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108 - 151 minutes de temps de lectureMode de lectureVIVRE SA PASSION, SON AMOUR, SES AMITIÉS

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Chapitre n° 1

La rencontre

 

L’année scolaire 1999 a pris fin. Gwendoline est une fille qui va sur ses 12 ans, s’habille classique, elle a des yeux bleus et des cheveux clairs et mi-longs. C’est une adolescente sympathique et courageuse. Gwendoline est la fille unique de Marie et de David. Yannick est un garçon de 11 ans et demi, habillé de manière traditionnelle, il a des yeux noirs et des cheveux courts et bruns. Il est gentil, brave. Il est le fils unique de Manue et de Damien. Je les ai connus en maternelle. Moi, c’est Marina. Depuis cette rencontre, nous sommes devenus les meilleurs amis du monde. Je suis une jeune fille de 12 ans, au look classique. J’ai les yeux bleu-vert et de longs cheveux blonds. Je suis aimable et vaillante. Le plus souvent, je pense au bonheur des autres avant le mien. Mes parents, Anne et Loïc, s’étaient arrêtés à un enfant, même s’ils voulaient un garçon, mais le destin en avait décidé autrement. Nous avons une passion : le foot, ça, c’est génial, il y a de l’action. Pendant l’année scolaire, on pratique le foot le mercredi après-midi.

Le mois de juillet arrive. Le lundi 8, on se retrouve au parc qui est dans notre ville de Brest.

— Ça va être dur cette année. On commence les entraînements dans le club de Brest.

— Oui, on rentre en 6e, c’est nouveau pour nous. Et en plus en sport études. Pfff, il va falloir s’adapter.

— Oui. Comment ça se fait que nos parents soient d’accord pour que l’on continue à faire du foot ?

Avec Yannick, je fixe avec insistance Gwendoline. Je m’exclame :

— Ils ne vont pas nous interdire de faire du sport !!!!

— Non, je dis cela, car je pense qu’ils veulent qu’on se concentre sur les études.

Je regarde l’heure et je constate qu’il est déjà 16 h. Je le fais remarquer à Gwendoline et Yannick.

— Il faut qu’on rentre les amis, il est 16 h.

— D’accord.

Chacun rentre. Nos parents travaillent toute la semaine, ils rentrent vers 17 h 30. Je suis dans ma chambre quand ma mère m’appelle.

— Marina, tu es là ?

— Je suis dans ma chambre.

— Tu peux descendre s’il te plaît ?

— J’arrive tout de suite.

— Bonjour.

— Salut.

— On veut savoir ce que tu as fait de ta journée.

— Je suis allée au parc avec Gwendoline et Yannick cette après-midi.

— Tu peux venir t’asseoir dans la salle, on a à te parler.

— Bien sûr.

Tous les trois vont dans la salle et s’assoient autour de la table.

— Il se passe quoi ?

— Il n’y a rien de grave. Comme c’est l’été, on s’est dit que tu voudrais faire quelque chose pendant tes journées. Cette année, on ne part pas en vacances. Tu vas t’ennuyer à la maison, dit Loïc.

— Pour le moment, je ne m’ennuie pas. Je vais passer une bonne partie de mon temps avec Gwendoline et Yannick. Cet été, on va bien s’éclater.

— OK, mais je suis sûr que leurs parents seront d’accord avec nous. Vous n’allez pas vous voir tous les jours.

Je ne parle pas. Je prends une inspiration et dis :

— Voilà, je me demande pourquoi vous avez accepté que je continue le foot alors que je rentre en 6e.

— On te fait confiance.

— Tu nous l’as prouvé à plusieurs reprises.

— D’accord.

Je remonte dans ma chambre. Entre-temps, Gwendoline et Yannick parlent avec leurs parents et ont la même conversation. Mais quand Gwendoline et Yannick sont montés dans leurs chambres, leurs parents se sont disputés. C’est comme ça depuis un moment. Leurs parents se disputent pour un oui ou un non. Ils commencent à en avoir marre. Mes parents entendent les cris, tout comme moi. Le lendemain matin, après une petite nuit, Gwendoline, Yannick et moi nous retrouvons pour parler. Nous décidons d’aller pique-niquer au parc. Après manger, on continue à marcher. On s’était retrouvés pour une bonne raison.

— C’était plus fort qu’avant.

Je dis :

— Moi aussi, j’ai entendu de ma chambre. J’ai dû m’endormir à minuit.

— Donc, tu n’as pas entendu ce qu’ils ont dit après ?

— Non, ils ont dit quoi ?

— Ils ont parlé de divorce. Et là, c’est du sérieux.

— On n’a pas envie de rentrer chez nous ce soir, on en a marre de toutes ces disputes.

— Le plus dur, c’est qu’ils font attention quand on est là.

— Compris. Je demanderai ce soir à mes parents si vous pourrez dormir quelques jours à la maison.

— Merci.

— On devrait penser à rentrer, car il est déjà 17 h 45.

— Quoi ? s’écrie Yannick. On va se faire disputer par les parents.

On fait demi-tour. Quand nous sortons du parc, le bus était à l’arrêt. Dès que nous le voyons, nous nous mettons à courir pour être sûrs de l’avoir, mais avant d’arriver près de l’arrêt, le bus était déjà parti. Je regarde l’horaire du prochain bus.

— Le bus arrive vers 18 h.

— Et il faut au moins 10 minutes sans s’arrêter à tous les arrêts.

— Ne le prends pas mal. Ça ne sera pas notre faute si l’on arrive plus tard que prévu.

— D’accord.

Le bus arrive, nous montons et allons nous asseoir au fond. Nous commençons à parler tout de suite. Plusieurs arrêts passent sans que nous le remarquions jusqu’à ce que le bus s’arrête une cinquième fois. Yannick regarde le nom de l’arrêt et il balbutie.

— Il reste quatre arrêts et il est 18 h 15.

— Tu vas arrêter avec l’heure. Nos parents ne vont pas être énervés pour quelques minutes de retard, dis-je.

— Tu as raison.

Pendant le reste du trajet, nous restons silencieux. Le bus s’arrête aux trois arrêts. Yannick est de plus en plus stressé par rapport à la réaction des parents. Nous descendons du bus, marchons en silence. Avant d’entrer, je leur dis :

— Vous attendez là, je vais leur demander pour ce qu’on a dit.

— D’accord.

J’entre chez moi.

— Marina, c’est toi ?

— Oui, je suis désolée pour le retard.

— Ce n’est pas grave, tu es en vacances.

Je vais dans la salle.

— Maman, papa, je peux vous demander quelque chose ?

— Bien sûr.

— Voilà, les parents de Gwendoline et les parents de Yannick n’arrêtent pas de se disputer et hier soir ils ont parlé de divorce. Du coup, j’aimerais savoir si ça ne vous dérangerait pas que Gwendoline et Yannick viennent dormir ici.

— Ça ne nous dérange pas. Au contraire, je pense que ce sera la meilleure chose pour eux.

— Merci, je vais le leur dire tout de suite.

Je retourne dehors.

— C’est bon, les amis.

— D’accord. On va chercher quelques affaires chez nous et l’on arrive.

Gwendoline et Yannick vont chacun chez eux prendre leurs affaires. Je les attends. Dès qu’ils furent de retour, on est allés voir mes parents.

— On voulait vous dire merci, dit Gwendoline.

— Ce n’est rien. Vous pourrez rester le temps que vous voulez. On préviendra vos parents, dit Anne.

— Merci, mais on a laissé un mot.

— D’accord.

Nous montons dans ma chambre. Vers 19 h, mes parents nous appellent pour manger. Pendant le repas, on sonne à la porte. Loïc va ouvrir. Ce sont les parents de Gwendoline et Yannick.

— Bonsoir.

— Ils sont où, nos enfants ?

— Ils sont là. Et ils restent ici.

— On n’est pas d’accord.

— Écoutez, ils ont besoin de repos. Gwendoline et Yannick vont rester ici le temps que vous trouviez une solution pour les deux couples. Hier soir, on vous a entendus vous disputer et l’on n’est pas les seuls.

Loïc ferme la porte et retourne à table.

— C’étaient vos parents, dit-il à Gwendoline et Yannick. Ne vous inquiétez pas, vous restez ici.

— Merci, Monsieur.

C’est normal.

Après le repas, nous retournons dans ma chambre. Vers 23 h, nous nous endormons. Le lendemain matin, on retourne au parc. Pendant le trajet, on ne se parle pas. Gwendoline finit par rompre le silence.

— Marina, on ne veut pas que tes parents aient des ennuis à cause de nous.

— Ils vous ont dit que ça ne les dérange pas.

— Oui, mais nos parents.

— Écoutez, vous voulez entendre tous les jours les disputes et passer de mauvaises vacances ?

— Non.

— Donc, vous restez chez moi pour le moment.

— D’accord.

On arrête de parler, car on vient d’apercevoir quatre jeunes qui jouent au ballon. Tout d’un coup, le ballon arrive sur nous. C’est moi qui l’attrape. Un garçon arrive.

— Bonjour, puis-je avoir le ballon ?

— Bonjour, bien sûr.

— Désolé, j’ai loupé ma passe !

— Ce n’est pas grave. Je m’appelle Marina et eux c’est Gwendoline et Yannick.

— Enchanté. Moi, c’est Arnaud. Je vais vous présenter les autres.

— D’accord.

On va retrouver les amis d’Arnaud.

— Les amis, dit Arnaud.

— Oui.

— Je vous présente Marina, Gwendoline et Yannick.

— Enchanté.

— Alors, lui c’est Erwan et voici Annie et Julie.

— Enchanté.

— Vous voulez vous amuser avec nous, ou vous êtes occupés ?

— C’est bon, on adore le foot, on veut bien jouer. Ça va permettre de nous détendre un peu… Chez nous, ce n’est pas la joie en ce moment.

On s’amuse toute la matinée. Dans l’après-midi plutôt que de se faire des passes, on fait des tirs au but. À un moment, c’est à mon tour de tirer. En voyant mon adresse, Arnaud, Erwan, Annie et Julie sont très surpris.

— Tu as appris où à tirer ? demande Arnaud.

— On fait du foot depuis notre enfance.

— Et l’on continue, on est en 6e sport études.

— Nous aussi, dit Erwan.

— Vous faites quoi comme sport ?

— On a commencé à faire du foot en CM1.

— D’accord.

— Mais comment tu as fait pour ce tir ?

— Il faut de l’entraînement.

Ils continuent à faire des tirs. Vers 17 h, ils décident de rentrer.

— Vous prenez quel bus ?

— On prend le bus n 2, dit Arnaud. Et vous ?

— Ah, pareil !

Vers 17 h 15, le bus arrive. Ils prennent un ticket qu’ils poinçonnent et vont s’installer au fond. C’est Annie qui lance la conversation.

— Vous descendez à quel arrêt ?

— À l’arrêt Flore est vous ?

— Nous, on descend à l’arrêt suivant.

— D’accord.

— Cette journée vous a permis d’oublier votre problème.

— Ce n’est pas un problème.

— C’est juste que nos parents à nous deux se disputent tous les jours, dit Gwendoline.

— Et depuis hier, on dort chez Marina, mais on a peur de déranger, dit Yannick.

— Je vous ai déjà dit que c’était bon pour mes parents.

— On le sait, mais on n’y peut rien si on pense toujours.

— Oui.

— Vous savez, ce n’est pas votre faute si vos parents se disputent, dit Erwan.

— Merci, je n’arrête pas de leur dire ça.

— On le sait, mais on ne veut pas qu’ils divorcent.

— Ils ont parlé de divorce ?

— Oui, il y a deux jours.

— Ils ont peut-être dit ça, car ils étaient énervés.

— Peut-être.

Pendant le reste du trajet, ils ne parlent pas. Gwendoline, Yannick et moi sommes plongés dans nos pensées tandis qu’Arnaud, Erwan, Annie et Julie tentent de trouver une solution au problème de leurs nouveaux amis. Quand l’arrêt Flore arrive, Yannick appuie sur le bouton « arrêt demandé ». Dès que le bus s’arrête, Gwendoline, Yannick et moi descendons en disant au revoir aux autres. En arrivant chez moi, on s’aperçoit que les parents ne sont pas encore là, mais ils arrivent 5 minutes plus tard. Anne et Loïc vont tout de suite dans la salle où Gwendoline, Yannick et moi sommes assis.

— Bonjour maman, papa.

— Bonjour. Vous avez passé une bonne journée ? demande ma mère.

— Oui. On est allés au parc.

— Et on a rencontré quatre jeunes qui s’appellent Arnaud, Erwan, Annie et Julie, dis-je.

— Ils sont sympas ?

— Oui, en plus, ils sont aussi en 6e sport études et ils font du football.

— Eh bien, c’est une bonne rencontre.

— Oui, du coup on a un peu joué avec eux.

— C’est bien.

Gwendoline, Yannick et moi montons dans la chambre pendant 1 h. Cela étant, nous rejoignons mes parents dans la salle pour manger. Après le repas, tout le monde regarde la télé.

Le lendemain matin, Anne et Loïc sont déjà partis au travail quand Gwendoline, Yannick et moi nous levons. Quand nous arrivons dans la salle, nous apercevons un papier sur la table. C’est un mot de mes parents. « Bonjour vous trois, un jour on aimerait rencontrer vos nouveaux amis. Ils peuvent venir ce soir ou un autre jour. À ce soir. » Après avoir fini de se préparer, ils décident d’aller retrouver Arnaud, Erwan, Annie et Julie dans l’après-midi.

— Comment on va les retrouver sans les adresses ? demande Yannick.

— On sait au moins où ils sont descendus hier soir. On peut déjà commencer à partir de l’arrêt et on ne sait jamais. On peut les voir par hasard.

Ils prennent le chemin pour l’arrêt suivant. À l’arrêt, il n’y a personne. Ils attendent pour voir si leurs nouveaux amis arrivent. Tout d’un coup, Arnaud, Erwan, Annie et Julie arrivent. Erwan dit :

— Vous n’êtes pas allés au parc ?

— Non, pas aujourd’hui. On voulait vous voir. Mais on ne savait pas où vous habitiez alors on a décidé de rester ici.

— Et si on n’était pas venus ?

— On serait revenus demain.

— D’accord.

— Pourquoi vous nous cherchez ?

— On a parlé de vous à mes parents et ils veulent vous rencontrer.

— Ça ne nous pose pas de problème, mais il faut qu’on demande à nos parents aussi.

— Pas de problème. Je vais vous donner mon fixe.

— Nous aussi, c’est plus facile pour se voir.

— Oui.

On se dit au revoir et tout le monde rentre. Pour la troisième fois, Gwendoline et Yannick viennent chez moi. Vers 18 h, mes parents finissent leur journée de travail. En entrant, ma mère nous appelle.

— Vous êtes là ?

— Oui, dans la salle.

Ils viennent nous retrouver.

— La journée s’est passée comment ?

— On n’a pas fait grand-chose. À part aller voir Arnaud, Erwan, Annie et Julie à côté de chez eux. Et je leur ai demandé s’ils voulaient venir à la maison et ils vont demander à leurs parents avant, du coup je leur ai donné le numéro fixe et ils nous ont donné le leur.

— Tu as bien fait.

Le téléphone sonne, Anne va répondre.

— Bonjour !

— Bonjour. Je suis désolée de vous déranger. Je m’appelle Jeanne et je suis la mère d’Arnaud. Mon fils m’a dit qu’il a rencontré votre fille et que vous l’avez invité chez vous. Je vous en remercie.

— C’est vrai. Ils se sont rencontrés au parc. Vous pouvez venir avec lui le samedi soir. On a invité aussi les amis de votre fils.

— Pas de problème, ils viennent avec nous.

— D’accord. Marina vous donnera l’adresse demain.

— Merci beaucoup.

Elles raccrochent.

— C’est la mère d’Arnaud. Ils viennent samedi soir manger.

— D’accord.

— Bien, je vais préparer à manger.

— On va dans ma chambre.

— D’accord. On mange vers 19 h.

— Pas de problème.

Gwendoline, Yannick et moi allons dans ma chambre. On se parle. Après manger, on retourne dans ma chambre pendant que ma mère fait la vaisselle et regarde la télé avec mon père. Le jeudi matin, Anne et Loïc partent au travail tandis que nous dormons encore. Vers 10 h, on se lève, on va prendre notre petit-déjeuner. Après être préparée, j’appelle Arnaud pour donner mon adresse pour le samedi soir. Le vendredi soir vers 20 h, nous entendons un bruit qui vient de dehors. Les pères de Gwendoline et de Yannick mettent leurs affaires dans une voiture.

— C’est ça, vous partez comme des voleurs. Vous ne pensez même pas à Gwendoline et Yannick.

— Il se passe quoi ? demande Anne qui vient de sortir suivie de son mari et Gwendoline, Yannick et moi.

— On part. On ne reste pas une seconde de plus.

— Vous ne pouvez pas.

— On ne part pas de la ville, on va à l’hôtel.

Ils montent dans la voiture. La voiture part. Gwendoline et Yannick vont voir leurs mères.

— C’est à cause de nous s’ils sont partis ?

— Non, ce n’est pas votre faute.

— On revient vivre à la maison.

Yannick et Gwendoline viennent me voir.

— On retourne chez nous.

— Compris. Pas de problème.

Pendant l’après-midi du samedi, j’essaye de choisir une belle tenue pour le soir. Ma mère prépare le repas et mon père fait un peu de bricolage. Vers 19 h, les invités arrivent. Je vais ouvrir.

— Bonsoir, dis-je.

— Bonsoir. Je te présente mes parents, dit Arnaud.

— Enchanté. Il n’a pas arrêté de nous parler de toi.

— Ravie de vous connaître.

Ils rentrent. Mes parents arrivent. Je les présente :

— Maman, papa. Je vous présente Arnaud, ses parents, Erwan, Annie et Julie.

— Bonsoir.

— Bonsoir. Je m’appelle Jeanne et voici mon mari Lucas.

— Enchanté.

— Venez dans le salon, dit Loïc. Marina, tu peux faire visiter la maison à tes amis ?

— D’accord, papa.

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre n° 2

L’annonce qu’Arnaud à Marina

 

Nous allons dans ma chambre. À un moment, Erwan demande :

— Gwendoline et Yannick ne sont pas là ?

— Non, ils sont rentrés chez eux hier, répondis-je.

— Pourquoi ?

— Hier soir, leurs pères sont partis à l’hôtel.

— D’accord. Mais ils peuvent venir.

— Ils ont besoin d’être un peu seuls.

Je me lève et dis :

— Je reviens tout de suite. Je vais aux toilettes.

— Pas de problème.

Pendant que je suis aux toilettes. Arnaud, Erwan, Annie et Julie se parlent. Arnaud demande :

— Comment vous trouvez Marina ?

— Elle est gentille, dit Erwan.

— Pourquoi tu nous demandes cela ? Et toi tu la trouves comment ? demande Annie.

— Pour moi, Marina est belle, joyeuse, gentille…

— Tu n’as pas craqué sur elle ? questionne Erwan.

— Non, mais je trouve Marina très belle. Elle a de beaux yeux. Je n’ai pas le droit de voir ça ?

— Si, mais tu as bien regardé Marina physiquement. Tu es amoureux.

— Je ne dis pas que je suis amoureux. On ne peut pas tomber amoureux comme ça. On se connaît depuis cette semaine seulement.

— Le coup de foudre ça existe.

Ils se taisent, car je suis arrivée.

— Vous parlez de quoi ? demandé-je.

— Rien de spécial.

— On devra descendre, je pense qu’on va bientôt manger.

— Pas de problème.

Dans le salon, la discussion battait son plein.

— Vous revoilà ! dit mon père.

— Désolée, on parlait dans ma chambre.

— Ce n’est pas grave. On va manger. On fait connaissance.

— On va manger, dit Anne qui était allée chercher l’entrée.

Ils passent dans la salle à manger. Ils continuent de parler. Après le dessert, tout le monde part. Le lendemain matin vers 11 h, le téléphone sonne. Anne répond.

— Allô.

— Bonjour, puis-je parler à Marina ? demande Arnaud.

— Bien sûr.

Anne appelle Marina.

— Marina… Téléphone.

— Je réponds, maman.

Je réponds. Anne et Loïc parlent dans le salon. Ils entendent du bruit dans l’escalier. C’est moi qui descends et je suis au téléphone avec Arnaud. Anne et Loïc peuvent distinguer la fin de conversation de leur fille. J’arrive dans la salle.

— Arnaud va bien ?

— Oui, il m’appelle pour avoir des nouvelles et me demander si on peut se voir aujourd’hui. Je lui ai dit que je devais vous demander la permission.

— Tu peux le rappeler et lui dire que ça marche, dit ma mère.

J’appelle Arnaud. Il répond tout de suite. Mes parents sont impressionnés par la rapidité et me le font remarquer quand j’ai raccroché.

— Eh bien, il a entendu ton appel près du téléphone. Cela veut dire qu’il t’aime.

— On est juste ami. On vient de se rencontrer. Il ne peut pas déjà être amoureux de moi. C’est juste un ami. Qu’est-ce que vous allez imaginer ?

— Toi, peut-être, mais lui a peut-être des sentiments pour toi.

— Non, c’est impossible !

— Marina, on te taquine un peu, tu nous connais…

— On sait très bien que vous êtes amis. Mais on ne sait jamais ce qui peut se passer dans le futur, dit mon père.

— Tu as rendez-vous à quelle heure ? demande ma mère.

— Vers 14 h.

— D’accord, eh bien, je vais préparer le repas.

Anne va dans la cuisine pendant que mon père et moi parlons. Vers 12 h 30, Anne envoie le plat, je mets la table. On mange au calme, on parle de tout et de rien. À la fin du repas, j’aide mes parents à débarrasser la table et je fais la vaisselle, je vais dans la salle de bain pour m’habiller et me maquiller. Dès que je finis, je vais rejoindre mes parents dans le salon. En m’apercevant, mon père dit :

— Tu es très belle pour voir Arnaud.

— Non, c’est pour moi. Je me suis fait un look d’enfer…

— Oui ! Passe une bonne après-midi.

— Ne rentre pas tard.

— Pas de problème. Je rentre avant le dîner.

Sur ce, je sors de la maison et rejoins Arnaud. J’attends environ 5 minutes. Quand Arnaud arrive, il dit :

— Désolé pour le retard.

— C’est bon. Tu veux me dire quoi ?

