Faux Semblants
Et si la personne qui vous aime le plus était aussi celle qui vous mène à votre perte ?
Méline pense connaître Baptiste : son meilleur ami, son protecteur. Mais sous sa façade douce se cache un psychopathe brillant, dont l’amour toxique pour Méline le pousse à manipuler et à tuer. Pour sa “poupée de porcelaine”, Baptiste est prêt à tout, éliminant quiconque la blesse ou s’approche trop près.
Méline, elle, aspire à l’indépendance, ignorant qu’elle vit sous sa surveillance constante. Pourtant, autour d’elle, les disparitions et les accidents suspects se multiplient, des ombres discrètes que personne ne relie à son fidèle ami.
Quand une nouvelle mort inexplicable survient dans l’entourage de Méline, l’affaire est confiée au Capitaine David Pichau et au Lieutenant Nicolas Leclerc. Ce duo d’enquêteurs aux méthodes opposées, l’un guidé par une intuition déroutante, l’autre par une logique froide. se heurte à une hiérarchie soucieuse de discrétion.
Plongez au cœur d’un thriller psychologique sombre, où l’amour obsessionnel est une menace mortelle.
Méline découvrira-t-elle la vérité sur le masque de Baptiste avant qu’il ne soit trop tard ?
Chapitre 1 | La poupée de porcelaine
Méline croit connaître Baptiste, mais en réalité, elle ignore tout de son meilleur ami. Elle le juge joyeux, sensible, doux, empathique, généreux…
Il n’est rien de tout cela. La seule vérité concernant Baptiste est sa volonté de protéger celle qu’il aime, Méline ; la seule personne pour qui il éprouve du plaisir à tuer.
Naïve, Méline est bien loin de se douter de la véritable nature de son ami de toujours. Leur histoire, teintée d’une complicité forgée dans l’adversité, a commencé dès l’enfance : tous deux orphelins, l’orphelinat des coccinelles, leur a ouvert ses portes.
Dès que Baptiste posa les yeux sur Méline, il la compara à une poupée de porcelaine aux yeux émeraudes, belle, fragile. Il sentit son cœur battre dans sa poitrine pour la première fois. Alors, il fit une promesse silencieuse : celle de protéger cette petite fille qu’il voyait brisée.
C’est dans ce rôle de protecteur qu’il a bâti sa façade.
Petite, Méline était renfermée, conséquence des mauvais traitements dont elle avait été victime.
Baptiste ne supportait pas de la voir ainsi recroquevillée sur elle-même. Pour la faire rire, il prenait sur lui, apprit à devenir doux et gentil.
Tout ceci n’était qu’une comédie, un masque qu’il enfilait pour satisfaire celle qui, pour la première fois de sa vie, le rendait vivant.
Mais cette “vie” qu’il trouvait en Méline n’était qu’un écho tordu d’une autre forme de plaisir qu’il avait découverte bien plus tôt.
Baptiste avait perdu ses parents dans un incendie accidentel ; c’était la version officielle. La vérité est qu’il avait lui-même provoqué ce brasier qui avait dévasté sa maison et tué ses parents maltraitants.
À l’époque, tapi dans l’ombre, il avait aimé assister à ce spectacle. Il se souvient d’avoir ressenti un plaisir intense, la première émotion qu’il avait éprouvée depuis sa naissance. Sa seconde émotion fut face à Méline.
Diagnostiqué comme un enfant extrêmement intelligent, Baptiste s’en servait à merveille. Personne ne le soupçonnait jamais de rien ; son visage poupon et son sourire enjôleur de l’époque l’aidaient à se placer hors de tout soupçon, et il en jouait à sa guise.
Cette maîtrise précoce de la manipulation lui a permis de tisser sa toile protectrice autour de la douce Méline.
C’est ainsi qu’il s’est construit autour d’elle, la surveillant et la protégeant de tout. Lorsque Méline pleurait à cause de quelqu’un, enfant ou adulte, Baptiste intervenait.
Il y eut des empoisonnements malencontreux aux produits toxiques, des glissades dans les escaliers et d’autres accidents orchestrés par un Baptiste des plus créatifs.
Même si pour la directrice de l’orphelinat quelque chose clochait, elle accusa d’autres jeunes qui étaient de petits délinquants.
D’ailleurs, Baptiste se laissait intimider par ce petit groupe, s’octroyant ainsi la protection de la directrice.
Méline n’avait jamais rien soupçonné. Pas même les événements les plus sordides liés à sa propre protection. Même lorsque Hugo l’avait tourmentée en glissant ses doigts sous sa culotte. Baptiste, qui observait tout attentivement, avait remarqué l’attitude de ce jeune adolescent de quatorze ans, alors que Méline n’en avait que onze.
Hugo fut retrouvé mort dans la forêt, assassiné par un pervers qui passait par là. D’après la police, c’était un pédophile qui sévissait dans la région.
Baptiste s’en amusa : il connaissait bien le tueur, vu que c’était nul autre que lui-même.
