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131 - 183 minutes de temps de lectureMode de lectureCoeur brisé

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Prologue.

Chapitre n° 1.

Chapitre n° 2.

Chapitre n° 3.

Chapitre n° 4.

Chapitre n° 5.

Chapitre n° 6.

Chapitre n° 7.

Chapitre n° 8.

Chapitre n° 9.

Chapitre n° 10.

Chapitre n° 11.

Chapitre n° 12.

Chapitre n° 13. 

Chapitre n° 14. 

Chapitre n° 15  

Ce roman a été rédigé à un moment de ma vie où j’ai ressenti le besoin d’exprimer mes tourments. Il trouve son origine à la suite d’une période de séparation amoureuse.

 

Pour le personnage d’Elsa, j’ai puisé mon inspiration dans un fragment de ma propre existence ainsi que dans un cauchemar survenu après cette rupture. Mon ex-mari ne m’a jamais fait de mal physique , ses mots cinglants ont laissé des cicatrices.

 

Le titre « Cœur brisé » a été choisi pour refléter l’état fragmenté de mon cœur à cette époque.

 

Je vous souhaite une agréable lecture.

Prologue

 

       Ce roman va probablement vous bouleverser, vous étonner ou vous mettre en colère. Sachez qu’il raconte la vie de personnes qui pourraient être vous ou moi. Il s’agit de faits de la vie, de moments terribles ou heureux aussi. C’est un témoignage de vie, une tranche d’évènements subis ou provoqués. Quels que soient les choix et les facéties que la vie nous propose, chaque malheur peut toujours s’accompagner de bonheur. Même si on a l’impression que le sort s’acharne, il existe un phénomène qui se nomme résilience et qui sauve des vies.

       Ce roman va vous conter l’histoire d’Elsa. Elle va traverser de nombreuses difficultés qui j’espère aideront d’autres personnes à croire en sa bonne étoile et à ses propres ressources.

 

 

Chapitre n° 1

Situation

 

       Je vivais avec Benoit avec qui j’étais mariée. Nous avions comme projet, à l’instar de tous les couples, de fonder notre famille. Seulement, le sort en avait décidé autrement pour nous. À force d’essayer d’avoir un enfant, nous avons consulté des gynécologues. La mauvaise nouvelle n’a pas tardé à nous tomber sur la tête : je ne pouvais pas être enceinte sauf si nous acceptions le risque que je meurs à l’accouchement.

       La décision fut prise d’adopter. Notre seule solution à notre rêve. Et pourtant, là encore, tout ne se passa pas comme prévu. Bien que Benoit n’opposât pas de refus, une fois la procédure lancée, il changea brutalement d’avis. J’étais perdue. J’avais bien remarqué son changement de comportement, mais pas à ce point. Un soir, en revenant du travail, il voulut me parler.

  • Elsa, ce week-end, je pars pour Vannes.
  • Ah bon ! Et pourquoi ?
  • Je vais voir un ami.
  • Ça va prendre tout le week-end ?
  •  
  • Est-ce que je peux venir avec toi ?
  • Non, j’y vais seul.
  • Benoît, on est marié depuis quatre ans et on ne fait pratiquement rien ensemble. Je reste à la maison toute la journée.
  • Ce n’est pas ma faute si tu ne fais rien. Tu peux chercher un travail.
  • Tu sais très bien pourquoi je ne bosse pas. J’ai un traitement qui me fatigue, dis-je en levant la voix.
  • Je suis là le soir, dit-il en s’énervant encore plus.
  • Tu finis le boulot à 18 heures et tu rentres à 20 heures. À chaque fois que tu rentres, le repas est déjà prêt. Après manger, tu passes la soirée au téléphone. Quand tu es libre, on ne fait rien conjointement. J’oubliais, tu m’as entraînée une fois avec toi en boîte de nuit, et encore, à 22 heures, puis tu m’as ramenée ici pour ressortir.
  • Attends, tu ne me proposes rien, même pour les week-ends.
  • Je t’ai suggéré plusieurs fois de sortir ensemble. Tu me dis que tu n’as pas envie. Du coup, je sors toute seule et quand je rentre, tu sors de nouveau. J’ai l’impression que tu ne me regardes plus.
  • Je te regarde, mais tu pourrais fournir des efforts par moment.
  • J’en fais chaque jour, tu ne le vois pas. Comme ce soir.
  • Tu sais quoi ? Je pars et je rentre dimanche soir. Quand je reviens, on en reparlera.
  • Fuis encore ! Mais sache que j’en peux plus. On est deux dans un couple. Je me remets tout le temps en question, je te prouve tous les jours mon amour pour toi, mais toi non ! Tu me dis tout le temps que c’est ma faute. Disparais, laisse-moi seule, comme à chaque fois.