— Quelque chose d’important et ça ne se dit pas par téléphone.

— OK, raconte.

— Tu vas être surprise, mais je ne peux plus le garder pour moi.

— D’accord. Juste une question. Est-ce que c’est par rapport à hier soir ?

— Comment tu le sais ?

— J’ai entendu la conversation que tu as eue avec les autres. Je n’ai pas fait exprès.

— J’ai juste dit que je te trouve belle, gentille…

— Bon, écoute. Je ne partage pas les mêmes sentiments que toi.

— Comment tu le sais ce que je ressens pour toi ?

— Tout le monde le voit.

— Je t’arrête tout de suite. Je ne suis pas amoureux. Si j’ai dit que je te trouve belle, gentille et que t’as de beaux yeux, c’est juste que je t’ai bien regardée. Je n’éprouve que de l’amitié aussi. Tu es rassurée ?

— Oui, car on se connaît depuis une semaine seulement.

— Ouais, je le sais.

— C’est pour cela que tu veux me voir ?

— Oui, pour te le dire, je n’aime rien cacher aux autres.

— Moi non plus.

— Tu as pris des nouvelles de Gwendoline et Yannick ?

— Non, pas depuis vendredi. Je vais les voir. Tu sais, ils sont mes meilleurs amis et quand ils sont mal, ils peuvent compter sur moi.

— D’accord.

Ils se disent au revoir. Le lendemain, je rejoins Gwendoline et Yannick à la bibliothèque.

— Salut.

— Salut, ça gaze ?

— Ça peut aller. On n’aime pas que nos pères soient partis.

— D’accord.

— Ça s’est bien passé samedi ?

— Très bien. Pour parler d’autre chose, hier Arnaud m’a parlé…

— De quoi ?

— Pour commencer, samedi Arnaud a dit qu’il me trouve belle, gentille.

— En quoi c’est dérangeant ?

— Voilà Erwan, Annie et Julie pensent qu’il est amoureux de moi. Mais hier, il m’a dit que c’est faux, mais je trouve ça bizarre.

— Tu crois qu’il est amoureux de toi ?

— Oui, mais pour le moment je ne suis pas prête pour ça. Je pense à vous.

— D’accord.

Après la conversation avec mes amis, je reste allongée sur mon lit, perdue dans mes pensées. Quand mes parents rentrent, je n’entends pas la porte s’ouvrir et mes parents m’appeler. Anne monte me voir. Elle frappe à la porte restée ouverte.

— Marina ?

— Maman, vous êtes rentrés quand ?

— Il y a 5 minutes, on t’a appelée, mais comme tu ne répondais pas, je suis montée. Ça va ?

Je dis en fixant le plafond :

— Oui, je réfléchis à quelque chose.

— D’accord. Eh bien, je vais te laisser.

Anne retrouve Loïc dans le salon et lui dit :

— Quand je suis allée la voir dans sa chambre, j’ai trouvé Marina allongée sur son lit.

— C’est bizarre. Marina n’est pas comme ça d’habitude. On dirait qu’il y a quelque chose qui ne va pas depuis dimanche.

— Oui, c’est peut-être qu’elle a peur qu’Arnaud ressente plus que de l’amitié.

— Peut-être.

Sur ce, Anne fait quelques points de crochet avant de décongeler une paëlla. Vers 19 h, on mange, à 20 h, Anne et Loïc regardent les informations. Quand je reviens au salon après avoir fait la vaisselle, je reste un petit moment silencieuse, perdue dans mes pensées, puis je me retourne et leur demande :

— Comment on sait qu’on est amoureux de quelqu’un et que l’autre ressent aussi la même chose ?

— Pourquoi tu nous demandes cela ? demande mon père d’un air taquin.

Je réponds d’un air énervé :

— Je ne peux pas avoir une réponse sans que vous me demandiez pourquoi ?

— Bon d’accord j’explique : si on n’arrête pas de penser à une personne, qu’on a envie de passer tout son temps avec elle, qu’en son absence tout devient pesant, alors on est amoureux. Et toi, tu le devines par son comportement envers toi.

— Parfois, on perd ses moyens devant la personne. On devient timide et parfois on demande à d’autres personnes d’aller lui parler.

— On peut savoir pourquoi tu veux savoir cela ?

— Je me posais la question.

— D’accord.

— Bon, je vais réfléchir à tout ça dans ma chambre.

Je retourne dans ma chambre. Mes parents discutent entre eux et me trouvent assez mature pour mon âge.

— Je ne pensais pas avoir cette conversation avec Marina avant son entrée en 4e, dit ma mère.

— Moi non plus. Arnaud a dû lui parler de ses sentiments.

— Je ne pense pas qu’elle est amoureuse, mais elle doit penser à Arnaud, c’est sûr.

— La solution viendra d’elle-même.

Ils arrêtent de se parler, regardent le film pour lequel ils ont opté : « La vie est belle ». Vers 22 h 40, le film finit et ils vont au lit. Avant de rentrer dans leur chambre, ils remarquent un rayon de lumière sous la porte de la chambre de leur fille.

— Mais elle n’est pas couchée ? Je vais voir, dit ma mère.

— Ce n’est pas la peine.

— Elle s’est peut-être endormie avec la lumière.

— Mais non, elle n’oublie jamais, Marina doit écouter de la musique et je te rappelle qu’elle est encore en vacances. Alors, ne t’inquiète pas.

— D’accord.

Ils vont se coucher. Pendant le reste de la semaine, rien ne se passe. Je parle avec Gwendoline et Yannick de leurs parents et de la rentrée. Le mois de juillet est déjà fini ainsi que son lot de surprises. Le mois d’août se profile à l’horizon. Les deux premières semaines, le soleil rayonne. Nous en profitons pour aller à la plage du Moulin Blanc. La troisième semaine arrive, Arnaud vient me voir pour me parler. Il frappe à la porte. Je lui ouvre.

— Bonjour.

— Bonjour. Tu t’es mis sur ton 31 pour me voir.

— Oui, c’est que la chose que j’ai à te dire est importante pour moi.

— Tu ne peux pas me le dire au téléphone ?

— Non.

— D’accord. Je t’écoute.

— Tu te rappelles la conversation qu’on avait eue en juillet par rapport à ce qu’on peut ressentir l’un pour l’autre ?

— Bien sûr. Tu veux en venir où ?

— Tu vas être surprise, mais je ne peux plus le garder pour moi.

— D’accord.

— Voilà, pendant tout le mois de juillet et depuis le début du mois d’août, je n’ai pas arrêté de penser à toi. C’est comme s’il n’existait plus que toi. Je me demande tout le temps ce que tu fais. J’ai refoulé les sentiments que j’ai pour toi. Même si tu ne ressens pas la même chose pour moi, ce n’est pas grave. L’essentiel, c’est que tu saches ce que je ressens.

— Si ce matin j’avais su que tu m’en parlerais…

— Non. Ne dis rien. Je te laisse réfléchir. Ne me donne pas de réponse sur le coup. Prends ton temps.

— D’accord.

Arnaud me laisse, je suis toujours surprise de son annonce. Pendant le reste de l’après-midi, je reste étendue sur le transat du jardin. Je ne sais pas quoi penser de la déclaration d’Arnaud. Quand mes parents rentrent, je me lève.

— Bonjour, Marina.

— Bonjour.

— Tu vas bien ?

— Oui, très bien.

— D’accord.

— Est-ce que je peux utiliser le téléphone ?

— Bien sûr.

Je prends le téléphone, monte dans ma chambre et téléphone à Arnaud. Il répond tout de suite, comme s’il attendait, mon appel.

— Bonsoir.

— Bonsoir. Je t’appelle pour te dire que j’ai réfléchi pendant le reste de l’après-midi.

— Et tu en penses quoi ?

— Ce n’est pas ce que je pense. Je sais que ça va te faire mal.

— Rien ne peut me faire mal.

— Le problème, c’est que je ne veux pas perdre ton amitié. Je ne ressens pas la même chose que toi. Pour moi, c’est que de l’amitié, du moins pour le moment. Mais on ne sait jamais, ça peut changer un jour…

— D’accord. Je te comprends.

— On peut rester amis. Ton amitié compte pour moi.

— Si ça me permet d’être avec toi, ça me va.

— D’accord.

— Tu vas faire quoi cette semaine ?

— Je vais faire les courses avec mes parents. J’ai des tas de fournitures à acheter. En plus, j’ai perdu mon stylo-plume, mes parents m’ont engueulée.

— Ouais, moi c’est la course là !

— On se voit à la rentrée.

— Pas de problème. À lundi.

— À lundi.

On raccroche. Cela étant, je me sens un peu mieux. Je vais rejoindre mes parents.

— Marina, on dirait que tu as retrouvé le sourire.

— Oui, j’avais quelque chose qui me dérangeait, mais c’est réglé.

— D’accord. Tu veux regarder la télé avec nous ?

— Non, je vais écouter Britney Spears, son dernier tube est méga génial.

— Comme tu veux.

Je retourne dans ma chambre, je me mets en pyjama, mais avant de dormir, je lis un peu « Buffy contre les vampires ». Vers 22 h, je m’endors. Le week-end avant la rentrée, je décide de mettre Gwendoline et Yannick dans la confidence.

— Bonjour Marina.

— Bonjour.

— Tu veux nous dire quoi ?

— J’aurais pu ne pas vous le dire, mais vous êtes mes amis.

— On t’écoute.

— Voilà, la semaine dernière Arnaud est venue me voir pour me parler.

— Ah !

— Il est venu m’avouer ses sentiments. Je lui ai dit que je ne ressens que de l’amitié pour lui, mais je suis troublée. Et je ne sais pas pourquoi.

— C’est peut-être par rapport à ce qu’il t’a dit. En tout cas, je serais troublée si un garçon me disait qu’il avait des sentiments pour moi.

— Comment tu vas faire ?

— On a décidé de rester amis. Il m’a dit que ça ne le dérange pas.

Gwendoline et Yannick rentrent chez eux. Le lundi matin, je me lève pour la première fois à 7 h depuis 2 mois. Quelle galère ! En arrivant dans la cuisine, je remarque que tout est prêt. Anne et Loïc ont préparé le petit-déjeuner. Je mords dans mon croissant à pleines dents. Quand mes parents arrivent, je leur dis :

— Merci pour le petit-déjeuner.

— De rien. C’est normal. Tu vas bien ? Pas de stress ?

— J’ai bien dormi et non… Je ne suis pas stressée.

— Je t’amène au collège, mais juste le premier jour, et tes amis aussi si tu veux.

— Merci, papa. Je vais me préparer.

— D’accord.

Je vais me laver et m’habiller. Vers 7 h 30, je suis prête. Mon père m’attend à côté de la porte.

— Prête pour la rentrée ?

— Oui.

On part, Gwendoline et Yannick nous attendent. On se met en route. Loïc nous dépose au collège.

— À ce soir.

— À ce soir, papa.

Loïc parti au travail, Gwendoline, Yannick et moi rentrons dans le collège. On va dans le hall où beaucoup d’autres élèves attendent déjà. On se met dans un coin, on commence à parler.

— Il y a du monde, dit Gwendoline.

— Oui.

— J’espère qu’on sera dans la même classe.

— Si ce n’est pas le cas, on se promet de rester amis.

— On le promet.

— Vous avez vu Arnaud, Erwan, Annie et Julie ?

— Non, et vu le nombre d’élèves, ça risque d’être compliqué.

— C’est vrai.

Nous arrêtons de nous parler, car quelqu’un d’important est arrivé devant tous les élèves.

— Je suis le principal de ce collège. Derrière moi, il y a les professeurs qui un par un vont appeler les élèves de leurs classes, ils seront vos professeurs principaux. On va commencer.

Bientôt, il ne reste que 3 professeurs. Le premier commence à appeler les élèves qui font partie de sa classe. Il appelle Arnaud, Erwan, Annie et Julie. À un moment, le professeur nous appelle Gwendoline et moi. On croise les doigts pour Yannick. Quand il est appelé, on est contents. En arrivant en classe, Gwendoline, Yannick et moi on s’assoit l’un à côté de l’autre. Arnaud, Erwan, Annie et Julie se mettent plus loin. Quand tous les élèves sont assis, le professeur se présente.

— Bonjour à tous.

— Bonjour, Monsieur.

— Je suis professeur de français et je suis le professeur principal pendant toute l’année. Je vais vous expliquer comment la journée va se passer.

— D’accord.

— Alors voilà, ce matin, on va commencer par lire le règlement du collège, après je vous distribuerai votre emploi du temps. À midi, vous irez manger et dans l’après-midi, vous irez chercher les livres et vous pourrez rentrer chez vous. La journée finit à 15 h.

— D’accord.

Le professeur nous distribue le règlement et commence à lire. Il s’arrête de temps en temps pour voir si les élèves ont des questions à poser. Après avoir lu, il distribue les emplois du temps.

— Avant que vous alliez manger, je vais vous distribuer vos carnets de correspondance, où les professeurs mettront des mots pour avertir vos parents des différentes sorties ou réunions.

Plutôt que de les distribuer, il laisse les élèves se passer les carnets. Quand tous les élèves sont servis, ils vont dans le hall, où tous les 6e attendent. Pendant cette attente, Gwendoline, Yannick et moi échangeons nos impressions. Arnaud, Erwan, Annie et Julie arrivent vers nous.

— Bonjour.

— Bonjour.

— Comme ça fait longtemps qu’on ne vous a pas vus, on ne pensait pas que vous alliez nous parler.

— On sait, mais on est occupés.

— Oui.

— D’accord.

Nous restons silencieux, car un professeur se présente. Quelques minutes, plus tard, notre classe est appelée pour aller au réfectoire. Pendant le début du déjeuner, personne ne parle, on n’entend qu’un brouhaha de chaises, de tables, de couverts…

— Bon, alors vous trouvez comment l’emploi du temps ?

— Ça va. Il y a des jours chargés. Le meilleur jour, c’est le mardi, car on a musique et sport.

— Peut-être, mais il ne faut pas être fatigué, car on aura du travail pour les cours et aussi après.

— Ça ne nous a jamais fait peur à Marina, Gwendoline et moi. On a toujours réussi. N’est-ce pas les filles ?

— Oui, il suffit de savoir gérer !!

— Et comment on fait ?

— Il faut avancer les devoirs pour être tranquille. Le soir, il suffit de relire les cours.

— Dès le primaire, vous avez fait ça. Pourquoi ?

— On a toujours voulu que nos parents soient fiers de nous.

— Pour changer de sujet, vous rentrez comment ce soir ?

— Comme on finit à 15 h, on rentre à pied. Nos parents finissent à 17 h. Et vous ?

— Comme vous.

 

 

Chapitre n° 3

La rentrée en 6e

 

On finit de manger et après avoir emmené nos plateaux à la plonge, on est dans la cour. Arnaud évite mon regard, car il sait que si je lui parle, il va craquer. Le jour où je lui ai dit que je voulais qu’on reste amis, il m’a dit « Pas de problème », mais en réalité cela le dérange beaucoup. Il m’aime. Le problème, c’est qu’il ne veut pas me perdre, alors il a accepté ma proposition même si ça lui fait mal.

— Ce soir, on peut rentrer ensemble si ça ne vous dérange pas ?

— Ça ne nous dérange pas.

Comme ça sonne, nous arrêtons de parler pour aller dans la salle de cours. Nous attendons le professeur pour rentrer. Il s’assoit à son bureau et dit :

— Comme je vous l’ai dit ce matin, vous irez chercher les livres en salle de permanence dès ce soir.

Au premier rang, un doigt se lève.

— Monsieur…

— Oui.

— On aura quoi comme livres ?

— Vous aurez un livre en maths, un autre en SVT, un en histoire-géo et un en anglais. On ira les chercher vers 14 h 30. Il n’y a pas d’autres questions ?

— Non.

— Bien, on va aller chercher les livres, après on va revenir ici pour que vous repreniez vos affaires, et si vous avez des questions complémentaires, n’hésitez pas à les poser.

Tout le monde sort de la classe. Nous attendons que le professeur ferme la porte. Dès que ceci est fait, il se met devant les élèves. Nous descendons jusqu’au rez-de-chaussée. Il nous amène jusqu’à la salle de permanence. Comme il y a une autre classe, on attend le temps que les autres finissent de prendre les livres. Quelques minutes plus tard, le prof nous autorise à emprunter des livres. Nous prenons tous 4 livres, il y en a des gros comme des petits. Nous remontons en classe. Pendant que nous rangeons nos livres dans nos sacs, il parle.

— Pour ceux que ça intéresse, vous pourrez prendre un casier pour mettre vos affaires. Pour cela, il vous faut aller au bureau des surveillants qui est en bas à côté du hall. Est-ce que vous avez des questions ?

— Est-ce que tout le monde peut avoir un casier ? demande Yannick.

— Non. Les élèves qui prennent leur déjeuner au collège sont prioritaires. Les autres doivent attendre.

— Et on peut les avoir à partir de quand ? questionne Julie.

— Dès demain ! Il est l’heure. Je vous libère, dit-il en claquant des mains et je vous dis à demain à 14 h. Au revoir.

— Au revoir.

Gwendoline, Yannick, Arnaud, Erwan, Annie, Julie et moi sortons du collège. Malgré la fatigue de la journée, je suis tout excitée :

— C’est génial, on est tous dans la même classe.

— Trop génial.

Je remarque qu’Arnaud ne parle pas, je décide d’avoir une conversation avec lui. Je lui fais comprendre que je veux lui parler.

— Oh, tu n’es pas bavard, il se passe quoi ?

— Rien, pourquoi tu poses cette question-là ?

— Car je remarque que tu m’évites tout le temps.

— Non, je ne t’évite pas !!!

— Oh, pas de mensonge, j’ai bien vu.

— Tu le sais pourquoi je suis comme ça.

— Attends, c’est par rapport à l’autre jour ?

— Oui. Marina, je t’aime et l’idée d’être juste ton ami me fait souffrir.

— Mais pourtant, tu as accepté.

— Oui, à ce moment, je ne pensais pas que ça allait être dur.

— Écoute-moi…

— Vous faites quoi aussi loin ? demande Erwan. Attendez un peu !

— On se parle, vous pouvez avancer.

— D’accord.

— Bon, on en était où avant cette interruption ?

— Tu voulais me dire quelque chose.

— C’est vrai, comme je te l’ai déjà dit ton amitié compte beaucoup pour moi. C’est vrai, je ne ressens pas la même chose que toi. Et même si c’est le cas, je ne peux pas, Gwendoline et Yannick ont besoin de moi. Leurs parents sont séparés et les papiers de divorce sont arrivés.

— D’accord. Si j’ai tout compris, tu fais passer l’amitié avant le bonheur.

— Oui, même avant tout. Je pense avant tout à mes amis, même avant moi.

— Comment vont Gwendoline et Yannick du coup ?

— Mal, même s’ils ne le montrent pas. Tu peux garder ça pour toi, surtout ne le répète à personne, hein !

— Bien sûr, compte sur moi.

Après notre conversation, nous allons retrouver nos amis. À un moment, on doit se séparer pour rentrer chez nous. Le soir même, je montre à mes parents mon emploi du temps.

— Eh bien, lundi et jeudi sont des jours bien remplis, dit mon père.

— Oui.

— Bon, à part ça. La journée s’est bien passée ?

— Oui, je suis avec Gwendoline et Yannick, mais aussi Arnaud, Erwan, Annie et Julie.

— C’est étonnant. Il y a deux mois que vous avez fait connaissance.

— Au moins, on se connaît et c’est génial.

— C’est sûr.

Après avoir mangé et regardé un peu la télé, tout le monde va au lit. Le lendemain matin, je me lève vers 7 h 30, mes parents sont déjà prêts pour aller au travail, ils partent. Dès que je finis mon petit-déjeuner, je vais m’habiller. Quand je suis prête, je retrouve Gwendoline et Yannick. Pendant le trajet, Gwendoline s’interroge :

— Ça s’est bien passé avec Arnaud hier ?

— Oui, il est déçu, mais il comprend. Mais je vais garder un œil sur lui.

— Tu as raison.

— Vous savez les amis, j’ai pensé à quelque chose.

— À quoi tu as pensé ?

— On peut prendre nos bicyclettes pour aller au collège, c’est plus pratique.

C’est vrai, mais il faut qu’on demande à nos parents.

— Oui, mais on a des arguments pour qu’ils acceptent.

— Lesquels ?

— On arrivera plus vite.

Nous arrivons au collège. Arnaud, Erwan, Annie et Julie nous attendent assis en tailleur sur un banc en bois.

— Salut.

— Salut.

— Vous êtes venus comment ?

— On est venus à vélo.

— Vous en avez aussi… Pourquoi vous êtes venus à pied ?

— Avant qu’on les prenne, il faut qu’on demande à nos parents.

Nous continuons à parler tout en rentrant au collège. Pendant la matinée, les professeurs nous expliquent le programme des cours et nous donnent la liste du matériel dont on aura besoin. À midi, nous mangeons et après nous allons voir les surveillants pour leur demander un casier. En arrivant, Yannick frappe à la porte, car elle est fermée. Nous attendons d’avoir une réponse avant d’entrer. Dès que nous sommes autorisés, nous entrons.

— Bonjour, dit un surveillant.

— Bonjour.

— Vous voulez quoi ?

— Notre professeur principal nous a dit qu’on avait droit à des casiers.

— C’est vrai. Vous êtes en 6e et vous êtes externes ?

— Oui.

— Alors, c’est bon.

Le surveillant nous donne les numéros des casiers et bizarrement ils sont côte à côte.

— Il faudra que vous mettiez des cadenas. Si vous n’en avez pas, on peut vous en prêter.

— On n’en a pas pour le moment. On pense en acheter ce week-end.

— Pas de problème. Je vais vous en prêter et vous pourrez les rendre la semaine prochaine.

— Merci.

Le surveillant nous confie les cadenas. En sortant du bureau, nous allons voir où se trouvent nos casiers. Dès qu’on les trouve, on choisit chacun un casier. Arnaud choisit le casier 1, juste à côté du mien.

— Désolé… Je peux changer si tu veux ?

— Pas question. Tu m’as dit que tu ne voulais pas que les autres sachent tes sentiments envers moi. Si tu changes de casier, ils comprendront.

— D’accord.

— Et par rapport à hier, tu te sens mieux en ma présence ?

