[campagne_abandonnee_on] (campagne_abandonnee)
[pluie_on]
La pluie tombait depuis des heures sur les terres abandonnées. Une pluie froide, régulière, presque hypnotique. Chaque goutte semblait frapper le sol avec une précision étrange, comme si quelque chose cherchait à attirer l’attention de Julien.
Il marchait seul sur une route de campagne oubliée depuis longtemps.
Les champs s’étendaient à perte de vue.
Aucune lumière.
Aucune voiture.
Aucune maison habitée.
Seulement l’obscurité.
[vent]
Par moments, des silhouettes paraissaient apparaître au loin dans le brouillard. Lorsqu’il tentait de les observer, elles disparaissaient aussitôt.
Son téléphone ne captait plus aucun réseau.
Sa batterie affichait pourtant encore 70%.
Mais l’écran s’allumait parfois tout seul.
Quelques secondes.
Puis s’éteignait.
Comme si quelqu’un essayait de lui montrer quelque chose.
Le chemin se poursuivait entre deux champs envahis par les mauvaises herbes.
La végétation semblait n’avoir jamais été entretenue.
Certains arbres étaient morts depuis des années.
D’autres paraissaient tordus par une force inconnue.
[tonnerre]
Un éclair traversa soudain le ciel.
Pendant une fraction de seconde, Julien aperçut une silhouette immobile au milieu du champ de gauche.
Une forme humaine.
Grande.
Très grande.
Puis l’obscurité revint.
Lorsqu’un nouvel éclair illumina la campagne…
La silhouette avait disparu.
Pourtant, il eut immédiatement la sensation qu’elle était désormais plus proche.
Beaucoup plus proche.[pluie_B]
[pluie_off]
Au bout du chemin apparut une ancienne ferme.
Les volets claquaient doucement.
Une barrière rouillée oscillait sous le vent.
La bâtisse semblait inhabitée depuis des décennies.
Pourtant une fenêtre du premier étage était ouverte.
[campagne_abandonnee_off] (campagne_abandonnee)
(couloir_abandonnee)[campagne_abandonnee_off]
[campagne_abandonnee_B]
[couloirs_abandonnee_on]
[couloirs_abandonnee_B]
Julien pénétra dans le bâtiment.
L’intérieur était plongé dans le noir.
Sa lampe torche révéla un long couloir.
Un couloir interminable.
Le papier peint se décollait des murs.
Des traces d’humidité formaient des silhouettes inquiétantes.
À chaque pas, le plancher grinçait.
[porte_qui_grince_1]
Il avança lentement.
Une porte entrouverte apparaissait tous les quelques mètres.
Certaines donnaient sur des pièces vides.
D’autres semblaient murées de l’intérieur.
Au fond du couloir, une vieille horloge était accrochée au mur.
Elle fonctionnait encore.
Tic.
Tac.
Tic.
Tac.
Mais les aiguilles tournaient à l’envers.
[horloge_inversee_1]
Julien sentit alors une présence derrière lui.
Il se retourna.
Personne.
Le couloir était vide.
Pourtant il entendit distinctement un souffle.
Très proche.
Comme si quelqu’un se trouvait juste derrière son épaule.
[souffle_proche_1]
Il reprit sa marche.
Plus vite.
Le couloir semblait pourtant s’allonger.
Chaque fois qu’il croyait atteindre le bout, celui-ci paraissait reculer davantage.
Les murs devenaient plus étroits.
L’air plus froid.
Le silence plus lourd.
Puis il aperçut quelque chose.
Une silhouette.
Au bout du passage.
Immobile.
Attendant.
[hache_horreur]
La lampe vacilla.
La silhouette disparut.
Puis réapparut beaucoup plus près.
(couloir_abandonnee)
[foret_nocturne_on] (foret_nocturne)
[vent_foret_1]
Pris de panique, Julien franchit une porte de secours.
Il déboucha dans une immense forêt.
Les arbres formaient un plafond noir au-dessus de lui.
La lune n’éclairait presque rien.
Les branches s’entrechoquaient dans le vent.
Comme des os qui se brisent lentement.
[branche_craque_1]
Le sol était détrempé.
Chaque pas produisait un bruit humide.
Des ombres se déplaçaient entre les troncs.
Trop vite pour être identifiées.
Une chouette poussa un cri strident au loin.
Puis le silence revint.
Un silence anormal.
Comme si toute la forêt retenait son souffle.
[musique_piano_suspense_1]
Julien remarqua alors des marques gravées dans les arbres.
Toujours le même symbole.
Toujours la même forme.
Et ce symbole semblait apparaître sur tous les troncs autour de lui.