À peine était-il parti, que je me mets à pleurer. Durant le week-end, je ne lui envoie pas de SMS et je ne l’appelle pas. Il ne m’a même pas dit le nom de son ami ni l’adresse. Quand il revient le dimanche soir, je ne lui parle pas non plus.

  • Tu peux au moins me dire bonjour, dit-il. On ne s’est même pas vu du week-end. Je n’ai même pas eu un seul texto !
  • Tu ne m’en as pas envoyé non plus. Pourquoi devrais-je dire bonjour à quelqu’un qui me laisse seule tout le week-end sans me dire où il va ?
  • Je t’ai dit que j’allais voir un ami à Vannes.
  • Je ne connais pas le nom ni l’adresse. Si quelque chose m’était arrivé, je ne pouvais même pas te prévenir.
  • Tu as mon numéro de téléphone.
  • Comme si ça suffisait. Tu sais quoi ? Le repas est prêt, il ne reste plus qu’à le réchauffer. Moi, j’ai déjà mangé. Je vais au lit, car je n’ai pas beaucoup dormi depuis vendredi. Je ne savais même pas si tu étais bien arrivé.

Le lendemain matin, l’ambiance est toujours aussi tendue.

  • Elsa ?
  • Quoi ? Tu ne peux pas me laisser prendre mon petit-déjeuner ?
  • Il faut que je te parle.
  • Ça attendra que je mange.
  • Je vais demander le divorce.
  • Quoi ? Tu m’annonces ça comme ça ? Est-ce que je peux savoir pourquoi tu réclames le divorce ?
  • Pour une seule raison : j’ai envie d’enfants et tu ne veux pas arrêter ton traitement.
  • Tu sais bien que si je l’arrête, la maladie peut revenir.
  • Mais tu es guérie ! Il n’y a plus rien, même sur les scanners.
  • Elle est toujours là, les médecins ont expliqué les risques. Je ne veux pas mourir.
  • Ils ne connaissent rien !
  • Parce que toi, tu sais mieux qu’eux ? Tu es docteur, maintenant ? C’est un nouveau traitement, ils n’ont pas assez de recul pour laisser faire et je suis d’accord avec eux.
  • Il y a une solution : le divorce. J’ai 35 ans, il est temps pour moi d’être père.
  • Tu sais quoi ? Fais ce que tu veux, mais j’imagine que ce n’est pas la seule raison. On aurait eu un enfant si tu n’avais pas arrêté la procédure d’adoption. Alors, divorce, je serai peut-être plus heureuse sans toi.

Il s’approche de moi avec des intentions que je n’accepte pas. Laisse-moi ! lui dis-je exaspérée.

  • Comprends-moi, j’ai envie d’être père.
  • Tout ce que je comprends, c’est que tu ne penses qu’à toi. Tu te places en victime, alors que tu ne prends pas de traitement, toi.

À priori, ma réflexion ne lui plait pas beaucoup, car il stoppe net ses envies de câlins et rebrousse même chemin.

  • Je sors. J’ai rendez-vous.
  • Comme tu veux. Mais sache que je ne serai pas là quand tu vas rentrer. Je pars d’ici. Je ne peux pas rester une seconde de plus.

۝

       Un an après, le divorce est prononcé de façon rapide, car nous sommes d’accord sur les termes. Je suis soulagée, mais en même temps si déçue. La réaction de Benoit était si étrange et injuste que lorsque la veille de son départ pour Vannes, j’étais prête à lui annoncer la merveilleuse nouvelle : j’étais enceinte et prête à garder l’enfant !