— Oui, j’ai décidé de ne plus y penser et faire confiance à l’avenir. J’attendrai le temps qu’il faudra, mais je sais qu’un jour tu ne vas plus ressentir que de l’amitié pour moi.

— L’avenir nous le dira.

Après avoir déposé nos affaires, nous allons dans la cour pour profiter du soleil. Nous trouvons un endroit tranquille et nous parlons. Quand la cloche sonne, on prend la direction de la salle de cours. Pendant la leçon de français, je repense à ma conversation avec Arnaud. Un moment, je me parle à moi-même « Pourquoi ça me trouble à ce point-là ? » Avant la fin du cours, le professeur annonce :

— J’aimerais vous faire changer de place.

— Pourquoi ?

— Pour faire connaissance avec tout le monde.

Le professeur nous place. Quand nous sommes placés, il est content de son choix. Les sept amis sont séparés, sauf Yannick et moi. Arnaud est assis à côté d’une fille. Pendant le peu de temps qui reste, ils font connaissance. Elle s’appelle Tiphanie. Elle est jolie, yeux bleus, cheveux blonds. Dès que la sonnerie retentit, nous nous levons. Avant d’aller en sport, pas mal de collégiens passent par les casiers pour prendre leurs affaires. En arrivant, on aperçoit le professeur.

— Bonjour.

— Bonjour.

— Avant de commencer, vous allez vous changer. Les vestiaires pour les filles sont à droite et ceux des garçons sont à gauche. Dès que vous êtes changés, venez me retrouver sur le terrain.

— Compris.

Tout le monde va se changer et prend la direction du terrain de sport où le professeur fait les cent pas, les bras croisés dans le dos.

— Tout le monde est là ?

— Oui.

— Le cours va être divisé en plusieurs parties durant l’année. Au 1er trimestre, on va faire de l’endurance et du football. Au 2e trimestre, il y aura toujours le foot, car dans votre classe il y en a pas mal qui font du foot. Vous ferez du hand-ball et de la gymnastique au 3e trimestre. Normalement, le mardi c’est endurance, mais comme c’est le premier cours, on va commencer par du football.

— D’accord ! disent les gars.

— La barbe ! disent les filles.

— Avant de commencer, échauffez-vous bien. Pour que votre corps ne ressente pas de douleur après 2 mois de vacances.

Tous les élèves s’échauffent pendant environ 10 minutes.

— Avant de faire des matches, je veux voir comment vous maniez un ballon, pour cela, vous allez faire des exercices.

— Compris.

Pendant les 1 h 30 de cours qui restent, nous faisons les exercices. À la fin du cours, tout le monde est fatigué, sauf Gwendoline, Yannick, Arnaud, Erwan, Annie, Julie et moi. Le professeur le remarque.

— J’ai vu ce que je voulais voir. Après deux heures de cours, vous êtes fatigués sauf quelques-uns. Je les félicite. Vous pouvez aller vous changer. À vendredi.

— À vendredi, Madame.

Les élèves vont se changer. Tiphanie nous demande à Gwendoline, Annie, Julie et moi quelque chose.

— Comment ça se fait que vous n’êtes pas fatiguées ?

— On a fait un peu de sport durant l’été.

Pendant le reste du temps, tout le monde finit de se changer. Tiphanie sort avant nous, elle nous attend, car elle veut nous poser une question. Quand nous sortons, Tiphanie dit :

— Je peux vous poser une question ?

— Oui.

— Voilà, comme je sais que vous êtes amis avec lui.

— Avec qui ? demande Julie.

— Arnaud.

— C’est vrai.

— Je veux savoir comment vous le trouvez ?

— Il est gentil, sociable.

— Vous le trouvez comment physiquement ?

— Pas mal du tout, mais pourquoi tu nous poses ces questions ?

— Parce que moi je le trouve beau et ses yeux bleus en amande, j’adore !! Je voulais savoir ce que vous en pensiez.

— Eh bien non, sans plus.

Tiphanie nous laisse seules. On trouve les garçons. Arnaud, Erwan, Annie et Julie partent à vélo tandis que Gwendoline, Yannick et moi rentrons à pied. Pendant le trajet, Gwendoline et Yannick parlent, je les écoute tout en pensant à la discussion de Gwendoline, Julie, Annie et moi-même avec Tiphanie. Je suis perturbée. Et si ce n’est pas que de l’amitié que je ressens pour Arnaud, mais de l’amour ? Quand on arrive à côté de chez nous, Gwendoline et Yannick me disent au revoir, mais je leur réponds d’un air absent tellement je ne comprends pas ce qui m’arrive.

Mes parents rentrent 5 minutes après moi, je suis sous la douche. Après les deux heures de sport, c’est un véritable luxe. Je mets la tête sous l’eau pour remettre mes idées au clair. Quand je finis, je m’habille et je vais voir mes parents avant de commencer à revoir mon cours de français pour le jeudi, et apprendre la musique apprise le matin même.

— Marina, ça va ?

— Oui, la journée c’est bien passée.

— Tu t’es lavée ?

— Parce qu’on a eu sport et on a couru dans tous les sens.

— D’accord.

— Vous avez fait quoi ?

— Les trois premières heures, on nous a parlé du déroulement des cours. En français, on a commencé à travailler, en sport le professeur nous a donné le programme de l’année.

— La première semaine, c’est calme normalement.

— Oui, je vais juste relire le cours de français et commencer à apprendre la musique.

— D’accord, on mange vers 19 h.

— Pas de problème.

Je pars dans ma chambre, en rentrant, je prends mon sac pour mon cours de français et de musique. Je m’assois sur ma chaise de bureau et commence à relire mes cours. Pendant environ 5 minutes, j’essaye de bien comprendre ce que j’ai écrit, mais je remarque que je ne suis pas concentrée, mais alors pas du tout !!! Je décide de changer de matière, au lieu du français, je prends la musique. C’est la même chose, du coup, je fais un arrêt et m’allonge un peu en pensant qu’un peu de repos me permettrait d’aller mieux. 5 minutes plus tard, je me sens mieux, je reprends mes devoirs, je comprends le cours de français. Vers 18 h, je descends voir mes parents.

— J’ai fini. On mange quoi ?

— Une quiche au thon.

— Ça va, Marina ?

— Oui, j’étais un peu fatiguée du coup, je me suis allongée sur mon lit.

— D’accord.

— Je peux vous demander quelque chose ?

— Oui.

— Gwendoline, Yannick et moi-même, on a pensé qu’on pourrait aller à vélo au collège. Avant de le faire, on voulait vous demander votre avis, mais on gagnerait du temps.

— Tu mets combien de temps à pied ? demande mon père.

— Environ 20 minutes, à vélo ça va plus vite. Ça permettra de dormir 10 minutes de plus.

— Il n’y a pas de problème.

— Merci.

— Promets-nous de faire attention.

— Promis.

— Bon, on va manger. Marina, tu peux mettre la table ?

— Avec plaisir.

Je mets la table et on peut manger. Tout le monde débarrasse et va au lit. Le lendemain matin, je fais la grasse matinée. Pendant la nuit, j’ai fait des rêves et des cauchemars. Je me réveille fatiguée, j’avale mon petit-déjeuner en vitesse et me prépare pour la journée. L’après- midi, je la passe avec Gwendoline et Yannick au centre-ville. Nous rentrons dans les magasins et regardons les vêtements sans pour autant les acheter. À un moment, nous apercevons Arnaud.

— Bonjour.

— Bonjour.

— Tu vas bien ?

— Oui et vous.

— Tu es seul ?

— Je ne suis pas avec Erwan, Annie et Julie. Mais avec Tiphanie. Elle m’a invité à passer l’après-midi avec elle.

— D’accord.

Tiphanie arrive.

— Bonjour.

— Bonjour. Alors vous faites quoi en ville ?

— On se balade et on regarde les vêtements sans acheter.

— Sans acheter, je ne pourrais pas. J’ai demandé à Arnaud de m’accompagner pour avoir un avis sur des pulls archi-tendance.

— Bon, nous on va continuer.

— À demain.

— À demain.

Gwendoline, Yannick et moi partons de notre côté tandis que Tiphanie et Arnaud poursuivent leur route. Pendant le reste de l’après-midi, Gwendoline, Yannick et moi ne parlons pas de la rencontre avec Tiphanie et Arnaud. À l’heure du retour, nous prenons le bus où nous retrouvons Arnaud et Tiphanie, mais on ne va pas les voir. À un moment, Gwendoline, Yannick et moi sortons du bus. À l’arrêt suivant, Arnaud et Tiphanie descendent, car elle veut savoir où il habite. Au moment de se dire au revoir, Tiphanie pose un bisou sur la bouche d’Arnaud. Il rentre. Pendant toute la nuit, Arnaud ne dort pas bien, car le bisou avec Tiphanie le trouble. Les sentiments qu’il éprouve pour elle ne sont pas comparables à qu’il ressent pour Marina et loin de là. Je n’ai pas dormi beaucoup. Le lendemain matin, avant les cours, j’oublie un livre dans mon casier, je retourne le chercher, Arnaud m’attend à côté.

— Bonjour.

— Bonjour.

— Tu vas bien ?

— Oui et toi ?

— Ouais.

— Tu veux quoi ?

— Juste savoir si tu m’en veux d’être allé en ville avec Tiphanie ?

— Non. Tu as le droit de fréquenter qui tu veux. Tu n’as pas de comptes à me rendre.

— Je sais. Je veux juste savoir si ça t’a fait quelque chose de me voir avec elle.

— Ça ne m’a rien fait.

— Tu es sûre ?

— Oui, je t’ai dit que je ne ressentais que de l’amitié pour toi.

— D’accord. Même si je te dis qu’on s’est embrassés ?

— Oui, Arnaud même cela ne me fait rien.

Erwan, Annie, Julie, Gwendoline et Yannick arrivent.

— Bonjour.

— Bonjour.

— On t’a attendu ce matin, Arnaud.

— Je suis désolé les amis, mais…

— Je suis venue le chercher, dit Tiphanie qui vient d’arriver.

— Tu pouvais nous le dire, on a attendu 5 bonnes minutes.

— Il a le droit de faire ce qu’il veut.

— Oui, mais normalement il doit nous prévenir.

— Vous allez vous calmer. Tiphanie et moi on est ensemble depuis hier soir.

Arnaud et Tiphanie partent.

— Marina, tu étais au courant ? me demande Julie l’air stupéfait.

— Gwendoline, Yannick et moi-même, on les a vus hier après-midi en ville.

— D’accord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre n° 4

De nouveaux sentiments

 

Nous allons en cours. Gwendoline, Yannick et moi ne parlons presque plus à Arnaud, sa relation avec Tiphanie prend le pas sur notre amitié, et il ne fait pas d’effort pour arranger les choses. En fait, c’est Tiphanie qui lui interdit de nous voir, car elle le veut seulement pour elle. En cours, c’est facile, mais en sport moins, car le professeur a fait les groupes et Gwendoline, Yannick, Erwan, Annie, Julie, Arnaud et moi sommes dans le même. Le vendredi, en sport, le professeur nous parle.

— Après la première journée de sport, j’ai fait des groupes de niveau. Dès que vous entendrez votre prénom, vous irez vous mettre sur le côté.

Le professeur commence. En 10 minutes, deux groupes sont formés.

— Voilà, rappelez-vous, les groupes peuvent changer. Donnez-vous à fond pendant l’heure du vendredi.

— D’accord.

— Bien, pour aujourd’hui, le groupe le moins performant, vous allez faire des dribbles et des passes. Tandis que l’autre groupe, vous devez vous faire des passes, dribbles et tirer au but en changeant de gardien tout le temps. Dès que vous marquez, changez.

— D’accord.

On commence à travailler, le professeur passe dans les deux groupes, il reste plus longtemps avec le premier groupe pour leur expliquer les règles. Dans l’autre groupe, Yannick commence dans le but. Malgré une concentration maximale, il a encaissé un but tout de suite. En naviguant entre les deux groupes, le professeur remarque tout. Quand vient le tour de Julie, ses mains expertes arrêtent tous les ballons. Le cours se termine. Pendant le reste du mois de septembre, Gwendoline, Yannick, Annie, Erwan, Julie et moi ne parlons toujours que très peu à Arnaud. Je n’arrête pas de repenser au mercredi où j’avais vu Arnaud avec Tiphanie. Je ne pensais pas que ça me troublerait autant. Le début du mois d’octobre commence par le mercredi 1er. Pendant le mois de septembre, tout le monde a progressé. Les cours sont devenus plus durs pour certains élèves. Gwendoline, Yannick et moi réussissons à garder de bonnes notes, alors qu’Erwan, Annie et Julie arrivent à peine à la moyenne. Les notes d’Arnaud sont en chute libre depuis qu’il sort avec Tiphanie. Le jeudi 17 octobre, Gwendoline, Yannick, Erwan, Annie, Julie et moi on discute d’Arnaud.

— Comment ça se fait qu’Arnaud ne vient pas nous parler ? D’accord, on ne lui parle pas, mais c’est lui qui a commencé.

— Depuis qu’il sort avec Tiphanie, on ne le voit plus.

— Pourquoi vous dites cela ?

— On se pose la question. On a perdu un ami.

— Marina, tu ne donnes pas ton avis ?

— Il fait comme il veut.

— Tu ne crois pas qu’il essaye de te rendre jalouse ?

— Pourquoi tu lui demandes ça ?

Avant que Yannick puisse répondre, je dis :

— Je vais vous dire pourquoi Yannick m’a demandé cela. Quelques jours avant la rentrée, Arnaud est passé me voir. Il m’a avoué avoir des sentiments pour moi.

— Il avait enfin accepté de le dire !!!

— Vous étiez au courant ?

— On avait compris depuis le début, mais lui, il ne voulait pas se l’avouer.

Tu ne crois pas qu’il fasse tout ça pour que tu le remarques ?

— Je ne sais pas. Je lui ai dit qu’on pouvait rester amis et il était d’accord.

— On va le forcer à nous parler.

— Oui, mais comment ?

— En allant le voir.

Erwan, Annie et Julie vont retrouver Arnaud qui est avec Tiphanie.

— On peut te parler ?

— Je suis occupé.

— Tu peux au moins nous donner des explications !

— Quelles explications ?

— C’est privé.

Ils vont plus loin. Erwan demande à Arnaud d’un air énervé :

— On veut savoir pourquoi tu ne nous parles plus depuis septembre.

— C’est vous qui ne me parlez plus.

— On ne demande que ça, mais tu nous évites et on aimerait savoir pourquoi.

— Je suis occupé.

— Avec Tiphanie. On pensait que tu avais des sentiments pour Marina.

— Comment vous le savez ?

— Elle nous l’a dit. Et on aurait aimé que tu nous le dises.

— J’AVAIS des sentiments pour Marina, mais plus maintenant.

— Tu es sûr ?

— Ouais. Vous avez fini ? Je peux retourner auprès de Tiphanie ?

— Oui, mais rappelle-toi, tu as des amis.

— On se verra en cours.

Arnaud part tandis qu’Erwan, Annie et Julie nous retrouvent.

— Alors il a dit quoi ?

— Il nous a confirmé qu’il avait des sentiments pour toi, mais qu’il n’en avait plus. On a du mal à le croire.

La cloche sonne. On va en cours. Pendant les cours, je n’arrête pas de penser à Arnaud. S’il a essayé de me rendre jalouse, il a réussi. À force de le voir avec Tiphanie, je remarque que j’ai des sentiments. L’amitié, naissante, puis profonde, se transforme maintenant en amour. Je n’en parle pas aux autres. Après sa conversation avec ses anciens amis, Arnaud ne se sent pas bien. Pendant le reste de la journée, il ne parle pas à Tiphanie. De mon côté, je décide de parler à Gwendoline et Yannick, car les procédures de divorce de leurs parents sont lancées, mais je me sens mal par rapport à cela.

— Les amis !

— Oui, Marina.

— Je ne me sens pas bien.

— Oui, mais on ne s’inquiète pas.

— C’est par rapport à Arnaud.

— C’est quoi ? Tu as remarqué que tes sentiments changent, c’est ça ?

— Ouais, mais comment vous avez deviné ?

— On a dit ça sans réfléchir, c’est la première chose qui nous est venue. Écoute, on te remercie de tout ce que tu fais pour nous. Pense un peu à toi.

Dis à Arnaud que tes sentiments changent. Qui sait, ça peut arranger les choses. Tout redeviendrait comme avant.

Après cette conversation, j’essaie d’aller parler à Arnaud, mais à chaque fois je renonce. Les jours passent, je n’arrive plus à me concentrer en cours. Je pense tout le temps à Arnaud. Mes parents commencent à s’inquiéter. Après les cours, je rentre seule, le week-end, je ne sors plus. Ça dure jusqu’au mois de décembre. Mes parents sont inquiets de voir mes notes chuter et de me voir renfermée, alors que je suis de nature joyeuse. Mes parents me parlent le week-end du 14 décembre. Ce jour-là, je suis dans la chambre, assise sur mon lit, perdue dans mes pensées. Mes cours sont posés sur le bureau.

— Marina, dit mon père.

— Pfff.

— On aimerait savoir ce qui se passe ?

Je n’ai pas le droit d’être assise ?

— Tout va bien.

— C’est faux. Depuis mi-octobre, tu sembles distante.

— Tes notes sont en baisse, tu ne sors plus.

— Les cours sont devenus beaucoup plus durs, les leçons aussi.

— Peut-être, mais même à la maison, tu sembles triste, sans joie de vivre. On s’inquiète pour toi.

Mes parents partent. Je prends mon cours de français. Au bout de 5 minutes, je prends conscience que je lis la même phrase depuis le début. Mes pensées sont centrées sur Arnaud. Je décide de lui écrire une lettre puisque je n’arrive pas à lui parler. « Arnaud, depuis que tu sors avec Tiphanie, je ne me sens pas bien. Je ne sais pas si tu fais ça pour me rendre jalouse, mais si c’est le cas, ça fonctionne bien. Tu es ami avec Erwan, Annie et Julie depuis longtemps et tu les laisses sans explications. Sache que mes sentiments sont en train de changer, je ne sais pas si c’est de l’amour, mais si ce n’est pas ça, c’est entre l’amitié et l’amour. Fais comme tu veux. Marina. » Je mets ma lettre dans une enveloppe avec le prénom. Le lendemain matin, je dépose l’enveloppe dans la boîte aux lettres. Je prends soin qu’Arnaud me voie, comme ça pour m’assurer que pour le lundi il l’aura lue. Je file d’un pas rapide, juste avant qu’il ne sorte. Arnaud prend l’enveloppe que je viens de déposer. Il s’empresse de l’ouvrir et la lit. Il est touché. Il jette un regard rapide par la fenêtre pour voir si je suis encore là. Le lendemain matin, avant d’aller en cours, je passe à côté de la maison qu’Arnaud qui attend Tiphanie. Il vient me voir.

— Salut.

— Salut.

— Je peux te parler ?

— Ouais…

— C’est par rapport à ta lettre que tu as déposée hier.

— D’accord. Désolée, je n’arrivais pas à te parler en face.

— Je comprends. Est-ce que c’est vrai que tes sentiments ont changé ?

— J’ai plutôt dit que je ne sais pas si c’est de l’amour. Mais c’est entre l’amitié et l’amour.

— D’accord. Je te rassure, je n’ai pas fait ça pour te rendre jalouse.

— Merci. Écoute, je ne sais plus où j’en suis. Tout ce que je sais, c’est qu’Erwan, Annie et Julie avaient un ami, mais ils l’ont perdu.

— Tu sais, au début, je me croyais amoureux de Tiphanie, mais au fil des jours je trouve notre histoire banale, mais je ne sais pas comment m’en sortir.

— Je peux peut-être t’aider ?

— Après tout ce que je t’ai fait ?

— Tu es mon ami et je suis comme ça.

— J’avais remarqué. Tu n’es pas avec Gwendoline et Yannick ?

— Non, ils ne viennent pas aujourd’hui.

— Pourquoi ?

— Ils sont au tribunal. Les divorces de leurs parents ont été prononcés au début du mois. Maintenant, leurs parents veulent leur garde.

— D’accord. J’attends Tiphanie.

— Compris, on se retrouve au collège.

— Mais pour Tiphanie, je fais comment ?

— Aie le courage de lui dire tout ce que tu m’as dit.

Je le laisse. Tiphanie arrive quelques instants après, baladeur au creux des oreilles.

— Salut.

— Salut.

Arnaud dit sérieusement :

— Je dois te parler !

Tiphanie le regarde, les yeux bien ronds d’étonnement.

— Oui !

— C’est important.

— Ah ! Je t’écoute.

— Voilà, je sais que ça fait mal, mais je ne t’aime pas. Je te mentais comme à moi-même. J’en peux plus.

— Alors, tu n’étais pas sincère ?

— Non désolé. J’aime quelqu’un d’autre et depuis longtemps. Cette personne m’a rappelé que j’ai des amis. Oui, je me sépare de toi, car je ne veux pas perdre leur amitié.

Tiphanie part en larmes. Arnaud va au collège. Erwan, Annie et Julie attendent Arnaud à l’entrée, trépignant d’impatience. Je leur ai juste dit qu’Arnaud regrette cette situation. Je pars prendre les affaires dans mon casier.

— Salut.

— Salut. On a vu Tiphanie en larmes.

— Je voulais vous parler, mais Tiphanie m’en a empêché. Et ce matin, j’ai rompu avec elle.

— Ah la vache ! C’est pour ça qu’elle pleure.

Ils rentrent au collège. Je les attends à côté des casiers.

— Salut !

— Salut !

— Marina, c’est aujourd’hui que Gwendoline et Yannick vont savoir où ils vont vivre ?

— Non. La procédure dure encore longtemps.

— D’accord.

Pendant le cours de français, le professeur nous change de place. Arnaud et moi, on se retrouve côte à côte.

— Là, c’est sûr que j’attends que tu sois prête.

— Attends encore.

— Ne t’inquiète pas. J’ai compris.

— Arnaud.

— Oui.

— Sache que si mes sentiments se transforment à un moment en amour, je resterai la même. L’amitié que j’ai pour Gwendoline et Yannick passe en premier.

— J’ai compris, je ne te demanderai jamais de choisir entre ton amitié et ton amour. Je t’aime comme tu es, alors ne change rien.

— Merci.

