis au regard du droit international notamment pour usage excessif de la force et non respect des résolutions adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Je voudrais rappeler que les palestiniens ont soutenu la France lors des attentats de janvier 2015 notamment avec des images d’enfants palestiniens qui défilent avec des drapeaux français et les pancarte je suis Charlie mais aussi avec la présence de Mahmoud Abbas à la marche républicaine. L’arrestation arbitraire et sans fondement légale d’enfants et de femmes en Palestine est une honte et un déni de justice. En ce sens, la démocratie semble inexistante voire bafoué par les autorités israélienne. On peut le constater à travers les manifestions et les mobilisations du peuple israélien durant plusieurs mois pour la démocratie mais aussi par l’expulsion forcé de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri,condamné à 4 mois de détention administrative par la justice militaire israélienne, procédé qui constitue un « crime de guerre», selon le Haut- Commissariat de l’ONU. Ainsi cette procédure, qui vise à expulser les palestiniens de Jérusalem, comme l’expulsion des 750 000 palestiniens déplacée de force en 1948, est qualifiée de déportation par Amnesty international. Je m’exprime sur un sujet important à mes yeux au regard de la déclaration universelle des droits de l’homme auquel je suis très attaché et de la paix universelle. Nous pouvons être de confession juive et désapprouver la politique israélienne sans minimiser les souffrances des uns et des autres. Le mouvement Naturei Karta est un groupe juif ultra orthodoxe qui rejette la politique israélienne et soutient la Palestine.

 

 

 

En juillet 2009, des membres américains de Neturei Karta se rendent à Gaza, pour rencontrer le haut responsable du Hamas, Ismaël Haniyeh, ils ont déclaré : « C’est votre terre, elle est occupée de manière illégitime et injuste par des

 

gens qui l’ont volée, kidnappée au nom du judaïsme et de l’identité juive». En 1994, le rabbin Moshe Hirsch, membre de Neturei Karta, est nommé ministre des Affaires juives du gouvernement palestinien par Yasser Arafat. En France des collectifs de juives dé-coloniaux luttent contre le racisme, l’apartheid et l’occupation en Palestine. En 2022 un rassemblement à Jérusalem-est occupé d’israéliens ultras nationalistes a eu lieu criant « mort au arabe » et «Shireen est morte ! », en référence à la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, tuée par des soldats israéliens, illustrant le mépris et la haine qui découle d’une occupation jugé illégitime et illégale par les Nations Unis. L’activiste palestinienne Aida Saidawi a été violemment agressé et aspergé de gaz poivré. L’instauration d’un État palestinien indépendant au coté d’un État israélien demeure indispensable afin d’assurer la sécurité des palestiniens et des israéliens. Dans cette optique, mon analyse permet de mieux comprendre l’origine du conflit et d’apporter des solutions concrète et efficace. Durant la période de décolonisation on voit émerger des mouvements nationalistes qualifié aussi de groupe terroriste. En réalité ses mouvements nationalistes souhaitent obtenir leurs indépendances conformément au principe fondamentale du droit des peuples à disposer d’eux même. Il convient de revenir à ceux principe fondamentale pour la Palestine comme étant un État libre, indépendant et souverain reconnu par la communauté internationale et membre des Nations Unies. La coexistence de deux États implique la restitution des terres palestiniennes dans l’optique d’un affermissement de la paix civile. Pour Jean Jacques Rousseau la paix ne s’oppose pas seulement à la guerre mais aussi à la servitude et le recours à la répression violente. Clairement, je désapprouve toutes les actions violente de quelque manière que ce soit et par qui que ce soit notamment en les dénonçant et en encourageant la pacification.

 

Durant la guerre d’Algérie, le général Jacques Paris De Bollardière condamne publiquement l’usage de la torture. Il écrira plus tard « Je pense avec un respect infini à ceux de mes frères, arabes ou français, qui sont morts comme le Christ, aux mains de leurs semblables, flagellés, torturés, défigurés par le mépris des hommes ». Il s’engage dans un combat pacifique et lucide pour la dignité humaine en écrivant plus tard : « La guerre n’est qu’une dangereuse maladie d’une humanité infantile qui cherche douloureusement sa voie. La torture, ce dialogue dans l’horreur, n’est que l’envers affreux de la communication fraternelle. Elle dégrade celui qui l’inflige plus encore que celui qui la subit. Céder à la violence et à la torture, c’est, par impuissance à croire en l’homme, renoncer à construire un monde plus humain». Du 22 au 23 septembre 1961, des attentats visent notamment le domicile de ses parents, celui de Laurent Schwartz militant contre la torture, membre du comité Maurice Audin et signataire du Manifeste des 121 et la librairie de l’hebdomadaire anticolonialiste Témoignage chrétien. Avec son épouse Simone De Bollardière ils militeront pour la paix, la dignité humaine pour une cause humaniste et universelle. En ce sens, lutter contre l’obscurantisme demeure indispensable pour préserver la démocratie et l’émancipation des peuples.

 

          Écrire pour dénoncer

La lutte contre l’intégrisme demeure un long combat contre toutes les idéologies qui approuve la barbarie. L’intégrisme n’est pas un phénomène nouveau, deux siècles après le christianisme né Tertullien à Carthage en 155 après Jésus- Christ, étant païens il se converti au christianisme. Il écrit de nombreux ouvrages et exprime son intolérance et sa misogynie envers les femmes notamment dans son œuvre

« Du voile des vierges ». Tertullien diabolise les femmes en les enfermant et en les réduisant à la dépendance voire l’aliénation. On est loin de la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne rédigé en 1791 par Olympe de Gouges femme de lettres française et pionnière du féminisme.