       Et pourtant, sa manière d’agir envers moi a été si virulente et colorée de fausseté et de mensonges que je ne regrette rien. Je ne reviendrai pas sur mon avortement trois mois après son départ de la maison. Je ne regrette pas cette décision qui m’a plongée dans la dépression.

       Pourquoi je ne regrette rien ? Tout simplement parce que j’ai appris que Benoit me trompait depuis des mois et que sa nouvelle compagne était enceinte.

       Depuis, je suis partie de Lorient pour Brest où je tente de reconstruire ma vie.

Chapitre n° 2

La rencontre

 

       Trois mois après que le divorce a été prononcé, alors que je me promène seule, une main m’attrape par le bras et me pousse contre le mur d’une maison. Sous le choc, je ne reconnais pas tout de suite mon agresseur, mais dès qu’il ouvre la bouche, j’identifie mon ex-mari, Benoît.

— Bonjour, Elsa. Je t’ai enfin retrouvée.

— Que veux-tu ? Lâche-moi !

— Je ne veux pas prendre de risque. Je veux que tu laisses une seconde chance à notre histoire.

— Tu plaisantes ? C’est toi qui as voulu divorcer, maintenant que tu as un enfant, tu penses que je veux de nouveau vivre avec toi ?

— Oui, je t’aime toujours.

— Je ne te…

Sa main me cogne le visage une fois, puis une deuxième fois. À la troisième fois, une main intervient.

Depuis quand on frappe une femme ? dit une voix d’homme.

— Mêlez-vous de vos affaires, et lâchez-moi !

— Oh non ! Vous allez partir d’ici tout de suite avant que j’appelle la police, menace l’individu.

C’est maintenant un combat à armes égales qui commence. Les deux hommes tentent mutuellement de se cogner. Dans un brusque mouvement, Benoit esquive le coup porté par mon sauveur et en profite pour se sauver comme un lâche.

— Vous allez bien ? s’inquiète-t-il.

— Oui, merci.

— Vous le connaissez ?

— C’est mon ex-époux.

— Vous tremblez, dit-il en me tenant par la taille pour que je ne tombe pas. Venez, je vous invite à boire un verre pour vous remettre.

— Ce n’est pas la peine, je n’habite pas loin.

— J’insiste. Votre ex-mari est peut-être encore dans le coin.

Devant la justesse de sa phrase, je ne veux pas risquer de ramener Benoit chez moi et puis je n’ai pas envie tout de suite de me retrouver seule après ce choc.

— D’accord, mais pas longtemps.

— Promis. Vous connaissez un bar ?

— Oui, il y a un bar pas loin.

— Bien.

Mon sauveur me tient par la taille tout en allant au bar. En arrivant, on s’assoit dans un coin tranquille.

— Que voulez-vous boire ? m’interroge-t-il.

— Une tasse de thé, ça ira très bien, dis-je.

Le serveur arrive. L’homme commande mon thé et il prend un café. Je vois sa main égratignée.

— Est-ce que vous avez mal ?

— Non, ça ira, dit-il. Et vous ?

En effet, la première gifle de Benoit m’a laissé un hématome léger sur le haut de ma joue. Je le touche en repensant à ce qui vient de se passer.

— Ça ne fait pas mal. Merci d’être intervenu.

— Je n’aime pas qu’on frappe une femme.

— Si vous ne vous en étiez pas mêlé, ça aurait pu être pire. Je ne sais même pas comment vous remercier.

— En me donnant votre prénom pour commencer.

— Elsa.

— Enchanté, Elsa. Moi, c’est Éric.

— Enchantée.

Le serveur arrive avec notre commande et nous permet de prendre un moment de silence à nous observer.

— Vous savez pourquoi votre ex-mari vous a frappé ?

— Oui, j’ai refusé de lui donner une seconde chance. Alors que c’est lui qui a demandé le divorce qui a été prononcé il y a trois mois.

— Est-ce qu’il vous frappait quand vous étiez ensemble ?

— Non, c’est la première fois. Et vous ? Enfin, je veux dire, vous êtes marié ?

— Moi, je suis célibataire et je travaille pour une maison d’édition.

— Vous devriez vous soigner la main, lui dis-je alors que je vois des égratignures dessus.

— Ça ira, ne vous inquiétez pas.