Depuis sa rupture avec Tiphanie, Arnaud est redevenu le garçon gentil. Arnaud et moi restons silencieux sur ma lettre et notre conversation. Même si Gwendoline, Yannick et moi sommes les meilleurs amis du monde, j’ai mon petit jardin secret. Le mois de mars arrive, ce mois-là mes sentiments pour Arnaud se renforcent encore. Mes parents décident d’inviter Arnaud et ses parents. Le repas est prévu pour le samedi 8 mars. Je passe toute mon après-midi à chercher LA tenue idéale pour la soirée. Je fais des allers-retours entre la salle de bain et ma chambre. J’ai fini de me préparer juste quand les invités sonnent à la porte. Avant de descendre, je me regarde une dernière fois dans la glace. Je me trouve super. J’arrive en bas quand tout le monde est déjà rentré.

— Bonjour.

— Bonjour.

Arnaud me regarde. Pendant que nos parents parlent au salon, Arnaud et moi restons dans le jardin. On s’est assis sur le transat. Arnaud commence à parler :

— Tu sais que tu es belle, ce soir !

— Merci.

— Ce n’est pas parce que je suis là que tu t’es faite belle.

— Pourquoi tu dis ça ?

— Comme cela. Je te trouve belle tous les jours.

— Merci, mais aujourd’hui c’est spécial. À vrai dire, j’ai mis toute l’après-midi pour choisir mes vêtements pour ce soir.

— Pourquoi ?

Je prends une inspiration et dis :

— Tu te rappelles ce que je t’ai dit en décembre dans ma lettre ?

— Oui, je la lis tout le temps.

— Je ne sais pas trop par quoi commencer. Il y a quelques jours, j’ai remarqué que mes sentiments pour toi ont changé. Quand je te regarde, je ne te vois plus comme un ami.

Arnaud me regarde dans les yeux. Une seconde après, il me pose un bisou sur mes lèvres. Ma mère m’appelle. Surpris, Arnaud et moi sursautons.

— Marina !

— Ouais.

— C’est Gwendoline et Yannick et ça n’a pas l’air d’aller.

— Je vais les voir avec Arnaud.

Arnaud et moi on se regarde et je lance :

— Oh, mince !

Arnaud et moi allons chez Gwendoline. Sa mère nous ouvre.

— Bonsoir, désolés de vous déranger.

— Il n’y a pas de problème.

Nous montons jusqu’à la chambre.

— Il se passe quoi, les amis ?

— On a reçu une lettre de nos pères. Tu peux la lire.

Je lis la lettre. « Gwendoline et Yannick. Quand vous lirez la lettre, on sera partis. On va habiter à Lorient. Vous viendrez nous voir pendant les vacances scolaires. Désolés si on ne vous dit pas au revoir. Vous restez dans nos cœurs. Vos pères. » Je leur rends la lettre.

— Les amis, je mange vite et j’arrive.

— Pas de problème.

Arnaud et moi retournons à la maison.

— Gwendoline et Yannick vont bien ?

— Non, leurs pères sont partis à Lorient.

— Quoi ? Quand ?

— Je ne sais pas et je ne pense pas qu’eux-mêmes le savent.

On passe à table. Après avoir mangé et dit au revoir à Arnaud et à Jeanne, je vais voir Gwendoline et Yannick. Pendant la nuit, j’ai le sommeil agité. Le jour où enfin j’ai avoué à Arnaud que je l’aime, Gwendoline et Yannick ont besoin de moi. Le lendemain matin, je décide d’aller parler à Arnaud. Vers 14 h, je vais chez lui. Arnaud, qui regarde par la fenêtre, me voit de loin, il sort pour venir à ma rencontre.

— Salut !

— Salut !

— Tu es allée voir Gwendoline et Yannick ?

— J’irai les voir après. J’ai à te parler.

— Je t’écoute.

— Je sais que je te l’ai dit hier soir et c’est toujours le cas, je ne peux pas laisser tomber Gwendoline et Yannick.

— Je m’en doutais depuis hier soir. Je te comprends, mais pense aussi à toi un peu !

— Je te promets de penser à moi, plus tard…

— Donc on met entre parenthèses ce qui s’est passé hier, dit Arnaud.

— S’il te plaît.

— Mais je ne sais pas si je peux tenir.

— Et pourquoi ?

— J’ai un aveu à te faire.

— C’est quoi ?

— Voilà, lorsqu’on s’est embrassés hier, j’ai ressenti quelque chose de vraiment puissant. Quelque chose que je n’avais pas ressenti avec Tiphanie.

— On s’est embrassés une seule fois et tu peux dire ça ?

— Oui, car je sais que je t’aime depuis le premier jour qu’on s’est rencontrés.

— D’accord.

— Mais si c’est ton souhait d’attendre encore, je le respecte.

— Merci.

Avant de partir, je pose un bisou sur les lèvres d’Arnaud. De retour chez moi, les mères de Gwendoline et de Yannick sont à la maison.

— Bonjour Marina.

— Bonjour.

— Est-ce que tu as vu Gwendoline et Yannick en début d’après-midi ?

— Non désolée, je suis allée remettre quelque chose à Arnaud. Pourquoi ?

— Ils sont sortis, mais sans nous dire où.

— On pensait qu’ils étaient avec toi.

— Je vais aller les chercher dans les endroits où on a l’habitude d’aller.

— Merci.

Je prends mon vélo et pars. Pendant près de 2 h, je parcours toute la ville en m’arrêtant dans les endroits où je pense les trouver. Le soir, je rentre.

— J’ai fait toute la ville et je ne les ai pas trouvés.

— On espère qu’ils vont bien.

— J’en suis sûre.

Pour la seconde nuit, je ne dors pas. Le lendemain matin, mes parents m’amènent au collège.

— Ne t’inquiète pas. Ils vont revenir, dit mon père.

— Je suis obligée d’aller en cours ? Je n’en ai pas vraiment envie.

— Ça t’occupe.

— D’accord.

Je sors de la voiture et je vais directement à mon casier. Erwan, Annie, Julie et Arnaud arrivent 5 minutes plus tard.

— Bonjour Marina.

— Bonjour.

— Gwendoline et Yannick ne sont pas là ? Ils vont bien ?

— Non, ils ne sont pas là.

— Ils sont malades ? demande Erwan.

— Je ne sais pas.

— Attends, tu es leur amie et tu ne sais pas ce qu’ils ont ? dit Annie.

Avant de répondre, je prends une bonne inspiration :

— Écoutez, samedi soir ils ont reçu une lettre de leurs pères. Ils sont partis à Lorient et depuis hier après-midi ils ont disparu. Alors, s’il vous plaît, laissez-moi.

Je pars. Ils me regardent partir. Arnaud veut me rejoindre, mais il ne peut pas, car il m’a promis de respecter mon choix.

— On a dit quoi de mal pour qu’elle s’énerve ? demande Julie.

— Rien, mais elle s’inquiète pour Gwendoline et Yannick, dit Arnaud.

La cloche sonne. Pendant les cours, je ne suis pas concentrée. Arnaud doit faire un effort pour ne pas craquer. À la pause, je ne reste pas avec mes amis. N’y tenant plus, Arnaud vient me voir en disant aux autres qu’il va aux toilettes. Il me retrouve à côté des casiers.

— Marina !

— Arnaud, tu fais quoi ici ?

— Je sais ce que tu m’as dit hier, mais là je crois plutôt que tu as besoin d’un peu de réconfort.

— Je les ai cherchés partout en ville, dis-je.

Arnaud me prend dans ses bras et me dit :

— Ne t’inquiète pas. Je suis sûr qu’ils vont bien.

— Comment tu peux dire ça ? C’est ma faute.

— Ne dis pas ça.

— Si je n’étais pas allée te voir, je les aurais vus sortir de chez eux.

— Écoute-moi, tu ne peux pas toujours être partout à la fois. Est-ce qu’hier matin tu t’es levée en pensant qu’ils allaient partir ? Tu as décidé de venir me voir pour me parler.

— Je sais tout cela.

— Tu dis que tu as cherché partout en ville, Gwendoline et Yannick ont fait en sorte qu’on ne les retrouve pas.

— Ils ne peuvent pas être allés à Lorient sans prévenir ?

— Tu es sûre ?

— Oui. Bien sûr, pourquoi je n’ai pas pensé à cela avant ?

— Pensé à quoi ?

— Il y a bien un endroit où on allait quand on était en primaire.

— C’est où ?

— Avant de faire du foot, on faisait du bateau, mais ça remonte à loin déjà. Ils ont dû aller au port hier après-midi et ils ont attendu aujourd’hui pour l’embarquement.

— Ils ont attendu quoi ?

— L’ouverture du centre nautique. Pour prendre un bateau.

— Attends ! Ils ne seraient pas restés toute la nuit à attendre.

— Il y a un abri non loin du centre.

— OK, je n’étais pas au courant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre n° 5

La révélation que Marina et d’Arnaud

 

La cloche sonne, nous retournons en cours. La première heure, je ne fais rien, mais à la deuxième heure, je regarde Arnaud et lui fais un signe. Comme il ne me comprend pas, j’écris un mot et lui passe la feuille. « Aide-moi à sortir de la salle. » Arnaud griffonne aussitôt. « Pourquoi tu veux sortir de la salle ? » Je lui écris. « Pour téléphoner à mes parents. » Arnaud réfléchit un peu et lève la main, le professeur lui donne la parole.

— Il y a un problème Arnaud ?

— Oui, Marina ne se sent pas bien. Je peux l’amener à l’infirmerie ?

— Bien sûr.

Arnaud et moi sortons de la salle.

— Merci.

— Bon, tu me dis maintenant comment tu vas faire pour sortir du collège ?

— Je ne sors pas du collège. Il suffit que j’appelle mes parents.

— C’est tout ?

— Oui.

On va au bureau des surveillants.

— Bonjour.

— Bonjour.

— Voilà, ce matin j’ai oublié quelque chose d’important chez moi et j’aimerais savoir si je peux appeler mes parents.

— Bien sûr. Il y a une cabine juste à côté. Il n’y a pas besoin de carte.

— Merci.

Arnaud et moi allons à côté de la cabine et j’appelle mes parents, ma mère répond tout de suite.

— Allô.

— Maman.

— Marina, il se passe quoi ?

— Je viens juste de me rappeler de quelque chose.

— C’est quoi ?

— Gwendoline et Yannick ont dû aller au centre nautique. Il y a un abri à côté.

— Tu es sûr qu’ils sont là-bas ?

— Sûre à 100 % non, mais il y a des chances.

— D’accord, on va aller voir là-bas. Tu n’as pas cours ?

— Si.

— Eh bien, retourne en cours.

— Pas de problème.

— On te dira ce soir si on les a trouvés.

Je raccroche. Arnaud et moi retournons en cours. À 12 h, tous les élèves vont manger. Pendant le déjeuner, Erwan, Annie et Julie nous demandent où on est allés pendant le cours. Je leur réponds :

— J’ai téléphoné à mes parents pour savoir s’ils avaient retrouvé Gwendoline et Yannick.

— D’accord. Tu pourras nous prévenir s’ils sont rentrés ?

— Bien sûr.

Après le déjeuner, nous continuons à parler. Arnaud se met à une bonne distance de moi. Le soir, je rentre chez moi, mes parents m’attendent.

— Maman, papa, est-ce que vous avez trouvé Gwendoline et Yannick ?

— Oui ! Grâce à toi, mais comment tu as deviné qu’ils étaient là-bas ?

— Je me suis juste rappelé l’endroit.

— D’accord.

— Je peux aller les voir ?

— Pour le moment, ils se reposent chez eux.

— Je dois aller prévenir nos amis.

— Ne reste pas longtemps dehors.

— Compris.

Je vais voir Arnaud, Erwan, Annie et Julie, tout excitée pour les prévenir que Gwendoline et Yannick sont de retour chez eux. Le lendemain matin, Gwendoline et Yannick m’attendent dehors pour aller en cours.

— Salut.

— Salut.

— Vous allez bien ?

— Oui.

— On est désolés d’avoir réagi comme cela.

— Ne vous excusez pas. C’est ma faute aussi, j’aurais dû passer vous voir le dimanche matin au lieu de…

— Au lieu de quoi ?

— Euh rien !

— Au fait, tu as parlé à Arnaud ?

— Toujours pas.

— Il le faut, Marina…

— Je sais, mais je reste avec vous. J’ai eu peur pour vous dimanche.

— Bon, il serait temps d’aller au collège.

— Oui.

Nous allons au collège. À notre arrivée, Arnaud, Erwan, Annie et Julie nous attendent.

— Bonjour.

— Bonjour.

— Vous allez bien ?

— Oui, mieux que ce week-end.

Nous rentrons dans le collège. Arnaud et moi évitons de nous regarder. Au début du mois d’avril, j’ai de plus en plus de mal à gérer mes sentiments. Le samedi 5 avril, je décide de parler franchement à Gwendoline et Yannick de la situation. Nous nous retrouvons au centre-ville.

— Bonjour.

— Bonjour.

— Tu as quelque chose à nous dire ?

— Oui et ce n’est pas facile.

— On t’écoute.

— Voilà, en décembre si Arnaud a rompu avec Tiphanie, c’est que je lui ai parlé, mais pas comme vous le pensez. J’ai écrit une lettre. Mais à ce moment, je ne savais plus trop où j’en étais.

— Et maintenant, tu sais où tu en es ?

— Oui, depuis le début du mois de mars. Le jour où vous avez reçu la lettre de vos pères, je lui ai avoué les sentiments que j’ai pour lui. Le lendemain, je suis allée voir Arnaud pour lui dire que je ne peux pas me permettre qu’on soit ensemble. Quand je suis rentrée chez moi, vos mères m’ont annoncé que vous n’étiez pas chez vous. Je m’en suis voulu, car j’aurais dû être là pour vous. Je suis partie à votre recherche.

— Attends, ce n’est pas ta faute si on est partis.

— C’est ce qu’Arnaud m’a dit le lendemain.

— Donc, si on comprend bien, tu évites de vivre une histoire d’amour avec Arnaud à cause de nous. Arrête de penser aux autres, pense un peu à toi.

— Promis, je penserai à moi quand tout sera terminé avec vos parents.

— Arnaud ne va pas attendre longtemps.

Après cette conversation, le dimanche, je téléphone à Arnaud. Sa mère répond.

— Allô.

— Bonjour, c’est Marina, puis-je parler à Arnaud s’il vous plaît ?

— Je te l’appelle.

J’attends un petit instant.

— Allô.

— Salut.

— Salut, Marina.

— On peut se voir aujourd’hui ?

— Bien sûr. Tu veux qu’on se voie où ?

— À côté du stade de foot de la ville.

— D’accord. Le temps de me préparer et j’arrive.

— Merci.

Nous raccrochons. Mes parents sont partis voir ma mamie. Je prends mon vélo et pars. J’arrive la première, Arnaud arrive 10 minutes plus tard.

— Il se passe quoi ?

— Hier, j’ai eu une petite conversation avec Gwendoline et Yannick.

— En quoi ça me regarde ?

— C’est par rapport à nous deux.

— Ah ! Ils ont dit quoi ?

— Ils veulent que je pense à moi en priorité.

— Je leur donne raison.

— Je savais que tu allais me dire ça. Mais leurs parents ne sont pas encore divorcés.

— Peut-être, mais Gwendoline et Yannick acceptent la situation.

— Mieux que moi, sûrement.

— J’ai un truc pour t’aider.

Arnaud m’embrasse. Je le laisse faire.

— Tu veux en venir où ?

— Est-ce que tu as ressenti quelque chose au plus profond de toi ?

— Arnaud, tu sais ce que je ressens pour toi.

— Ce baiser aurait dû te faire comprendre une chose.

— Et quoi ?

— Que tu meurs d’envie de sortir avec moi, mais tu t’interdis d’être heureuse.

— Tu peux dire tout ça juste en m’embrassant ?

— Oui et aussi parce que tu m’as appelé pour parler. Tout le monde veut que tu sois heureuse.

— Je sais que vous trois vous avez raison, mais je ne sais pas si je peux vivre pleinement notre relation.

— Si tu n’essayes pas, tu ne le sauras pas.

— Donc, tu penses qu’on doit essayer pour voir comment ça se déroule ?

— Je te laisse réfléchir.

Je reste quelques instants songeuse. Après 5 minutes, j’ai ma réponse.

— Bon, je suis d’accord, mais à une seule condition.

— Je t’écoute.

— On ne dit rien aux autres. Ça sera notre petit secret.

— Tu ne veux pas le leur dire ?

— Pas pour le moment.

— Si c’est ta seule condition.

— C’est la seule.

Pour conclure notre accord, on s’embrasse. Après ce baiser, Arnaud me raccompagne. Le lendemain matin au collège, Arnaud et moi on se comporte comme avant. Quand la pause arrive, Arnaud et moi en profitons pour parler. Je pars la première, je fais semblant d’aller aux toilettes alors que je vais à côté des casiers. Arnaud me rejoint 5 minutes plus tard. On se parle tout de suite.

— C’est trop dur de ne pas être avec toi, dit Arnaud.

— Attends, on est assis le plus souvent côte à côte.

— Je sais, mais c’est quand même dur.

— Si tu veux, on arrête !

— Non, là ça sera beaucoup plus dur.

— Ne t’inquiète pas, on va réussir.

— Tu es sûre ?

— Je suis sûre de mes sentiments, je ne compte pas baisser les bras.

Pendant ce temps-là, Gwendoline, Yannick, Erwan, Annie et Julie se demandent ce qu’on fait. Après 5 minutes passées ensemble, on retrouve les autres. Notre petit système dure pendant plusieurs semaines. Arrive le mois de mai. Arnaud et moi, nous avons une conversation sur notre relation pendant une pause au collège.

— On ne peut plus se cacher !

— Je le sais. Avant on se cachait juste pendant les pauses du matin et de l’après-midi et maintenant c’est même le midi. On peut faire quoi ?

— Parler à nos amis.

— D’accord, mais on attend la fin de la semaine.

— Pas de problème.

Nous nous embrassons. Non loin de nous, Yannick, Gwendoline, Erwan, Annie et Julie nous regardent, ils nous ont suivis pour savoir ce qu’on faisait pendant les pauses.

— Eh bien, voilà ce qu’ils font.

— Marina ne vous a rien dit ?

— Oui et non, elle nous a dit que ses sentiments avaient changé. On est fiers, car au moins elle pense un peu à elle.

— D’accord, mais on leur dit qu’on les a vus ?

— Non, on a une idée.

Comme la cloche sonne, nous allons en cours. Le soir même, Gwendoline et Yannick me parlent pour voir si je peux choisir entre mon amour naissant pour Arnaud et leur amitié.

— Marina.

— Oui.

— Hier, on a appris que les divorces de nos parents ont été prononcés. On n’a pas eu le temps de te parler.

— Vous allez comment ?

— On savait que ça allait arriver.

— C’est un peu dur, mais la vie continue.

— Alors, tu peux penser à toi maintenant.

— Vous ne savez pas où vous allez habiter ?

— Si, avec nos mères pendant l’année et l’été on irait chez nos pères.

— D’accord. Ne vous inquiétez pas, je pense aussi à moi.

Gwendoline et Yannick se regardent. J’ai réussi le test. Enfin, je pense à moi. Je vais voir Arnaud pour lui parler. Quand je sonne à la porte, il ouvre.

— Il se passe quoi ?

— On a un problème.

— Lequel ?

— Gwendoline et Yannick se doutent de quelque chose.

— Tu es sûre ?

— Oui, ils viennent de me dire que les divorces sont prononcés.

— En quoi c’est un problème pour nous ?

— Ils m’ont dit cela pour savoir comment j’allais réagir tout en sachant que je suis déjà au courant depuis hier.

— D’accord. Tu crois qu’ils nous ont vus au collège ?

— Vu qu’on ne passe plus les pauses avec nos amis, que je pars sans eux le matin pour aller au collège avec toi, il n’en faut pas beaucoup pour comprendre.

— C’est vrai. On fait quoi maintenant ?

— À part leur dire, je ne sais pas. À moins que demain on reste avec eux ?

— Je ne peux pas, Marina.

— Et moi non plus.

— Donc on revient à la question, on fait quoi ? dit-il.

— Il faut leur dire au plus vite et peut-être avant le week-end.

— Je suis d’accord.

— On se laisse la nuit pour réfléchir, pour avoir une idée de la façon dont on va leur annoncer.

— D’accord. Tu passes demain matin ?

— Oui, comme tous les matins.

Je rentre chez moi. Le lendemain matin, je retrouve Arnaud.

— Salut.

— Salut.

— Tu vas bien ?

— Ça va et toi ?

— Très bien.

On va au collège. À peine arrivés, on va à côté des casiers pour prendre nos affaires. En attendant nos amis, on discute :

— Tu sais, il y a un mot que tu ne m’as toujours pas dit.

— Quel mot ?

— Le mot amour.

— Ah, ce mot. Écoute, tu sais ce que je ressens pour toi et pour le moment je n’y arrive pas, car je ne veux pas aller trop vite.

— Compris. J’ai bien attendu que tes sentiments changent, je peux attendre pour ça aussi.

Gwendoline, Yannick, Erwan, Annie et Julie arrivent juste au moment où Arnaud et moi allons nous embrasser.

— Bonjour.

— Bonjour.

— Bon vous allez nous le dire quand que vous sortez ensemble et ne nous mentez pas, on vous a vus hier midi.

— Je te l’ai dit hier, dis-je à Arnaud.

— Oui.

— Marina, tu avais compris hier.

— Oui. Vos mères sont passées avant-hier pour le dire à mes parents.

— Désolé.

— Bon, alors, ça dure depuis combien de temps vous deux ?

— Environ avril. Si on ne vous l’a pas dit, c’est juste pour voir si on arrivait à gérer notre relation et notre amitié pour vous.

— C’est vrai, au début on y arrivait, mais depuis un petit moment on vous a oubliés.

— On comprend, mais maintenant qu’on est au courant, ne vous cachez plus.

— Promis.

Gwendoline, Yannick, Erwan, Annie et Julie prennent leurs affaires tandis qu’Arnaud et moi on les attend. En chemin pour notre salle de cours, Arnaud me prend la main. Maintenant que nos amis sont au courant, nous nous sentons libres de faire ce que nous voulons. En attendant le professeur, nous parlons avec nos amis. À un moment, Arnaud passe ses bras autour de moi. Tiphanie qui vient d’arriver nous voit ensemble. Elle le prend très mal.

