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Critique & analyse

L’être de Merleau-Ponty

Notre propos portera sur deux aspects de la philosophie complexe et saisissante de Maurice Merleau-Ponty, une philosophie qui révolutionne la vision phénoménale et existentiale du monde.

Dans un premier temps nous parlerons du monde et de la façon dont nous l’habitons, ainsi que de la perception comme système de connaissance du monde. Dans un second temps, nous verrons que c’est par la communication que s’articule la perception de l’autre et la relation avec lui, nous verrons que l’être est une incarnation, qui tient le tout et nous possède.

Nous conclurons en argumentant sur le fait que l’être de Merleau-Ponty est un être pour le monde et pour autrui.

 

I. Le monde et la perception

a). Nous habitons le monde

La philosophie de Merleau-Ponty nous permet de comprendre que nous ne sommes pas de simples « être-là » au sens heideggerien du terme. Nous ne sommes pas qu’un « Dasein ». Pour le philosophe allemand nous sommes des « êtres au monde » alors que pour Merleau-Ponty nous sommes des êtres dans le monde, monde qui est déjà là, devant nous. Ce monde est ici soutenu par l’être qui ne demande qu’à exister en tant qu’être pour se laisser percevoir et percevoir le monde.

Nous sommes en relation avec ce dernier comme nous sommes en relation avec notre maison. Notre maison « est » notre maison, comme le monde « est » notre monde. Nous percevons notre maison comme notre maison et le monde comme notre monde car au fondement de tout ils « sont ». Nous sommes en relation avec ce qui nous entoure, car ce qui nous entoure « est ».

Nous ne sommes en relation que parce que l’être est là, il soutient le monde. Et l’être c’est une aperture, une ouverture au monde comme aurait pu dire Paul Ricoeur et d’après Merleau-Ponty, l’être est l’ouverture de la chair qui nous fait entrer en médiation avec le monde environnant. C’est là, la clef de notre perception, nous percevons ce qui « est ». Nous habitons le monde par notre chair et notre esprit, car nous sommes incarnation. Et c’est l’incarnation, qui nous fait habiter le monde. Car notre chair s’ouvre pour entrer en relation avec le monde et nous le faire habiter.

En effet, c’est notre être et son incarnation qui nous octroient le droit d’habiter le monde ; nous ne pouvons habiter que ce qui est. Nous habitons ce monde, comme nous habitons notre maison, dans les deux cas nous pouvons nous y mouvoir. Nous pouvons aller dans la rue, comme nous pouvons aller dans notre chambre.

Pour habiter pleinement le monde nous devons pouvoir le sentir. Nous devons pouvoir le toucher, le goûter, le sentir et surtout le voir. Nous sommes sommes chair, incarnation et de facto obligés de passer par la sensation et le mouvement pour percevoir le monde. Merleau-Ponty nous le rappelle effectivement, nous sommes des êtres sensori-moteurs. Nous habitons le monde grâce à un schéma corporel, ce schéma offre à mon corps un rapport intersoriel au monde qui m’entoure et me précède.

C’est ce phénomène qui fait quenous sommes au monde. Car le monde est une expérience de la sensation permanente. Si nous voulons nous convaincre que c’est par la perception que nous habitons le monde, observons les comportements primaires des enfants.

Le nourrisson ne porte-t-il pas tout à la bouche, comme pour goûter le monde ? C’est ici sa manière de s’approprier le monde, de l’habiter. Cependant, la vue reste la seule façon valable d’entrer en relation avec l’espace environnant. C’est par cette dernière, que notre être sort de nous, et se projette dans l’horizon de l’espace autour de nous. Assurément, c’est parce que je vois que je peux mettre du moi dans le monde. Aller voir, c’est beau d’aller voir, d’aller regarder. D’aller regarder ce qu’il y a derrière la grande palissade, pour qu’une fois vu, ce qui y est caché soit dévoilé et fasse partie de mon monde.

Par ce dévoilement, j’aurais découvert une nouvelle pièce dans ma maison-monde. Et c’est mon œil qui m’aura permis de voir ce qui est, et c’est par la perception de l’être omni tenens que nous entrons dans le monde et pouvons l’habiter.

b). La perception un système de connaissance du monde

Dans phénoménologie de la perception, à la page 235, Merleau-Ponty nous dit : « le corps propre et dans le monde comme le cœur dans l’organisme : il maintient continuellement en vie le spectacle visible, il l’anime et le nourrit intérieurement, il forme avec lui un système. »

Ici la métaphore du cœur est, au regard de sa pensée sur la chair, très intéressante.

