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Arthudora

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Résumé

Voici Arthur, il est beau, il est jeune et comme il est riche, il vit dans la Grande Ville. Ses parents l’ont toujours gâtés et donné ce qu’il voulait. Seulement voilà, ils veulent que leur fils se marie. Avec qui ? Dorla, l’ex de son frère décédé il y a peu. Mais Arthur lui ne veut pas s’engager et encore moins avec elle. Il se promet alors de tout faire pour que se mariage n’ai jamais lieu ce qui conduira ses parents à l’envoyer dans la Petite Ville. Mais comment fera-t-il pour survivre dans un endroit où la pauvreté suit les gens jusqu’à leurs tombes ?

Voici Dorla, elle est riche, elle est jeune et elle est belle. Elle veut se marier avec Arthur. Lui ne veut pas. Elle non plus en réalité. Elle n’a toujours pas tourné la page. La mort de Charles, le frère d’Arthur, l’a complètement déboussolée. Son nouveau fiancé n’arrange pas les choses. Pourra-t-elle un jour faire son deuil ?

Voici Victor, il est jeune, il est beau et travaille chez les Mercko, la famille d’Arthur. Ce dernier est son meilleur ami, son frère de coeur. Il le suit comme son ombre. Sans lui, il est perdu. Comment fera-t-il quand son ami partira ?

Voici Isadora, elle est belle, elle est jeune et comme elle est pauvre, elle vit dans la Petite Ville. Un jour, un couple vient la voir pour lui demander un service. Elle accepte en sachant que cette décision pourrait changer sa vie pour toujours. En bien ou en mal ? Telle est la question.

 

 

Chapitre 1 : Jamais !

   

    Adagat. Un royaume autrefois connu pour être un havre de paix et de joie. Réputation qui ne dura pas bien longtemps. Il y a cinquante ans, une crise économique frappa le royaume. Bien sûr les plus riches s’en sortirent mais ce ne fut pas le cas des plus pauvres. Les inégalités entre les deux camps s’agrandirent causant la révolte des plus démunis. S’en suivit alors une guerre civile où chacun essayait tant bien que mal de survivre. Le roi ne sachant plus quoi faire, construisit un mur pour se protéger lui et les nobles d’Adagat. Et alors que les riches s’enrichissaient , les pauvres s’appauvrissaient. Ces derniers initièrent une rébellion pour récupérer leur dû. En vain. Leurs plans échouaient à chaque fois. L’espoir s’effaçant peu à peu, ils finirent par abandonner et le calme revint dans le royaume. Quelques années plus tard, le roi fut destitué et ils entrèrent dans une démocratie. Malheureusement, rien ne changea pour les pauvres vivant dans ce qu’on appelait maintenant la Petite Ville.

Voici Arthur, il est beau, il est jeune et comme il est riche, il vit dans la Grande Ville. Ses parents l’ont toujours gâtés et donné ce qu’il voulait. A l’heure où commence cette histoire, il dormait paisiblement dans son grand lit douillet. Sa chambre était ridiculement grande. Son lit, exposé comme un chef d’œuvre faisait face à un balcon qui donnait vu sur la Grande Ville et le mur qui l’entourait. Il y avait également un grand bureau sur lequel on avait jeté des vêtements. Un jeune homme entra dans la pièce et ramassa les autres vêtements qui jonchaient sur le sol. En relevant la tête, il vit une femme dans le lit. Il roula des yeux et continua son travail comme si de rien était. Il s’appelait Victor et c’était le meilleur ami du propriétaire de la chambre qu’il rangeait. Propriétaire qui ne semblait pas vouloir se réveiller. Victor décida donc d’ouvrir les rideaux en grand pour que la lumière atteigne les paupières de son ami et lui gâche le peu de sommeil qu’il avait eu. Cependant, ce fut la femme qui se réveilla la première et qui tout en paniquant reprit ses vêtements et s’enfuit.

— À jamais !

Il se retourna vers son ami endormi et le secoua gentiment l’épaule.

— Arthur… Arthur ? Bouge tes fesses si tu veux pas que ta mère te tue.

Ce dernier se retourna simplement dans ses draps ignorant Victor.

— Arthur, si tu te réveilles pas tout de suite tu ne te réveillera plus jamais et moi non plus !

— Laisse moi dormir… cinq minutes… s’il te plaît…

— Tu m’as dit la même chose il y a quatre heures.

— Il est quelle heure ?

— 15h.

Cette information fut suffisante pour lui donner un boost d’énergie qui lui fit courir dans toute la chambre. Il avait complètement oublié que sa mère attendait quelqu’un de très important et que si jamais il arrivait en retard, ne serait-ce que d’une seconde, il était mort. Une douleur traversa sa tête l’arrêtant brusquement. Il se précipita vers les toilettes et dégobilla sa soirée d’hier.