— Salut, dit-elle.

— Salut, Tiphanie. Tu vas bien ? demandé-je.

— Non !!!

— Et pourquoi ?

— Depuis combien de temps vous êtes ensemble ?

— Environ 1 mois.

— 1 mois. En 1 mois, tu ne m’as jamais prise dans tes bras Arnaud !

— Je sais. Je n’éprouvais pas la même chose pour toi. C’est différent avec Marina.

— Et tu éprouvais quoi pour moi ?

— Je te l’ai dit en décembre, je me mentais à moi-même. J’aime Marina depuis juillet et je le lui avais dit.

Je dis :

— Mais à ce moment, je ne ressentais que de l’amitié. Et mes sentiments ont évolué dans l’année.

— D’accord. Votre couple ne tiendra pas.

— Il va tenir, car maintenant je suis sûre que j’aime Arnaud.

Arnaud me regarde. C’est la première fois que je dis le verbe « aimer » dans une phrase. Arnaud n’a pas détourné son regard de moi, je le remarque et dis :

— Quoi ?

— Rien, mais je suis surpris, c’est la première fois que…

— Que je dis le verbe « aimer » ?

— Oui.

— Si tu veux, je peux le redire.

Le professeur arrive. Pendant le reste du mois de mai, Arnaud et moi vivons notre amour au grand jour. Le début du mois de juin est tranquille. Gwendoline, Yannick, Arnaud, Erwan, Annie, Julie et moi apprenons qu’on passe en 5e. Pour fêter notre passage et pour que Gwendoline et Yannick oublient que leurs parents ont divorcé, mes parents invitent tout le monde à la maison. Arnaud et moi passons tout notre temps libre ensemble. Nous nous demandons comment nous allons faire le jour de la fête, car nos parents ne sont pas au courant de la situation. Comme c’est tout récent, nous ne voulons pas précipiter les choses. La fête est prévue pour le samedi 21 juin. Le soir du lundi 16 juin, Arnaud et moi rentrons ensemble comme chaque jour et nous parlons de la fête. Je lui demande :

— Comment on fait samedi ?

— Soit on dit aux parents où soit on ne dit rien, et samedi on fait comme si on était amis.

— Je ne veux pas le dire à mes parents.

— Il faudra bien le leur dire un jour.

— Pour toi, c’est facile, tu as déjà vécu cette situation avec Tiphanie, alors que moi, non.

— Faux, je n’ai jamais dit à mes parents que je sortais avec elle.

— Tu es resté avec elle plus longtemps qu’avec moi.

— Je sais, mais avec toi c’est différent.

— En quoi c’est différent ?

— Je suis bien avec toi. Tu ne te poses pas de questions.

— Ça aide quand on a les mêmes amis.

— Ouais.

— Tu ne dis jamais comment a commencé votre relation ?

— Tout a commencé en septembre. Le jour où vous nous avez vus au centre-ville. Arrivés chez moi, elle m’a embrassé. À ce moment-là, je savais déjà que je n’éprouvais pas la même chose que pour toi, mais je me suis dit « Pourquoi ne pas essayer ? ». Deux mois plus tard, je voyais que je ne me sentais pas bien dans cette relation. Je n’arrêtais pas de penser à toi.

— Et moi, pendant ce temps, je me demandais ce qui m’arrivait, car ça me faisait mal de te voir avec Tiphanie.

— Quand je te regardais, je voyais bien que tu n’étais pas bien. Tout ce que je voulais faire, c’était d’aller te voir, mais Tiphanie ne me laissait jamais seul. Je ne savais plus comment m’en sortir.

— Jusqu’au jour où je t’ai écrit la lettre.

— Oui, c’est à ce moment-là que j’ai réussi à rompre avec Tiphanie. Et je t’ai attendue.

— Tu as attendu pendant plusieurs mois. Mes sentiments ont évolué. C’est en mars que j’ai remarqué ce que je ressentais vraiment pour toi. Mais les événements ont fait que le mois de mars n’était pas comme on voulait.

— C’est normal, Gwendoline et Yannick étaient partis de chez eux et tu t’inquiétais. C’est au mois d’avril qu’on a pu vraiment commencer notre relation.

— Oui et encore en cachette. Il a fallu attendre le mois de mai.

— Tout ça ne nous dit pas comment on fait samedi soir.

— On fait comme d’habitude. C’est clair que je ne pourrai pas cacher mes sentiments et faire semblant d’être juste ton ami.

Je rentre chez moi après avoir dit au revoir à Arnaud.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre n° 6

Les parents découvrent la relation de leurs enfants

 

Le samedi arrive. Pendant la journée, mes parents préparent la maison tandis que j’essaie plusieurs vêtements pour la soirée. Je fais des allers-retours entre ma chambre et la salle de bain. Vers 19 h, Gwendoline, Yannick et leurs mères arrivent.

— Bonsoir tout le monde ! dit ma mère.

— Bonsoir.

— Vous deux, si vous voulez voir Marina, elle est en haut ! dit ma mère à Gwendoline et Yannick.

Gwendoline et Yannick viennent me voir.

— Bonjour.

— Salut !

— Il se passe quoi ici ? demande Yannick.

— Rien, pourquoi ? dis-je.

— S’il ne se passe rien, alors pourquoi il y a des vêtements un peu partout ? demande Gwendoline.

— Ça, c’est que je ne sais pas quoi mettre. C’est agaçant ! dis-je.

— Attends, si c’est pour Arnaud, reste comme tu es.

— Merci.

On sonne à la porte d’entrée, ma mère ouvre. C’est Arnaud, Erwan, Annie, Julie et les parents d’Arnaud.

— Bonsoir.

— Bonsoir.

— Vous allez bien ?

— Oui.

C’est à ce moment que Gwendoline, Yannick et moi descendons les escaliers. En me voyant, Arnaud ne peut s’empêcher de me regarder. Je sens que je deviens toute rouge. Arnaud et moi on se dit bonjour normalement, mais au passage, Arnaud m’effleure la main. Personne ne le remarque. Juste avant de rentrer dans le salon, Arnaud m’attrape par la main.

— Attends une minute, dit Arnaud.

— Quoi ?

— Tu es très belle.

— Merci.

Arnaud m’embrasse. Après, nous allons rejoindre les autres au salon.

— On n’attend plus que vous deux, dit Anne.

— Ah, désolée.

— Pas de problème. Bon maintenant que tout le monde est réuni, je lève mon verre à vous les jeunes, vous avez réussi à passer en 5e, dit Loïc.

Après le discours, nous mangeons tranquillement. Pendant le repas, je ne quitte pas Arnaud des yeux et lui ne me quitte pas non plus. Gwendoline et Yannick le remarquent.

— Marina.

— Quoi ?

— Désolé de te déranger, mais on veut juste te parler quelques minutes.

— Bien sûr.

— En privé.

— D’accord. On va dans le jardin.

Gwendoline, Yannick et moi sortons de table, personne ne le remarque, sauf Arnaud. Une fois arrivés dans le jardin, on discute.

— Vous voulez me dire quoi ?

— Voilà, on pense à nos pères, on aurait aimé qu’ils soient là. Depuis que les divorces sont prononcés, on n’est pas bien.

— Pourquoi vous ne m’avez rien dit ?

— On ne voulait pas que tu te prives de ton bonheur.

— D’accord.

Pendant qu’on est dans le jardin, ma mère remarque nos absences au bout de 5 minutes.

— Vous avez vu Marina, Gwendoline et Yannick ?

— Non.

— Ils sont partis où ?

Anne va à côté de l’escalier et appelle.

— Marina, Gwendoline, Yannick, vous êtes en haut ?

— Non, on était dans le jardin, dis-je.

— D’accord.

Anne retourne dans la salle.

— Marina, tu ne dis rien aux autres, ça marche ? demande Yannick.

— Promis, les amis.

Gwendoline, Yannick et moi allons directement dans la salle à manger. En nous voyant, ma mère demande :

— Pourquoi vous êtes allés dans le jardin ?

— On avait besoin de prendre l’air, dis-je.

— D’accord.

Nous continuons à manger. Après le repas, mes parents mettent un peu de musique, mais Gwendoline, Yannick et moi n’avons pas envie de faire la fête. Je reste allongée sur le canapé tandis que Gwendoline et Yannick ne restent pas loin. Arnaud, Erwan, Annie et Julie se parlent. À un moment, Gwendoline rompt le silence entre nous :

— Ça fait bizarre de ne pas vous voir ensemble Arnaud et toi.

— Comme nos parents ne sont pas au courant !

— Vous allez le leur dire quand ? demande Yannick.

— On ne s’est pas posé la question.

— Vous allez bien ? demande ma mère.

— Oui.

— Gwendoline, Yannick, vos pères ne vous manquent pas trop ?

— Un peu, c’est vrai qu’on aurait aimé qu’ils soient là aujourd’hui.

— D’accord. Marina…

— Ouais.

— On va vous laissez entre vous, on va faire un petit tour dans le quartier. Ne mettez pas la musique plus fort.

— Tu nous connais !

— Justement, je le redis au cas où.

Mes parents et les parents d’Arnaud sortent et nous laissent. Arnaud, Erwan, Annie et Julie viennent nous voir.

— Vous allez bien ?

— On va bien et vous ?

— Ça gaze.

Arnaud s’approche de moi et me parle à l’oreille.

— C’est trop dur. Je t’aime.

— Arnaud… Les parents peuvent revenir !

— Je sais, mais pour le moment ils ne sont pas là.

— Marina, dit Yannick.

— Quoi ?

— Profite.

— Merci les amis !

— Et ne vous inquiétez pas, on vous prévient si les parents arrivent.

— Merci.

Je me lève. Arnaud et moi allons plus loin.

— En début de soirée, tu étais joyeuse et depuis que Gwendoline, Yannick et toi vous êtes allés dans le jardin, tu as l’air de déprimer !

— Ils voulaient que leurs pères soient là.

— Mais ils disent qu’ils vont bien ?

— Oui, pour que je ne m’inquiète pas et aussi pour que je continue à penser à moi.

Arnaud me prend dans ses bras et me pose un bisou sur le front.

— Arnaud, je me sens en sécurité dans tes bras et tes baisers me rassurent.

— C’est pareil pour moi.

— Arnaud, je sais que mes sentiments ont mis du temps à évoluer. Et je te remercie d’avoir attendu le temps qu’il fallait.

— J’aurais attendu plus s’il le fallait. Marina, je suis sûr de mes sentiments pour toi. Et je m’en veux de t’avoir fait mal en début d’année en sortant avec Tiphanie.

Nos lèvres se touchent. Erwan, Annie, Julie, Gwendoline et Yannick arrivent vers nous.

— On peut vous poser une question ? demande Erwan.

— Bien sûr.

— Pourquoi vous ne dites pas à vos parents que vous êtes ensemble ?

— On veut attendre. On est ensemble depuis 3 mois, dit Arnaud.

— Et on veut voir si notre relation dure dans le temps.

Nous entendons la porte s’ouvrir. Je m’éloigne d’Arnaud.

— On est de retour, dit Anne. Vous avez fait quoi ?

— Rien de particulier, on a juste parlé, dansé et bien rigolé aussi !

— Bon, il est temps qu’on vous ramène chez vous Erwan, Annie, Julie.

— D’accord.

— Gwendoline, Yannick, on n’habite pas loin, mais il faut y aller.

— On arrive.

Je raccompagne mes amis à la porte. Juste avant de sortir Arnaud pose un bisou sur mes lèvres. En voyant mon regard, il me rassure.

— Ne t’inquiète pas ! Avant j’ai regardé où étaient les parents, dit-il.

Les parents d’Arnaud arrivent avec les miens.

— Merci pour votre invitation. C’était sympa !

— De rien.

Tout le monde part. Je vais directement dans ma chambre. Le lendemain matin, je me lève vers 10 h, mes parents sont déjà réveillés.

— Bonjour.

— Bonjour maman, papa.

— Tu as bien dormi ?

— Très bien, merci.

— On a quelque chose à te dire.

— C’est quoi ?

— Voilà, Gwendoline et Yannick vont aller à Lorient voir leurs pères pendant les deux premières semaines de juillet.

— D’accord.

— Une autre chose. L’été dernier, on n’est pas partis en vacances, cette année on a décidé de partir deux semaines en Espagne. On partirait pour le samedi 28 juin. Ne t’inquiète pas, on sera de retour avant les entraînements, car à partir de l’année prochaine tu rentres au club de foot de la ville, dit mon père.

Je ne me sens pas bien subitement. Je mords mon croissant en même pas une seconde. Je vais me préparer. Ensuite, mes parents me demandent si je veux aller avec eux voir ma mamie.

— Non, je vais sortir voir mes amis, dis-je.

— Attends, ça fait longtemps qu’elle ne t’a pas vue, dit ma mère.

— J’ai envie de passer du temps avec mes amis !

Mes parents partent. Dès leur départ, je téléphone à Arnaud. Il répond directement comme s’il est juste placé à côté.

— Allô.

— Salut, Arnaud.

— Salut, Marina.

— On peut se voir ?

— Bien sûr, mais là tu me fais peur.

— Ne t’inquiète pas, il faut juste que je te dise quelque chose.

— D’accord.

— On se voit à côté du stade.

— J’arrive.

On raccroche. Je pars le rejoindre. On arrive en même temps.

— Il se passe quoi ? me demande Arnaud.

— Je veux te prévenir qu’à partir du samedi 28 juin, je ne serai pas là. Mes parents ont décidé de partir en Espagne pour deux semaines, dis-je.

— Quoi ? Mais moi, je ne veux pas que tu partes !

— Ça m’embête, dis-je d’un air triste. Je veux rester ici avec toi plutôt que partir. Après ces deux semaines, les entraînements de foot vont commencer.

Arnaud me prend dans ses bras. Nous restons enlacés pendant plusieurs minutes.

— Eh bien, je sais ce qu’il nous reste à faire, dit Arnaud.

— Et c’est quoi ?

— On va passer la dernière semaine ensemble.

— Mais c’est la dernière semaine de cours.

— Et alors !

— Avant que j’oublie, Gwendoline et Yannick vont chez leurs pères les deux premières semaines de juillet.

— Tu peux rester ou tu dois rentrer ?

— Je peux rester, mes parents sont allés voir ma mamie.

Du coup, Arnaud et moi restons ensemble toute l’après-midi. Pendant la semaine, je m’organise pour passer du temps avec Gwendoline, Yannick et aussi Arnaud. Tous les jours, je rentre un peu plus tard. Le vendredi soir, Arnaud et moi restons ensemble après les cours. Nous allons à côté du stade. En chemin, nous parlons.

— Tu pars à quelle heure demain ? demande Arnaud.

— À 8 h. Le retour est prévu le samedi 12 juillet, je ne peux pas dire l’heure, répondis-je.

À proximité du stade, je veux m’asseoir, mais juste avant Arnaud me prend dans ses bras et veut m’embrasser.

— Arnaud !

— Tu n’aimes plus quand je t’embrasse ?

— Ce n’est pas ça.

— C’est quoi alors ?

— Je veux juste te dire que tu vas me manquer pendant les deux semaines.

— Toi aussi tu vas me manquer.

— Je te promets que je t’écrirai une carte.

— Je l’attendrai et je t’attendrai aussi.

— Je dois rentrer, sinon mes parents vont s’inquiéter.

— Comme moi.

Nous rentrons chacun de notre côté. À peine rentrée chez moi, mes parents me sautent dessus.

— Tu étais où ? Gwendoline et Yannick sont rentrés depuis un moment, crie ma mère.

— Ça ne vous regarde pas, dis-je.

— Désolée, mais ça nous regarde. Tu as 13 ans et tu es notre fille !

— Ouais, je suis allée faire un tour à vélo. Je n’ai pas le droit de faire un petit tour ?

— Oui, mais tu pouvais aussi nous prévenir. On comprend bien que les vacances commencent, mais il faut qu’on prépare les affaires pour demain. Toi, tu préfères passer ton temps dehors, dit mon père.

— Vous ne pouvez pas comprendre.

— Tu ne nous parles plus comme avant. Tu rentres de plus en plus tard. En prétendant que Gwendoline et Yannick ne vont pas bien. Quand on rentre, ils sont chez eux, en forme. On attend tes explications…

— C’est mon problème.

Je vais dans ma chambre pour préparer mes affaires. J’y reste jusqu’à 20 h. Mes parents ne me posent plus de questions. Le lendemain, on se lève tous à 7 h et on part à 8 h. Sur la route, je pense le plus souvent à Arnaud. C’est bien la première fois que nous ne sommes pas ensemble depuis qu’on a commencé notre relation. Je me demande si notre histoire va tenir.

Pendant mes vacances, j’envoie une carte à tous mes amis, dont une avec un petit cadeau. Le vendredi 11, nous partons d’Espagne. Le samedi 12, nous arrivons chez nous vers 17 h. À peine mes affaires posées, je sors en courant de la maison. Mes parents ont beau m’appeler, je ne réponds pas. J’ai une chose en tête depuis que je suis sortie de la voiture, c’est d’aller voir Arnaud. Il est à côté de la fenêtre de la salle, m’aperçoit, j’arrive en courant.

— Je reviens, dit-il à ses parents, juste avant de sortir.

Je saute dans les bras d’Arnaud.

— Tu m’as trop manqué, dis-je.

— Toi aussi.

— Tu as reçu ma carte ?

— Oui. Merci pour ta carte et ton cadeau aussi. Tu es arrivée quand ?

— À peine 10 minutes. Je suis venue directement te voir. Je pense même que quand je vais rentrer, mes parents vont m’engueuler.

— Moi, je t’attends depuis ce matin.

On s’embrasse. Pendant ce temps-là, chez Arnaud, Jeanne qui veut comprendre pourquoi son fils est sorti en courant regarde par la fenêtre. Au début, elle ne voit pas Arnaud, mais au bout de 2 minutes, Jeanne nous aperçoit. On s’embrasse. Elle appelle son mari.

— Tu as vu quoi ?

— Regarde ton fils.

Lucas nous aperçoit.

— Voilà pourquoi il n’était pas trop en forme pendant ces 2 semaines.

— Oui, Marina était en vacances.

— Je me demande depuis quand ils ont ensemble.

— Je vais prévenir les parents de Marina pour les rassurer.

Jeanne va téléphoner à mes parents. Anne répond.

— Allô.

— Bonjour, désolée de vous déranger.

— Vous ne nous dérangez pas. Marina nous a lâchés, elle est partie à peine rentrée.

— Votre fille est juste en face de chez nous.

— Comment ?

— Marina est venue voir Arnaud.

— La première chose qu’elle fait, c’est d’aller voir votre fils.

— Oui, mais vous devriez peut-être venir et vous comprendrez.

— À tout de suite.

— On vous attend.

Elles raccrochent. Après avoir parlé avec Jeanne, Anne et Loïc quittent leur domicile. Entre-temps, nous continuons à nous parler.

Je dis avec un air triste :

— Il faut que je rentre.

— Moi aussi.

On s’embrasse pour se dire au revoir. Anne et Loïc sonnent à la porte. Jeanne ouvre.

— Que se passe-t-il ?

— Vous savez que nos enfants sortent ensemble ?

— Non, comment ça ?

— Regardez de ce côté.

Anne et Loïc regardent dans notre direction et nous voient.

— Alors là, on comprend mieux pourquoi Marina est partie aussi vite.

— Ils savent que vous les avez vus ?

— Non.

Mes parents et les parents d’Arnaud viennent vers nous.

— Désolés de vous déranger tous les deux.

Arnaud et moi sursautons.

— Marina, on rentre tout de suite à la maison.

— Mais…

— Il n’y a pas de mais !

— Arnaud… tu rentres aussi.

Arnaud et moi nous regardons. D’un signe, on décide de parler à nos parents.

— On s’est dit que si notre relation durait pendant les vacances d’été on vous en parlerait, dit Arnaud.

— On le jure, dis-je.

— On vous invite chez nous, dit Jeanne à mes parents.

— Merci, mais on ne veut pas s’imposer.

— Il n’y a pas de problème et je pense que vous n’avez rien de prévu ce soir.

— Bon d’accord !

Tout le monde va chez Jeanne et Lucas. Avant de rentrer, Arnaud et moi parlons pour nous mettre d’accord. Je lui dis :

— Comment on leur explique tout ce qui s’est passé dans l’année ?

— On va juste leur dire comment on a commencé notre relation. Ne t’inquiète pas.

— Je voulais attendre encore un peu avant de leur parler.

— Moi aussi, mais on n’a pas le choix.

Nous allons retrouver nos parents dans le salon.

— Bon, on vous écoute, dit Jeanne en croisant les bras.

— J’ai eu des sentiments pour Marina depuis le premier jour, dit Arnaud.

— Il me l’a dit, mais à ce moment je le voyais juste comme un ami. Mes sentiments ont commencé à évoluer à partir de novembre, c’est en mars que je suis tombée amoureuse.

— Ce n’est qu’en avril qu’on a vraiment commencé notre relation, mais en cachette. Personne n’était au courant.

— Donc ça dure depuis 4 mois.

— Ouais.

— On peut savoir pourquoi vous n’avez rien dit ?

— On voulait voir si notre relation allait durer.

— Marina si tu as eu des sentiments en mars, pourquoi vous n’avez pas commencé à ce moment ?

— Car Gwendoline et Yannick ont eu besoin de moi.

— C’est vrai que tu penses avant tout à tes amis avant de penser à toi.

— Oui, mais c’est moins le cas maintenant.

— Arnaud, tu n’as pas intérêt à faire du mal à notre fille, dit ma mère.

— Vous pouvez compter sur moi.

— Très bien.

— Est-ce qu’on peut y aller ?

— Où ?

— Juste voir Erwan, Annie et Julie.

— Oui, mais ne restez pas trop longtemps.

— On promet.

Arnaud et moi sortons de la maison. À peine sortis, nous nous regardons en soupirant.

— Ouf, ça s’est bien passé !

— Oui.

— Au moins, on ne se cache plus.

— C’est le point positif.

— Tu veux vraiment aller voir Erwan, Annie et Julie ?

— Non, c’est un prétexte pour sortir de la maison, dit Arnaud. Je veux passer du temps avec toi.

— Arnaud, on aura tout le temps maintenant que je suis de retour.

— Oui, mais je suppose que demain Gwendoline et Yannick rentreront et donc tu vas vouloir passer du temps avec eux.