En effet, la chair est ce que nous percevons des corps qui nous encerclent. C’est la masse que nous voyons et le cœur c’est justement ce que nous ne voyons pas. Le cœur rejoint là l’idée de foi perceptive qu’il défend.

Mais le cœur, c’est surtout le point de départ du système vasculaire, c’est lui qui donne l’impulsion. Le cœur, c’est l’être en nous. Il vascularise le monde, il lui donne l’impulsion qui le fait se projeter et percevoir le monde. La perception est une communication sensorielle entre le monde et moi.

Effectivement, grâce à cette dernière je peux naître avec le monde, je peux le connaître. Grâce à ma perception, je peux percer ce que je vois, voir ce qui est, et de facto le conceptualiser.

Je conceptualise ce que je vois, car ce que je vois me nourrit. Une fois vue, une carafe pourra être vue par l’imaginaire ; cette perception du dedans. Par ma vision de la carafe je me suis projeté en elle, et elle c’est projetée en moi. J’ai intériorisé sa forme, sa couleur, sa taille. Je l’ai vue dans un contexte, sur un fond qui me permet de l’identifier comme carafe. Elle était sur une table, au milieu de verres, elle était dans le jardin. Je l’ai vu depuis mon canapé. Ce qui est fabuleux, c’est que je peux la voir par l’imagination.

Mon esprit peut mettre en forme et en couleur la carafe qui n’est pas là, et je la vois intérieurement. Je la conçois car son corps est gravé en moi et du fait que je l’ai vue, je me suis gravé en elle.

Carafe dont on ne voit qu’une perspective dans l’horizon et qui soumise à un autre point de vue peut sembler plus petite, vermillon ou bien carmin selon l’exposition lumineuse. Mais aussi avoir une ance si elle est vue depuis le potager et non depuis le canapé, sur lequel je suis assis.

Le monde en effet est un spectacle où grâce à la perception, je deviens un spectateur acteur d’un système de relations de « corps à corps », de « chair à chair » mis en scène par l’être et possible par la perception. Ainsi je peux tisser un schéma de pensée et un schéma corporel qui m’ouvrent à un système de connaissance, octroyant à l’être une intentionnalité de l’existence.

II. Le rapport à autrui

a). La perception de l’autre est communication.

Notre rapport à l’autre, notre perception de l’autre, ne peut avoir lieu que parce que nous communiquons. L’être de l’autre est comme un miroir qui nous répond dès lors que l’on s’y projette. En effet, notre mode de perception d’autrui est forgé par la communication. Nous communiquons sans cesse, c’est cette communication qui rend possible l’intentionnalité de l’existence, et de facto notre perception de celui qui est en face de moi. La communication fait de moi un pour autrui.

Nonobstant, je perçois l’autre qui est un corps, une chair. Un corps qui n’est pas un corps en soi mais un corps pour soi qui sort de la pure objectivité pour être dans le pour soi, le pour autrui. Un corps qui est dans l’intersubjectivité. Il est pour la communication, ce qui implique tout le panel des sens, comme il est corps je peux le toucher, le sentir, l’ouïr et le voir. Les modes de communication sont le désir et la confiance. Communication elle-même mode d’existence de l’être.

A la question, « pourquoi je désire ma femme ? » Nous pouvons répondre, je la désire parce que je désire son corps, sa chair. Je veux pouvoir la toucher, la caresser, l’entendre, la voir. Je la désire car je désire la présence de son être dans mon espace. Je veux la voir exister dans mon champ de perceptions. Je veux qu’elle soit là. Je veux que mon être communique avec le sien. Mais, quand elle n’est plus là, je me retrouve dans un état de frustration car mon être ne peut plus se communiquer à elle, il ne peut plus communier avec elle. Et quand elle réapparaît devant moi, alors je ressens un sentiment extatique qui me fait à nouveau exister pour elle et la percevoir dans mon monde. Le désir est ici une intentionnalité dans le sens où je désire un corps qui existe, avec lequel je peux me communiquer à l’autre, à l’être de l’autre dans son incarnation, dans sa chair. Cependant, la communication à autrui, la communion des êtres, ne peut advenir que si la confiance, la foi perceptive est présente. La confiance peut s’observer dans un contexte cognitif et affectif.

Par exemple, ma mère. J’ai confiance en elle parce qu’elle est ma mère. Mère que je ne connais pas vraiment parce qu’elle relève du mystère pour moi. Je ne saurais jamais à cent pour cent qui elle est.

Sur le plan biologique c’est elle qui m’a conçu, d’un point de vue généalogique j’ai un lien de filiation avec elle et du point de vue de la quotidienneté elle est celle qui caressait ma joue et me faisait mes tartines le matin. En dehors de cette contextualité qui est-elle ? C’est pourquoi je ne peux avoir qu’une foi perceptive vis à vis d’elle, une expérience interrogative permanente. Quand j’étais petit, je m’étonnais qu’elle fasse des « trucs de grands ». Maintenant que je suis « grand » à mon tour, je m’interroge sur ses activités de « vieux ».