Même à treize ans, il ne laissait jamais aucune trace. Il était fasciné par la science, mais également par tout ce qui concernait la médecine légale et la criminalistique.
Baptiste passa son baccalauréat à quatorze ans, alors que Méline peinait à réussir ses études. Cette divergence de chemins n’a fait que renforcer sa mainmise et son rôle dans la vie de Méline.
À dix-huit ans, Baptiste quitta l’orphelinat. Il avait suffisamment gagné d’argent en inventant une application internet qu’il avait revendue à prix d’or. Il réussit à sortir Méline de l’orphelinat grâce à son avocat. Depuis lors, il s’occupe d’elle.
Méline était reconnaissante de tout ce que Baptiste avait fait pour elle. Bien souvent, elle s’en voulait de ne rien pouvoir faire en retour. Elle aurait aimé le soutenir davantage, mais Baptiste se montrait toujours fort et mature pour eux deux. Il était simple pour Méline de se reposer sur lui.
La prévenance de Baptiste faisait fondre son cœur depuis qu’il s’était approché d’elle. Il lui avait souri, en lui tendant la main. Il était le seul à la voir, elle, à l’écouter, à la consoler. Il était tout pour elle.
Méline le savait depuis ses quinze ans : elle était amoureuse de son meilleur ami. Un secret qu’elle n’était pas prête à révéler à qui que ce soit, et encore moins à la personne concernée. Il était hors de question qu’elle perde l’homme le plus important de sa vie.
Elle espérait secrètement que Baptiste la verrait un jour comme une femme, et non comme la petite fille perdue qu’elle avait été par le passé.
Méline avait aujourd’hui vingt-cinq ans. Elle ne vivait plus avec Baptiste et ne dépendait plus de lui. Elle avait quitté leur maison commune cinq ans plus tôt, la mort dans l’âme. À l’époque, elle avait eu besoin de prendre du recul face à un Baptiste de plus en plus possessif, qui finissait par l’étouffer. Il critiquait tout ce qu’elle faisait, ainsi que les amis qu’elle fréquentait.
Elle l’aimait, mais elle souhaitait vivre sa vie librement, même si cela déplaisait à celui qui lui avait tendu la main. Aussi, dès qu’elle fut enseignante, elle prit son indépendance. Il était temps que chacun vive sa vie.
À son grand étonnement, Baptiste l’avait aidée à trouver son nouveau logement et à s’y installer correctement.
Méline ignorait simplement que son appartement était truffé de caméras vidéo cachées, toutes installées par Baptiste. Il gardait ainsi un contrôle à distance sur la vie de Méline.
Chapitre 2 | La traque commence
Méline avait pris Marcel comme on adopte une habitude. Un jeune homme de son âge, certes, mais qu’elle voyait avant tout comme une distraction nécessaire à son équilibre personnel.
La pudeur, Méline ne connaissait plus. Depuis ses dix-huit ans, les rapports sexuels étaient réguliers. Elle ne voyait aucun intérêt à s’amouracher, surtout émotionnellement. S’amuser avec ses partenaires, voilà ce qui comptait. Marcel lui offrait des moments plus qu’agréables, et elle le voyait fréquemment depuis des mois. Il était beau, un charisme évident, mais sa conversation était creuse. Cela tombait bien, Méline ne lui demandait pas de débats profonds. Pourtant, ces dernières semaines, l’ambiance avait changé. La relation avait glissé vers une dynamique qui plaisait de moins en moins à Méline.
Marcel appelait de plus en plus, se montrait possessif. Il avait même commencé à critiquer son physique, lui suggérant de perdre du poids. Méline l’ignorait. Elle se sentait bien dans son corps, et personne ne la ferait douter de qui elle était.
Un matin, elle avait retrouvé Marcel qui l’attendait devant le grand portail du lycée où elle enseignait. Il était en plein milieu du passage, à la vue de tous les élèves, ce qui avait fortement ennuyé Méline. Furieuse ce jour-là, elle avait traversé la rue de rage, sans un regard pour l’homme qui s’immisçait dans sa vie.
Elle hésita à se rendre au commissariat pour porter plainte, préférant attendre de voir si Marcel oserait recommencer. C’en était trop. La jeune femme décida, à la fin de ses cours, de mettre fin à cette relation pour passer à autre chose. Elle lui avait envoyé un SMS pour cesser cette relation absurde. À part un “vu”, elle n’avait eu aucune autre réponse. Elle pensa naïvement que Marcel avait compris et que tout était enfin terminé. Sauf qu’il n’en était rien. Elle le découvrit en voyant Marcel devant la devanture du petit salon de thé, Le Cosy, leur lieu de retrouvailles, à Baptiste et elle, chaque lundi.