En Tunisie Habib Bourguiba dénonce la condition des femmes dès l’indépendance en 1956 et souhaite réellement les décoloniser. Le combattant suprême « El moujahid el Akbal » comme on le surnomme sera le libérateur de la femme opprimé à travers des réformes tout en s’appuyant sur le coran. Ainsi il réalise le rêve des intellectuels tunisiens qui avant lui ont dénoncé l’infériorité de la femme comme Abdelaziz Thaalbi dans l’Esprit libéral du coran ou encore Tahar Haddad dont les écrits à la fin des années 20 ont heurté les gardiens de la tradition. De nombreux intellectuels et penseur arabe ont été au cœur du féminisme, ce fut le cas de Amine Qasim penseur égyptien. Il est l’une des grandes figure de la Nahda, mouvement intellectuelle et progressiste arabe qui émerge à la fin du XIXe siècle. Il publie deux ouvrages Tahir Al mar’a (La libération de la femme) et Al mar’a al jadida (La femme nouvelle) publié en 1899 et 1900. Il met en avant le droit musulman qui établi l’égalité entre les hommes et les femmes. Ainsi il préconise l’éducation des femmes, leurs instructions comme étant nécessaire et indispensable dans une société musulmane qui octroient des droits élémentaires que n’avaient pas les femmes autrefois tel que le droit à l’héritage. Il recommande aux femmes la lecture, l’écriture et de notions de sciences naturelles et morales, d’histoire, de géographie, de philosophe, d’éducation religieuse et un goût artistique c’est tout le développement intellectuelle de la civilisation islamique à partir du VIIe siècle. Il défend également l’indépendance matérielle et financière des femmes afin de s’émanciper de la tyrannie masculine. Il rétabli ainsi la vérité sur le texte coranique, en ce sens il plaide pour ses évolutions dans la mesure où les traditions qu’il critique ne sont pas selon lui religieuse et donc n’ont pas à être sacré. À travers cette réflexion aussi mature de ses intellectuels lucide on constate le progrès grandissant au 20e siècle jusqu’à l’émergence de l’intégrisme cruelle et inhumain provenant de l’Arabie saoudite qui prône la domination masculine à travers le wahhabisme comme doctrine et idéologie. Le fondateur du wahhabisme Ibn Abdelwaheb interdit le pèlerinage autour de la tombe du prophète et détruit la tombe de Zaid Ibn Al Khatab un des compagnon du prophète. Cette profanation et les interdits qui découle de cette idéologie comme celle de Tertulien sera régulièrement repris par les talibans et les intégristes de tous bord. Tous les préjugés qui circule sur les médias et les réseaux sociaux n’ont aucun sens et sont très ridicule. C’est notamment sur les taches ménagères effectué au sein du foyer qui fait débat. Le devoir d’assistance impose de toute manière que les taches ménagères puisse être effectué par les deux époux. En ce sens, le mari doit aider son épouse dans l’ensemble des taches au sein du foyer. Durant le VIIe siècle Jabir Ibn Abdillah compagnon du prophète avait inviter le prophète à manger chez lui pour cela il aida son épouse à préparer le repas. Par ailleurs, il convient de dénoncer les relations privilégiées entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite qui ont conclu une alliance militaire et économique au détriment des valeurs universelles et du bien commun. Les États-Unis n’ont pratiquement jamais représenter la démocratie notamment à travers leur intervention en Irak tuant des millions de personnes dont un millions d’enfants. Ceci semble contradictoire avec les valeurs universelles et occidentales dont les États Unis se porte garant ou plutôt en réalité les compromettre. L’article 2 paragraphe 7 de la charte des Nations Unies garanti le principe de non ingérence, “rien n’autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État”.

 

C’est cette politique d’intervention dont le maintien des dictatures fut une stratégie qui entrave l’avènement de la démocratie et entraîne une guerre civile.

 

 

 

De l’empire coloniale britannique à l’empire coloniale français quand la colonisation justifie l’oppression et la domination impérialiste. Cette violence aujourd’hui s’exprime d’une autre façon notamment à travers l’occupation des puissances étrangères au sein des pays considérés comme non démocratique. Les valeurs universelles semble être une fois de plus, une fois de trop mépriser par des violations grave et répétés du droit international. La France entretient des relations très privilégiées avec de nombreuses États qui approuve la peine de mort et n’hésite pas à l’appliquer sous toutes ses formes. Dans cette optique, je voudrais citer le préambule de la constitution du 4 octobre 1958 : « Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu’aux droits et devoirs définis dans la Charte de l’environnement de 2004. En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d’outre-mer qui manifestent la volonté d’y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l’idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique ». Il est essentiel de préserver les valeurs démocratiques portés par la constitution française de la Ve république qui semble être négligé.

Passionné par l’histoire coloniale en Algérie, je voudrais rendre hommage à Frantz Fanon pour son dévouement pour la dignité humaine et la liberté des peuples opprimés. Il sera psychiatre à l’hôpital de Blida et sera fortement impliqué dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie où la fraternité humaine est sa valeur prépondérante. Il écrit les Damnés de la Terre publié en 1961 dans lequel il dénonce le traitement infligés des algériens soumis au statut de l’indigénat. Dans ce livre marquant on trouve le combat d’un peuple opprimé, il dresse le portrait de dizaine de personnes victimes de la guerre, du colonialisme, de la torture, des conditions de vie, du déshonneur. En ce sens, le racisme et toutes les formes de discriminations nuit fortement aux idées des lumières. Je ne pourrais que rendre un hommage universelle à celles et ceux qui sont victimes de ses traitements inhumains et dégradants pour avoir été simplement un être humain. Il convient de dénoncer avec instance les crimes contre l’humanité commis en Europe au cours du 20e siècle tels que la déportation, les camps de concentration et les violences de masse. Ainsi l’occident n’a jamais été un exemple de démocratie à travers l’émergence des idéologies totalitaires, de l’esclavage et de l’antisémitisme avec l’affaire Dreyfus à la fin du XIXe siècle dont les conséquences fut nombreuses. Encore aujourd’hui les crimes contre l’humanité sont encore d’actualité, il serait fondamentale de les dénoncer pour ne pas oublier les victimes du passé. En 1942 durant le régime de Vichy, le roi du Maroc Mohamed V déclarait : « je n’approuve pas du tout les nouvelles lois anti-juives et je refuse de m’associer à une mesure que je désapprouve ».

Par ailleurs, il y a une stratégie qui consiste à légitimer les crimes barbares commis par des assassins c’est celle de l’absence de discernement au moment des faits. Je trouve cette stratégie abjecte qui favorise le laxisme judiciaire et en conséquence l’accumulation des crimes et délits commis sur le territoire de la république. On est encore loin de l’application des articles de lois contenu dans le code civil et le code pénal français.

Dénoncer est pour moi fondamentale, tous les actes répréhensible dont on a été témoins ou victime sont le résultat d’une absence d’instruction, d’éducation des parents, de la non application des lois et pire encore de l’ignorance des lois. De plus, le code de déontologie n’est plus respectés dans aucun secteur d’activité. En ce sens, les actes déviants, le harcèlement, les violences, les menaces, les injures à caractère raciste, homophobe ou sexiste ne sont plus condamnés ou seulement à des peines dérisoire ce qui illustre des sociétés anarchiques et déplorable. Si déjà les dirigeants politiques font l’objet d’une condamnation, eux qui sont les représentants des nations font honte au peuple seule source du pouvoir. On parle également de l’État qui dispose du monopole de la violence légitime mais à condition qu’il respecte les lois nationales et internationales relatives aux droits de d’hommes et aux libertés fondamentales. Ainsi il est nécessaire de tenir compte des revendications d’un peuple sans la présence d’une puissance étrangère puisqu’on impose pas la démocratie, on adhère volontairement à la démocratie si tenter qu’elle soit réellement instaurer après plusieurs années de violence et d’oppression de l’ancien régime.