— Oui, vu comme ça, je comprends mieux.

Nous commençons à marcher. Je parle de mes vacances en Espagne et Arnaud me parle de ce qu’il a fait pendant les 2 semaines. Vers 19 h, nous rentrons chez Arnaud.

— Alors, vous avez vu vos amis ? demande le père d’Arnaud.

— Non, ils ne sont pas chez eux.

— Tu aurais dû appeler avant.

— Ouais.

— On va manger tout de suite.

— D’accord.

 

 

Chapitre n° 7

Début des entraînements de football : 5e

 

Tout le monde s’installe autour de la table et commence à manger. Anne, Loïc, Jeanne et Lucas discutent tandis qu’Arnaud et moi restons silencieux. Après le dessert, Arnaud et moi allons dans la chambre d’Arnaud. Avant qu’on parte, les parents nous disent.

— On veut bien que vous alliez dans ta chambre Arnaud, mais tu laisses la porte ouverte, dit Jeanne.

— D’accord maman.

Nous allons dans la chambre. Pour moi, c’est la première fois que j’y rentre. Il a des posters « de joueurs de l’équipe de France » sur le mur.

— Alors, comment tu trouves ma chambre ? me demande Arnaud.

— Sympa ! J’ai l’impression qu’elle est plus petite de la mienne.

— C’est vrai.

Arnaud s’approche de moi et me pose un bisou sur le front. Il me prend mes mains et me fait une déclaration.

— Marina, comme tu le sais je t’aime depuis qu’on s’est rencontrés. Je t’aime de plus en plus chaque jour, quand tu n’es pas près de moi je ressens comme un vide. J’ai besoin de toi. Tu es ma force. Tu hantes mes rêves. Bref, je t’aime.

— Je ne sais pas quoi dire après ça. Mais je t’aime aussi. C’est vrai, au début de notre relation, je pensais toujours à Gwendoline et Yannick, mais grâce à toi, je pense maintenant à mon bonheur. Personne ne peut dire si dans un an on sera toujours ensemble et pour cela je veux qu’on vive pleinement notre relation.

— Moi aussi.

On s’embrasse. À un moment, Arnaud va aux toilettes. Quand il est de retour dans sa chambre, je me suis endormie. Arnaud ne me réveille pas et il s’endort aussi. Vers 23 h, nos parents nous appellent, mais n’obtiennent pas de réponse. Jeanne et Anne montent à l’étage. Elles nous trouvent endormis.

— Marina peut rester dormir ici, dit Jeanne.

— Merci. Ça ne vous dérange pas ?

— Bien sûr que non !

Elles ferment la porte et descendent.

— Marina est où ? demande Loïc.

— Ils se sont endormis, dit Anne.

— D’accord.

— Vous pouvez dormir ici aussi, dit Lucas.

— Non, on va rentrer.

— Comme vous voulez.

Ils se disent au revoir. Anne et Loïc rentrent chez eux. Le lendemain matin, Arnaud se réveille à côté de moi. Il sort du lit doucement. Au lieu de descendre, Arnaud m’attend, 10 minutes plus tard, je me réveille. En ouvrant les yeux, je ne reconnais pas la chambre. Arnaud me rassure.

— Tu t’es endormie hier soir. Je pense que mes parents n’ont pas eu le courage de te réveiller.

— D’accord. Donc, si je comprends bien on a dormi ensemble !

— Oui. Ne t’inquiète pas. On a juste dormi ensemble et rien de plus.

On s’embrasse avant de descendre. Je prends un petit-déjeuner et rentre chez moi. En arrivant chez moi, mes parents m’attendent.

— Bonjour, Marina.

— Maman, papa. Je suis désolée pour hier soir.

— Maintenant, on comprend mieux tes absences, tes petites sorties le soir après les cours.

— Je peux aller me laver et me changer ?

— Bien sûr.

Pendant le reste de la journée, je reste à la maison. Gwendoline et Yannick rentrent vers 18 h chez leurs mères. Trop fatigués de leurs voyages, ils vont se coucher juste après manger. Les jours s’écoulent et les entraînements de foot vont commencer sous peu. Depuis que nos parents sont au courant pour notre relation, Arnaud et moi nous voyons tous les jours. Bien sûr sous étroite surveillance. Par moments, je m’en veux de passer toutes mes journées avec Arnaud. J’ai le sentiment de laisser tomber Gwendoline et Yannick, mais grâce à Arnaud qui me rassure tout le temps et aussi à Gwendoline et Yannick qui me disent qu’ils comprennent que je pense à moi, je sais que je peux être heureuse sans que mes deux meilleurs amis m’en veuillent.

Le jour du premier entraînement de foot est arrivé. Gwendoline, Yannick, Arnaud, Erwan, Annie, Julie et moi sommes concernés. Du coup, vers 10 h du matin, on se retrouve pour aller au terrain d’entraînement. En chemin, on essaye d’imaginer ce qu’on va faire. Quand on arrive, l’entraîneur est déjà là.

— Bonjour, dit-il d’une voix franche.

— Bonjour, Monsieur.

— Il ne manque plus que trois personnes. On va les attendre. Commencez à vous échauffer.

— D’accord.

Nous allons nous échauffer, et les trois autres arrivent 5 minutes plus tard. Pendant que tout le monde s’échauffe, l’entraîneur prépare les exercices. Au bout de 20 minutes d’échauffement, nous arrêtons. L’entraîneur se présente :

— Je m’appelle monsieur Sylvain, je suis l’entraîneur de l’équipe. Quand vous voudrez me parler, ça sera « Monsieur », compris ?

— Oui, Monsieur.

— Bien. J’ai eu les renseignements sur vous tous. J’aimerais bien me faire ma propre idée. Alors, je vois que vous n’avez pas commencé tous au même moment.

— Est-ce que c’est grave, Monsieur ?

— Non, il n’y a aucun problème. Si les dirigeants vous ont choisis, c’est qu’ils savent ce qu’ils font. Bon maintenant, je veux voir comment vous maniez le ballon grâce à plusieurs exercices que j’ai mis en place pendant que vous vous échauffiez. Le premier, tout le monde le connaît, c’est se faire des passes. Le deuxième, il faudra passer avec le ballon entre les petits panneaux de gauche à droite. Le troisième exercice, c’est à peu près le même que le précédent, mais il faut à la fin tirer au but, ce n’est pas grave si vous ne marquez pas. Ça, on verra plus tard.

Dès que l’entraîneur siffle, nous commençons les exercices. Comme il le pensait, Gwendoline, Yannick, Arnaud, Erwan, Annie, Julie et moi on réussit les deux premiers exercices. En revanche, ça se passe moins bien pour les trois autres. L’entraîneur a dû les aider, pendant ce temps-là, Gwendoline, Yannick, Arnaud, Erwan, Annie, Julie et moi, on fait le dernier exercice. L’entraîneur jette de temps en temps un œil. Au moment où je tire, il est surpris.

— Continuez, je reviens.

L’entraîneur vient nous voir.

— Je comprends mieux pourquoi les dirigeants du club vous ont choisis.

— On ne comprend pas, Monsieur !

— Vous avez appris à tirer où ?

— À l’entraînement, et aussi de temps en temps, on s’entraîne.

— Pour vous, le foot signifie quoi ?

— C’est une passion. On s’amuse quand on a un ballon. Le foot nous permet aussi d’oublier les petits soucis.

— Eh bien, gardez ça en tête, amusez-vous toujours.

Pendant le reste de l’entraînement, nous tirons au but. À la fin, l’entraîneur nous demande de rester.

— Vous savez, vous n’allez pas signer un contrat professionnel cette année ni l’année prochaine. Il faudra attendre que vous arriviez en 3e au moins. Sauf si l’équipe pro a besoin de quelqu’un, mais pour moi, vous êtes encore jeunes et vous avez encore beaucoup de choses à apprendre. Vous comprenez ?

— Oui, Monsieur, on s’en doute un peu.

— Mais continuez comme vous faites, et on ne sait jamais.

Nous partons. Arnaud et moi marchons derrière nos amis. Nous voulons passer un moment ensemble. Les autres le remarquent.

— Vous voulez qu’on vous laisse, les amis ?

— Si vous voulez !

— Gwendoline, Yannick, vous pouvez dire à mes parents que je serai de retour un peu plus tard ? dis-je.

— Ne t’inquiète pas, on le leur dira.

— Merci les amis.

Gwendoline, Yannick, Erwan, Annie et Julie nous laissent. Enfin seuls, je dis à Arnaud :

— Je te rappelle qu’on a dit de ne pas les oublier.

— Je ne risque pas d’oublier, tu me le rappelles assez souvent.

— Désolée, mais tu me connais !

— Ouais !

— Je suis aussi contente qu’ils ne soient plus là.

— Tu sais comment ça s’est passé les vacances de Gwendoline et Yannick à Lorient ?

— Ça s’est bien passé. On en a parlé quand ils sont rentrés.

— D’accord.

— Tu sais que depuis qu’ils sont partis, notre conversation tourne autour d’eux.

— Tu remarques tout. Tu veux donc parler de quoi ?

— Je veux juste te dire que ça fait 4 mois qu’on est ensemble.

— Tu n’aimes pas qu’on se voie souvent ?

— Si !

— Où est le problème ?

— J’aime passer beaucoup de temps avec toi, car je pense tout le temps à toi. — J’aime aussi passer du temps avec les autres.

— Je vois où tu veux en venir. Mais je ne peux pas être loin de toi longtemps.

— Je veux dire qu’on peut rester avec eux de temps en temps.

— Pfff. D’accord.

— Mais rien ne nous empêche de nous voir seuls aussi !

— Je compte bien passer aussi des moments justes tous les deux.

On s’embrasse. On reste ensemble pendant 2 h. Quand je rentre, mes parents sont déjà là.

— Bonsoir.

— Bonsoir, Marina.

— Est-ce que vous avez eu mon message ?

— Oui, Gwendoline et Yannick nous ont avertis, ne t’inquiète pas. L’entraînement s’est bien passé ?

— Oui, très bien. Je sais que je ne peux pas passer en professionnelle pour le moment. Mais l’entraîneur nous a dit que si l’équipe pro a des besoins, on peut être appelés. Je vais aller me laver.

— Attends une seconde.

— Oui.

— Tu es restée avec Arnaud ?

— Oui, pourquoi ?

— C’est juste pour savoir. On ne veut pas qu’il t’arrive quelque chose.

— Arnaud et moi on aime être ensemble. On profite du moment présent.

— Ce n’est pas une raison, vous êtes ensemble.

— Je pensais que maintenant que vous le saviez, on serait libres de se voir.

— Oui, mais en semaine et quand on est là.

Je vais me laver. Pendant que je suis dans la douche, mes parents se parlent.

— Tu te rappelles l’année dernière à la même époque, on lui disait qu’Arnaud l’aimait, mais c’était juste pour l’embêter. Qui aurait dit que Marina et Arnaud allaient se mettre ensemble !

— Personne. C’est sa première relation amoureuse et elle est heureuse. Je trouve qu’ils forment un beau couple. Mais je m’inquiète, à cet âge les sentiments changent vite.

— C’est vrai. J’espère que ça va durer. Pour une fois, notre fille pense à elle et non à ses amis.

— Oui, depuis toute petite elle pensait à Gwendoline et Yannick.

Je suis descendue et j’écoute mes parents. Mon père m’aperçoit.

— Tu es là depuis longtemps ?

— Non. Merci pour ce que vous avez dit. Nous aussi, on espère que ça va durer.

Vers 18 h, ma mère va préparer une salade et des saucisses. Juste avant 19 h, le téléphone sonne. Mon père va répondre.

— Allô !

— Bonjour, Monsieur, c’est Arnaud, est-ce que Marina est là ?

— Bien sûr, je te la passe… Marina !

— Oui !

— C’est Arnaud…

Je prends le téléphone.

— Arnaud, il se passe quoi ?

— Rien de spécial, je veux juste te dire que je pense à toi.

— D’accord, moi aussi je pense fort, fort à toi.

— Et aussi, j’aimerais t’inviter à manger demain midi chez moi, si tu veux bien sûr.

— Super, j’ai hâte !

On se dit au revoir.

— Alors ?

— Il veut m’inviter à manger chez lui demain.

— Bien. Tu pouvais quand même nous demander la permission.

— Désolée, mais je peux aussi décider moi-même !

Comme le repas est prêt, nous mangeons. Après le dîner, je vais dans ma chambre. Pendant ce temps-là, mes parents discutent au salon.

— Je n’ai jamais vu Marina aussi heureuse, elle se rebelle un peu ces derniers temps.

— Tu te rappelles comment tu étais à son âge ?

— Oui, très bien, mais je ne pensais pas aux garçons.

— Peut-être, mais rappelle-toi quand tu étais amoureuse pour la première fois.

— C’est vrai, j’étais comme elle, mais c’était beaucoup plus tard.

— Les sentiments ne se contrôlent pas. Et si tu veux mon avis, ça va durer entre Marina et Arnaud.

— Comment tu peux en être sûr ?

— Ça se voit dans ses yeux.

— Tu as vu tout ça…

— Une mère voit tout, même si ses enfants ne parlent pas !

— De plus, pour Marina ça a dû être dur cette année. Quand elle a remarqué qu’elle avait des sentiments pour Arnaud, Gwendoline et Yannick avaient besoin d’elle. Marina a dû choisir entre son amitié et son amour !

— Oui, mais je pense que Gwendoline et Yannick l’ont aidée. Leur amitié dure depuis longtemps. Ils savent que ça ne va rien changé entre eux. Et Arnaud doit savoir que Marina choisira toujours Gwendoline et Yannick.

Je suis redescendue et écoute discrètement la conversation de mes parents. Je rentre dans la salle d’un pas vif.

— Maman, papa.

— Marina.

— Je veux juste vous dire que c’est vrai. Le jour où j’ai su que j’aimais Arnaud, Gwendoline et Yannick ont eu besoin de moi, c’est le jour où ils ont reçu la lettre de leurs pères.

— Et qu’ils ont disparu toute la journée et la nuit.

— Oui, c’est vrai et c’est grâce à Arnaud que j’ai pu savoir où ils sont allés.

— Comment ?

— Il m’a juste parlé et rassurée.

— Pour changer de sujet, tu n’as pas entraînement demain ?

— Si, l’après-midi.

— D’accord.

Le lendemain juste avant d’aller chez Arnaud, je vais voir Gwendoline et Yannick.

— Salut !

— Salut. Je veux juste vous dire que je mange avec Arnaud.

— Compris, donc on te retrouve sur le terrain.

— Oui, mais après l’entraînement, je reste avec vous.

Je pars retrouver Arnaud. C’est la première fois qu’on mange ensemble. Après le repas, on va à l’entraînement. En chemin, on parle.

— Comment tu as trouvé le repas ?

— Il était très bon. Ce n’est pas toi qui l’as fait ?

— Non, ma mère.

— Tu lui diras merci de ma part.

— D’accord.

— Arnaud, ce soir je rentre avec Gwendoline et Yannick.

— Pourquoi ?

— Mes parents ne veulent pas trop qu’on reste ensemble sans qu’ils soient au courant. Hier soir, ils m’ont fait la morale. Quand tu as téléphoné, je leur ai dit que tu m’invitais à manger, et ils m’ont dit que je devais le leur demander avant.

— OK, moi aussi, mes parents veulent que je rentre plus tôt. Personnellement, je veux passer mon temps avec toi.

— Idem. Je pense que si on montre pendant quelques jours qu’on ne reste pas ensemble en permanence, ils nous feront confiance.

— D’accord.

Après l’entraînement, avant de partir avec Gwendoline et Yannick, je dis au revoir à Arnaud.

— On peut savoir pourquoi tu restes avec nous et non avec Arnaud ?

— Je veux passer du temps avec vous. C’est aussi pour prouver à nos parents qu’on peut rester quelques jours sans être ensemble.

— Si on te pose cette question, c’est parce que depuis qu’on est rentrés de vacances nous trois, tu passes ton temps avec Arnaud.

— Je suis désolée de vous avoir laissé tomber, les amis.

— Ne t’inquiète pas. C’est nous qui t’avons dit de penser à toi.

— Je sais, mais je ne veux pas que notre amitié soit différente à cause de ça.

— Elle ne sera jamais différente. On restera amis quoi qu’il arrive.

— Merci les amis.

On se sépare, car on est arrivés chez nous. Pendant l’année de 5e, Gwendoline, Yannick, Arnaud, Erwan, Annie, Julie et moi jouons en CFA. Notre entraîneur est sûr qu’on va un jour jouer en professionnels. Peut-être pas à Brest. Pour Arnaud et moi, c’est l’année de confirmation de notre amour. Personne ne pensait que ça allait durer aussi longtemps. Nous sommes surpris, peut-être plus que nos amis, mais nous nous en réjouissons. Nos parents nous laissent un peu plus de liberté. Bien sûr, ils nous surveillent encore.

Durant notre année de 4e, c’est la révélation de notre talent au foot. Pour la première fois de l’histoire de l’équipe de Brest, des jeunes signent un contrat professionnel.

En fin d’année de 3e, notre relation prend un nouveau tournant, car le club de foot de Quimper m’a fait une proposition, mais avant de donner ma réponse, je demande l’avis d’Arnaud. On est allés au parc pour en parler.

— Tu penses que je dois choisir quoi ?

— C’est à toi de choisir !

— Arnaud, j’ai besoin d’aide là !

— Arrête de te poser la question. Je te connais. Ce n’est pas plutôt que tu as peur pour nous ?

— Avant, j’aurais déjà choisi ! Gwendoline et Yannick vont à Lorient. J’aurais dit oui sans réfléchir, mais maintenant c’est plus pareil. Du tout !

— Et pourquoi ?

— On est ensemble, et c’est vrai, j’ai peur… Si je pars, on risque de se séparer !

Je te promets qu’on sera toujours ensemble dans un an.

— Mais…

— Il n’y a pas de mais. Pense à ta carrière. N’aie pas peur, je t’aime, je sais que notre amour est très fort, et qu’on va surmonter cette épreuve. On a surmonté beaucoup d’épreuves depuis qu’on est ensemble.

— Comment tu peux être sûr ?

Il m’embrasse pour me rassurer. Après cette conversation, Arnaud et moi rentrons. En attendant mes parents, je m’allonge sur le transat qui est dans le jardin. Je repense à ce qu’Arnaud m’a dit dans l’après-midi. Quand mes parents rentrent, j’attends pour aller leur parler. Environ 20 minutes plus tard, je prends mon courage et je vais les voir. Ils sont assis dans la salle, ils prennent leur café et thé au jasmin.

— Euh…

— Oui, Marina.

— Je peux vous parler ?

— On t’écoute.

— Le club de Quimper m’a fait une offre. Après avoir réfléchi et parlé avec Arnaud aujourd’hui, je sais que ça va peut-être vous surprendre, mais j’ai décidé d’accepter l’offre de Quimper.

— Tu as bien réfléchi ?

— Oui. Avant de leur donner ma réponse, je voulais avoir plusieurs avis.

— Nous, ça ne nous dérange pas de partir de Brest, mais toi, tu vis ici depuis toujours. Et tu as des amis. Plus encore…

— Si vous parlez d’Arnaud, on s’est promis de rester ensemble.

— D’accord. On voit que tu es sérieuse. Bon, ce week-end, on ira à Quimper pour trouver une maison. Je pense qu’on sera dans un appartement dans un premier temps.

— Est-ce que je peux rester ici pour passer du temps avec mes amis ?

— Ce n’est pas plutôt pour passer du temps avec Arnaud ? Gwendoline et Yannick sont partis, dit Anne.

— Tu sais que tu peux nous le dire. On ne va pas t’empêcher de le voir. On veut juste que tu fasses attention et Arnaud aussi bien sûr, dit Loïc.

— On profite juste du temps qui reste pour le passer ensemble.

— On comprend très bien. On veut te protéger.

Je regarde mes parents.

— Me protéger d’Arnaud. On ne fait rien de mal. On passe notre temps à parler. C’est vrai qu’on s’embrasse, mais c’est tout.

— On te fait confiance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre n° 8

Départ douloureux pour Quimper

 

Pendant le week-end, mes parents vont à Quimper. Je reste à Brest pour pouvoir passer du temps avec Arnaud et aussi mes amis. Nous passons le samedi après-midi ensemble au parc. Gwendoline et Yannick sont déjà partis à Lorient où ils sont transférés. Depuis qu’ils sont partis, je ne me sens pas bien, même quand je suis avec Arnaud, qui le remarque. Au début, il attend que je lui parle, mais en voyant que je ne lui dis rien, il décide de me parler au parc.

— Je ne tiens plus, Marina, tu as quoi ? Tu sais que tu peux me parler, dit Arnaud.

— Je sais Arnaud, c’est juste que Gwendoline et Yannick…

— Ils sont partis.

— Oui, et je sens comme un vide.

— Je te comprends. Je suis là aussi.

— Ce n’est pas pareil, avec Gwendoline et Yannick on est amis depuis longtemps. Toi, je t’aime et je peux passer mes journées avec toi, dis-je.

— Je vois ce que tu veux dire. Moi aussi je t’aime et je veux passer du temps avec toi. Je sais très bien que je ne peux pas remplacer Gwendoline et Yannick. Tu pars bientôt et je veux qu’on passe les derniers jours ensemble.

— Idem pour moi.

Le jour de mon départ est arrivé. Mes parents m’attendent, car je suis allée dire au revoir à Arnaud.

— Marina, ne t’inquiète pas, rappelle-toi. On sera toujours ensemble. Quimper n’est pas loin.

— Je sais.

— Marina… commence Arnaud.

— Pourquoi tu t’arrêtes ?

— Je ne me rappelle pas ce que je voulais dire.

— Arnaud, ça ne marche pas !!!

— Je ne veux pas te l’avouer, mais je m’inquiète aussi pour nous.

— Et c’est toi qui me dis de ne pas m’inquiéter ! Écoute, tu m’as dit que notre amour est très fort et qu’on sera toujours ensemble. Je le crois, car tout ce que je sais c’est que je t’aime. Ça ne peut pas changer maintenant. Tu sais me rassurer.

— Je t’aime.

Une voiture s’arrête à côté de nous.

— Marina, il est temps de partir, dit mon père.

— Vous allez vous voir, dit ma mère.

— Ouais, j’arrive.