Quand je serais également « vieux » et qu’elle sera morte, je me poserais la question de savoir ce qu’aurait bien pu dire ou bien faire ma petite maman dans telle ou telle situation.

La foi perceptive ouvre la voie à cette interrogation perpétuelle, qui m’empêche d’enfermer ma mère dans un système de croyance, car si je l’y enferme alors elle n’est plus. Pour qu’opère le phénomène décrit ci-dessus il faut une osmose du corps et de l’âme afin de sortir de moi-même pour aller vers l’autre et entrer en relation avec lui.

Si ici, j’ai évoqué ma femme et ma mère, c’est parce que pour l’homme que je suis, la femme relève du mystère inépuisable et que comme disait Henri Wallon, je ne peux pas tout réduire en objet. Ma femme et ma mère sont ontologiquement autres et de facto elles échappent à mon intelligence. Ce n’est pas tant la question freudienne « que veulent-elles » qui anime ma relation à elles, mais plutôt la question « qui sont-elles ».

En effet, nous ne pouvons pas, par notre intelligence, y répondre car la question de leur être relève de leur infrastructure, de leur « ultra-chose » que je ne connais pas et qui restera mystérieux pour moi.

Enfin, c’est le mystère de l’être qui anime mon désir, qui est en réalité un besoin de rencontre et de communication avec l’autre, bien plus qu’une pulsion qui chez Freud et chez Sartre s’avère être de l’ordre de l’atavisme ou de la perversion. En fait, je désire et j’ai confiance car je veux comprendre l’autre et que l’autre me comprenne. Par la communication de mon être, je désire pouvoir être. Ce faisant je désire que l’on m’autorise à être.

b). L’être nous possède car il est incarnation

Chez Merleau-Ponty l’être est omni tenens, c’est-à-dire qu’il tient le tout, qu’il nous soutient. Ce qui veut dire que nous ne pouvons pas le posséder, mais que c’est lui qui nous possède. C’est l’être de l’homme, qui par l’union de l’âme et de la chair fait de nous des incarnations ; faisant ainsi de l’être merleau-pontyen une concrétude de l’être alors qu’à contrario de l’être cartésien, qui de part le « cogito » demeure une abstraction. La définition de Descartes « je pense donc je suis » réduit l’être à une pensée, une abstraction.

Alors que, chez Merleau-Ponty, l’être pourrait se définir par l’apophtegme suivant : « je m’incarne donc je suis » renvoyant encore à la concrétude de l’être.

En effet l’incarnation projette l’être dans le monde. Faisons ici une analogie théologique : les Évangiles disent que Dieu par le Christ s’est incarné. Or, avant la descente de Jésus sur la Terre, Dieu n’était qu’une abstraction contenue dans les prières. Par son incarnation dans le Christ, l’être de Dieu nous démontre que l’être soutient le tout, qu’il est « pantocrator », qu’il est omni tenens ; et donc que je ne peux pas posséder ce qui soutient le tout. A l’image de Gabriel Marcel dans « Être et avoir », lorsque je dis « j’ai un enfant », cela ne veut pas dire que je possède un enfant, que j’en suis le propriétaire. Cela est à comprendre de la manière suivante : je suis le père de cet enfant ou bien, cet individu est mon enfant. Il « est », et c’est parce qu’il est que je ne le possède pas. Effectivement l’être est libre, il a une existence propre qui découle de la chair, de son incarnation. Je le perçois comme mon fils car il est un être palpable, qui a son existence propre.

Enfin, c’est parce que tout ce qui est existe, que l’existant s’incarne, que l’être nous possède.

 

Pour conclure, de la chair, de l’incarnation Maurice Merleau-Ponty a fait de l’être un être vu et voyant percevant et perçu. Un être qui, grâce à la perception, se retrouve projeté dans le monde. Avec la philosophie de Merleau-Ponty, l’être se situe loin des circonvolutions heideggeriennes et de l’abstraction cartésienne. Ici nous avons affaire avec un être concret, pas seulement mis au monde mais mis dans le monde, faisant de lui un existant qui par l’intentionnalité de l’existence est un sujet dans l’intersubjectivité, dans la relation à l’autre.

L’être merleau-pontyen est de facto un être pour autrui, un être concret qui par un réseau relationnel et sensoriel habite le monde.

 

Florian Marek.

 

Bibliographie :

Maurice Merleau-Ponty, Signes, coll. Folio Essais, éd. Gallimard, 1960.