La citoyenneté dont certains ont été privé autrefois demeure fondamentale dans une démocratie. Il faut noter que le 7 octobre 1940 le décret Crémieux est abroger privant les juives d’Algérie de leur nationalité et citoyenneté française. Le débat sur être français refait surface au détriment d’un débat plus important que celui-ci comme le pouvoir d’achat ou l’inflation. Durant mes années à la faculté de droit, j’ai pu étudier en sciences politiques la citoyenneté française, ainsi dans la logique des révolutionnaires être français c’est proclamer son attachement à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. Cette attachement demeure un processus déterminant dans l’intégration de notre pays au plan politique et juridique. Il convient alors de dénoncer l’hypocrisie dont certains manifestent leur idéologies réactionnaires ou sectaires.

Je voudrais évoquer la persécution des rohingyas et des ouïghours ou encore des chrétiens d’orients et tous les minorités persécutés. Ceux qui prétendent être défenseurs des ses minorités ne se sont jamais mobilisés pour les défendre. C’est un silence médiatique nuisible qui est indigne et condamnable qui traverse le monde alors que les victimes du passés semble être effacé. Le traitement infligé à ses minorités est immonde et cruelle, certains États occidentaux préfère avoir des relations privilégiées avec leurs bourreaux.

En réalité les mouvements intégristes, sectaires réactionnaires, ultra nationalistes et médiatiques exprime leur mépris à l’égard d’une catégorie de la population ou des peuples opprimés. La critique des banlieues comme étant des zones de non droit comme si la campagne était épargner montre le mépris des quartiers populaires et de leur habitants en les stigmatisant. Les crimes et délits sont commis par des personnes de toutes origines, de toutes nationalités, de toute classe sociales, de toute professions et de toutes convictions politiques ou religieuses. En ce sens, les banlieues sont habités par des français à part entière et demeure pour certains des personnes “issue de l’immigration” alors que depuis la fin de la seconde guerre mondiale les gouvernants français ont fait appelle à cette immigration. Cette immigration venu durant la période des trente glorieuse était simplement une main-d’œuvre pour la France sans penser qu’ils allaient s’installer avec leur famille. Alors comment anticiper leur intégration dans une société telle que celle-ci ? Il se sont intégrés dans la société naturellement comme les immigrations venu précédemment, en proclament leur fidélité aux valeurs démocratiques. Mais aussi par l’engagement des musulmans morts pour la France durant les deux guerres mondiales pour témoigner leur affection. Ensuite l’immigration s’est intensifié avec l’explosion démographique, les guerres civiles, l’occupation des puissances étrangères, les persécutions et les régimes autoritaire dont le développement humain est faible avec une absence d’amélioration de la qualité de vie individuelle et sociale de la personne et un chômage de masse. Il convient de rappeler les causes de l’immigration et de les analyser afin de trouver des solutions concrète au lieu de les considérer comme une menace puisque les français voyage et partage même à l’étranger leur séjour montrant les pays issue de ses immigrés. On montre du doigt systématiquement les personnes de banlieue comme cause d’insécurité alors que des enfants de personnalité politique ou médiatique commettent des délits grave mettant en péril la vie et la sécurité de jeunes enfants innocents. Je pourrais également rappeler la dissolution des groupuscules d’extrême droite qui font référence au nazisme ou au fascisme dans le territoire de la république. Comment peut-on tolérer dans les médias et les réseaux sociaux la haine qui s’est développée à travers une admiration des royalistes, de la colonisation, de l’intégrisme, du régime de vichy et de l’héritage Napoléonienne au regard de la constitution de la Ve république. On ne peut pas glorifier ses idéologies, ses personnes du XIXe et XXe siècle ou de l’ancien régime et se dire républicain.

Dans les années 60 et 70 des ratonnades ont lieu à Paris et à Marseille, cette violence se manifeste dans le territoire de la république, donc c’est de l’insécurité et il n’est jamais dénoncer, pire encore certains ont de la complaisance. Ses groupuscules d’extrême droite sont des groupes terroristes projetant des attentats contre des élues, des mosquées, des militants antifascistes ou des personnes racisées. En avril 2023, des membres de la Division Martel ont participé à l’agression raciste devant le lycée Victor Hugo à Paris.

Selon Le Parisien, les agresseurs ont frappé des personnes devant le lycée en proférant des insultes racistes. Le 15 mars 2019, les attentats de Christchurch sont commis contre deux mosquées de la ville de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, fessant 51 morts et 49 blessés. Je voudrais rappeler que l’auteur de cette attentat était partisans de l’extrême droite et de la thèse du grand remplacement ce qui le conduit à commettre cette acte barbare. Il s’agit de la tuerie la plus meurtrière commise spécifiquement contre des musulmans dans un pays occidentale. Le mois suivant, un homme attaque une synagogue à Poway, accusant les Juifs d’orchestrer un « génocide blanc ». Les cibles des terroristes d’extrême- droite sont généralement des personnalités politiques ou des personnes non blanches, souvent de confession musulmane en France, ainsi que des personnes de confession juive. Un homme arrêté en France avait l’intention de commettre un attentat de masse à l’explosif affirmant vouloir viser « plusieurs personnes de chaque minorité, musulmans, juifs, noirs, homosexuels et francs- maçons ». On est loin de l’application de l’article 225-1 du code pénal qui dispose que « Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de la particulière vulnérabilité résultant de leur situation économique, apparente ou connue de son auteur, de leur patronyme, de leur lieu de résidence, de leur état de santé, de leur perte d’autonomie, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur qualité de lanceur d’alerte, de facilitateur ou de personne en lien avec un lanceur d’alerte au sens, respectivement, du I de l’article 6 et des 1 et 2° del’article 6-1 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, de leur capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une Nation, une prétendue race ou une religion déterminée ». Alors dénoncer me permet aussi de ne jamais ignorer la souffrance des autres, dans cette perspective l’humanisme occupe une place importante au sein de l’humanité.

Gisèle Halimi célèbre avocate avait choisis la cause des femmes, en consacrant une grande partie de sa vie à la défense de la dignité de la femme. En 1960, elle défend Djamila Boupacha militante du FLN accusée d’avoir déposé une bombe dans un snack-bar d’Alger, avant d’être torturée et violée, en détention par des soldats français. Pour dénoncer les sévices dont elle a été victime, l’écrivaine et philosophe Simone De Beauvoir coécrit avec Gisèle Halimi Djamila Boupacha. Picasso peindra le portrait de Djamila Boupacha qui sera en couverture de ce livre en faveur de la militante, ceci va l’épargner de la peine de mort qui sera aboli presque 20 ans plus tard par Robert Badinter en 1981. C’est cette même peine de mort qui sera utiliser pour exécuter en 1957 Fernand Iveton militant communiste et anticolonialiste français qui soutient l’indépendance de l’Algérie et fut le seul européen guillotiné durant la guerre d’Algérie. Ainsi la solution pour mettre fin à la guerre d’Algérie c’était l’autodétermination donc l’indépendance.