On s’embrasse une dernière fois. Je monte dans la voiture. Arrivés à Quimper, Anne, Loïc et moi commençons à ranger les affaires.

On est mi-juillet, les entraînements vont recommencer à Brest. Mais l’humeur n’est pas au rendez-vous pour Arnaud, Erwan, Annie et Julie, car Gwendoline, Yannick et moi leur manquons. Pour le premier entraînement, le coach leur a dit de venir plus tôt. Du coup, à 7 h, ils sont changés et attendent sur le terrain l’arrivée de leur entraîneur. Ils parlent pour passer le temps.

— Vous avez des nouvelles de Marina, Gwendoline et Yannick ? demande Julie.

— Oui, Marina m’a appelé hier soir. Elle va bien. Gwendoline et Yannick aussi, dit Arnaud.

L’entraîneur arrive avec trois nouveaux qu’ils connaissent de vue. Ils ont commencé avec eux.

— Bonjour.

— Bonjour, Monsieur.

— Je vous présente Will, Molly et Isabelle, tous défenseurs. Ils jouent avec vous cette saison. Allez-vous changer, on commence tout de suite.

Will, Molly et Isabelle vont aux vestiaires. Ils ont fini de se changer. L’entraîneur donne le coup d’envoi. Depuis que je suis arrivée à Quimper, je m’entraîne tous les jours pour être prête le premier jour d’entraînement avec ma nouvelle équipe. Le jour J, je vais sur le terrain. Il y a aussi un garçon qui s’appelle Pierre.

— Bonjour à tous, dit l’entraîneur de Quimper.

Avant de commencer, il vient voir Pierre et moi.

— Bon, je vais vous présenter au reste de l’équipe, dit l’entraîneur. Voilà Christelle, elle est la gardienne de l’équipe, à côté d’elle, c’est Élodie qui est en attaque, ensuite Audrey qui est plus au milieu, vient ensuite Antony qui est défenseur et enfin Olivier, il joue en défense, dit-il. Je vous présente Marina et Pierre.

Gwendoline et Yannick font aussi leur premier jour dans leur nouvelle équipe. Cela fait deux semaines que Molly, Will et Isabelle s’entraînent avec Arnaud, Erwan, Annie et Julie. Comme le premier match arrive. L’entraîneur leur donne des consignes :

— Vous allez jouer contre Rennes vendredi soir. L’année dernière, vous avez gagné contre eux, dit-il. Arnaud, Erwan, vous êtes en attaque, juste derrière vous il y a Annie. Molly, Will et Isabelle, vous restez en défense pour ce match. Julie, tu es dans le but. Vous avez compris ?

— Oui.

Arnaud, Erwan, Annie, Julie, Molly, Will et Isabelle partent ensemble. Pendant un moment, ils ne se parlent pas.

— Est-ce qu’on peut savoir quelque chose ? demande Isabelle.

— Bien sûr, dit Julie.

— Marina, Gwendoline et Yannick sont vos amis depuis longtemps ?

— Depuis 4 ans. Gwendoline et Yannick ont demandé à être transférés à Lorient pour rejoindre leurs pères qui sont partis il y a 3 ans déjà. Marina a été transférée à Quimper, dit Annie.

— Si vous voulez tout savoir, Marina est ma petite amie depuis 3 ans, dit Arnaud.

— Pendant 2 ans, ils ont joué avec nous dans l’équipe.

— Et on a gagné 2 fois le championnat, mais on a perdu en finale de la coupe de France l’année dernière.

— Un jour, il faudra qu’on se rencontre.

— Est-ce que vous voulez être nos amis ?

— Bien sûr.

Je vais au terrain pour l’entraînement. J’arrive 5 minutes en avance.

— Bonjour à tous. Marina, Pierre, j’ai quelque chose à vous demander, dit l’entraîneur. Les autres, allez-vous échauffer.

— J’ai pris note de vos qualités. J’ai pu remarquer que vous avez des défauts, mais n’ayez pas peur, on va améliorer votre technique de jeu pendant l’année, dit-il. Marina, j’ai remarqué que tu utilisais plus ton pied gauche pour passer le ballon et tirer. Est-ce que c’est normal ?

— Oui, je suis gauchère.

— Vous pouvez aller vous échauffer avec les autres.

Pierre et moi allons nous échauffer. Une demi-heure plus tard, l’entraîneur leur demande de faire des passes, je commence par faire des passes avec mon pied gauche.

— Au coup de sifflet, vous faites des passes avec le pied droit.

Il siffle et tout le monde fait des passes avec le pied droit. Je sais que c’est mon point faible, je n’y arrive pas tout de suite. 1 h après, l’entraîneur siffle la fin de l’entraînement. Je me change et rentre seule, mais Christelle, Audrey, Élodie, Antony et Olivier m’abordent.

— Est-ce qu’on peut faire un bout de chemin avec toi ?

— Oui, sans problème.

— Est-ce que tu as un petit ami ?

— Oui, il s’appelle Arnaud et il vit à Brest.

— Tu es avec lui depuis combien de temps ?

— Depuis 3 ans, mais je le connais depuis 4 ans.

— Tu as des amis à Brest ?

— Oui, il y a déjà Arnaud ensuite Erwan, Annie et Julie, mais mes deux meilleurs amis sont Gwendoline et Yannick. Eux, ils sont partis à Lorient retrouver leurs pères.

— Tu les connais depuis combien de temps tes meilleurs amis ?

— Depuis l’enfance.

Le jour du match contre Brest arrive. L’entraîneur de Quimper conseille son équipe.

— Il y a des nouveautés pour le match contre Brest. Christelle, tu restes dans le but. Olivier, tu es au milieu, en défense. Antony en défense aussi côté gauche et Pierre en défense à droite et tu commences le match. Audrey, tu es au milieu, mais tu aides Élodie et Marina en attaque, dit l’entraîneur.

Arnaud, Annie, Erwan, Molly, Will, Isabelle et Julie sont dans les vestiaires, ils attendent leur entraîneur.

— Vous avez eu la composition de l’équipe de Quimper ? demande Arnaud.

— Oui et comme je le pensais, Marina commence le match.

Ce soir, c’est Brest contre Quimper. Les deux équipes n’ont jamais perdu ni fait de match nul. C’est un match qui promet d’être animé. L’arbitre arrive et regarde sa montre, porte son sifflet à la bouche. Le match va commencer. L’arbitre appelle les capitaines des deux équipes. Arnaud le rejoint. Maintenant, c’est lui le capitaine de Brest depuis le départ de Marina, Élodie est capitaine à Quimper.

— Je choisis pile, dit Élodie.

— Bon, je prends face…

L’arbitre lance la pièce. Quimper joue à gauche pour la première mi-temps et donne le coup d’envoi. Élodie et Arnaud retrouvent leurs équipes. Et c’est parti, première frappe pour Quimper. Arnaud, Erwan et Annie se précipitent vers moi, car j’ai le ballon, mais je le donne tout de suite à Audrey qui s’en empare, talonnée par Élodie. Annie essaie de lui prendre le ballon, mais Audrey le donne à Élodie. Je suis surveillée par Arnaud, Erwan marque Élodie de très près. Les deux équipes sont performantes que ce soit en attaque, en défense ou en marquage. Quelle équipe finira par prendre l’avantage ? Le suspense est à son comble. Les occasions de but sont nombreuses, mais sans réussite pour le moment. Dans les gradins, les supporters se déchaînent lorsque l’équipe de Brest est proche de la surface de réparation quimpéroise. Mais pour l’instant, nous approchons des buts brestois. Le danger se rapproche. Élodie tire dans la défense, mais le ballon est arrêté par le mur défenseur. Il rebondit sur moi, je contrôle du genou, de mon pied gauche je tire au but. Julie est battue. Je marque contre Brest. Sur le panneau lumineux, s’affiche Brest 0 — Quimper 1. Pour Brest, c’est un coup dur, les supporters brestois espèrent qu’ils vont se reprendre. Brest donne le coup d’envoi. Mais l’équipe de Quimper continue de dominer. Les passes s’enchaînent et le contrôle du ballon est efficace. Au bout de 20 minutes, l’équipe de Brest est de nouveau malmenée. Julie n’a rien pu faire. Elle encaisse son second but. Brest 0 — Quimper 2. L’arbitre surveille sa montre et siffle la fin de la première mi-temps.

À la fin de la pause, les deux équipes se retrouvent sur le terrain. Brest va essayer de marquer pour revenir dans le match. Brest donne le coup d’envoi de cette mi-temps. Cette fois, le moral de l’équipe brestoise est atteint, l’équipe résiste malgré tout, mais les Quimpérois dominent cette partie qui s’achève sur le score de 3 à zéro.

Brest va à Lorient la semaine prochaine et Quimper reçoit Guingamp. Dans le couloir, un journaliste, bloc et stylo à la main, s’adresse à l’entraîneur de Brest.

— Bonsoir, Brest a essuyé sa première défaite depuis 2 ans et quelle défaite !

— Oui. On est tombés sur une équipe de Quimper très en forme en ce moment.

— Est-ce que vous pensiez que Marina allait marquer aujourd’hui ? demande le journaliste.

— Marina est toujours la bienvenue ici.

— Elle a montré des nouvelles techniques aujourd’hui.

— Elle est restée la même, mais c’est vrai qu’elle a ce petit quelque chose en plus.

— Merci d’avoir répondu.

— De rien.

J’arrive.

— Bonsoir.

— Bonsoir.

— Est-ce que vous avez entendu l’entraîneur de Brest ? demande le journaliste.

— Oui. Il a dit que j’ai quelque chose de spécial. Eh bien oui, je m’entraîne plus en ce moment. Et j’améliore mes points faibles. Comme pour tirer et faire une passe du pied droit.

Je vais rejoindre l’équipe dans les vestiaires. Après s’être changée, l’équipe sort. Audrey, Élodie et moi attendons l’équipe de Brest. Quelques minutes plus tard, ils arrivent, dépités.

— Je savais bien que Marina nous attendrait, dit Annie.

Ils arrivent à côté de nous.

— Arnaud n’est pas avec vous ? demandé-je.

— Il arrive.

— Je veux vous présenter deux amies. Une minute. Salut toi.

— Salut, dit Arnaud. Tu vas bien ?

— Ouais et toi ?

— Aussi.

— Tu m’as manqué.

— Toi aussi.

On retourne voir les autres.

— Avant que j’oublie, je vous présente Audrey et Élodie, mes nouvelles amies de Quimper.

— Enchanté.

— Nous aussi, on doit te présenter les trois remplaçants.

— Ils arrivent, dit Annie.

— Marina, on te présente Molly, Will et Isabelle.

— Voilà Marina vous trois.

— On avait hâte de te rencontrer.

— Ils n’arrêtent pas de parler de toi.

— On attend un peu plus loin, Arnaud.

— Merci.

Julie, Annie, Erwan, Molly, Will et Isabelle partent pour laisser Arnaud et moi seuls.

— Je t’appelle dès que je suis arrivée chez moi.

— D’accord.

— Désolée d’avoir marqué contre vous !

— Merci de me le faire remarquer. Votre équipe est la meilleure.

— Oui.

— On va gagner contre Lorient.

— Bon, il faut que j’y aille.

— D’accord.

— Je t’aime.

— Moi aussi, je t’aime.

Je vais retrouver les filles.

— On peut partir ?

— Oui.

— On reste là, où on retourne à Quimper ?

— On va à Quimper, sinon je retourne voir Arnaud, et je reste tout le week-end.

On part pour Quimper. Les jours qui suivent le match contre Quimper, l’équipe de Brest s’entraîne à fond pour le match contre Lorient.

— Vous êtes en forme aujourd’hui.

— Oui, on est prêts pour le match contre Lorient.

— Bon, demain on part à 10 h. Comme ça, vous aurez le temps d’aller voir Gwendoline et Yannick.

Le lendemain matin, toute l’équipe est présente. Dès que l’entraîneur arrive, ils partent en bus. Avant le match, l’entraîneur de Lorient parle :

— Gwendoline et Yannick, vous connaissez très bien l’équipe de Brest.

— On connaît leur gardienne, les attaquants, mais pas les défenseurs, ils sont nouveaux cette année.

— D’accord. La semaine dernière, ils ont été battus par Quimper, alors ils font tout pour gagner, mais on a deux attaquants qu’ils connaissent.

— D’accord.

Le match va commencer. Lorient a fait match nul contre Rennes, l’équipe veut gagner ce match, mais Brest a perdu contre Quimper aussi, et a laissé la première place. Je pense qu’ils veulent faire oublier cette défaite. Le match commence. C’est Brest qui va donner le coup d’envoi. L’arbitre siffle. C’est la première fois que les deux équipes s’affrontent, et le match est très équilibré. L’action se déroule beaucoup en milieu de terrain. Aucune équipe ne semble se démarquer de l’autre. À l’issue de la première mi-temps, c’est l’équilibre parfait, comme le montre le score final : deux buts partout. Quimper a gagné par quatre buts à zéro.

Après le match, Gwendoline et Yannick attendent Arnaud, Erwan, Annie et Julie.

— Ils font quoi ?

— Je ne sais pas.

Arnaud, Erwan, Annie et Julie arrivent.

— Bonsoir vous deux.

— Bonsoir.

— Ça vous dit d’aller un week-end à Quimper ?

— Mais on a match tous les weekends.

— Non.

— On peut même vous dire le week-end où vous pouvez aller à Quimper.

— C’est quand ?

— Dans deux semaines, car on va voir Marina.

— Trop content !

— Les autres nous attendent pour partir. Pfff.

— D’accord.

— On vous voit dans deux semaines ?

— Oui. Trop hâte.

Arnaud, Erwan, Annie et Julie vont retrouver les autres pour rentrer à Brest. Après le match contre Guingamp, l’équipe s’entraîne régulièrement. Je reçois tous les jours un appel d’Arnaud. La veille du match, l’entraîneur nous laisse la journée pour nous reposer. L’équipe passe la journée ensemble. À Lorient, les joueurs veulent faire oublier leurs deux matches nuls à leurs supporters, donc ils s’entraînent tous les jours. Le jour du match, l’entraîneur de Lorient donne la composition de l’équipe dans les vestiaires.

— Laurianne, gardienne, Stéphane, Sébastien et Cécile en défense. Fanny au milieu et Gwendoline et Yannick en attaque. Voilà l’équipe qui va affronter Quimper. Il n’y a pas de changement par rapport à la semaine dernière.

L’entraîneur de Quimper est dans les vestiaires et parle à l’équipe, très confiant.

— Marina, tu connais bien deux joueurs, alors empêche-les d’avoir le ballon.

— D’accord. Mais ils vont me marquer.

— Il n’y a aucun doute là-dessus, mais fais tout ton possible…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre n° 9

Finale de coupe de France Brest-Quimper

 

Le match va commencer dans quelques minutes. L’arbitre siffle le début Élodie et moi donnons le coup d’envoi de la première mi-temps. Je suis marquée par Gwendoline et Yannick, mais je pense que cela ne va pas m’empêcher d’avoir le ballon. On assiste à un festival de passes. Le match est animé, et, malgré des marquages efficaces de part et d’autre, les buts s’enchaînent. À la mi-temps, Lorient est mené par Quimper trois buts à deux.

En deuxième période, on assiste à un match de folie. Dans les gradins, les spectateurs sont survoltés. Malgré la fatigue, les joueurs luttent, et dans les vingt dernières secondes, Quimper fait la différence avec six buts contre cinq pour Lorient. L’arbitre siffle la fin du match. Lorient essuie sa première défaite de la saison.

Audrey, Élodie et moi arrivons. Je fais la surprise à Arnaud.

— C’est qui ?

— Une fille que j’aime trop et qui me manque.

— Ah ! Ce n’est pas juste.

Nous nous embrassons.

— Salut Marina.

— Gwendoline et Yannick viennent ?

— Oui.

— Bien.

— Voilà Gwendoline et Yannick.

— Salut vous tous.

— Salut.

— Ça va ?

— Oui.

— La semaine dernière, on ne vous a pas présenté Molly, Will et Isabelle.

— Non, c’est qui ?

— Molly, Isabelle et Will jouent à Brest.

— Enchanté.

— Salut !

— Je crois qu’on est de trop ici.

— Pourquoi ?

— Regardez, il y a ces deux tourtereaux qui sont occupés.

Tout le monde nous dévisage.

— Vous avez raison.

— Les amis, il faut respirer un peu.

— Quoi ?

— Ça fait à peu près une minute que vous vous embrassez.

— Une minute, mais ce n’est rien, ça. On ne se voit pas tous les jours !

— Ce n’est pas grave.

— Bon, on doit aller à Brest.

— Oui.

— Nous, on doit aller à Quimper.

— D’accord.

— Et on vous voit la semaine prochaine à Quimper.

— C’est cela.

— À la semaine prochaine alors !

— D’accord !

La semaine qui suit le match, je n’arrête pas de penser au week-end. J’ai hâte de voir mes amis, mais surtout de passer deux jours complets avec Arnaud. Pendant les cours, je fais des petits cœurs sur toutes les feuilles de toutes mes copies.

— Marina, tu vas bien ?

— Oui. Pourquoi tu me demandes cela ?

— C’est normal tous ces cœurs sur ta feuille de cours ?

— Il n’y a pas de cœurs sur ma feuille.

— Si.

Je regarde ma feuille.

— Bon d’accord, il y a quelques cœurs, mais pas trop. Ce n’est pas ma faute si je n’arrête pas de penser à Arnaud.

— Tu es comme ça depuis lundi. On n’est que mercredi matin et on s’inquiète un peu.

— Pourquoi ?

— Tu sembles ailleurs. On sait que des amis viennent ce week-end, mais ce n’est pas une raison pour faire cela.

— Je sais, mais c’est le premier week-end qu’ils viennent à Quimper.

— Surtout Arnaud.

— J’ai hâte de le voir.

— On sait, mais Gwendoline et Yannick viennent aussi.

— Oui, mais Erwan, Annie et Julie aussi.

Pendant le reste de la semaine, Élodie, Audrey et moi parlons du week-end. Le vendredi soir, l’équipe de Quimper s’entraîne pour le match qui va avoir lieu dans une semaine.

— Marina, ils arrivent à quelle heure les autres, demain ?

— Gwendoline et Yannick arrivent un peu avant midi. Et Arnaud, Erwan, Annie et Julie viennent en début d’après-midi.

— Tu ne vas pas voir Arnaud longtemps.

— Si, car il n’a pas cours lundi matin.

— D’accord, c’est plutôt cool !

Le samedi matin, je me lève tôt. Ma mère me lance :

— Marina, tu es tombée du lit ?

— Non.

— Il est 7 h et tu es déjà levée.

— Si elle est levée, c’est parce que ses amis viennent aujourd’hui.

— Mais ils n’arrivent que dans quelques heures.

— J’ai beaucoup de choses à faire avant.

Je prends mon petit-déjeuner en vitesse. Dès que je suis prête, je vais retrouver Audrey et Élodie.

— Bonjour Marina.

— Bonjour les filles.

— Alors, c’est aujourd’hui le grand jour !

— Oui !! Mais avant on a entraînement.

— Et il vaut mieux être à l’heure.

On prend la direction du stade. On s’entraîne pendant trois heures. Après l’entraînement, je rentre pour me changer. Vers midi, Gwendoline et Yannick arrivent à Quimper.

— Bonjour vous deux.

— Salut !

— Est-ce que Marina est là ?

— Oui, entrez.

— Marina ! appelle Anne.

— Ouais !

— Gwendoline et Yannick sont arrivés.

— J’arrive.

— Salut vous.

— Salut Marina.

— Tu t’es faite belle pour nous ?

— Oui et non.

— Bien sûr, c’est pour Arnaud, coquine.

— Oui.

— Ils arrivent à quelle heure ?

— Vers 14 h.

— On a environ deux heures devant nous.

— C’est ça.

— On fait quoi en attendant ?

— On voit Élodie et Audrey et on reste avec elles jusqu’à 14 h. Vous en pensez quoi ?

— D’accord.

— Maman, papa.

— Oui.

— On sort.

— D’accord. Quand les autres arrivent, on leur dit où vous êtes ?

— Oui.

Gwendoline, Yannick et moi sortons. À 14 heures, Arnaud, Erwan, Annie et Julie arrivent.

— Bonjour la fine équipe.

— Bonjour, Madame.

— Vous cherchez les autres ?

— Oui.

— Vous allez les trouver à côté du terrain de foot.

— Merci.

Ils partent pour le terrain, tout excités.

— Ils sont là.

— Coucou.

— Ah ! Salut vous ! Marina est où ?

— Elle arrive.

— D’accord, elle est où ?

— Ne t’inquiète pas.

— Elle arrive.

— Salut.

— Il était temps, car il y en a un qui commençait à s’impatienter !

— Désolée, dis-je.

J’embrasse Arnaud. Les deux jours se passent à merveille. Le dimanche soir, tout le monde part. Arnaud est le seul à rester, il rentre le lendemain matin. Après ce week-end, les entraînements reprennent pour Brest, Quimper et Lorient. L’équipe de Brest est arrivée sans problème en demi-finale de la coupe de France et elle rencontre Paris.

Tous les supporters sont derrière elle, car ils veulent que Brest gagne la coupe pour la première fois. Pour la première fois de son histoire, l’équipe de Quimper est en demi-finale. L’équipe rencontre Lorient qui pour la deuxième fois arrive en demi-finale. La rencontre se joue le lendemain de la rencontre Brest-Paris. L’équipe de Quimper est allée voir le match, tout comme Lorient. Les deux équipes veulent que ce soit Brest qui gagne. Le jour de la demi-finale, Arnaud, Erwan, Annie et Julie sont en forme. L’entraîneur parle à l’équipe.

— Je sais que vous avez la pression avec le Tout-Brest qui est présent. On ne change rien. Je sais que vous pensez à la demi-finale de demain. Restez concentrés.

— D’accord.

— Vous pouvez y aller.

La première demi-finale va commencer dans quelques minutes. Les deux équipes font leur entrée sur le terrain. Et c’est parti ! Pour le moment, c’est Arnaud qui a le ballon, il tire sans passer à Erwan ni à Annie. C’est le but, Brest commence bien sa demi-finale. Pendant la première mi-temps, l’équipe de Brest est menée par 2 à 0. La seconde mi-temps, Brest marque encore deux buts. Brest gagne par 4 à 0. L’équipe est en finale pour la deuxième fois en deux ans.