Gabriel Marcel, Être et avoir, éd. Aubier, 1935. 

Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, éd. Gallimard, 1945.

Martin Heidegger, Être et Temps, trad. François Vezin coll. Tel, éd. Gallimard, 1968.

Maurice Merleau-Ponty, La structure du comportement, coll. Bibliothèque de philosopihe contemporaine, éd.

Presses Universitaires de France, 1942.

Maurice Merleau-Ponty, L’Oeil et l’Esprit, coll. Folilio Essais, éd. Gallimard, 1964.

Emmanuel de Saint Aubert, « Être et chair chez Merleau-Ponty », dans Ágora Filosófica, Recife (Brésil), 

vol. 23, n° 3, septembre-décembre 2023, pp. 5-35.

https://www1.unicap.br/ojs/index.php/agora/article/view/2457/2226

Emmanuel de Saint Aubert, « “L’Incarnation change tout”. Merleau-Ponty critique de la “théologie 

explicative” », in Archives de philosophie, tome 71, cahier 3, 2008, pp. 371-405. 

https://www.cairn.info/revue-archives-de-philosophie-2008-3-page-371.htm

● Chronique n°19 ● Le bureau des plaisirs

 

● Chronique n°19 ● Le bureau des plaisirs

Et si ce que vous pensiez lire dans ce livre était faux ?

J’ai eu le plaisir de découvrir la première romance de Lior Kaarnys, qui est sans aucun doute une lecture qui a surpassé toutes mes attentes.

C’est un univers fantastique riche et détaillé dans lequel l’auteur a excellé en décortiquant les pensées les plus intimes de ses personnages avec une maîtrise psychologique déconcertante et un style audacieux, décomplexé et assumé.

La première partie du roman a pris la direction de la quête de soi par les actes de domination, de soumission, mais aussi les émotions et les odeurs.
Ce récit n’est donc pas qu’une ode à la virginité ; il représente aussi bien la solitude vivante et profonde de Kaarn par sa vulnérabilité et une certaine apathie dans ses gestes mécaniques.
Il transmet notamment le besoin de respect, d’abandon, d’apprentissage et de compréhension à travers diverses relations enivrantes mêlant tension et suspense et qui mettront en avant chacun des personnages.

Chaque histoire s’achève admirablement dans sa seconde et dernière partie, où la dureté et la tendresse se rencontrent pour accompagner les personnages dans leurs prises de conscience, façonnées par la romance, le partage et l’écoute.

J’émets un petit bémol concernant le consentement de Judith dans la dernière scène, qui aurait mérité d’être marqué davantage, ainsi que les multiples points de vue qui n’ont pas toujours de réelle utilité, surtout dans une même scène, mais sont amenés avec douceur et fluidité.

J’ai eu un très gros coup de cœur pour ce roman qui m’a fasciné tant par la tournure de ses phrases que par les détails et les scènes à double sens, rendant l’histoire troublante et addictive.

Merci Lior Kaarnys pour ta confiance

Note : 5 / 5

📚Avis lecture – La ville sans vent, Tome 1📚

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😍Une superbe découverte😍

C’est l’heure de découvrir mon retour sur le tome 1 de La ville sans vent d’Eléonore Devillepoix aux éditions HachetteRomans.
Le titre et la magnifique couverture ont attiré mon œil, sans compter que le résumé a piqué ma curiosité. Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de découvrir cet univers. Hyperborée : une ville construite par son dirigeant, le Basileus, que l’on dit immortel et qui a vaincu et maudit les Amazones.

On y fait la rencontre de Lastyanax, un jeune mage talentueux qui va se retrouver propulsé dans les plus hautes sphères politiques du 7ème niveau d’Hyperborée juste après sa soutenance. A l’autre bout de la ville, c’est aux côtés d’Arka que nous évoluons. Une jeune Amazone qui cache ses origines afin de pouvoir entrer dans Hyperborée pour retrouver son père qui ferait partie des mages de cette ville et qui débute sa progression dans les bas-fonds du 1er niveau.

Les évènements se succèdent pour l’un et l’autre provoquant la croisée de leurs chemins et donc la formation de ce duo improbable. Entre mystères, meurtres, enquêtes, affrontements, le duo Lastyanax-Arka enchaîne les péripéties. J’ai beaucoup aimé ces deux personnages, leurs histoires respectives, mais aussi les enjeux qui se jouent pour chacun d’eux, sans compter le complet qui se monte et où, finalement on ne peut faire confiance à personne. Les autres personnages sont attachants ou détestables, ça dépend 😉.