Presque 30 ans plus tard les femmes seront les premières victimes de l’intégrisme djihadiste en Algérie déshonorant leur lutte pour la liberté et l’indépendance durant la guerre d’Algérie.

Je voudrais brièvement évoquer en ce sens les femmes iraniennes et afghanes persécuté et soumise à la doctrine des l’ayatollahs et des talibans admiré comme une divinité créant un véritable culte de la personnalité. Rappelons que l’Iran et l’Afghanistan n’ont jamais imposé le voile auparavant comme le montre des images des années 1950, 1960 et 1970. L’islam n’impose pas le voile se sont les hommes qui l’on imposer à travers la doctrine intégriste et la monopolisation de l’interprétation du coran par des hommes ignorants et dénué d’humanité comme les dirigeants israéliens sur les populations civiles palestinienne.

Comme l’explique si bien Malek Chebel anthropologue et spécialiste de l’islam le voile n’a jamais était une obligation si bien que depuis le VIIe siècle les femmes n’ont jamais été contrainte de le porter. De ce point de vue, il est indéniable de dire qu’il ne fait pas partie des 5 piliers de l’islam. Au XIXe siècle ont sollicite les intellectuels tunisiens et égyptiens ainsi que les féministes arabes pour réaffirmer que le voile n’est pas une obligation coranique mais un usage recommandé, qu’il a été imposé par la seule puissance du wahhabisme. Il s’agit de respecter le libre choix des femmes de la même manière que celui des hommes qui ont le libre choix de porter le qamis ce vêtement traditionnelle.

Ahmad Massoud fils du résistant Ahmed Massoud combattant farouche contre l’occupation et les invasions en particulier de l’union soviétique et des talibans, plaide pour une liberté et une véritable démocratie contre l’oppression en Afghanistan. Sa longue lutte légitime afin de rendre la dignité de son peuple en particulier celui des femmes demeure essentielle. Reprenant la résistance de son père il déclare : « après l’effondrement du gouvernement afghan et le retrait irresponsable des troupes américaines, le pays est aux mains du terrorisme taliban. Les droits des femmes sont niés et l’Afghanistan est devenu une véritable prison pour ses citoyens ». En hommage à son père il ajoute « c’était un visionnaire. Il avait une vision qui manque cruellement à notre pays depuis une vingtaine d’années. Il a réussi à sauver son pays de deux régimes totalitaires, les Soviétiques et les talibans, qui sont une autre forme d’extrémisme ». Par conséquent, nous devons être tous unis contre toutes les formes d’oppression et de soumission dont sont victimes des minorités dans le monde. Alors soyons réellement des républicains et des humanistes contre l’oppression et la domination par la connaissance et le respect réciproque.

Enfin, je voudrais dénoncer l’assassinat de Mouloud Feraoun qui fut tué par l’OAS le 15 mars 1962, 3 jours avant les accords d’évian. Cette écrivain né dans un milieu pauvre parviendra à devenir instituteur et sera impliqué dans les centres sociaux crée à l’initiative de Gerrmaine Tillon en 1960. Mouloud Feraoun écrit dans son livre le Fils du pauvre publié en 1950 : « il savait depuis sa naissance qu’il ne devait pas être riche. Cela est il nécessaire pour vivre et mourir ». Humaniste éclairé il dit à propos de son livre : « j’ai écrit Le Fils du pauvre pendant les années sombres de la guerre, à la lumière d’une lampe à pétrole. J’y ai mis le meilleur de mon être ». Il demeure l’un des plus grand écrivain algérien du 20e siècle, assassiné par le terrorisme barbare qui refera surface sous une autre forme pratiquement 30 ans plus tard notamment avec l’assassinat de Tahar Djaout écrivain et humaniste algérien. Mouloud Feraoun était enseignant, il aimait le contact avec de jeunes esprit, dans ce sens je voudrais rendre hommage à tous les enseignants assassinés dont la profession est la transmission du savoir et des valeurs républicaines. La lâcheté des actes barbares ne sont que le fruit de l’ignorance et de l’obscurantisme. Il est fondamentale de les dénoncer d’où qu’elle provienne, l’ignorance et l’obscurantisme circule dans les régions du monde au delà de l’occident et de l’orient. On a fait croire que l’intégrisme et le terrorisme est issu du monde arabe alors qu’il est partout même dans les sociétés moderne et ouvert au progrès. Certains ont dénoncer les violences dont subissent les peuples opprimés ou persécutés dans le monde mais ses violences sont parfois reproduit par l’ignorance et la lâcheté des hommes réduit au même rang que les oppresseurs qui commettent ses atrocités.

Pour ma part, j’ai étudier davantage des œuvres qui tourne autour de la colonisation et de la philosophie politique.

L’historien Charles André Julien qui prendra conscience du fait colonial et notamment à la dépossession des terres algérienne en publiant durant la guerre d’Algérie des articles en faveur de l’indépendance de l’Afrique du nord. Il se lie d’amitié avec Jean Jaures peu avant sa mort hélas en 1914. Jean Jaures qui fut assassiné par un étudiant ultra nationaliste qui ne sera jamais condamné par la justice française attestant la lame de fond de l’intolérance, de l’obscurantisme et de la barbarie en ce début du 20e siècle. La laïcité s’est imposé à l’église catholique en France par les anticléricaux notamment à travers la neutralité des agents du service public dans les institutions. On le constate à travers les débats houleux à l’assemblée nationale sur les lois de Jules ferry et la loi de 1905 entre les défenseurs de l’église et les défenseur de la laïcité qui va marqué la IIIe république. La laïcité garanti la liberté de conscience et la liberté religieuse qui découle de la séparation de l’église et de l’État. Au sein même de l’assemblée nationale les hommes d’église exprime leur désapprobation à la loi de 1905. Aristide Briand va jouer un rôle important à travers un consensus entre la république laïque et une partie du clergé français malgré l’opposition du Vatican. Jean Jaurès sera un fervent défenseur de la laïcité en disant que : « l‘éducation laïque, rationnelle et scientifique du peuple est un besoin essentiel, une nécessité vitale de la République ». Depuis la loi de 1905 des propositions délirante vise à entraver la liberté religieuse notamment à travers l’interdiction des signes religieux dans l’espace public. Ceci ne peut voir le jour dans une démocratie et dans un État membre du conseil de l’Europe qui a signé la convention européenne des droits de l’homme qui garanti dans son article 9 la liberté religieuse.

En l’occurrence seul Attaturk a été capable d’interdire le voile et le fez dans l’espace public dans le cadre d’une vision extrémiste de la laïcité et de surcroît par un régime autocratique. En réalité, lorsque la République turque a été fondé en 1923 par Mustapha Kemal Attaturk qui impose la laïcité qui se conçoit comme la soumission de la sphère religieuse au pouvoir politique. La laïcité telle qu’elle a été conçut en France proclame la séparation de l’église et de l’État et garanti la liberté de conscience et de religion dans le cadre d’un régime démocratique. La liberté de culte est ainsi garanti sans discrimination afin de pratiquer sa religion. La loi de 1905 dans son article 1er reconnaît la liberté religieuse : “La République assure la liberté de conscience et respecte toutes les croyances. Elle garantit le libre exercice des cultes pourvu qu’elle ne trouble pas l’ordre public”.

