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9 - 12 minutes de temps de lectureMode de lectureUn temps d’ancre

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S’éprouver :

Ce que le censé prouve
N’est pas toujours
Ce que les sens éprouvent.

Faire couler l’ancre,
Comme le sang s’écoule.

Et jeter l’ancre,
Le temps que le temps s’écoule.

Qui dit que le temps s’écoule ?
Celui qui dit que les sens se prouvent.

Nous bougeons dans l’immobile,
Même le temps se fatigue.

Rien ne s’écoule,
Rien ne tourne,
Rien ne s’éprouve,
Rien ne s’ancre.

Tout se dévoile,
Faites-vous du sang d’ancre,
Hissez les voiles.

Le temps aigri :

Le temps est gris,
Même sous le soleil.
Le temps aigri,
Même sous le sommeil.
Les temps des écrits,
Me tiennes en éveil

Le temps est volant,
Même sous les secondes.
Le temps des violons,
Chuchotent chaque ondes.
Le temps est violent,
Quand le tonnerre gronde.

Le temps des muses,
À passé son âge .
Le temps qu’on s’amuse,
À tourné la page.
Le temps est une buse,
Enfermé dans une cage.

Âpre prendre :

Celui qui comprend,
Tutoie les profondeurs.

Celui qui apprend,
Joue en apesanteur.

Apprendre, c’est acquérir une connaissance,
Comprendre, c’est intégrer son essence.

Les leçons de la vie gravent nos âmes,
Bien plus que les mots sur une page.

On ne peut enseigner
Seulement ce que l’on sait,

Ce que l’on a compris, en réalité,
toujours se tait.

La vie est le plus grand enseignant,
et la mort, son ultime leçon.

Jupe Pie Terre :

Perdu sur cette terre,
La magie opère,

En trouvant nos repères
Et ce qui va de pair.

Des sentiers de terre,
Longés de murs en pierres.

En faire son cimetière ?
Enfer sa misère !

Comme Icare et son père,
Dans un dédale de calcaire.

Défier le Dieu solaire,
Et partir par les airs !

Le pain et le vin que Dieu donnait :

J’ai du dédain pour mon dédain.
Un crayon pour mon dessin,
Du pain chaud au levain
Et du vin italien.

À quoi sert de souffrir,
Si personne me comprends ?
À quoi sert de courir,
L’univers est si grand !

Je demande aux Muses
Pourquoi plus rien ne m’amuse.
Cœur endurci par Méduse,
Mon âme meurtrie s’y refuse.

Les enfants ont des âmes de poètes.
Les poètes ont des âmes d’enfants.
Mes paroles sont muettes,
Mes silences sont bruyants.

Le sol se tisse :

Je bois les larmes du saule
Que sa liqueur me saoul

Je dépose l’arme au sol
Demande à la luciole

D’éclairer cette dame sans col
Qui dort sur les lames du sol

Je regarde ses seins
Elle a le cœur sein

Et moi l’âme folle

Des ailes aimant :

Connaître le firmament,
Comprendre les éléments.

Silencieusement,
Soigneusement,
Dangereusement.

Comme l’étreinte des amants.
La lumière de feu,

Qui tombe nue,
De la nue,

Dans un torrent d’air
Et un courant d’éclairs.

Entre dans l’antre,
Jusque dans le ventre

De la terre
Et fait naître,

La poussière des êtres,
Le bois du hêtre,
L’élève et le maître,

Pour tout connaître
Des ailes aimant.

Le royaume sans mythe :

Les mythes sont des bêtises,
Disent ce qui méprisent.
Les mythes sont ridicules,
Disent les incrédules.

Sachez que les mythes,
Ont toujours le mérite,
De bâtir des empires,
Et transforment le pollen en cire

Pas de mythe,
Pas de rite,
Pas de mérite,
Pas de titre.

Pas de meilleure,
Pas de pire.
Par ailleurs
Il faut le dire,

Sans mythe,
Tout devient vraiment Faux.

La roue tchin :

La roue tourne
Soit disant
La routine
Me séduisant

Tourner en rond,
Une pensée au vigneron,
Encore un goutte de vin,
Une histoire sans fin.