J’ai adoré le dénouement de ce 1er tome et attend avec impatience de pouvoir découvrir le second de cette duologie. Je l’ai littéralement dévoré, la plume de l’auteur est un délice et se lit avec aisance. Les personnages et l’univers sont bien construits. Petit clin d’œil à Feuval et fon feveux fur la langue 😄, un régal !

Foncez, c’est une pépite !

*****

Résumé :

A dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.
Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d’Arka, une jeune guerrier à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ça tombe bien, elle a tendance à les déclencher…
Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé.
Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

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📚Avis lecture – D’écailles et d’obscurité, T1. Obsidienne📚

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Une jolie lecture

D’écailles et d’obscurité, T1. Obsidienne de Gaëlle Maumont aux édition Gulfstream est un roman de fantasy médiéval Young Adult.

J’ai beaucoup aimé l’histoire dans l’ensemble même s’il y a quelques bémols.

Points positifs, une héroïne badass, indépendante, éprise de liberté, à la réplique parfois cinglante, capitaine de navire, rodée au maniement des armes, qui sait ce qu’elle veut, quitte à se brouiller avec le roi lui-même, mais loyale et avec des valeurs. Certes c’est une héroïne clichée, mais je l’ai appréciée malgré tout. J’ai beaucoup aimé Daérion, personnage un brin énigmatique puisque le mystère place toujours autour de lui, mais aussi son évolution tout au long de l’histoire. J’ai beaucoup apprécié la relation qui s’installe entre les deux.

Les dragons sont finalement peu présent, j’espère les voir un peu plus dans les prochains tomes. On n’entraperçoit le pauvre Mop que de temps en temps, pourtant il ne doit pas passer inaperçu… Le début commence très bien, on sent que quelque chose couve, des complots se mettent en place, des bêtes sauvages apparaissent, des affrontements sont présents. Par contre, je trouve dommage que l’intrigue se soit un peu éparpillée et se soit diluée sur le dernier quart. Il y aura peut-être des éclaircissements sur les tomes suivants.

Il est également dommage que, par instant, les répétitions soient aussi présentes, elles gâchent un brin le plaisir. Malgré tout, cela reste une histoire agréable, sympathique qui me donne envie de découvrir les tomes suivants. Je me suis attachée à Robyn et Daérion (et aussi aux autres 😉).

Un chouette roman que je conseille, avec un jaspage magnifique, l’écriture est fluide et agréable à lire, mais attention pour les exigeants, vous pourriez demeurer insatisfaits sur la longueur.

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Résumé :

“Alors qu’il achevait de graver ces mots dans la roche, l’homme espérait, dans dernier souffle, que la Prophétie ne serait pas oubliée, que la pierre la conserverait à l’abri, et les hommes dans leur mémoire. Il en allait de l’avenir du monde entier.”
Cinq cents ans plus tard, île de Kasmal, prémices de l’hiver.
Un océan ténébreux, d’étranges créatures remontées des profondeurs et de sanglantes attaques inexpliquées. Robyn n’ignore rien de ces signes macabres lorsqu’elle rentre dans son village natal d’Astaak après une longue campagne en mer. Dépourvue de magie mais Maître-Lame redoutable au combat, elle a appris à écouter son instinct. Sur le chemin, Robyn rencontre un jeune homme énigmatique : Daérion. Celui-ci suit les traces de l’invisible bête sanguinaire qui terrorise la populaire. Quand elle apprend que cette mystérieuse entité est à l’origine de la mort de ses parents, Robyn ne désire qu’un chose, la traquer et l’anéantir. Cette funeste quête de vengeance engage alors les compagnons d’armes dans un périple qui ne connaît qu’une seule destination, l’obscurité.

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● Chronique n°18 ● Onyx storm

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai découvert ce tome trois de la saga Empyrean après de longs mois d’attente.

Pour cette suite, l’auteure a mis l’accent sur son worldbuilding grâce à une richesse de détails rendant sa plume très immersive.  Les rebondissements mineurs dans la première moitié du récit viennent casser la monotonie et apportent un rythme bien dosé en atténuant les longueurs inutiles qui m’ont par moment un peu ennuyée.
Les révélations sur les personnages de Xaden et Violet distillées tout au long de l’histoire m’ont beaucoup plu et apportent beaucoup de nuances et de profondeur.
Leur relation évolue lentement sans prendre l’ascendant sur l’histoire, bien qu’elle brode parfois un peu trop autour du risque que représente le ténébreux.
L’écriture reste tout de même très bien pensée car elle garde une certaine tension entre les protagonistes.

Les scènes de bataille sont superbement travaillées, on y ressent chaque mouvement, chaque coup, chaque blessure, si bien que j’en ai été captivée au point d’être attristée par les dégâts occasionnés de cette guerre.