La jeune femme n’aimait pas que ses conquêtes croisent la route de Baptiste. Elle savait son meilleur ami très protecteur, et elle se demandait comment celui-ci allait réagir s’il prenait connaissance des agissements de Marcel. Marcel, ne percevant pas le malaise de Méline, s’avança vers elle. Sûr de lui, conquérant, il était vêtu de son jean noir, d’une chemise de la même couleur et de son éternelle veste en cuir. Il jouait avec ses clés, un tic nerveux qu’il avait lorsqu’il était au bord de l’implosion. Il devait faire comprendre à Méline qu’elle ne pourrait pas se libérer de lui aussi facilement. Il décida que ce jeu devait cesser. Méline devait lui appartenir et surtout lui obéir, en bonne petite chose qu’elle était. Un souffle glacial s’abattit sur sa nuque, une présence dans son dos qui le mit mal à l’aise. Il ne comprenait pas qui pouvait lui donner une telle sensation. Il se retourna vivement face à un homme pas plus grand que lui, vêtu d’un costume gris pâle, d’une chemise blanche, l’homme d’affaires dans toute sa splendeur. Un visage doux, un sourire en coin qui le narguait, un regard qui le mit en alerte. Des yeux sombres, menaçants, qui tranchaient avec l’allure de l’homme face à lui. Un frisson lui glaça le sang. Il ne s’expliquait pas cette réaction. Il resta coi quelques secondes, se rappelant pourquoi il était ici.
Il chercha Méline du regard. Elle était en face de lui, fixant l’homme à ses côtés. Aucun doute, ces deux-là se connaissaient. Étaient-ils en couple ? L’avait-elle trompé ? Cela pourrait expliquer l’attitude de l’homme, du moins, c’est ce que se disait Marcel. Le temps s’était refroidi. Un vent glacial s’abattait sur eux. Ils étaient tous les trois figés, comme un arrêt sur image. Méline, sur ses gardes, se demandait comment Baptiste allait réagir face à un Marcel qui la menaçait. Marcel tentait d’analyser la scène, pensant qu’il avait le dessus sur la situation en prenant Méline en flagrant délit avec son petit ami officiel. Il s’en félicita. Baptiste avait enfin face à lui celui qu’il avait maintes fois observé derrière la caméra. Il savait que ce type était un prédateur, il pouvait le sentir au plus profond de ses entrailles. Si ce type était devant Le Cosy ce matin, c’est qu’il suivait Méline. Baptiste l’avait déjà surpris à fouiller l’appartement de la jolie rousse. Il l’avait déjà pris en chasse il y a une dizaine de jours pour l’étudier de plus près.
Baptiste savait quoi faire de cet homme qui avait décidé de s’en prendre à Méline. Un seul prédateur avait le droit d’être à ses côtés : lui. C’est ce que pensait Baptiste à cet instant précis.
Méline fit le premier pas en direction de Baptiste pour rechercher sa protection. — Pour une fois, tu es à l’heure. C’est à marquer d’une pierre blanche. Le ton léger adopté par Méline ne trompa pas Baptiste qui la connaissait par cœur : son sourire qui n’atteignait pas ses yeux, sa voix sciemment adoucie, c’était tout sauf naturel. Sans parler des raideurs de son corps qu’elle tentait de masquer. Baptiste n’était pas dupe. Méline se retourna vers Marcel, faussement surprise. — Que fais-tu ici ? Tu te promènes dans le coin ? Bien entendu, tous les trois savaient que ce scénario était un mensonge. Mais Méline avait envie d’y croire et surtout de désamorcer la situation. Marcel sourit de toutes ses dents, pensant qu’il perturbait ce moment. En un sens, c’était vrai. Mais il n’avait aucune idée des pensées assassines de Baptiste. Baptiste serra son amie contre lui, l’embrassa tendrement sur la joue et sur le front, comme à son habitude. Sauf que ce matin, son geste était beaucoup plus possessif. Marcel serra les dents à cette vue. Il comprenait que l’homme face à lui n’était pas un adversaire facile. Quelque chose chez cet inconnu le rendait perplexe. Il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Cet homme n’était pas plus surpris que ça de le voir ici. Marcel avait même l’impression que cet homme le connaissait déjà, ce qui le mit très mal à l’aise. — Heureux de te voir, Méline. Tu nous présentes ? insista Marcel, provocateur. Il était hors de question qu’il se laisse écraser par l’homme qui serrait Méline dans ses bras avec possessivité.
— Oui, bien sûr. Méline était mal à l’aise, les deux hommes le savaient pertinemment. — Baptiste, je te présente Marcel. Mon ex, précisa-t-elle. Marcel grimaça légèrement des dents, ce qui n’échappa pas à Baptiste qui lui ajusta un sourire poli. — Marcel, voici Baptiste, mon meilleur ami, insista-t-elle. Les deux hommes se serrèrent la main dans une ambiance tendue. Marcel affirma sa supériorité en écrasant la main de Baptiste, qui lui avait conservé une poigne tranquille. Un rictus apparut sur le visage de Baptiste.