— J’insiste. J’ai tout chez moi, je peux au moins faire ça après ce que vous avez fait pour moi.

— D’accord. Je vais payer et on y va.

Il part régler. Dès que c’est fait, je l’emmène chez moi.

Il me tend sa main que je nettoie avec un coton d’alcool désinfectant. Je l’observe et je remarque qu’il ne fait même pas une grimace. Pendant que je lui mets un pansement, je sens de l’électricité passer entre nous.

— Merci.

— De rien, mais c’est à moi de vous remercier de m’avoir sauvée.

Éric sort une carte blanche de sa poche et écrit dessus.

— Je vous donne ma carte de visite, il y a mon numéro professionnel. J’ai mis mon adresse personnelle derrière si vous voulez me joindre. J’espère que vous m’appellerez. J’aimerais vous revoir dans de meilleures conditions.

— Merci pour tout.

Il me dit au revoir et part. Le soir même, alors que j’avais décidé d’oublier Éric, je me décide à lui envoyer un texto. Je prends sa carte que j’avais posée sur la table de ma salle à manger. En la retournant, je lis « au plaisir de vous revoir. » Il s’est montré gentil, il s’est imposé face à mon ex qui me frappait alors qu’il ne me connaît même pas.

« Je voulais encore vous remercier

pour cette après-midi.

Est-ce que votre main va mieux ?

Elsa. »

Voilà, envoyé.

Je reprends ma petite vie avec mes activités, mais je ne peux m’empêcher de penser à Éric. Que fait-il ? A-t-il reçu mon texto ? En revenant de mon cours de yoga, un message clignote sur mon téléphone. C’est lui ! 

« Chère Elsa, ne me remerciez pas pour ça. J’ai vu une belle femme se faire frapper, je suis intervenu. Au plaisir que vous lire, merci de m’avoir soigné. »

Oh ! Mon Dieu, il m’a répondu.

« C’était normal. »

Envoyé. Je range mon portable et reprends ma marche. Je sens mon mobile vibrer dans ma poche.

« Sachez que si c’était à refaire, je le ferais de nouveau, mais vous devez faire attention quand même, vous m’avez invité chez vous, je suis peut-être un tueur. »

« Vous, un meurtrier ? je n’y crois pas

une seconde. Ne me faites pas la morale,

j’ai déjà mes parents qui me la font et

après ce que j’ai vécu je ne suis pas prête

à refaire confiance à aucun gars. »

« Ne vous fâchez pas. Non, je ne suis pas un tueur, vous avez raison. Pourquoi, vous ne faites plus confiance aux hommes ? »

« Quelqu’un a abusé de ma confiance

et celle de mes parents aussi. »

« Je me contenterai de cette réponse. »

« Je dois vous laisser, car je mange. »

« Bon appétit. »

« Merci. »

Je repose mon mobile et m’occupe de mon repas. Et puis comme s’il devinait ce que je fais, un bip retentit quand je termine de ranger la cuisine.

« Fini de manger ? Je voudrais vous convier à dîner demain ou un autre jour. »

Je n’y crois pas, il m’invite, mais je ne peux pas demain.

« Oui, je faisais la vaisselle,

je suis au regret de refuser votre invitation,

mais demain je ne suis

pas à Brest, mais chez mes parents

pour le week-end. »

« Ce n’est pas grave, ça sera pour un autre jour. Je regarde mon planning et je vous tiens au courant. »

Il veut vraiment ce dîner.

« D’accord, mais pas le jeudi. »

« Je note, je vous laisse, je dois encore travailler. »

« Bon travail, à bientôt. »

« Merci, à bientôt, ma belle Elsa. »

En lisant son dernier message, je n’y crois pas. Non, je ne suis pas jolie, il se trompe. Il emploie ce genre de mots simplement dans l’intention de me séduire. Au bout de quelques instants, mon portable sonne. Je lis la réponse qu’Éric m’a envoyée.