Un cadran, sans contour,
Me tourne autour,
Comme les corbeaux et les vautours
Je compte les tours,

Une minute comme un an.
L’ennuie m’accablant,
Je résiste en baillant,
Je regarde les passants

Dormir sans sommeil,
Me réveiller sans rêve.

Manger sans faim,
Avaler ma fierté.

Pleurer sans chagrin,
Rire sans raison.

Danser sans mouvement,
M’arrêter en courant.

Écouter sans oreilles,
C’est entendre sans pareil.

Voir sans regarder,
C’est peu être espérer.

Tousse ce vent :

Dès l’heure du soleil levant,
Désireux de prendre ce que la vie me vend.
Dès truqués, me desservant,
Déchiré. C’est éprouvant.

Désillusion, quand je suis devant.
Des fois et même bien trop souvent,
Des pacotilles, du vent.
Dès à présent, dorénavant,

Dès qu’elle me parlera je ne ferai pas comme avant,
Décision prise je lui dirai que c’est trop décevant.
Des mensonges et des leurres, ça c’était avant.
Désormais je crée moi-même en rêvant.

Le cœur à vide :

J’ai les yeux bleus, comme le ciel en été.
Triste comme si je n’étais
Qu’un oiseau sans ailes.
J’avance dans la vie sans elle.

Une âme en peine
Toujours à moitié pleine.
Les yeux dans le vide,
Inspiré par Ovide.

Seul comme une forêt sans bêtes,
Et on s’embête
Oh oui on s’ennuie
Comme un ciel sans nuit.
Plus une étoile dans les yeux,

Comme le ciel en été.
Triste comme si je n’étais
Qu’un oiseau sans vie.
Je n’écris pas par envie,

Mais car je suis en vie.
Sans écouter mes envies,
Comme Ovide l’écrivit :
« À tous les amoureux, la solitude est dangereuse.»

L’affaire du crime de l’éthique (mari de la vérité) :

Le roman accuse.
Les mots récusent,
La police d’écriture dévoile les preuves.
La vérité est veuve.

Alors elle pleure des chefs-d’œuvre.
Les journaux se meuvent
Autour de l’affaire, aujourd’hui les rimes
Sont les armes du crime !

La nouvelle est suspectée.
La vérité s’accable,
Elle crie «La poésie est coupable !
Et le mobile est abject.»

« J’ai un alibi »
Se défend la poésie
« Comme chaque soir ivre,
Je lisais des livres »

La bibliothèque témoigne,
Le marque-page s’éloigne,
Il a quelque chose à cacher…
Il sait très bien à quel chapitre le crime s’est passé.

Le lecteur juge, il donne le verdict.
La sanction sera stricte !
Le marque-page est complice !
Il sera remplacé par des post-it !

Et la poésie est jugée coupable,
Elle finira en cabane à livre avec les fables,
Pour le meurtre de l’éthique.
Comme la loi l’indique.

Qu’est-ce qu’une pensée ?

Une fleur trop vite fanée.
Une vapeur qui vient puis s’écarte,
Juste un château et Descartes.

Je suis donc je pense,
Chaque plaie que je panse.
Entre bref et longtemps,

Elle est un fil que l’on tend.
Coupé par les Moires,
Un souvenir, une mémoire,

Une douleur, un espoir,
Une douceur, une histoire.
Chaque pensée est futile,

Bon ou mauvais fût-il,
L’homme qui la eut,
Elle finira perdue.

Lézard triste :

Peindre avec les mots,
Un stylo comme pinceau
Et de la magie comme tableau.

Des couleurs qui chantent,
Des peintures biens vivantes
Pour des natures mortes.

En noir et blanc,
D’écrire les couleurs,
Des cris de douleurs.

Des palettes monotones
Tracées sur des feuilles d’automne,
Au rythme du monotone.

Chaque nouvelle page
Comme une nouveau cépage.
Chaque nouvelle ratures

Comme une nouvelle aventure.
Et le dernier point
Comme une histoire sans fin.

Le mat se teint

Le matin a chassé la nuit,
Il murmure sa douce mélodie.
La couleur du ciel se teinte,
Le ciel et le soleil en étreinte.

Bientôt son bleu fera rougir de colère,
Les vagues écumeuses de la mer.
Mes yeux endormis s’ouvrent,
La vie ensevelie se découvre.