Pour finir, je dénoncerai la profanation des cimetières qui font l’horreur de l’actualité et dont les morts sont encore martyrisé dans un monde marqué par la haine et l’ignorance. L’atteinte au respect dû aux morts c’est l’ignominie absolue. En ce sens, le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort. Les restes des personnes décédées, y compris les cendres de celles dont le corps a donné lieu à crémation, doivent être traités avec respect, dignité et décence en vertu de l’article 16-1-1 du code civil. Profaner des tombes est une manière de déshumaniser une seconde fois des individus qui composent l’humanité. En 1996, la sépulture de l’écrivain algérien Rachid Mimouni est profané par les intégristes du FIS témoignant la lame de fond de la barbarie djihadiste à la fin du 20ème siècle en Algérie où la modernité et le progrès était à la base de la société algérienne.

Assia djebar publie la Femme sans sépulture, en fessant ressurgir une héroïne oubliée de la guerre d’Algérie Zoulikha Oudai. Elle monte au maquis au printemps 1957 et elle est portée disparue deux ans plus tard, après son arrestation par l’armée française. Elle est torturé durant 10 jours en présence des citoyens pour les terroriser. Ligotée, menottée et accrochée à un véhicule militaire, puis traînée le long de la route. Ensuite elle a été jetée d’un hélicoptère, le mardi 25 octobre 1957, son corps n’est retrouvé qu’en 1984 quand un agriculteur déclare se souvenir de l’avoir enterré. Femme exceptionnelle, dans sa condition de mère, d’amante, d’amie, d’opposante politique, dans son engagement absolu et douloureux, dans sa démarche de liberté qui cimente sa vie depuis l’enfance et qui ne l’a jamais quittée, sa présence rayonne à jamais au-dessus de Césarée.

Même avec impuissance dénoncer c’est se mobiliser par des moyens pacifiques qui illustre notre bonté et nos valeurs dans ce monde afin de garder une bonne image de sois contre la barbarie qui a traversé l’humanité. Alors renoncer à la violence c’est sacraliser la vie pour préserver la paix inestimable afin de promouvoir la fraternité des peuples. Pour cela, je plaide pour l’abolition universelle de la peine de mort et la démocratie universelle contre toutes les formes de traitements inhumains et dégradants. Je plaide pour préserver les libertés individuelles sous le fondement de l’article 3 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Nul ne doit être soumis à une autorité illégal et antidémocratique pour ne pas aggraver l’oppression subit par un peuple désarmé et asservis. Nul ne doit subir des traitements inhumains et dégradants pour sa différence avec les autres. Comme le racisme , l’homophobie est un fléau qui conduit à des crimes barbares et ignorés. Il faut noter que durant la seconde guerre mondiale non seulement des juifs ont été déportée dans les camps d’extermination mais on retrouve également des homosexuels et des handicapés victimes de la barbarie nazi.

 

 

      Écrire pour le plaisir et par. utilité

Ce livre me permet d’écrire pour le plaisir, de m’exprimer, de dénoncer par nécessité pour récuser toute forme d’intolérance à travers une réflexion, des analyses pour comprendre nos sociétés contemporaine. En Algérie, Ali Yahia Abdenour avocat et militant des droits de l’homme a consacré une grande partie de sa vie à défendre la dignité des autres et la démocratie. Son combat fut long mais pleine d’espoir pour les droits fondamentaux de la personne humaine. Au delà de son engagement, il met en avant les souffrances des gens leurs dignité, leurs conditions de vie et économique, leurs droits et leurs absence d’épanouissement. Dans son livre Algérie : Raisons et déraison d’une guerre il dit : « La notion des droits de l’homme n’est pas une création de l’occident, mais une valeur démocratique à portée universelle, valable pour tous les hommes, toutes les femmes et toutes les sociétés. Il sont les mêmes partout, fruit d’un combat collectif millénaire, et furent découverts, formulés et arrachés dans les luttes contre les pouvoirs politiques afin que l’homme ne soit plus un loup pour l’homme ».

Il faut noter que les droits de l’homme sont des droits fondamentaux c’est à dire des droits extra patrimoniaux qui sont des prérogatives inhérent à l’être humain et inviolable. Il sont reconnus aux êtres humains par essence à l’humanité.

Ma passion pour l’écriture demeure essentielle pour faire appel à la raison par simple utilité ou tout simplement par le plaisir d’écrire afin de développer une réflexion enrichissante pour décrédibiliser des groupes inculte et ignorant. Assia Djebar qui fut la première femme musulmane et maghrébine à être élu à l’académie française dit que :      « l’écriture m’est devenue activité souvent nocturne, en tout cas permanente, une quête presque à perdre souffle…

J’écris par passion d’« ijtihad », c’est-à-dire de recherche tendue vers quoi, vers soi d’abord». Assia djebar dans son livre Loin de médine publié en 1991 en pleine guerre civile algérienne défini l’ijtihad de la façon suivante : effort intellectuel pour la recherche de la vérité venant du mot djihad signifiant lutte intérieur recommandée à tout croyant. Alors écrire demeure le seul moyen pour réaliser ses rêves, ses ambitions ou pour éprouver pleine satisfaction. Ainsi écrire pour dénoncer peut sembler dérisoire mais nécessaire pour garder une trace mémorielle. C’est notamment le cas des violences conjugales ou des violences infantile où la dénonciation a été faible voire occulté. Simone De Beauvoir dénonçait les violences conjugales avec acharnement en tant que violence patriarcale. Pendant longtemps les violences conjugales comme les violences infantiles ont été des violences banalisés et tolérés. Les lois visant à lutter contre les violences conjugales ont été rare et dérisoire, encore aujourd’hui les violences faites aux femmes sont admis et accepté, le nombre de féminicide étant toujours en augmentation. N’oublions pas qu’en France, les femmes ont obtenu tardivement le droit de vote en 1944, le droit à l’avortement en 1975, le droit d’ouvrir un compte bancaire sans le consentement du mari en 1965, la reconnaissance de l’autonomie juridique de la femme marié en 1985, l’autorité parentale qui assure la codirection de la famille en 1970, puisque le mari disposait de la puissance paternelle et maritale en vertu de l’ancien article 213 du code civil qui disposait que « la femme doit obéissance à son mari ». Par ailleurs, il faudra attendre les années 2000 pour que le viol soit réellement criminaliser au sens de l’article 222-22 du code pénal. Cette article intègre également le viol conjugale un phénomène qui existe mais qui n’est pas récent. Encore aujourd’hui dans le monde le viol est puni d’une peine délictuelle ce qui montre que le crime de viol n’est pas suffisamment réprimer, certains y font même l’apologie.