« Bonjour, belle Elsa ! Je vous envoie un message, car en me réveillant, j’ai pensé à vous. J’espère que vous avez bien dormi ? »

Depuis hier, j’ai l’impression que je rêve. Un homme canon me sauve puis me donne son numéro. Bon d’accord, c’est moi qui ai envoyé le premier message. On a bien parlé hier. Même si je ne comprends pas pourquoi il me trouve belle. Il faut que je l’admette quand j’ai touché sa main et qu’il a posé un bisou sur ma joue, j’ai ressenti quelque chose au bas du ventre. Et comme il me pose une question, je dois lui répondre.

« Bonjour, Éric ! Oui, j’ai bien dormi cette nuit.

Merci. Vous aussi, j’espère ?

Bonne journée de travail. »

Je pose mon portable, puis continue à mettre mes affaires dans mon sac pour le week-end. Au bout d’une heure, tout est prêt, il me reste la poubelle à descendre quand mon mobile émet un bip.

« Oui, j’ai bien dormi. J’ai même fait un rêve où vous jouiez un rôle. Merci, ma journée avait mal commencé, mais grâce à vous, elle s’illumine. »

En lisant, je sens mon cœur battre plus vite. Il a juste dit que son début de journée s’était mal passé, et que maintenant tout allait bien. Je lui réponds :

« J’en suis heureuse si votre journée se passe bien.

Pour ma part, je suis occupée à faire le

ménage avant de partir. »

Juste après, je descends ma poubelle et mets mes affaires dans ma voiture. Au moment où je monte chez moi, je me dis que j’ai quand même une vie bizarre. Je suis divorcée depuis 3 mois, j’ai repris goût à la vie, mais j’ai encore du mal avec mon corps, à redonner ma confiance à un homme. Pourtant, avec Éric, j’ai décidé de le faire monter chez moi. Il s’est blessé en me sauvant, je lui ai donné mon numéro, j’envisage même d’accepter sa demande à dîner alors que je le connais depuis un jour. Et encore, quand je dis le connaître, c’est faux. Sur sa carte qui ne me quitte plus, je peux lire :

       Monsieur Delaunay Éric, Président Directeur Général

18 avenue des feuilles

29200 Brest

Hier, il m’a dit qu’il travaillait dans une maison d’édition, mais pas qu’il en était le PDG. Bon, je ne lui ai pas demandé en quoi consistait son travail aussi. Moi qui rêve de publier mon premier roman, j’ai été sauvée par le PDG de la maison d’édition Bretagne, qui est à Brest en plus. Je n’y crois pas. Je pose la carte puis je vais manger. Pendant mon repas, je reçois un SMS.

« Pas trop épuisée de faire le ménage, j’espère ? J’ai un peu de temps pour moi. »

« Pas fatiguée, je fais ça tous les vendredis. »

« Bien alors. Auriez-vous un peu de temps pour qu’on parle ? »

« Je mange, mais oui. »

« Bon appétit, je ne veux pas vous gêner. »

« Vous ne me dérangez pas. »

« Je suis heureux. Alors, à part le ménage, qu’avez-vous fait ? »

« Pas grand-chose, préparer mes affaires

pour le week-end, et vous ? »

« Moi, j’ai eu des rendez-vous toute la matinée, c’était fatigant, mais vers 10 h 30, j’ai reçu un SMS d’une femme raffinée, ce qui m’a aidé à tenir. »

Hier et ce matin, il me disait que j’étais belle et maintenant, je suis raffinée. Je ne sais même pas quoi répondre.

« Je suis désolé si je vous mets mal à l’aise. Mais tout est vrai, je vous trouve sublime. »

« Ne vous excusez pas. Ce n’est pas votre faute

si je n’arrive pas à comprendre comment un

homme comme vous me trouve sublime. »

« Si je tenais l’individu qui vous a fait autant souffrir, je lui dirais qu’il a eu tort. »

« J’ai un passé sentimental difficile et douloureux

que j’essaie d’oublier. »

« Si j’étais à côté de vous, je vous prendrais dans mes bras, je vous dirais des mots doux, je vous embrasserais aussi. »

Oh ! Mon Dieu, je ressens encore la même chose qu’hier. En un SMS, il a réussi à allumer des sensations que je ne connaissais pas. Je vais vite dans ma chambre prendre mon vibromasseur et je l’utilise sur mon sexe pour me calmer.

« Vous êtes toujours là ? »

« Oui désolée, j’ai dû m’occuper

de quelque chose. »

Il n’est pas question que je lui dise que je viens de jouir en pensant à lui.