L’alternance de POV a amené au roman une dimension plus militaire qui m’avait beaucoup manqué dans Onyx storm.

J’ai passé un très bon moment de lecture, l’auteur m’a fait vivre chaque émotion ressentie, l’intrigue est très bien menée tout en étant le fil conducteur des rebondissements.

Restant sur une fin surprenante, j’attends désormais le prochain tome avec ferveur.

Note :  4/5

📚Avis lecture – Poussière Fantôme📚

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😍 Une jolie découverte 😍

C’est la couverture qui m’a attiré en premier lieu pour Poussière Fantôme d’Emmanuel Chastellière aux Éditions ScriNéo. J’avais envie de me plonger dans un univers où les fantômes étaient présents et je n’ai pas été déçue.

C’est Elisabeth que nous rencontrons en premier, une jeune scientifique touchante et intelligente. Elle décède lors d’une expérience qui tourne mal. J’ai beaucoup aimé ce personnage très attachant, tout comme le charmant Archibald qui a le don de voir les fantômes et de dialoguer avec eux. Les autres personnages ne sont pas en reste pour autant, je les ai beaucoup appréciés aussi. Ulysse, ne change pas, je t’adore ! Emmanuel a su offrir une vraie présence et chacun d’eux apporte sa touche à l’ensemble.

Tous les éléments sont là : amour, amitié, mystères, complots, mensonges, tensions, dangers… L’action est présente tout comme les révélations et les rebondissements. La plume d’Emmanuel Chastellière est un vrai régal. Ce fût un plaisir de vivre ces aventures à leurs côtés même si j’aurai aimé que certains passages soient un peu plus développés, tout particulièrement concernant le Seuil.

J’ai adoré la notion de poussière fantôme, ainsi que les propriétés, qu’Emmanuel Chastellière a développées dans cette épopée, ainsi que la part de surnaturel présente tout au long, sans oublier l’histoire des différents lieux. Le choix de l’époque d’Halloween, de Montréal et du Canada sont parfait comme cadre pour ce roman fantastique qui saura ravir les jeunes et ceux qui le sont un peu moins, des adolescents aux adultes.

En résumé, si vous aimez les histoires avec des fantômes et des personnages variés, aux personnalités diverses, où sont présents les sciences et le surnaturel, mais aussi les complots et les trahisons, ce livre est à lire sans hésitation !

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Résumé :

Être guide touristique spécialisé dans les mystères du Montréal hanté n’est pas facile tous les jours ! Mais ça l’est encore moins quand on peut réellement converser avec les fantômes !
Depuis qu’Archibald a fait la rencontre d’Elizabeth McKenzie, jeune scientifique décédée dans des circonstances étranges en 1917, sa vie a basculé.
Déterminé à aider Elizabeth à lever le voile sur sa mort, Archie devra compter sur des amis parfois surprenants et percer les secrets de la poussière fantôme.
Car, les revenants, goules et autres spectres de la ville se montrant de plus en plus menaçants…
Et tout ça si possible sans trop se fatiguer !

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📚Avis lecture – La femme de ménage📚

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Coup de cœur

Le premier volume de La femme de ménage de Freida Mc Fadden aux Editions J’ai Lu est un vrai coup de cœur. J’ai dévoré cette merveille en 4 jours à peine. Une fois commencé, impossible de s’arrêter. C’est un thriller psy addictif, au rythme trépidant pour lequel tourner les pages se fait à plein régime.

Pour ne pas spoiler et gâcher le plaisir du suspens, j’en dévoilerai donc le moins possible (juste assez pour donner envie 😉). Le premier point fort, c’est le prologue qui vous hameçonne immédiatement. Vous comprenez tout de suite qu’un drame terrible vient de se produire : il y a un cadavre à l’étage. Mais, pour autant l’identité de l’infortuné(e) décédé(e) n’est pas dévoilée, ni même celle de la femme interrogée…

Ensuite, l’histoire revient 3 mois en arrière aux côtés de Milie, demoiselle en conditionnelle, qui se fait embauchée en tant que femme de ménage dans la prestigieuse villa de la richissime et influente famille des Winchester. Mais… La paradis et l’enfer ne sont pas forcément où vous le pensez, les apparences peuvent être trompeuses, les secrets sont omniprésents, et le mystère plane partout…

Je me suis laissée emporter par l’atmosphère emplie de suspens qui tient en haleine jusqu’au bout et pousse à tourner les pages encore et encore afin d’obtenir les dernières clés pour tout comprendre… Et oui, elle ne seront fournies dans leur totalité qu’à la fin…

Un seul mot à dire : Foncez !