La condition des femmes étaient très préoccupant après des luttes interminable pour la justice, la liberté et l’égalité. De la même manière les violences infantiles sont particulièrement omniprésente notamment au cours du XIXe et XXe siècle. La comtesse de Ségur célèbre écrivaine connut pour ses œuvres telles que les Malheurs de Sophie et les Petites Filles Modèles reflète son enfance marqué par les châtiments corporels dont elle a été victime. Elle a été maltraité par sa mère qui la prive de nourriture et d’eau, la punit en l’enfermant dans sa chambre et l’humilie en public en la frappant cruellement. La comtesse de Ségur préconise certes une éducation stricte mais basé sur la confiance, le respect mutuel, la réparation et le pardon tout en condamnant les sévices corporels dont sont victimes les enfants. Le regard porte particulièrement sur les traumatismes d’une enfance troublé par les violences et les humiliations mais ses violences sont dénoncés au profit d’une éducation basé sur la clémence et la morale.

Aujourd’hui les lois ont évolué vers le bon sens, puisque l’autorité parentale s’exerce sans violence physique ou psychologique en vertu de l’article 371-1 du code civil. Le respect des parents est également fondamentale au sens de l’article 371 du code civil en vertu duquel « l’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses père et mère ». Ainsi l’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant.

Il serait utile de rappeler qu’en Algérie coloniale des enfants exercer des activités dégradants par contrainte financière notamment en cirant les chaussures d’européens sur la place publique alors qu’on défendaient les lois de Jules Ferry nécessaire mais non civilisatrice. Certains enfants colonisés ne pouvaient même pas se procurés des chaussures afin d’étudier dans de bonne conditions.

Mohamed Dib écrivain algérien publie son livre l’Incendie en 1954 durant la guerre d’Algérie. Il retrace les conditions de vie des algériens, de l’enfance malheureuse, de la misère des villes et des campagnes sous la colonisation française, des grèves des ouvriers agricoles et des revendications nationalistes. L’empire coloniale français impose une législation discriminatoire et construit des écoles, des hôpitaux, cependant ces privilèges ne touchent qu’une minorité de la population. Ensuite les terres les plus productifs sont confisquées aux Algériens pour être distribuées à des colons européens. D’ailleurs, en Algérie coloniale on désigner les populations autochtones de musulmans indigènes alors qu’on enseignait nos ancêtres les gaulois. Alors se sont les musulmans à cette époque qui prouve leur humanité contre les colonisateurs à tout le moins barbares sois disant pour propager leur civilisation.

Ce désir de paix et d’harmonie implique indépendamment de la stabilité, de l’empathie et la pérennité de ce désir.

Albert Memmi célèbre écrivain juif humaniste qui vécu en pays musulman et à la fois sous protectorat français en Tunisie écrit dans L’homme dominé : « Il suffirait de rappeler, à n’importe qui, que l’humiliation, la souffrance et la révolte, sont à des degrés divers, sous des formes diverses, le lot de la très grande majorité d’entre nous, pour qu’il comprenne exactement de quoi il s’agit ». Il dénonce la condition du colonisé, du racisme banalisé jusqu’à obtenir des droits imprescriptibles et inaliénables qui seront reconnu plus tard malgré une considération tardive et des affrontements qui provoque des blessures mémorielles.

Ainsi il analyse d’emblée se rapport de domination entre colonisateur et colonisé pour franchir la voie de l’émancipation totale. La dépendance et l’aliénation d’un peuple poussent se peuple à l’exil, à la misère et au déracinement. Kateb Yacine considéré la langue française comme le butin de guerre des algériens. Son combat fut celui des humanistes contre tous les abus et les formes d’oppression, en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes, au respect de la langue et de la culture berbère. Il est témoin du massacre de Sétif le 8 mai 1945 dont quatorze membres de sa famille sont tués. Il fut arrêté et détenu durant deux mois, c’est à ce moment qu’il prend part à la cause nationale. Il dira à ce sujet : « Je suis né quand j’avais seize ans, le 8 mai 1945. Puis, je fus tué fictivement, les yeux ouverts, auprès de vrais cadavres et loin de ma mère qui s’est enfuie pour se cacher, sans retour, dans une cellule d’hôpital psychiatrique. Elle vivait dans une parenthèse, qui, jamais plus, ne s’ouvrira. Ma mère, lumière voilée, perdue dans l’infini de son silence ». Le 8 mai 1945 va conduire presque 10 ans plus tard au déclenchement de l’insurrection armée du FLN Front de libération national qui marque la Toussaint rouge et la révolution algérienne du 1er novembre 1954. Mouloud Mammeri fondateur de la littérature algérienne écrira dans une lettre qu’il adressa à Jean Sénac le 30 novembre 1956 : « Voici plus d’un an que je n’écris plus rien, parce que plus rien ne me paraît valoir la peine d’être écrit, plus rien que la grande tragédie, les larmes, le sang des innocents (tous les innocents qui paient la faute du seul grand coupable, le colonialisme, qui est ici votre second péché originel) et aussi bien sûr, l’enthousiasme, l’espoir têtu, tout ce qui dans les douleurs de l’enfantement sortira (et, j’espère sortira bientôt), d’irrémédiablement bon de cette terre ».

Écrire c’est dénoncer mais aussi surmonter ses horreurs et ses événements tragiques dans le but de diffuser la connaissance et la morale universelle à travers des œuvres immortelles. La bêtise humaine qui a traversé le monde semble renaître un idéal commun pleine de sagesse et de plénitude. Écrire me permet de rendre visible ses peuples dédaigner, il est pour moi fondamentale de s’exprimer librement sur un sujet aussi important que celui-ci.

Certaines personnalités médiatiques sacralise la liberté d’expression mais refuse d’évoquer la cause palestinienne, l’indépendance des femmes, le refus de l’oppression, la liberté religieuse, le principe de non discrimination, les persécutions et les divergences d’opinions. Je voudrais ainsi rappeler que la liberté est défini à l’article 4 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ».

Dans cette optique, toute injure et propos même à connotation péjoratif doit être banni du débat publique. Mon écriture demeure essentielle à travers un devoir de mémoire comme un devoir civique, je dirais même un devoir humaniste pour toutes les générations à venir comme celle d’aujourd’hui. Écrire pour dénoncer est fondamentale mais proposer des solutions concrète, utile et efficace c’est encore mieux. Alors certains écrit pour résister, pour aimer ou pour ne jamais oublier dans un monde encore en perdition. L’écriture demeure une passion mais également un devoir contre l’ignorance et les crimes odieux. Retraçant le monde au delà d’une époque, ce livre permet de garder les traces d’une réflexion pleine de lucidité pour honorer l’humanité. S’imprégner de valeurs humaniste me semble essentielle pour faire appelle à la raison humaine.