« D’accord, je dois vous laisser, mon rendez-vous est arrivé. »

« Pas de problème, je dois aussi

prendre la route. »

« Faites attention sur le chemin. À plus tard, bisou, ma belle. »

« Je fais toujours attention, à plus tard

Éric, bisou. »

Bon, maintenant, je dois laver la vaisselle puis ranger les couverts. Et après, je vais pouvoir partir. Avant, je dépose mon vibromasseur dans mon sac, car j’ai comme l’impression que je vais en avoir besoin pendant le week-end. Je sors, vers 13 heures.

Avant de prendre la route, je fais un détour à Conforama. Mon installation récente dans mon appartement, ne m’a pas permis de l’aménager complètement. Alors que je suis en train de choisir un fauteuil et un bureau, un message me distrait.

« Est-ce que vous êtes bien arrivée chez vos parents ? »

« Oui, je suis bien arrivée, je suis

partie de Brest vers 15 heures,

j’ai fait un petit tour avant. »

De retour chez moi, je me mets au travail. J’ai écrit une fiction pour adolescent et depuis quelques semaines, je recherche des maisons d’édition spécialisées dans mon thème. Quelques-unes ont retenu mon attention et je dois maintenant écrire les lettres d’accompagnement.

Encore un bip.

« Je viens de finir ma journée de travail. Dommage que vous soyez partie chez vos parents, mais je comprends, on dînera un soir ensemble. Je suis libre tous les soirs, mais le plus vite, ça serait bien. »

Eh bien, je ne sais pas quoi lui dire. En même temps, j’ai envie de lui dire oui, mais aussi non, je n’aime pas trop qu’on me force à faire les choses. Sauf au lit !

« Je suis absente jusqu’à dimanche soir.

Je ne sais pas l’heure où je serai chez moi. »

« Disons lundi soir. »

« Je ne sais pas. »

« Allez, dites-moi oui. Depuis que je vous ai rencontrée hier, je n’arrête pas de penser à vous. Un souper n’engage à rien. Je vous promets que je saurai me tenir. »

Il a raison, un dîner n’engage à rien. Il m’invite, je dois profiter, je ne sors pas souvent au restau.

« D’accord pour lundi soir. »

« Vous n’allez pas le regretter. J’ai vu un bistrot. Vous voulez que je vienne vous chercher ? »

« Non, donnez-moi l’adresse,

je vous y rejoindrai. »

« Je m’ attendais à cette réponse ! Restaurant L’imaginaire, rue Fautra, vous connaissez ? »

« Je vois, mais je ne connais pas. »

« Je vais vous faire découvrir, mais vous êtes sûre que vous ne voulez pas que je vienne vous chercher ? »

« J’en suis sûre. »

« D’accord, on dit vers 20 heures, ça vous va ? »

« Oui, à lundi, alors »

« À lundi, ma belle, restez comme vous êtes. Pas la peine de vous trouver une nouvelle tenue, c’est juste un dîner. »

Je ne réponds pas, car mes parents m’appellent. Il est déjà 19 heures, je n’ai pas vu le temps passer. Je vais les aider à préparer l’apéro. Après le film et le repas, je vais au lit. Pendant la nuit, je rêve d’Éric. Dans mon rêve, je me vois allongée sur un lit, mes poignets sont attachés derrière mon dos. Éric me met quelque chose dans mon sexe.

— Je t’ai mis un œuf vibrant dans ta chatte, tu vas comprendre bientôt à quoi ça sert.

Il me caresse, puis prend quelque chose sur le lit, je sens que ça vibre en moi. Il m’embrasse. Au bout de vingt minutes, il retire l’œuf et il met un préservatif et me pénètre directement.

Le lendemain matin, quand je me réveille, je suis tout excitée. C’est bien la première fois que je fais un rêve comme ça, alors je prends directement mon vibromasseur et me donne du plaisir qui finit par me faire jouir. Je me lève. La journée se passe doucement. Mes parents et moi-même, on fait une balade au bord de la mer. Ça me fait du bien. Je n’ai pas eu de nouvelles d’Éric. Après la balade, j’ai envie de lui envoyer un petit message.