L’heure de la demi-finale Quimper contre Lorient approche. Les deux équipes sont déjà dans les vestiaires. L’entraîneur de Quimper parle à son équipe :

— Je veux que vous donniez tout. C’est la première fois que l’équipe arrive à ce niveau de jeu. Je n’ai pas fait de changement.

De son côté, l’entraîneur de Lorient parle aussi à son équipe :

— Si vous gagnez aujourd’hui, vous allez affronter Brest en finale, alors tentez tout. Maintenant. Allez-y, foncez !

La deuxième demi-finale va commencer. Les deux équipes rentrent sur le terrain. C’est Quimper qui a donné le coup d’envoi. Pour Quimper, c’est une grande première d’arriver à ce stade d’une compétition. Seuls Gwendoline, Yannick et moi avons déjà connu ce sentiment de satisfaction l’année dernière. C’est moi qui ai le ballon, je tire et marque d’emblée. Gwendoline et Yannick font leur maximum pour essayer d’égaliser. Mais ils ont du mal à passer le milieu de Quimper. Élodie et Audrey sont bien en place. Élodie reprend le ballon de Yannick, elle le passe à Audrey qui me passe le ballon que je contrôle. Je le repasse à Élodie, elle tire et offre le second but à l’équipe de Quimper. L’arbitre siffle la fin de la mi-temps. Quimper : 2 ; Lorient : 0. Les équipes rentrent aux vestiaires.

La seconde mi-temps va commencer. C’est Lorient qui donne le coup d’envoi. Et c’est parti ! Gwendoline part, suivie de Yannick et de Fanny, elle ne peut pas passer le ballon. Audrey le reprend, elle le passe à Élodie qui me le passe. Pour le moment, Lorient court après le ballon. Quimper se rapproche du but. Je prends le ballon qu’Élodie m’a passé, je tire et marque le troisième but. L’arbitre siffle la fin du match. Une semaine après les demi-finales, Brest et Quimper sont à Paris pour jouer la finale au stade de France. Les deux équipes se sont entraînées toute la semaine pour la gagner.

Aujourd’hui, c’est la finale de la coupe de France. L’année dernière, Brest a perdu contre Rennes 0-1. Pour Quimper, c’est la première fois que l’équipe arrive en finale. On peut penser que Quimper va essayer de résister un moment, car Brest va tout faire pour gagner la finale. Tous les supporters de Quimper et de Brest sont là. Les deux capitaines sont à côté de l’arbitre. Je suis amie avec toute l’équipe de Brest, mais aujourd’hui il faut que je laisse mon amitié au vestiaire si je veux que Quimper gagne.

— Je veux voir un joli match de chaque côté.

— Oui.

Le match va commencer. C’est Brest qui va donner le coup d’envoi. L’arbitre siffle le début de match qui est tout de suite endiablé. Tous les joueurs sans exception sont déterminés, mais bien vite, Brest prend l’avantage. Christelle est battue. Brest 1 ; Quimper 0. Arnaud a marqué juste deux secondes avant la fin de la première mi-temps. Quimper est abattu après ce but. Christelle regarde le ballon dans le filet. Toute l’équipe arrive vers elle. Quimper rentre sous les applaudissements de ses supporters. L’entraîneur de Quimper parle :

— Vous n’êtes menés que par un but. Tout est possible. Vous pouvez encore égaliser et gagner la finale.

Brest a marqué à la fin de la mi-temps. On va voir comment Quimper va réagir. Les deux équipes sont sur le terrain Quimper veut marquer. Je rappelle que c’est grâce à moi que Quimper est arrivé en finale. J’ai marqué tous les buts de l’équipe. L’arbitre siffle le début. L’équipe de Quimper a récupéré et se montre déterminée à égaliser, d’autant que dans les gradins, quelques supporters sifflent de déception. Courageusement, l’équipe de Quimper se fait plus offensive, et à force de pressing, marque. L’arbitre siffle la fin de la deuxième mi-temps. Il y aura prolongation pour cette finale. Cette égalisation est méritée.

— Bravo, vous avez bien réagi malgré les huées des supporters, dit l’entraîneur de Quimper. Ne prenez pas de but au début durant la prolongation.

— D’accord.

— Bon, c’est un peu plus dur qu’on pensait, dit l’entraîneur de Brest. Quimper résiste bien et même très bien. Un match dure 90 minutes. L’année dernière, vous avez perdu cette finale. Je sais que vous pensez à cela aujourd’hui, alors utilisez cette peine pour gagner maintenant.

Nous sommes de retour pour la prolongation de ce match. Brest 1 ; Quimper 1. Brest donne le coup d’envoi. La fatigue commence à se faire sentir, et le match se fait moins passionnant. Malgré quelques rares occasions, le score reste inchangé en cette première mi-temps de prolongation. Juste le temps de souffler un moment, et déjà, le duel se poursuit. C’est reparti. Quimper résiste pour le moment. Pour combien de temps ? L’équipe de Brest est plus offensive. Après plusieurs passes, Arnaud récupère le ballon dans la surface de réparation et offre à Brest sa victoire. Brest gagne la finale par deux buts à un. Après le match, le journaliste qui est là interviewe l’entraîneur de Brest :

— Bonjour, Monsieur.

— Bonjour.

— L’équipe de Brest a gagné sa première coupe de France. L’année dernière, Brest a perdu contre Rennes. C’est une victoire aujourd’hui.

— Bien sûr que c’est une victoire, mais on aurait pu perdre aussi, car Quimper a bien joué pendant tout le match.

— Est-ce que pour vous ils ont bien réagi en entendant les sifflets de leurs supporters ?

— L’équipe a très bien réagi. Mais il faut compter sur cette équipe l’année prochaine.

— Je vais vous laisser.

L’entraîneur de Brest part. Le journaliste m’interviewe :

— Bonjour Marina.

— Bonjour.

— Deuxième défaite pour vous en finale. Vous ressentez quoi ?

— Pas grand-chose, car je suis heureuse pour Brest.

— Les supporters vous ont sifflés pendant la mi-temps et la prolongation.

Oui. Et on les comprend, on a pris un but juste avant la fin de la première mi-temps.

— Vous avez égalisé après un moment dangereux pour l’équipe.

— C’est qu’on aurait pu encaisser un peu plus de buts. Mais si j’ai égalisé, c’est grâce à toute l’équipe qui a attendu le bon moment pour me passer le ballon.

Je pars retrouver les autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre n° 10

La fin de la saison

 

Deux semaines après la finale, les matchs de championnat reprennent. Quimper rencontre Lorient. Quimper veut faire oublier la défaite aux supporters. L’équipe est première du championnat et elle veut le rester. Lorient qui est troisième compte bien prendre la deuxième place à Brest. Le match va commencer dans quelques secondes. C’est Lorient qui va donner le coup d’envoi. Et c’est parti. Je marque d’entrée de jeu, mais malgré un match de bon niveau, le score à la mi-temps reste inchangé. Le match va reprendre. C’est Quimper qui va donner le coup d’envoi. C’est parti. Les deux équipes sont à la lutte, à tel point que Yannick, Gwendoline et moi chutons. On se tient les jambes.

— Ça va vous trois ? Vous voulez que j’appelle les médecins ?

L’arbitre appelle les médecins des deux équipes. Le médecin de Quimper fait signe à l’entraîneur. J’ai bien peur de sortir. Eh oui, je passe le brassard à Élodie. Gwendoline et Yannick sortent aussi. C’est un coup dur pour les deux équipes. Je suis remplacée par Hélène, Gwendoline par Johanna et Yannick par Christian. Quimper fait la remise en jeu. Christian se fait tout de suite remarquer en inscrivant un but. Quimper est encore sous le choc. L’arbitre siffle la fin du match. Match nul entre Quimper et Lorient. La semaine prochaine, Quimper joue contre Guingamp, et Lorient contre Brest. Le jour du match contre Lorient arrive.

Aujourd’hui Brest-Lorient. Brest est dans l’obligation de gagner s’ils veulent être champions. Quimper a gagné contre Guingamp 5-6. Pour ce match, je n’ai pas joué. Gwendoline et Yannick ne jouent pas aujourd’hui, ils se sont blessés contre Quimper. C’est Lorient qui va donner le coup d’envoi. Johanna donne le ballon à Christian qui le passe à Fanny. Mais Erwan le reprend, il le passe à Arnaud qui part vers le but. Les défenseurs ne peuvent rien faire. Arnaud donne le ballon à Annie qui tire. Laurianne est battue. Brest mène 1-0. Pour Lorient ça sera dur, car Gwendoline et Yannick, deux joueurs d’exception, ne peuvent pas jouer. L’arbitre siffle la fin de la mi-temps. Brest aurait pu marquer deux fois, mais Laurianne a bien défendu ses buts. Le match se finit par 1-0.

Après le match contre Guingamp, je m’entraîne tous les jours pour pouvoir jouer contre Brest. Ma blessure est guérie. Mais, je n’ai pas encore rejoué dans un match. Le jour du match arrive. Je ne joue pas pour le moment, il faut ménager ma jambe. Hélène me remplace. C’est Brest qui va donner le coup d’envoi pour la première mi-temps. Les deux équipes se défendent très bien, mais pour le moment mon absence fait défaut à Quimper. Audrey passe le ballon à Hélène qui se le fait reprendre par Annie. Je commence à m’échauffer et rentre à la place d’Hélène. Le kinésithérapeute a fait un bandage à ma jambe. L’arbitre siffle la reprise. Christelle lance le ballon à Audrey qui part vers Élodie et moi. Elle passe le ballon à Élodie. Elle part avec le ballon. Élodie passe le ballon à Audrey qui le lui repasse. Élodie le contrôle. Elle me passe le ballon. Je le contrôle et pars vers le but. Arnaud vient vers moi. Je donne le ballon à Élodie avant qu’Arnaud arrive. Je ne prends pas de risque pour le moment. Élodie passe le ballon à Audrey qui me le passe. Je tire et marque. Julie ne peut rien faire. Arnaud et Erwan font le coup d’envoi. Erwan passe le ballon à Annie. Elle va vers le but. Elle le passe à Arnaud. Je fonce vers Arnaud. Il garde le ballon. Je le tacle. Arnaud et moi sommes restés à terre. L’arbitre siffle. C’est un coup franc pour Quimper. Je fais le tir. Élodie et Audrey se mettent en place. L’arbitre siffle. Je tire et marque. Quimper : 2 ; Brest : 1. L’arbitre siffle la fin de la mi-temps.

— Marina, comment tu te sens ? me demande l’entraîneur.

— Ça va. Ma jambe n’a pas souffert du choc avec Arnaud.

— Bien, mais fais attention.

Le match va recommencer. L’arbitre siffle le début de la 2e mi-temps. Je donne le ballon à Audrey qui le donne à Élodie. Élodie part vers le but de Brest. Elle me passe le ballon, je cours à toute allure. Mais Arnaud arrive vers moi. Attention au choc. Je change de pied avant qu’Arnaud ne me tacle. Je reste par terre. L’arbitre siffle. Il fait signe au médecin de Quimper. Il arrive vers moi. L’arbitre demande à parler à Arnaud. Il a une main dans sa poche. Il va sortir un carton… Rouge.

— Monsieur, Arnaud n’a rien fait, dit Annie.

— Nous on confirme.

— Arnaud, vous sortez du terrain, dit l’arbitre d’un ton ferme.

Arnaud sort du terrain, tout penaud, en remuant la tête de droite à gauche. C’est un coup dur pour Brest. C’est un beau coup franc pour Quimper. Audrey, Élodie et moi sommes à côté du ballon. L’arbitre siffle. C’est Élodie qui va tirer, elle fait une feinte de tir à Audrey, mais me le passe, je tire. Je rate mon but, mais l’expulsion d’Arnaud y est pour quelque chose. Julie relance le ballon à Annie. Espérons que l’absence d’Arnaud ne va pas faire défaut à Brest. Erwan et moi sommes face à face. Élodie et Audrey viennent vers nous. Annie vient aussi aider Erwan. Olivier, Pierre et Antony viennent prêter main-forte aux filles. Les deux équipes brillent de détermination et malgré la douleur de ma jambe, je parviens à marquer un but. Quimper : 3 ; Brest : 1. L’arbitre siffle la fin du match.

Après le match, le journaliste qui est là interviewe l’entraîneur :

— Bonjour Monsieur. Brest essuie sa 2e défaite cette saison.

— Bonjour. La première défaite était contre la même équipe. Quimper joue bien, c’est tout.

— L’arbitre a donné le carton rouge à Arnaud. Qu’en pensez-vous ?

— Arnaud ne méritait pas le carton. Je sais qu’il ne ferait pas de mal à Marina.

— Après son expulsion, on a eu l’impression que Quimper n’a pas voulu faire le coup franc alors que les joueurs marquent d’habitude sur chaque coup franc. Et là non, est-ce que c’est normal ?

— Je crois qu’ils étaient énervés contre l’arbitre. Marina sait qu’Arnaud ne peut pas lui faire du mal.

— Je vous laisse aller retrouver votre équipe. Merci d’avoir répondu.

— De rien.

Après le départ de l’entraîneur, le journaliste m’interviewe :

— Bonjour Marina. Ça va ?

— Ça va, mais je ne jouerai peut-être pas les deux prochains matchs à cause de ma blessure.

— Donc, vous avez eu quelque chose pendant le choc contre Arnaud en seconde mi-temps.

— Pas du tout, j’ai bien ressenti une douleur, mais ce n’est pas le choc. C’est quand j’ai changé de pied avant qu’Arnaud me tacle que cela s’est produit.

— Vous n’étiez pas d’accord avec l’arbitre pour le carton rouge donné à Arnaud. Pourquoi ?

— Il ne s’est rien passé. Je suis tombée toute seule.

— Après, on a vu que vous aviez quand même du mal à courir.

— Oui, l’équipe m’a bien aidée pour que je finisse le match et je les remercie.

— Merci d’avoir pris le temps pour répondre avant d’aller vous changer et vous faire soigner.

— Merci.

Élodie, Audrey et moi partons. On attend Arnaud, Erwan, Annie et Julie.

— Ça va, tu arrives à rester debout ?

— Oui.

— Les voilà.

— Salut.

— Salut.

— Ça va Marina ?

— Ça va. J’ai connu mieux.

— Tu vas rentrer comment ?

— À pied.

— On a appris que tu ne joueras pas les prochains matchs.

— Arrêtez !

— Ça nous embête aussi. On n’a pas envie de jouer avec Hélène.

— Je sais.

— Bon, il est temps de rentrer.

— D’accord.

— Fais attention à toi, dit Arnaud.

— Mais oui. Ne t’inquiète pas !

— Arnaud, il est temps d’y aller, dit Erwan.

— À bientôt, dit Arnaud en m’embrassant.

— Je t’aime.

— Moi aussi je t’aime.

Ils partent pour Brest. Brest gagne le dernier match de la saison. L’équipe a laissé la première place à Quimper, mais a gagné la coupe de France. Tout le monde est heureux. Arnaud, Erwan, Annie et Julie viennent pour faire la fête avec nous. Personne à Quimper n’est au courant de leur venue. Quimper est champion pour la première fois de son histoire. C’est la fête pour toute l’équipe. L’équipe de Lorient est troisième, elle n’a pas réussi à prendre la 2e place à Brest. Gwendoline et Yannick viennent aussi pour faire la fête. Tout le monde s’occupe des préparatifs.

— Alors ce soir, c’est le grand soir, dit ma mère à Élodie, Audrey et moi.

— Maman, on fait juste la fête, dis-je.

— Oui, mais si on a bien compris, c’est la première fois que Quimper est premier en championnat, me répond ma mère.

— Oui.

— Les filles, il est temps de se préparer.

Nous montons dans ma chambre.

— Tu vas mettre quoi ce soir ? me demande Audrey.

— Attends, je vais te montrer.

Je lui montre ma robe.

— Elle est jolie.

— Tous les garçons vont tomber sous ton charme.

— Je ne suis pas libre.

— On le sait. Tu es avec Arnaud.

— Oui.

— C’est dommage que tes amis ne viennent pas aujourd’hui.

— Ils ne peuvent pas, dis-je.

— Oui.

Nous descendons.

— Eh bien, Marina. Tu t’es faite belle, dit mon père.

— Ah, tu trouves ?

— Amusez-vous bien, dit ma mère.

On sort de ma maison.

— Tu crois qu’elle se doute de quelque chose ?

— Non.

Audrey, Élodie et moi allons retrouver les autres en boîte.

— Salut.

— Salut vous trois.

— Marina, tu es très belle ce soir.

— Merci.

— Je vous sers quoi ? demande le barman à forte carrure.

— Comme d’habitude.

— D’accord.

— Il y a du monde.

— Tout Quimper est là, dit le serveur en nous donnant nos verres.

Nous parlons depuis un moment quand tout d’un coup Audrey voit quelque chose. Elle me donne un coup de coude.

— Marina regarde qui vient d’arriver !

Je regarde en direction de l’entrée.

— Je rêve, les amis.

— Ils ne t’ont pas dit qui venait ?

— Non, justement, ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas.

Arnaud, Erwan, Annie, Julie, Gwendoline et Yannick me cherchent.

— Vous la voyez ?

— Non. Tu as vu ce monde, ça va prendre du temps !

— Oui.

— La fête est réussie.

— La voilà !

— Où ?

— Elle est avec Élodie et Audrey.

— Elle est toujours jolie.

À un moment, notre entraîneur parle au micro.

— Bonsoir à tous. Merci d’être venus ce soir. Quimper est champion cette année pour la première fois de son histoire. L’année prochaine, l’équipe va essayer de garder la première place, mais ça va être dur, et aussi l’équipe va faire tout son possible pour réussir à gagner la coupe de France. Je vais laisser parler l’équipe.

Toute l’équipe va retrouver l’entraîneur. Il passe le micro à Élodie.

— On veut d’abord vous dire merci, car sans vous on ne pouvait pas aller en finale. L’année prochaine, on fera tout pour réussir à gagner la finale et rester champion. Musique !

Élodie, Audrey et moi allons retrouver, Arnaud, Erwan, Annie, Julie, Gwendoline et Yannick.

— Alors là, je rêve, vous m’avez menti !

— Arnaud, il faut la calmer.

— Elle est calme.

— Très calme. Oui, je plaisante.

— Ce n’est pas une belle surprise, ça ?

— Ben si ! Je ne m’attendais pas à vous voir ce soir.

Arnaud m’embrasse.

— On a décidé d’être présents à votre fête.

— Qui était au courant ?

— Personne. Surprise !!

— Et si.

— Qui ?

— Tes parents.

— Quoi !

— Eh oui. On leur a dit de ne rien te dire.

— On fait quoi ?

— Moi je sais. Tu viens danser.

— Oui.

Arnaud et moi allons danser. Tout le monde nous suit.

— Alors, tu viens passer les vacances à Brest ?

— Oui et Gwendoline et Yannick aussi. Je viens dans une semaine.

— Tu m’as manqué cette année.

— Toi aussi. Mais maintenant, ça va changer.

— J’ai oublié de te dire quelque chose.

— Quoi ?

— Tu es très belle ce soir ! J’adore la tenue.

— Merci.

— Tu n’as jamais mis cette robe avant.

— C’est normal, je viens de l’acheter.

— Eh bien, elle te va très bien.

— Merci.

Je l’embrasse. Tout le monde s’arrête de danser. Pendant un petit moment, Arnaud et moi on ne se parle pas. Élodie et Audrey le remarquent.

— Eh, Marina.

— Quoi ?

— Tu ne parles plus à Arnaud ou quoi ?

— Non, pas depuis qu’on a dansé.

— Et vous ne vous regardez même pas.

— Peut-être que vous avez raison, les filles.

— On a raison.

Durant cinq minutes, je réfléchis sur ce qu’Élodie et Audrey m’ont dit. Après ces cinq minutes, je vais voir Arnaud.

— Je peux te parler ?

— Bien sûr.

Nous allons plus loin.

— Tu veux me dire quoi ?

— Élodie et Audrey m’ont dit qu’on ne s’était pas parlé depuis qu’on s’est arrêtés de danser. Et je dois admettre qu’elles ont raison.

— Si on ne se parle pas, c’est qu’il y a du monde.

— Arnaud, tu ne crois pas qu’on doit passer cette soirée ensemble au lieu de rester avec les autres ?

— Peut-être.

— On ne s’est pas souvent vus cette année à part aux matches de foot.

— Je vois où tu veux en venir. Élodie et Audrey ont mis un doute sur notre relation ?

— Non.

— Si. Tu te souviens de ce que je t’ai dit avant que tu partes vivre à Quimper ?

— Notre amour sera plus fort que la distance.

— Oui et c’est toujours le cas. Je t’aime toujours et encore plus qu’avant.

— D’accord. Moi aussi, je t’aime.

— C’est bon, tu es rassurée ?

— Pas trop.

— Bon là, je ne vois qu’un moyen pour que tu ne t’inquiètes plus.

Arnaud m’embrasse.

— C’est bon ?

— Oui.

— Voilà ce que je te propose. On va danser et après on reste ensemble. Et je ne veux plus que tu doutes. Je sais que cette année a été dure pour nous. Notre relation a commencé par une amitié, puis s’est transformée en amour.

— C’est sûr !

— À cette époque, les parents de Gwendoline et les parents de Yannick se disputaient et avaient décidé de divorcer.

— Je me souviens très bien, je ne voulais pas les laisser tomber.

— Oui et regarde-les maintenant, ils sont heureux comme ça.

— C’est vrai, il y a trois ans, je ne pensais pas qu’ils demanderaient à vivre avec leurs pères.

— Ils ont surpris tout le monde l’année dernière.

— Ils ont compris plus de choses que moi.

— Non, avant d’accepter de partir jouer à Quimper, tu as pris ton temps. Si tu veux savoir, c’est une qualité que j’aime. Tu penses à tes amis avant ton bonheur et je ne veux pas que ça change.

— Merci pour tout ce que tu as dit. Tu sais que si Gwendoline et Yannick me demandent de l’aide ou m’annoncent quelque chose et me disent de ne rien dire, je resterai muette.

— Oui et je respecte ça aussi. Ce sont tes meilleurs amis.

— Moi c’est cela que j’aime chez toi. Tu comprends les gens.

— Bon, maintenant que tout est clair entre nous, on peut aller danser.

— Avec plaisir.

On retourne sur la piste de danse.

 

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