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Résumé :

Chaque jour, Milie fait le ménage dans la belle maison des Winchester, une riche famille new-yorkaise. Elle récupère aussi leur fille à l’école et prépare les repas avant d’aller se coucher dans sa chambre, au grenier. Pour la jeune femme, ce nouveau travail est une chance inespérée. L’occasion de repartir à zéro. Mais, sous des dehors respectables, sa patronne se montre de plus en plus instable et toxique. Et puis, il y a aussi cette rumeur dérangeante qui court dans le quartier : madame Winchester aurait tenté de noyer sa fille il y a quelques années. Heureusement, le gentil et séduisant monsieur Winchester est là pour rendre la situation supportable. Mais le danger se tapit parfois sous des apparences trompeuses. Et lorsque Milie découvre que la porte de sa chambre mansardée ne ferme que de l’extérieur, il est peut-être déjà trop tard…

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📚Avis lecture – Animale T2. La prophétie de la Reine des Neiges📚

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❤ Coup de cœur ❤

La prophétie de la Reine des Neiges est le second tome de la duologie Animale de Victor Dixen aux Éditions Gallimard. Si le Tome 1 m’a charmé, le Tome 2, lui, m’a littéralement conquise. C’est une suite magistrale. Un nouveau personnage énigmatique apparaît : La Reine des Neiges, terrible et mystérieuse femme. Bien évidemment, le tout est teinté de mythes et légendes nordiques 😍.

Nous y retrouvons nos personnages tant aimés, Blonde et Gaspard, mais aussi de nombreux autres. Je ne vous en dis pas plus pour vous laisser le plaisir de découvrir qui fera parti de l’aventure 😉.

Nous en apprenons un peu plus sur Gaspard 😍. J’ai trouvé cela d’autant plus agréable, son passé n’ayant pas été dévoilé dans le premier tome. Nous recroisons aussi ce maudit Charles et son détestable avocat, Ferrière 🤧. Oui, je les hais encore plus désormais ! Ils ne reculent devant rien, ces sa@l*** ! 🤧

De nouveaux personnages attachants font leur apparition : les bouquetières 😍, mais aussi le jeune Hans, d’autant plus touchant pour ceux qui sont écrivains en devenir, comme lui. D’autres, plus dangereux, certains plus mystérieux, s’offriront à vos yeux. De quoi nous subjuguer tout au long de ce périple fantastique.

Comme pour le premier tome, le suspens est magnifiquement ménagé, les révélations distillées aux moments opportuns. Cette suite m’a transportée de nouveau aux côtés de Blonde dans cette aventure palpitante qui m’a émue tant de fois, fait pleurer aussi, m’a révoltée, même scandalisée ou horrifiée par instant, mais sans jamais faire perdre totalement espoir. Elle nous tient en haleine du début à la fin et n’a de cesse de nous faire vibrer aux côtés des nombreux personnages profonds.

En résumé, un vrai coup de cœur 💗💗💗

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Résumé :

1833, sur une île perdue du Danemark. Elle s’appelle Blonde, il se nomme Gaspard. Elle est animale, il est fou d’elle. Le destin s’apprête à les arracher l’un à l’autre : ils sont victimes d’une prophétie qui bouleversera le monde à jamais. Blonde parviendra-t-elle à déjouer les plans de l’énigmatique Reine des neiges, avec pour seul allié un jeune écrivain nommé Andersen ?

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📚Avis lecture – Animale T1. La malédiction de Boucle d’or📚

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❤ Coup ce cœur ❤

La malédiction de Boucle d’Or est le premier tome de la duologie Animale de Victor Dixen aux Éditions Gallimard. On y découvre Blonde, 17 ans, orpheline et pensionnaire permanente du couvent des Ursulines. Les sœurs lui ont donnée l’habitude de protéger ses yeux derrière des verres foncés, mais aussi de cacher son habituelle et magnifique chevelure blonde. Elle va faire deux rencontres qui vont bouleverser sa vie : celle d’un jeune apprenti tailleur de pierre, Gaspard, et celle d’un vieux commissaire à la retraite qui va soulever le voile de l’énigme qui enveloppe sa naissance.

Animale est une réécriture du conte de Boucle d’Or, ou plutôt comment tout a débuté ainsi que le suite. Mais, c’est bien plus encore ! C’est un véritable chef-d’œuvre dans lequel Victor Dixen a repris toute une mythologie nordique qu’il a remanié pour traiter l’aspect bestialité de ce conte.

Le suspens est bien ménagé, les révélations distillées à bon escient et aux moments opportuns, le tout avec une prose agréable. On y trouve de nombreux personnages, profonds, atypiques et divinement bien travaillés, qu’ils soient attachants ou détestables.