Méline observait les deux hommes silencieuses. Elle ressentit pour la toute première fois le danger émaner de son meilleur ami.
Sans le savoir Marcel était devenu la proie de Baptiste, cet instant scella le destin de Marcel.
Chapitre 3 | La fin programmée
Marcel termina sa journée comme à son habitude en se rendant à sa salle de musculation. Aujourd’hui plus que jamais, il avait besoin de se défouler. Il y avait beaucoup de monde en ce mercredi soir, il en avait l’habitude mais il détestait tout ce remue-ménage.
Depuis sa rencontre avec Méline et le fameux Baptiste, il n’avait plus approché la jeune femme. Non pas par peur, mais parce qu’il réfléchissait à cet homme qui était à ses côtés et à ce qu’il avait ressenti en sa présence. Il voulait en savoir plus sur cet étranger. Perdu dans ses pensées, Marcel ne faisait pas attention à ce qui se passait autour de lui.
Il ne s’imaginait pas être suivi depuis de nombreux jours et pourtant, une ombre silencieuse le traquait. Baptiste ne lâchait pas sa proie des yeux, ses pupilles sombres fixées sur Marcel avec la patience d’un prédateur.
Il avait mûrement réfléchi à la manière de s’en débarrasser, esquissant mentalement divers scénarios.
Une envie primaire, presque jubilatoire, le poussait à le torturer dans son sous-sol insonorisé, à lui arracher des hurlements fibre par fibre. Mais cela attirerait bien trop l’attention s’il agissait de la sorte.
La disparition de cet homme pourrait inquiéter son entourage, et Baptiste détestait les complications. Parce que Baptiste le savait pertinemment : cet homme n’était pas célibataire. Il vivait en couple avec une femme, une femme aussi naïve que Méline, une autre de ces âmes simples, à ses yeux.
Baptiste ne comprenait pas comment cette femme pouvait ne pas se rendre compte de ce qu’était réellement l’homme qui partageait sa vie. Contrairement à lui, Marcel ne s’embarrassait pas à cacher sa véritable nature. Il n’était pas un psychopathe, non, pas même un être digne d’une attention clinique, juste un simple connard.
C’était en tout cas l’analyse, froide et définitive, qu’en faisait Baptiste. Une analyse qui scellait le destin de Marcel.
Après quelques recherches discrètes, la vérité s’était dévoilée : la femme qui partageait la vie de Marcel était infirmière. Une infirmière. L’information avait fait germer une idée, non pas juste “lumineuse”, mais éclatante de perversité dans l’esprit de Baptiste.
Il allait empoisonner Marcel. Et il avait décidé que ce serait aujourd’hui.
Le chaos organisé de la salle de sport était une aubaine, une couverture parfaite. Chaque recoin grouillant de corps, chaque angle mort dans le ballet incessant des sportifs, Baptiste l’avait scrupuleusement cartographié dans son esprit.
Il avait fait attention d’éviter chaque caméras de surveillance. Il n’était pas fou, juste calculateur, et il ne voulait laisser aucune trace de son passage, aucune empreinte numérique ou physique.
Ceci devait être perçu comme un accident banal, une simple crise cardiaque, l’issue tragique d’un effort trop intense.
Pourtant, Baptiste était frustré. Cette façon de mourir, trop clémente, lui laissait un goût amer. Il aurait préféré la lente agonie, la peur palpable. Il
assisterait malgré tout à son effondrement, à ses derniers instants. Il se contenterait de ça.
Marcel, comme à son habitude, aimait s’abreuver de ces boissons énergisantes aux couleurs criardes. Baptiste avait repéré sa bouteille dans le filet latéral de son sac de sport, posé nonchalamment sur le banc.
D’un geste fluide et presque invisible au milieu du brouhaha ambiant, il réussit à la subtiliser. Ses doigts fins recouvert de gants en latex, effleurèrent le bouchon, déjà ouvert par Marcel.
Un sourire mince, presque imperceptible, étira ses lèvres. Marcel, dans sa négligence, venait de l’aider.
Un petit frisson de plaisir parcourut Baptiste. La mort, pour cet “simple connard”, était à portée de main.
Tout ceci n’était qu’un jeu d’enfant pour Baptiste. Avec un sourire sadique et parfaitement contenu, il sortit une petite fiole de sa poche intérieure. Le liquide incolore, presque inodore, se déversa sans un bruit dans la bouteille énergisante de Marcel, se mêlant sans effort au liquide bariolé.
Il la referma avec une précision chirurgicale, puis la replaça, imperceptiblement, dans le sac de Marcel.
Marcel était tellement perdu dans le labyrinthe de ses pensées, hanté par l’image de Baptiste, qu’il n’avait absolument rien vu.
Seul un picotement étrange dans la nuque l’avait fait tressaillir. Il jeta un œil autour de lui, ses yeux balayant la foule indifférente, mais il n’y avait personne qui le fixait.