Il accéléra.
Le symbole continuait.
Encore.
Et encore.
Puis il réalisa quelque chose.
Les marques devenaient de plus en plus fraîches.
Certaines semblaient avoir été gravées quelques minutes auparavant.
[pas_dans_les_feuilles_1]
Quelqu’un se trouvait dans la forêt.
Quelqu’un qui avançait devant lui.
Ou derrière lui.
Impossible à savoir.
Un nouveau bruit résonna.
Cette fois-ci clairement.
Un pas.
Puis un second.
Puis un troisième.
Julien s’arrêta.
Les bruits cessèrent.
Il reprit sa marche.
Les pas recommencèrent.
Exactement au même rythme.
Exactement à la même distance.
[hache_horreur]
Un éclair illumina les arbres.
Une silhouette se tenait entre deux troncs.
Son visage était totalement noir.
Comme effacé.
Puis elle disparut.
[foret_nocturne_off] (foret_nocturne)
[manoir_maudit_on] (manoir_maudit)
[porte_massive_1]
Au bout de la forêt surgit un immense manoir.
Ses fenêtres étaient condamnées.
Des statues décapitées bordaient l’entrée.
Le portail était ouvert.
Comme si quelqu’un venait de passer.
Julien entra.
Le hall principal semblait infini.
Des portraits recouvraient les murs.
Tous représentaient des inconnus.
Pourtant leurs regards semblaient suivre chacun de ses mouvements.
[musique_piano_suspense_2]
Il gravit un escalier monumental.
Au premier étage, un long tapis rouge disparaissait dans l’obscurité.
Chaque porte portait un numéro.
Aucune n’était dans l’ordre.
Comme si le bâtiment lui-même n’obéissait à aucune logique.
[porte_qui_claque_1]
Une porte claqua brutalement derrière lui.
Puis une autre.
Puis toutes les autres.
L’étage entier résonna de claquements violents.
Julien se mit à courir.
Au bout du couloir, il trouva une pièce ouverte.
À l’intérieur, des centaines de photographies couvraient les murs.
Toutes représentaient son visage.
À différents âges.
À différentes époques.
Certaines semblaient dater d’avant sa naissance.
[hache_horreur]
Au centre de la pièce, une seule phrase était écrite :
« Tu étais déjà venu. »
[manoir_maudit_off] (manoir_maudit)
[hopital_desaffecte_on] (hopital_desaffecte)
[bip_medical_lointain_1]
Derrière une porte secrète se trouvait un ancien hôpital abandonné.
Les néons clignotaient faiblement.
Les couloirs étaient remplis de fauteuils roulants renversés.
Des dossiers médicaux jonchaient le sol.
Certaines pages semblaient récentes.
Très récentes.
[neon_clignotant_1]
Une chambre attira son attention.
Le numéro 208.
La porte était entrouverte.
À l’intérieur, un lit vide.
Mais le moniteur cardiaque fonctionnait encore.
Bip.
Bip.
Bip.
Puis l’écran afficha soudain :
« RETOURNE-TOI »
Le bip devint continu.
[bip_medical_urgence_1]
Julien ne se retourna pas.
Il se mit à courir.
[hopital_desaffecte_off] (hopital_desaffecte)
[catacombes_interdites_on] (catacombes_interdites)
[goutte_profonde_1]
Un escalier descendait vers les profondeurs.
La pierre remplaçait progressivement le béton.
L’air devenait plus lourd.
Plus ancien.
Des milliers de bougies éclairaient les tunnels.
Aucune ne semblait consumée.
Comme si elles venaient toutes d’être allumées.
[murmures_souterrains_1]
Les catacombes formaient un véritable labyrinthe.
Des voix résonnaient dans les galeries.
Impossible de comprendre les mots.
Pourtant elles semblaient toutes prononcer son prénom.
Encore.
Et encore.
Et encore.
[musique_piano_suspense_3]
Au bout d’un immense tunnel apparut une porte gigantesque.
Noire.
Ancienne.
Recouverte de symboles inconnus.
Un grondement monta derrière elle.
Lentement.
Puis une respiration.
Immense.
Inhumaine.
[souffle_monstre_1]
Deux yeux s’ouvrirent dans l’obscurité.
Des yeux gigantesques.
Fixés sur lui.
Les murs commencèrent à trembler.
Les bougies s’éteignirent simultanément.
[tonnerre_catacombe_1]
Une voix résonna dans les profondeurs :
« Tu es enfin revenu. »
[hache_horreur]
Puis le silence.
Absolu.
Complet.
Comme si le monde venait de disparaître.
[catacombes_interdites_off] (catacombes_interdites)