— Tes vêtements sont sur la chaise, lui dit Victor déjà paré à nettoyer la salle de bain.

— Combien de temps il me reste avant de mourir ?

—  Encore cinq minutes…

De plus en plus paniqué, Arthur enfila un costume rouge vif et tenta de retrouver sa deuxième chaussette. Victor, qui avait finit son nettoyage lui balança une cravate et des chaussures.

— Plus qu’une minute…

Arthur se débattit avec sa cravate qui aujourd’hui faisait des siennes.

— Et il te restera une heure, finit Victor.

— Quoi ?

— Il te reste une heure.

— Tu te fous de moi ?

— J’en ai l’air ?

Et avant qu’Arthur ne puisse faire quoique ce soit, il s’enfuit en courant.

— Je me demande ce qui me retient de le renvoyer…

En réalité, il le savait très bien. Depuis qu’ils étaient tout petit, Victor avait toujours été à ses côtés, que ce soit pour faire des bêtises ou dans les moments durs, ils s’étaient toujours soutenus. Sans lui, Arthur aurait sombré depuis un long moment déjà.

  Il y a dix ans, ces deux là se haïssaient. Ou plutôt, Victor haïssait Arthur à cause de son comportement d’enfant gâté et Arthur méprisait Victor car c’était un domestique. Il y a dix ans, ces deux là avaient atteint leur premier âge à deux chiffres et dans la Grande Ville, c’est à ce moment là que l’enfant devient indépendant et on lui assigne donc un domestique. Il y a dix ans, alors que ces deux là ne s’appréciaient pas, ils durent apprendre à cohabiter ensemble. C’est deux là ne savent pas quand est-ce qu’ils ont commencé à devenir amis, mais ils ne l’ont jamais regretté.

Après trente minutes d’ennui total, Arthur descendit au salon. C’était un pièce lumineuse avec un grand canapé en cuir blanc et une télévision aussi grande qu’un écran de cinéma. Sa mère qui regardait une de ses nombreuses telenovelas se retourna quand elle entendit les pas de son fils. Elle se précipita vers lui les larmes aux yeux mais s’arrêta net en voyant l’état de la cravate d’Arthur.

— Ah ! Comme on dit les chiens ne font pas de chats ! Tu es comme ton père ! Dès qu’il faut faire quelque chose avec ses mains vous êtes complètement inutiles !

En deux temps trois mouvements, elle noua la cravate de son fils chéri et le regarda encore une fois les larmes aux yeux. Arthur y décela une pointe de nostalgie.

— On dirait que mon fils est devenu un grand garçon… Tu as tellement grandis Arthur ! Si tu savais à quel point tu es beau…

— C’est parce que je tiens de la plus belle des mamans du monde, lui répondit-il les joues aussi rouges que son costume.

Sa mère le serra si fort dans ses bras qu’il crut qu’il allait mourir.

C’est alors qu’on sonna à la porte. Ils entendirent des voix accompagner de bruits de pas sur le sol marbré.

— Bonjour, bonjour, bonjour !

C’était le père d’Arthur et il n’était pas venu seul. Une jolie fille blonde apparut dans le salon accompagné d’une femme aux cheveux roux et un homme dont les yeux verts rappelaient ceux de la jeune fille. Ce visage sembla familier à Arthur mais il avait beau chercher, il ne savait pas où est-ce qu’il aurait pu la rencontrer. La belle blonde lui fit un grand sourire. Il connaissait ce sourire…

— Dorla ? Dorla c’est toi ?

Le visage de Dorla s’illumina.

— Arthur !

— Dorla !

— Artichou !

— T’as de la chance que je sois content de te revoir.

Ils accoururent dans les bras de l’autre en riant. La mère d’Arthur éclata en sanglot et son mari la prit également dans les bras. Quand elle se fut calmée, elle invita ses invités à s’asseoir dans le canapé. Ils discutèrent un moment devant un verre de vin pour fêter leur retrouvailles. Arthur heureux de revoir Dorla, l’emmena dans le jardin.

— Comment va Victor ?

— Trop bien pour son bien…

— Arrête je sais que tu l’adore.

— C’est bien ça le problème ! 

Ils discutèrent encore un peu en se promenant dans le grand jardin de la villa des Mercko. Dorla ne cessa de parler du passé et d’une personne en particulier. Charles. Le grand frère d’Arthur, son confident et son mentor. Il y a six mois de cela, Dorla et Charles avaient décidés de se faire un petit voyage en amoureux et de se rendre à Obira, le royaume natal de Dorla. Mais sur le chemin du retour, alors qu’il rentrait seul en moto après s’être disputé avec sa copine, Charles perdit le contrôle et rentra dans une voiture. 