Pourtant, la sensation qu’il venait de ressentir, cette imperceptible piqûre, ressemblait étrangement à celle qui l’avait parcouru le jour de sa rencontre avec Baptiste.
Il ria intérieurement à cette pensée, un rire sec et amer. Devenait-il paranoïaque ? Lui, le prédateur, réduit à se méfier de son ombre ? C’était ridicule.
Il se reprit rapidement, secouant la tête pour chasser ces “idées folles”, avant de récupérer dans son sac de sport sa petite serviette éponge et sa bouteille énergisante.
Marcel se rafraîchit le visage, l’eau froide tentant d’éteindre l’agitation intérieure, avant de sortir des vestiaires.
Il était prêt à en découdre avec les appareils de musculation, à purger son esprit par l’effort physique.
Il porta la bouteille à ses lèvres et but une bonne gorgée. Cette fois, le goût détonnait, une subtile amertume se mêlant à la saveur artificielle qu’il connaissait si bien. Il vérifia la date de péremption à tout hasard, son pouce frottant le plastique. C’était impossible, il venait juste d’acheter cette bouteille.
Une nouvelle pensée douteuse tenta de s’insinuer, mais il l’écarta, avec l’obstination de l’homme qui refuse de voir l’évidence. Il devait certainement dérailler.
Alors qu’il essayait de rationaliser l’irrationnel, un homme qu’il connaissait bien, un habitué de la salle, vint lui parler, le saluant bruyamment. Cette interaction fortuite le distrayait de ses idées jugées ridicules, le tirant temporairement du piège dans lequel il s’enfonçait.
Pendant ce temps, Baptiste l’observait. Caché dans l’ombre d’un appareil de musculation, ses yeux noirs suivaient chaque mouvement de Marcel.
La satisfaction gonflait sa poitrine à la vue de Marcel ingurgitant le poison dans une seconde gorgée.
Un lent sourire se dessinait sur ses lèvres, un sourire que personne ne vit, et encore moins Marcel.
Doucement, insidieusement, le poison se répandait dans l’organisme de Marcel.
Puis, ce fut le choc. Une douleur foudroyante transperça le thorax de Marcel, une étreinte glaciale qui le saisit à gauche, précisément au niveau du cœur.
Son visage se contracta, il s’agrippa à sa poitrine, le souffle coupé, l’air refusant d’entrer dans ses poumons.
Autour de lui, la salle de sport, jusque-là bruyante et chaotique, se transforma en un kaléidoscope flou. Tout tanguait, les lumières scintillaient, et une lourdeur insupportable irradiait le long de son bras, engourdissant ses doigts.
Il ne comprenait pas, ne pouvait pas comprendre ce qui lui arrivait.
Autour de lui, le murmure de la salle se mua en un crescendo d’affolement. Des voix paniquées s’élevèrent. “Appelez les secours ! Quelqu’un !”.
Des gestes désordonnés, des premiers secours tentés par des inconnus. Mais tout cela ne servait à rien, Baptiste le savait.
Il voyait la vie quitter les yeux de Marcel.
Un frisson délicieux le parcourut alors qu’il jubilait de voir Marcel dans cet état de détresse absolue, sa fin programmée, inéluctable. Il aurait aimé que Marcel le voir avant de mourir mais il accepta la situation actuelle.
Le corps de Marcel s’effondra lourdement. Marcel n’était plus. Sa vie lui avait été arrachée, silencieusement, méthodiquement, pour la plus grande satisfaction de Baptiste.
À partir de maintenant, Méline serait libre. Et c’était tout ce qui comptait pour lui.
Chapitre 4 | Une Affaire Délicate
Le commandant Artus Menin appela ses deux meilleurs hommes, le capitaine David Pichau et le lieutenant Nicolas Leclerc.
Les deux agents étaient reconnus pour leur flair et leur persévérance. S’il y avait anguille sous roche, ils la trouveraient, telles de véritables fouines qui ne lâchent jamais rien.
Le matin même, le commandant Menin avait été contacté par le commissaire divisionnaire, lui-même réveillé aux aurores par le procureur de la République. Autant dire que l’affaire s’annonçait très délicate.
La nièce du procureur venait de perdre son fiancé et elle était convaincue que la mort de l’homme qu’elle aimait n’était pas naturelle.
Les deux hommes pénétrèrent dans le grand bureau du commandant, qui ressemblait à un véritable champ de bataille administratif. Des piles de dossiers jaunis et éparpillés s’amoncelaient sur chaque surface disponible : le bureau, les étagères bancales, et même le sol, formant de petites montagnes instables.
L’air, lourd et confiné, portait l’odeur entremêlée de café froid, de papier vieilli et d’une pointe de tabac froid, malgré l’interdiction de fumer.
La lumière du jour peinait à percer les stores à demi fermés, laissant le bureau dans une pénombre poussiéreuse qui donnait aux liasses de documents des allures de spectres figés. Chaque objet semblait raconter une histoire inachevée, une enquête en suspens, un crime jamais vraiment oublié.