J’ai adoré Blonde qui n’a eu de cesse d’évoluer au fil des péripéties, mais aussi Gaspard, ce jeune apprenti, sans oublier son mentor, maître Grégorius 💜💜. Je l’ai énormément aimé, de plus en plus au fil des péripéties, tant par son caractère que par son histoire.

Dans les personnages atypiques et attachants, il ne faut pas oublié Mme Lune, la voyante un peu étrange, mais si généreuse. Et, bien évidemment, Gabrielle et Sven 💖.

A l’opposé, il y a ceux que j’ai détesté, que dis-je haïs ! Oui, Charles, je te hais ! Tout comme ton maudit avocat, cette crapule ! Je m’arrête là avant de me laisser emporter 😉.

J’ai été littéralement transportée aux côtés de Blonde dans cette aventure hors du commun qui m’a émue, fait rire, pleurer, parfois donner froid dans le dos, espérer, attendrie, révoltée, mais qui a su, surtout, me tenir en haleine jusqu’au bout.

Elle vient nous rappeler que les contes ne sont pas uniquement adressés qu’aux enfants et que, même adultes, nous pouvons, comme nos bambins, nous laisser enivrer par le récit émouvant de cette jolie blonde que nous connaissons plus ou moins.

Animale est un vrai coup de cœur pour moi qui suis une passionnée de fantastique et de fantasy, mais aussi de mythes et de légendes. Tout cela me rend d’autant plus impatiente de découvrir le tome suivant : La prophétie de la reine des neiges.

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Résumé :

1832. Blonde, dix-sept ans, est cloîtrée depuis toujours dans un couvent perdu au milieu des bois. Pourquoi les sœurs l’obligent-elle à couvrir ses cheveux d’or et à cacher sa beauté troublante derrière des lunettes sombres ? Qui sont ses parents, et que leur est-il arrivé ?
Alors qu’elle s’enfuit pour remonter le fil du passé, Blonde se découvre un versant obscur, une part animale : il y a au cœur de son histoire un terrible secret.

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📚Avis lecture – La Contrée des Confins T2. Tomber plus bas📚

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💗 Une vraie pépite 💗

 

C’est le second volume de la duologie de Pierre Guerrin qui est disponible sur Amazon en auto-édition.

J’ai beaucoup aimé le tome 1, mais j’ai adoré le tome 2 😍. Ce fût un vrai bonheur de replonger dans l’univers de Pierre, de retrouver les personnages et de suivre leurs évolutions.
Les Retourneurs de Flammes ont fui et se sont réfugiés derrière leur immense portail infranchissable, mais ce n’est pas pour autant que les Frères Monarques Nitram et Niamor ne préparent pas des coups bas. En même temps, ils sont aussi les rois pour ce genre d’action fourbe.

Les personnages sont toujours aussi attachants et profonds. Leur évolution se poursuit et nous voyageons tout au long de ce récit empli de péripéties et d’émotions. Nous apprenons à mieux connaître certains d’entre eux et en découvrons d’autres. Il y en a tellement que j’aime, mais Valdo demeure mon chouchou 💖 dans ce tome.

Les révélations sont aux rendez-vous tout comme les péripéties, les rebondissements qui vous feront passer par toutes les émotions. Les secrets qui entourent les deux frères monarques se révèlent, l’envers du décor se dévoile, les stratégies se construisent et on apprend à mieux connaître les différentes peuplades.

Dans ce tome, Pierre nous fait encore plus vibrer aux côtés de tous les personnages au fil de l’évolution de cette guerre qui ne sera pas sans sacrifices…

Un second volet qui vous tiendra en haleine encore plus que le premier et qui s’avale avec gloutonnerie. Oubliez la modération pour ce tome, c’est impossible, une fois que vous êtes lancé, vous ne voulez plus vous arrêter.

Un seul conseil : Foncez !

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Résumé : 
La paix désormais retrouvée, Valdo et Suki n’aspirent qu’à une chose : passer du temps ensemble. Malheureusement, la santé de Nazu décline et des tensions apparaissent dans l’équilibre fragile entre les différentes peuplades.
Et surtout, une interrogation obsède tout le monde. Que préparent les Retourneurs de Flammes, depuis qu’ils se sont retranchés derrière leur portail infranchissable ?
Tapu, tourmenté par le souvenir d’Enamor, s’entête à decouvrir ce que cachent les ennemis. Il plonge dans les secrets de la famille royale, jusqu’à ce qu’un attentat survienne, remettant en cause la survie de tout l’archipel.
Quel peuple sortira vainqueur de cette deuxième guerre inévitable ? Au prix de quels sacrifices ?
Alliances, mensonges, manipulations : tous les coups sont permis pour l’emporter.

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