Un souvenir flou de mes rêves,
Il est temps que je me lève.
L’odeur du café dans cette tasse,
Le rêve, par la réalité se remplace.

Ou peut-être l’inverse,
Sous les effets de l’ivresse,
Après un sommeil de promesses,
Âpre est le soleil de sagesse.

Douce heure de douze heures :

À mille lieux,
Le soleil à son milieu.
Le grand Astre à son midi
Entre le début et l’infini.

Le soleil quand la nuit dort est
Sans pareil sur un fil doré,
En équilibre.
Et qui libre,

Sur son char,
Du tôt au tard.
Il est clair
Et éclair.

Les anges au ciel :
Uriel,
Raphaël,
Raguel,
Michael,
Sariel,
Phanuel et
Gabriel.

La nuée de la nuit :

La nuit est issue de l’ombre.
Elle porte son tissu de nombres,
Car les étoiles content le temps,
Comme le rythme compte les temps.

Le reflet de la lune sur l’étang.
Cette femme de son corps s’étant,
Son regard si jeune s’éteint.
Mon cœur à jeun se teint.

Les mystères se fuient des yeux,
Les bruits se chuchotent entre eux.
La jeunesse dans les rêves des vieux,
Et la vieillesse dans les braises du feu.

Entre la veille et le lendemain.
Une chanson sans refrain.
La nuit passe son chemin,
Doucement et sans chagrin.

Dans les sentiers obscur.
Entre le passé et le futur.
Qu’est ce que la nuit murmure ?
La venue du jour, bien sûr !

Pas que

« J’adore Pâques parce que c’est le seul jour de l’année où les chocolats, ils sont gratuits »

Après un sourire,
Que lui dire ?
Lui mentir ?
A vrai dire,

Sous le masque des sourires,
Se dissimule le pire.
Une douce illusion d’un jour,
Sous le sourire de l’amour.

Si seulement je connaissais,
Seulement l’ombre de la vérité.
Rien n’est gratuit, tout est donné.
Rien n’est offert, tout se paie.

La vérité est cruelle,
Au prix de mes prunelles.
En effet tôt ou tard,
Tout se paie même les regards.

La vérité c’est le pire des mensonges.
Je ne me connais qu’en songe.
Je ne me connais ni moi-même ni les autres.
Ni le seigneur, ni ses apôtres

C’est en cherchant que je me perds.
Aux creux des mots et des vers.
Comme des vagues,
Tout reste vague.

Le savoir est amer,
Comme l’écume de la mer
Des questions sans cesse éternelles
Des réponses toujours nouvelles.

Beaucoup de déceptions,
Et de nouvelles questions.
Tout le monde a des opinions,
Sur les textes de la chanson.

Toujours nuancées.
Car les avis sont faits pour changer.
La vérité n’a pas de contraire,
Ni de retour en arrière.

La destiné en cépée.
La vie est un brouillard épais,
Un jeu de cap et d’épée.
On gagne les guerres pas les paix,

Je me perd dans les jeux,
Pour oublier mon « je ».
La vie c’est nous contre nous,
Qui finira à genoux ?

Rê créer :

Mon cœur à l’heure du minuit,
Du Midi au midi.

Quand on me demande si ca va
Je dis que ça va.

Je ne me demande jamais ça à moi-même.
Je me contente d’écrire des poèmes.

Je ne crois ni aux enfers ni au paradis,
Ni même à la vie.

Je ne crois plus en l’homme,
Je ne crois plus en Dieu.

Le Christ a racheter nos péchés, je me souviens
Pour une bouchée de pain.

Il me les a revendus au prix fort.
La vie m’a jetée un sort.

Je regarde en moi-même, quand je sort.
Je rêve de la mort, quand je dors.

Entouré, je me sens encore plus seul,
Que six j’étais seul

J’attends mon heure. Patient.
Je suis mon médecin et mon patient.

Je me pose des questions existentielles,
Le réponses se valent toutes entre elles.

Je ferme les yeux, je vois le néant,
J’ouvre les yeux, je vois le néant.

Je ne crois plus qu’en la création,
En l’action à réaction.