         

          Une réflexion lucide sur la disparition de l’humanisme

Durant le XXe siècle, sœur Emmanuel enseignante et religieuse né au début du siècle s’engage dans une cause humanitaire. Surnommée «la petite fille des pauvres » et révoltée contre la misère et l’injustice deviendra pionnière de l’humanitaire notamment en Égypte où elle s’illustre au Caire afin de venir en aide aux enfants les plus démunis et les plus nécessiteux. Elle partira à travers le monde pour défendre la dignité humaine à travers une lutte d’une simplicité hors pair. Cette lutte deviendra un devoir humaniste comme celui de Théodore Monod biologiste, écologiste et humaniste, militant engagé notamment contre le nucléaire, antimilitariste, défenseur des droits de l’homme et des animaux. Il a été partisans pour la non- violence et pour la paix, allant jusqu’à jeûner plusieurs jours de suite devant les institutions militaires pour faire entendre son message.

Source de lumière, l’humanisme contribue à l’épanouissement des personnes, au delà de nos origines ou nos convictions religieuses. Il faut dépasser tous ses éléments qui composent notre identité pour rappeler notre humanité. Comment rester indifférent à l’oppression des peuples assujettis à une autorité illégitime et dépravé. Il faut se réapproprier le discours humaniste contre les écrits offensant et les discours dévoyer. La Tunisie a été l’un des premiers pays du Maghreb et du Moyen-Orient à abolir l’esclavage le 23 janvier 1846 par le bey de Tunis Ahmad Ibn Mustafa avant même la France qui abolira l’esclavage le 27 avril 1848 par décret sous l’impulsion de Victor Schoelcher. Montesquieu dans l’esprit des lois critique la traite des noirs et expose ironiquement les arguments des esclavagistes en montrant leur absurdité et leur inhumanité.

En 1934, le célèbre poète tunisien Abou El Kacem Chebbi compose un poème contre le colonialisme français. Il écrit : «Ô tyran oppresseur… Ami de la nuit, ennemi de la vie… Tu t’es moqué d’un peuple impuissant, Alors que ta main est maculée de son sang ». Ce poème sera repris par une chanson de la musicienne Latifa Arfaoui pour dénoncer l’occupation d’Israël en Palestine et devient un slogan universelle contre les régimes autoritaires. Abou El Kacem Chebbi écrit dans son poème la volonté de vivre : « Lorsqu’un jour, le peuple aspire à vivre, le destin se doit de répondre, les ténèbres se dissiperont et les chaînes se briseront ». Ses deux premiers vers seront intégrés à la fin de l’hymne national tunisien, plus de 20 ans après sa mort. Emporté par la maladie Abou El Kacem Chebbi exprime ses souffrances et ses sentiments dans ses poèmes dans une société coloniale qui l’enferme dans la solitude. Ce refus de l’oppression et ce désir d’épanouissement sont au fondement de l’humanisme. En Palestine, en plus des civiles tués, des dizaines de journalistes sont tués par des frappes israéliennes, rester indifférent n’est pas une preuve d’humanisme. Tous les moyens d’existences sont anéanti pour la population palestinienne contraint à l’exil, mais où partir dans un pays étranger qui ne leur convient pas vivant une fois de plus dans les camps de réfugiés souvent insalubre. Le peuple palestinien est empêché de vivre dignement puisqu’ils sont tués sous les bombes qui les vise délibérément et les conduit à l’exil. L’ancien président américain Jimmy Carter dénonce l’occupation israélienne en soulignant que : « Quand Israël occupe une grande partie de la Cisjordanie, relie par des routes quelque deux cents colonies, mais interdit aux palestiniens de les utiliser ou même, souvent, de les traverser, ce sont des formes de ségrégation ou d’apartheid, pires que ce qu’on a jadis connu en Afrique du Sud ». Au regard de la pensé humaniste on y voit un obstacle médiatique qui rendi nsensible et invisible les populations civiles palestiniennes. Le christianisme qui est défendu par la droite française et la droite dure semble oublier ou avoir un double discours en ne dénonçant jamais les églises bombardé à Gaza. Il faut rappeler que le gouvernement d’extrême droite israélienne est composé de suprémaciste. C’est la politique d’oppression qui prédomine comme en témoigne des images et des vidéos qui se moque des populations civiles palestinienne à Gaza. Sans nourriture, sans électricité, sans logement, la population palestinienne est contraint au déracinement ou à périr sous les décombres. Il faut noter que les autorités israélienne contrôle la bande de Gaza puisque les palestiniens sont dépendant des autorités.

Des pays arabe riche comme l’Arabie Saoudite, les Émirats arabe unis, le Qatar ou encore le Koweït semble préférer avoir des relations avec leur bourreaux. En regardant les images insoutenable de ses atrocités on voit également des animaux de compagnie retrouvé sous les décombres et grièvement blesser, cela étrangement n’offusque quasiment personne. Comment des autorités dont les descendants ont été victimes d’un crime odieux durant la seconde guerre mondiale puisse commettent de telle actes barbares et éprouvé du mépris ? On t-ils oublier les victimes du passé et le combat d’Abdelkader Mesli contre le nazisme durant le régime de Vichy. D’une certaine manière c’est déshonorer les victimes d’un génocide le plus barbare de l’histoire de l’humanité. Abdelkader Mesli fut un résistant exemplaire, avec Kadour Benghabrit il sauve des centaines de personnes juives en délivrant de faux certificats de confessions musulmane afin de les épargner des camps de la mort. Le 5 juillet 1944, il est dénoncé, arrêté par la gestapo avec son ami Roger Valroff et déporté au camps de concentration de Dachau. Il est accusé d’avoir organisé « la réception, l’hébergement et le logement des indigènes nord-africains évadés des camps ou prisonniers du département » ainsi que d’avoir fabriqué de « faux papiers ». A Dachau, on lui attribue le matricule numéro 94020, il est torturé mais ne dénonce ni les familles juives qu’il avait caché ni ses complices. Le 24 mai 1945 il est libéré mais très affaibli physiquement, il ne pesait alors plus que 30 kg. On lui délivre une carte de déporté résistant, dont le numéro d’identification est le 1.001.005269. Il reprend son activité d’imam à la mosquée de Bobigny et meurt en 1961.