— Il me manque, dit soudainement Arthur.

— Terriblement, finit Dorla.

Ceci coupa court à la discussion et ils regagnèrent le salon dans un silence réconfortant. Pas besoin de mots, ils se comprenaient parfaitement.

— Oh mon cher fils ! Il va bien falloir que je m’habitue à ton absence. Tu vas tellement me manquer quand tu te marieras ! 

— Enfin maman, tu sais très bien que je ne vais pas me marier avant une éternité, répondit-il en riant nerveusement. Puis avec qui veux tu que je me marie ?

Il y eut un silence. Un silence un peu trop long au goût d’Arthur. Un peu trop pesant. Il s’éclaircit la gorge et regarda sa mère droit dans les yeux, cherchant une réponse à son comportement bizarre. Finalement, le père de Dorla prit la parole.

— Dans un mois, Dorla et toi vous vous marierez.

Ce fut le vide total dans le cerveau d’Arthur qui ne comprenait pas ce qu’il se passait. Lui ? Se marier ? Avec Dorla ?

Son visage prit une teinte rougeâtre. On arrivait même plus à différencier son corps de son costume. Ses yeux s’agrandirent tellement qu’on aurait cru qu’ils allaient exploser. A l’intérieur, Arthur bouillonnait de rage, de colère et de haine.

— JAMAIS ! Vous m’entendez ! JAMAIS je n’épouserais qui que ce soit et encore moins celle-là. Plutôt mourir que de passer ma vie avec elle.

Il ne comprenait pas. Il savait bien que ce n’était pas une blague — ses parents n’avaient pas un sens de l’humour très développé — et c’était bien ça le problème. Comment osaient-ils le marier sans son consentement. Avec Dorla qui plus est ! Il y a à peine six mois son frère souhaitait se marier avec elle. C’était une honte ! Une insulte envers la mémoire de Charles. Il se sentait trahit. Trahit par ses parents. Trahit par Dorla. Il se sentait trahit et sentait que son frère aussi.

— Je t’en prie Arthur calme toi ! tenta sa mère qui savait qu’une fois enclenchée, il était quasi impossible d’arrêter cette tempête.

Mais le père de Dorla n’avait pas que ça à faire. Il se leva et laissa la trace de ses jolies doigts sur la joue d’Arthur qui s’arrêta de hurler à tout va. Il en revenait pas. Cet homme avait osé lever la main sur lui. Il se retourna vers ses parents qui détournèrent le regard.

— Que ce soit bien clair, si jamais je devais me marier de force avec quelqu’un, ce ne sera certainement pas avec celle qui a tué mon frère…

Arthur prit les escaliers et les monta avec rage.

Il en revenait pas.

Il ouvrit la porte et la referma avec fureur. Il laissa des traces de chaussures sur le sol mouillé que Victor avait mit tant de soin à laver. Ignorant les protestations de son ami il éteignit la musique trop joyeuse à son goût qu’avait mit Victor. 

Il en revenait pas.

Il fit les cents pas, laissant encore plus de traces de chaussures.

— Tu le savais ? Tu le savais que mes parents avaient décidé de me marier ?!

— Tu préfères que je le sache ou on ?

— J’en reviens pas ! Avec Dorla tu t’en rends compte ?

— Effectivement c’est horrible …

— C’est hors de question que je me marie avec elle ! Me marier avec Dorla ? Et puis quoi encore ?

Il fit une nouvelle fois les cents pas en rongeant le peu d’ongles qu’il avait alors que Victor reprenait sa serpillère. Il marmonna dans sa barbe fraichement rasée, s’assit dans son lit et ne fit rien d’autre de la journée. Il refusait catégoriquement de boire ou de manger et interdisait à ses parents de rentrer dans sa chambre.

Un jour, deux jours, trois jours, une semaine puis deux passèrent où il ne sortit pas de sa chambre. Comme chaque jours, Victor entra pour convaincre son ami de manger et de parler à ses parents.

— C’est hors de question que je me marie avec elle…

— Tiens, tu parles ? Je pensais que t’avais perdu ta voix, répondit Victor en roulant des yeux.

— C’est hors de question que je me marie avec elle, répéta Arthur. Et toi tu vas m’aider à faire en sorte que ça n’arrive pas.

— J’ai jamais dit que j’étais d’accord.

— J’ai jamais dit que tu avais le choix.

Contre son grès, du moins en apparence, Victor s’assit avec Arthur et ensemble ils réfléchirent à un plan. Ils avaient deux semaines pour transformer un innocent mariage mondain en la pire fête de tout les temps.

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