— Bonjour, messieurs, j’ai une affaire pour vous, déclara le commandant.
Nicolas et David attendaient, impatients. Ils étaient souvent convoqués pour des dossiers d’envergure, mais en ce moment, ils s’occupaient d’affaires sans grande importance. Ils s’ennuyaient un peu, alors cette convocation matinale était un signe positif.
Artus Menin hésita à leur présenter cette affaire qui n’avait rien d’un grand dossier. Tout portait à croire que le procureur voulait simplement rassurer sa nièce, qui refusait d’admettre la mort de celui qu’elle aimait.
Sa grimace et son hésitation mettaient sur les nerfs le lieutenant et le capitaine.
— Fermez la porte, demanda-t-il, s’accordant un instant de réflexion.
David et Nicolas échangèrent un regard méfiants. David croisa les bras, sa mâchoire se crispant légèrement. Artus Menin se passa la main dans les cheveux.
— Je ne vais pas passer par quatre chemins, dit-il, fixant ses hommes avec une assurance feinte avant de se lancer. Le commissaire a été réveillé aux aurores par le procureur de la République. Sa nièce… Il chercha ses mots. Sa nièce a perdu son fiancé. Il avait vingt-huit ans et il est mort d’un arrêt cardiaque dans une salle de musculation.
David et Nicolas furent déçus, mais n’en laissèrent rien paraître. Ils connaissaient la hiérarchie : lorsqu’un procureur demandait un service, ils ne pouvaient en aucun cas refuser. Quoi qu’ils en pensent, ils allaient devoir enquêter.
— Voici le dossier. D’après les témoins, l’homme venait à peine d’utiliser le banc de musculation. Pas d’exercices de cardio, rien. Il a fait une crise cardiaque, comme ça, d’un coup.
David haussa un sourcil, ouvrant le dossier que lui tendait le commandant Menin. Il eut cette étrange intuition que quelque chose clochait. Il lut rapidement le dossier : il y avait une incohérence entre le récit de la fiancée et l’emploi du temps de la victime. Marcel Lorgniau disait qu’il travaillait comme architecte à son compte, mais l’enquête ne révélait aucune activité professionnelle. Il vivait malgré tout chichement. Drogue ? Ce fut la première question que David se posa.
Nicolas, quant à lui, récupéra le rapport d’autopsie. Tout avait été vérifié : pas de drogue, pas d’alcool, pas de produits suspects. L’homme était en très bonne santé.
— Vous attendez une confirmation que sa mort était bien naturelle ? demanda Nicolas.
Vu les éléments, il n’y avait rien de compromettant, tout paraissait normal.
David n’était pas du même avis. Il leur arrivait souvent de ne pas être d’accord sur les affaires, mais ils ne se prenaient jamais la tête, bien au contraire. Ils trouvaient intéressant de confronter leurs différents points de vue, ce qui les aidait énormément dans l’avancement de leurs dossiers.
— Je vous demande de faire une enquête sur ce type, voir à qui on a affaire. Rien de plus. Si des éléments viennent s’ajouter, nous aviserons. Pour le moment, la nièce du procureur doit être rassurée sur la vie parallèle que menait son fiancé.
— Très bien, répondit David.
— Enquêtez avec discrétion, s’il vous plaît.
— Cela va de soi, répondit Nicolas.
Les deux hommes quittèrent le bureau bordélique de leur commandant pour se réfugier dans le « placard à balais » qui leur servait à tous deux de bureau.
L’endroit, à peine plus grand qu’un cagibi, sentait le vieux bois et une vague odeur de produit d’entretien.
Des étagères chargées de cartons poussiéreux et de rapports oubliés encadraient leurs deux petits bureaux métalliques, à peine éclairés par un néon qui clignotait parfois, agaçant les nerfs de Nicolas.
— Tu en penses quoi ? demanda Nicolas à David.
— Je ne sais pas trop. Si on se fie aux éléments de l’autopsie, rien n’a été trouvé dans le dossier. Un homme en bonne santé qui fait subitement un arrêt cardiaque pendant une séance de sport… Ça arrive.
Nicolas pensait la même chose. Même s’il trouvait triste que l’homme soit mort si tôt, cela pouvait effectivement arriver.
— Par contre, reprit David, en posant le dossier sur son bureau, la vie du type n’est pas claire. On peut toujours enquêter là-dessus et voir où ça nous mène. Le type ne travaillait pas mais avait un sacré train de vie ; il faudrait se renseigner s’il avait des économies quelque part. Et toi, tu as quoi ?
— D’après un témoin de la salle de sport, un certain Michel Dubois, adepte des haltères, il paraîtrait que ce fameux Marcel y rencontrait des filles et s’en donnait à cœur joie. Le témoin avait même précisé qu’il était “un vrai Don Juan des machines”.
David souffla, une frustration palpable dans l’air. Il se pinça l’arête du nez, un geste qu’il faisait souvent quand une affaire s’annonçait décevante.