Mohammed Helmy médecin égyptien installé à Berlin en 1922 soigne et vient en aide aux juives durant la seconde guerre mondiale. Il sauve Anna Boros une amie juive ainsi que sa famille de la déportation. Anna Boros adresse une lettre dans les années 50 aux autorités allemandes au sujet de Mohammed Helmy, elle écrit dans cette lettre : « La Gestapo savait que le Dr Helmy était notre médecin de famille et qu’il possédait une cabane à Berlin-Buch. Mais il s’est toujours arrangé pour éluder leurs questions. Lorsque cela arrivait, il m’emmenait chez des amis pour quelques jours. Il me faisait alors passer pour sa cousine de Dresde. Une fois le danger passé, je réintégrais ma cabane… Le Dr Helmy a agi ainsi par pure générosité, celle venue du plus profond du cœur. Je lui en serai éternellement reconnaissante… ». En mars 2013, le mémorial de la Shoah à Jérusalem (Yad Vashem) a remis à titre posthume la médaille et le certificat de «Juste parmi les nations» à Mohamed Helmy.

J’écris pour reconnaître la vérité sur les victimes des conflits qui ont marqué l’humanité. Ses victimes sont toujours innocente en portant le poids des blessures mémorielles. Le 7 février 1962, Delphine Renard le visage mutilé est victime d’un attentat de l’OAS visant André Malraux ministre d’État. Le visage de cette petite fille fera la une de Paris match mais surtout cette image témoigne de l’acte barbare de l’OAS qui commettent aveuglément des actes inqualifiable envers une petite fille innocente. En 1962 après l’indépendance de l’Algérie les harkis sont abandonnés par l’armée française et sont parquée dans des camps ce qui témoigne du manque de reconnaissance des dirigeants politiques français et des conséquences dramatiques de la colonisation. Dans les camps les enfants de harkis qui ont été plongé dans le conflit comme les femmes victimes de la guerre se sentent parfois étrangers et éprouve parfois des remords et préfère comme certains d’entre eux rester en Algérie leur pays natal. Écrire me permet aussi de revenir sur tous ses événements marquants qui ont heurté ma conscience. Écrire me permet aussi de ne jamais oublier les victimes de ses événements et d’une certaine manière leurs redonner vie. Il est légitime d’exprimer notre désapprobation et de dénoncer toutes les formes d’oppression qui ont traversé l’humanité et marqué la conscience humaine.

Durant la guerre en ex-Yougoslavie les crimes odieux du passé ressurgissent à travers le nettoyage ethnique menée par les dirigeants serbes. Des populations entières ont été chassées du territoire et déplacé de force, comme les Musulmans en Bosnie orientale. Les méthodes adoptés au cours de ce nettoyage ethnique en Bosnie sont les suivants : « le meurtre de civils, le viol, la torture, la destruction de biens civils, publics et culturels, le pillage et le déplacement forcé de populations civiles ». Le tribunal pénal pour l’ex Yougoslavie a condamné plusieurs dirigeants serbes pour avoirs aux motifs politiques, raciaux et religieux transférer de force et déporter des bosniaques majoritairement des musulmans constituant un crime contre l’humanité. Le massacre de Sbrebrenica fait également partie intégrante de la campagne de nettoyage ethnique qui a été considéré comme un crime de génocide. Le crime de génocide est caractérisé par l’intention spécifique de détruire, en tout ou partie, un groupe national, ethnique, racial, ou religieux par meurtre de ses membres ou par d’autre moyens tels que l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; mesure à entraver les naissances au sein du groupe ; ou transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. Les différentes formes de crimes contre l’humanité sont énumérées dans le statut de Rome qui établi la Cour pénal international. Parmi les éléments constitutifs de crimes contre l’humanité figure « les meurtres, viols, emprisonnements, disparitions forcées, réduction en esclavage, notamment celle des femmes et des enfants, esclavage sexuel, torture, apartheid et déportation ». Ses conflits illustre l’origine des guerres qui tourne autour de l’ultra nationalisme et l’ignorance qui poussent les dirigeants politiques à commettent les atrocités du passé et les oublie par l’horreur de l’obscurantisme.

D’autre part, les crimes débute avec les menaces de mort et les idéologies totalitaires qui se propage. Le respect de la loi est essentielle et mettre hors d’état de nuire les personnes qui transgressent la législation est nécessaire. Les anti-humanistes sont les personnes qui représentent une menace extrême quelque soit leur idéologie. Le refus de condamner les atrocités commise par une personne, une armée, un État, un groupe d’individu c’est approuver leur cruauté. L’influence des discours extrémiste conduit des personnes endoctriné à commettre des crimes de plus en plus barbare. Le journaliste Fausto Giudice a recensé plus de deux cents maghrébins victimes de crimes racistes et plusieurs centaines d’autres agressés entre 1971 et 1991. Pendant plusieurs mois de l’année 1973, des meurtres de Maghrébins vont être commis dans tout le sud de la France suite au meurtre d’un conducteur de bus par un immigré. Cette chasse à l’homme va engendrer le 12 décembre 1973 l’attentat du Consulat algérien revendiqué par le Club Charles Martel qui fait quatre morts et plusieurs dizaines de blessés. Des dizaines de maghrébins essentiellement des algériens furent tués ou blessés lors de crimes racistes au cours de cette année 1973. En 1975 des attentats eurent lieu, et va coûter la vie à des Algériens, détruisant entre autres des locaux de l’Amicale des Algériens, contre le siège d’Air Algérie à Marseille, ou détruisant l’Ambassade d’Algérie à Paris, lors de l’attentat revendiqué par le Club Charles Martel. En 1980, le club Charles Martel revendique un attentat contre le Consulat d’Algérie à Aubervilliers. Le 1er mai 1995, un militant d’extrême droite jette Brahim Bouraam un jeune marocain dans la seine. Par conséquent l’insécurité peut parfaitement émaner de parties d’extrême droite sois disant sauveur du peuple. Il faut attendre 1990 pour que la loi Gayssot qui vise à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe soit adopté. Des tags racistes sont retrouvé dans les mures et les lieux de culte en France illustrant une fois de plus la haine qui se développe dans le territoire de la république. En décembre 2022, le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale se dit “préoccupé” par “la persistance et l’ampleur des discours à caractère raciste et discriminatoire en France, notamment dans les médias et sur internet. Toutes les formes de racismes sont condamnables de quelque manière que ce soit et par qui que ce soit. Les discriminations sont le fruit de l’ignorance et de l’obscurantisme qui perdure au delà des frontières et des époques.

        

                               Le désir d’écrire

La satisfaction d’écrire pour captiver l’humanité

Contre l’humiliation des peuples opprimés

Et rendre hommage aux individus éclairé

Mon désir ardent d’écrire sur la vie humaine

Pour pérenniser la littérature passionnelle

En consacrant sa vie aux valeurs républicaines

Les horreurs des temps passé

Ressurgissent aujourd’hui dans ma conscience troublé

Et écrire me permet de les dénoncer

         

 

                       Une époque cruelle

Les victimes du passé semble être abandonner

Tout au long d’une époque endeuillé

À travers une histoire marqué par la brutalité

Dénoncer les tortionnaires du passé

Sans jamais les oublier

Pour éviter de les retrouver

Les crimes et les délits ignorés Par les bêtises de la télé

Pour déshonorer les combats du passé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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