Alors je créer
Avec un tableau une craie

Sur le noir du malheur
Le visage du bonheur.

Comme le cancre que je suis.

Sombre :

Elle se montre au soleil et se cache dans l’ombre.
Toujours sans couleur, sans odeur, sombre.
Seule ou en surnombre.
Elle me suit toujours,
De nuit comme de jour.

Je devine son regard,
Et son mutisme bavard.
Elle se multiplie comme du pain.
Et se cache dans les nocturnes de Chopin.

Noire comme une boule de suie.
Toujours là où je suis.
Et je suis là où elle est.

Elle me rend beau et laid.
À mon corps elle est scellée,
J’aimerais m’en échapper grâce à un cheval ailé.

L’incarnerais-je en enfer ?
Noué avec des chaînes en fer.

L’emporterais-je au paradis ?
Même où le soleil irradie !

Elle sera avec moi-même dans le néant,
Au-delà des frontières de Canaan.

Terre promise,
Pour le peuple de Moïse.
Dans le livre des nombres.

Face à moi, elle remporte cette partie d’hombre.
Elle me suivra outre-tombe.
Mon nombre.

Pourrir juste pour rire

Vouloir guérir,
Par le gai rire.
Vouloir courir,
Vers mon derniers soupir.
Accepter à l’âge de venir.

Que mon futur soit souvenir,
Que ma tortue soit sans pire,
Que parole soit sans dire,
Que mon bonheur soit sans jouir.
Ne jamais naître toujours mourir,
Ne jamais être toujours vivre.

Décliner et m’épanouir,
Toujours revenir,
Toujours partir.
Vite entré,
Vite sortir,
Vite enterré,
Vite finir.

Les éthers

Il y a plus d’éternels,
Dans un éternel,
Que dans deux éternels.

Est terre,
Ni elle
Ni moi,
Ne m’émois
Ni le chaud
Ni le froid.

Les terres de miel,
Ne valent pas
Les toiles du ciel.
Le début n’en fini pas,
La fin déjà,
Arrive à grands pas.

Aimer la vie
Comme la mort
Et la mort
Comme l’amour

Car l’amour est éternel
Comme la mort
Pas une étincelle
Comme le corps

4.8 étoiles sur 4 avis
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7 Commentaires
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Annie
15 jours il y a

Je suis épatée par l’habilitée des tournures de phrases et la recherche riche en rimes. Moi qui ne suis pas une fane de poésie. je trouve que la lecture est très agréable et fluide. Je ne peux dire que Bravo, continue….

Galatéa Mélion
17 jours il y a

Un très joli recueil de poèmes, très riches en symboles et en images, sans compter toutes les réflexions qu’ils posent. Vraiment bravo, quelle technique 🥰

Dernière modification le 14 jours il y a par Galatéa Mélion
Engy Mikhail
1 mois il y a

Le poème est riche en figures de style et en images symboliques voire énigmatique. Ce qui m’a le plus marqué et incité à réfléchir, c’est votre proposition sur la notion du temps. En effet, vous affirmez qu’elle ne se limite pas à un simple flux continu, mais qu’elle est bien plus complexe et multiple que nous ne le pensons.
Notre perception du temps est différente car elle est uniquement appréhendée par nos sens et construite à partir de nos expériences personnelles. C’est pourquoi l’expérience du temps lors de l’écoute de musique semble plus rapide que celle ressentie lors de la séparation d’êtres chers.
Si j’interprète correctement vos vers poétiques, vous semblez être en accord avec Empédocle et John Locke. Empédocle considérait que les sens étaient la source unique de la connaissance cognitive, et donc de la perception du temps. Quant à Locke, il affirmait que toute connaissance provient de l’expérience des sens.
Même si je ne suis pas entièrement en accord avec cette idée, je trouve votre réflexion sur le temps particulièrement stimulante et incitatrice à la réflexion.

Yoan SADARNAC
1 mois il y a

Très beau texte ! Je suis rarement touché par la poésie, mais là j’ai été séduit ; tant par la technique que par l’émotion véhiculée ! Bravo !

Alain LE ROUX
1 mois il y a

Un joli ensemble de mots sur le mur ouvert des émotions de la vie .

Sandra GOISLOT
1 mois il y a

Habile jeux de maux !

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