Ce dossier n’avait rien d’extraordinaire. Un adultère, un trafic de drogue, ou même les deux, mais rien de plus. Il était légèrement déçu.
Nicolas le secoua gentiment. Un sourire en coin, il tentait de briser la morosité de son coéquipier.
— Je te propose d’aller nous renseigner. Commençons par la salle de sport. Il y allait tous les jours. Au moins, on aura de quoi s’occuper.
David acquiesça.
Chapitre 5 | Premiers doutes
David ronchonnait durant tout le trajet. Nicolas, exaspéré, lui demanda de s’expliquer.
— Depuis le début de cette affaire, quelque chose te tracasse, tu peux m’expliquer ?
Un grognement inaudible sortit de la bouche de David qui était sur le point d’imploser. Sa mâchoire se serrait, signe habituel d’une frustration grandissante. Ses yeux gris, habituellement perçants, étaient plissés de contrariété. Il tenta de se calmer et de mettre au clair ses pensées, parce qu’il le savait, Nicolas était bien plus rationnel que lui.
— J’ai cette intuition qui me colle à la peau.
David avait lâché la bombe. Nicolas roula des yeux, comme souvent. Un fin sourire moqueur étira ses lèvres. Il connaissait l’intuition de son collègue et avait du mal à s’y faire, mais l’expérience de leur collaboration lui avait appris que David avait toujours raison. Alors, il prêta une oreille attentive.
— Depuis que j’ai lu le dossier de ce type, quelque chose me dérange. Nous ne savons toujours pas ce qu’il fait dans la vie. Vu son train de vie, c’est certainement illégal. Et… il s’arrêta au milieu de sa phrase, le silence de la voiture devenant soudain plus lourd.
Nicolas lui laissa le temps de s’exprimer pendant qu’il conduisait en direction de l’appartement de Marcel Lorgniau.
— Je ne sais pas, c’est bizarre. Le gars est jeune, en bonne santé, il ne faisait même pas de cardio, il commençait à peine sa séance de sport quotidienne avant de s’écrouler. Quelque chose cloche, je le sens, mais rien ne le prouve.
Nicolas comprenait ce qu’exprimait son collègue. Il fit une petite moue. Ses sourcils se froncèrent légèrement, une ride d’inquiétude apparaissant sur son front.
Il n’avait pas l’intuition de son collègue, mais il avait une analyse de la situation qui le dérangeait.
Il conduisait en suivant les instructions du GPS. Comme l’avait précisé David, Lorgniau vivait dans le plus beau quartier de la ville. Des façades haussmanniennes s’élevaient avec une élégance discrète, les arbres taillés avec soin bordaient des trottoirs immaculés. Un monde trop parfait pour une affaire aussi trouble.
— Et toi, qu’en penses-tu ?
David avait remarqué les silences de son collègue, ce qui signifiait qu’il réfléchissait à cette affaire sous un angle différent du sien, comme toujours. Nicolas était plus analytique, il ne voyait que les faits et rien d’autre. Ce qu’appréciait David.
— La demande du procureur m’irrite. Le fait que la hiérarchie se soit mise en branle pour une affaire aussi simple m’agace. Le type est mort d’une crise cardiaque, d’accord il était jeune et en bonne santé mais je suis désolé de le dire ces choses là arrivent.
Nicolas ne supporte pas les passe-droits et encore moins lorsqu’un supérieur insiste pour les voir sur une affaire en particulier qui ne requiert pas entièrement leur véritable capacité professionnelle.
David le savait pertinemment. Il vit la tension monter dans les épaules de Nicolas, un signe qu’il connaissait bien. Pris d’un doute, Nicolas fit une proposition à son collègue.
— Et si nous rendions une petite visite à la fiancée avant de nous rendre chez Lorgniau ?
Le sourire de David s’afficha. Ses lèvres s’étirèrent, révélant une pointe de malice.
— Bonne idée. D’après ce que j’ai relevé dans le dossier, il habite non loin de Lorgniau. Nous pourrions faire d’une pierre deux coups.
Nicolas était satisfait. Il n’oubliait pas que la jeune femme était infirmière, elle avait donc accès à des produits spécifiques qui pouvaient peut-être disparaître de l’organisme. Cette idée le fit rire. David s’étonna et dévisagea son collègue, l’air interrogateur. Ses sourcils se haussèrent de surprise.
— Je me disais que la fiancée était infirmière, ce qui signifie qu’elle connaît les médicaments et qu’elle y a peut-être accès. Dans le prolongement de ma pensée, je me disais qu’il était peut-être possible qu’un produit ait pu disparaître de l’organisme.
David éclata de rire, ce qui amusa son collègue. Ses yeux pétillèrent d’amusement.
— Je déteins réellement sur toi, ne put s’empêcher d’ajouter David. Habituellement, c’est moi qui émets ce genre d’hypothèse. Reste à ta place, veux-tu ?
Son ton était joueur, de la malice brillait dans ses yeux.
— Heureusement qu’elle n’est pas pharmacienne ! s’amusa David.
Nicolas hocha la tête. Un rire discret secoua ses épaules.
— L’hypothèse aurait été encore meilleure.
Les deux hommes restèrent quelque peu silencieux. Nicolas gara la voiture non loin de l’immeuble où résidait Laura Dutilleul. Ils sortirent tous deux de la voiture sans un mot échangé, s’avançant vers l’entrée.
Nicolas cherchait le nom Dutilleul au niveau de l’interphone. David, quant à lui, scanna les lieux. Un immeuble chic, trop chic pour une simple infirmière, pensa t’il, une incongruité qui résonnait avec sa sensation de malaise.
La porte de l’immeuble s’ouvrit, bousculant violemment Nicolas. David rattrapa à temps son collègue pour lui éviter une chute douloureuse. La jeune femme aux longs cheveux auburn se figea, le visage livide, s’empressa de s’excuser lorsqu’elle remarqua l’homme s’agrippant à son ami pour éviter de tomber. Il se remit droit sur ses deux jambes.
La jeune femme s’était empourprée face à sa maladresse. Ses joues s’étaient enflammées, peignant une vive gêne sur son visage délicat.
David la détailla : un visage fin, délicat, de très longs cheveux auburn, des yeux gris, légèrement boursoufflés d’avoir beaucoup pleuré. Une idée germa dans la tête du policier. Quelque chose clochait au-delà du simple chagrin.
— Bonjour. Ce n’est rien, mon collègue va bien, rassurez-vous. Puis-je vous demander si vous connaissez Madame Dutilleul ? Elle vivrait ici, mais mon collègue n’a pas trouvé son nom.
La jeune femme souleva un sourcil. Un pli d’incompréhension barra son front.
— Je suis Laura Dutilleul.
Elle avait bien entendu le mot « collègue ». Elle se demandait si c’étaient les hommes que son oncle avait assignés sur l’affaire de son fiancé décédé. Laura était surprise de l’attitude de son oncle. Lorsqu’elle l’avait appelé au secours, elle n’avait pas cru qu’il l’avait pris au sérieux.
Les deux hommes face à elle la dévisagèrent, surtout le plus grand des deux. Il se présenta :
— Capitaine Pichau, se présenta-t-il. Et mon collègue le lieutenant Leclerc.
La jeune femme était ravie, ces deux policiers tombaient à pic. Une lueur inattendue apparut dans ses yeux fatigués. Un léger sourire de soulagement se dessina sur ses lèvres fines.
— J’ai justement besoin de votre aide, suivez-moi.
Les deux hommes se regardèrent, surpris par l’audace de la jeune femme. Un sourcil de Nicolas se haussa imperceptiblement. David, lui, eut un plissement des yeux amusé.
— En quoi pouvons-nous vous aider ? demanda Nicolas.
Laura s’agaçait face à eux. Elle fit un pas en arrière, comme si la révélation était trop lourde pour rester immobile. Elle avait honte de leur annoncer qu’elle avait découvert que Marcel avait une autre petite amie qu’elle. Elle l’avait déjà surpris à la tromper une fois, mais c’était de l’histoire ancienne. Sauf que cette fois-ci, c’était tout autre : elle avait eu vent que Marcel avait une autre femme dans sa vie et que cette relation durait depuis plusieurs semaines.
Elle avait fouillé dans le portable de son défunt fiancé et elle était tombée sur de nombreux messages très explicites. Laura avait malgré tout du mal à y croire. Elle avait réussi à trouver cette femme. Laura partait justement la confronter.
— Mon fiancé avait une autre femme dans sa vie, se confie-t-elle, sa voix presque un murmure, chargée de colère et de douleur. J’allais justement la confronter.
Nicolas se renfrogna. Il détestait les gens qui se prenaient pour des inspecteurs, comme si leur métier était si simple. Un souffle exaspéré lui échappa, à peine perceptible. Son visage se durcit, une légère moue de dégoût esquissée au coin de ses lèvres.
Quant à David, il dressait un portrait de Lorgniau qui collait davantage à son intuition. Deux femmes, un triangle amoureux, une vengeance. David savait qu’il allait loin dans ses réflexions, mais il ne pouvait écarter aucune piste. Contrairement à son collègue, il était prêt à suivre la jeune femme.
Nicolas, lui, encaissait mal l’attitude de Laura Dutilleul. Pour qui se prenait-elle à jouer à la justicière ? Elle avait déjà réussi à impliquer son oncle qui avait fait pression sur ses supérieurs. Nicolas ne supportait pas ce genre de personne qui utilisait leur piston.
La suite sera bientôt mise en ligne, en attendant n’hésite pas à me laisser un commentaire pour me soutenir et me motiver ⬇️

J’aime raconter des histoires avec : une dose de romance, un soupçon de psychologie, une pincée de good vibes, un saupoudrage d’intrigues