« Bonjour, j’espère que vous allez bien ? »

Je reçois la réponse directement.

« Bonjour, je vais bien. Je commençais à me dire que vous m’aviez oublié. Je plaisante, je sais que vous profitez de votre week-end. Je songe à vous, en espérant que vous alliez bien ? »

« Je vais bien. Non, je ne vous oublie pas,

je viens de rentrer de promenade. »

« D’accord, c’était bien ? Dites-moi, vous pensez un peu à moi quand même, je veux la vérité. »

« Ma balade au bord de la mer était bien.

Oui, je pense à vous… un peu. »

Je ne vais pas lui dire que j’ai rêvé de lui et que je me suis réveillée tout excitée, quand même !

« Merci. Moi, je pense à vous tout le temps, vous êtes dans mes rêves depuis deux nuits, j’ai hâte, à lundi. »

« Pour tout vous dire, moi aussi, j’ai hâte. À lundi,

je dois vous laisser. »

« Vous m’en voyez ravi, pas de souci. Quand vous serez rentrée chez vous, envoyez-moi un message. Bisous. »

« Je rentre demain et je n’en ai pas pour longtemps,

mais d’accord. »

Le dimanche soir, quand j’ai rangé mes affaires, j’envoie un SMS à ma mère puis un à Éric.

« Bonjour, je viens de rentrer chez moi, bisous. »

J’ai sa réponse tout de suite.

« Bonjour, merci d’avoir tenu parole. À demain, ma belle. Bisous. »

« Je tiens toujours mes paroles. À demain. »

Je passe le reste de la soirée à me demander comment je vais m’habiller. Il m’a dit de rester comme je suis. Je sais que c’est le restaurant le plus chic de la ville. Je ne peux pas y aller en jean et T-shirt. Je verrai demain dans mon placard. En revanche, je n’aime pas conduire la nuit, j’irai en tram. Il faudra juste que je fasse attention à l’heure pour ne pas louper le dernier.

Chapitre n° 3

L’invitation

 

Le lendemain matin, quand je me lève, le premier réflexe que j’ai, c’est d’allumer mon portable pour savoir si j’ai reçu un SMS. Au bout de cinq minutes, mon mobile émet un bit, je regarde.

« Bonjour, Elsa ! En me réveillant, j’ai pensé à vous. Passez une bonne journée, et restez vous-même ce soir. Bisous. »

Je lui réponds :

« Bonjour, Éric ! Passez également une

bonne journée. Bisous. »

Je passe la matinée à me chercher une tenue pour le soir, mais au bout de deux heures, je dois l’admettre, à part des jeans et des T-shirts, je n’ai pas grand-chose pour un restaurant chic. Je dois aller m’acheter un habit pas trop cher, mais qui est aussi assez élégant. J’irai dans l’après-midi. Je regarde aussi les horaires du tramway pour le soir que je note sur un papier. Vers 13 heures, je prends la direction du centre-ville, rue des roses, je vais au magasin « Chez Louise. » Une vendeuse vient me voir dès que j’entre.

— Bonjour, madame ! Je peux vous aider ?

— Oui, je recherche une robe ou une jupe pas trop chère, dis-je.

— D’accord. Quelle taille faites-vous ?

— Je dirai entre 40 et 42 pour une jupe et la robe ça serait plus du 44.

La vendeuse va chercher des modèles. Dès qu’elle a trouvé, elle me dit d’aller à la cabine d’essayage. La première robe ne me va pas du tout, la deuxième non plus. Cependant, la première jupe que j’essaie est en dentelle noire, elle met mes formes en valeur. Quand je sors de la cabine, la vendeuse est là.

— Est-ce que vous auriez un haut qui va avec cette jupe ?

— Bien sûr. Même des chaussures si vous voulez.

— Super ! Merci.

Elle revient quelques instants après avec un haut blanc. Je l’essaie. Il est un peu transparent. Bon, avec un soutien-gorge et un débardeur blanc, ça ira. Quand je sors de la cabine, la vendeuse me fait essayer des modèles de chaussures. Je choisis celles à talons. Au moment de payer, j’en ai pour 200 euros. C’est quand même un peu cher, mais j’ai envie de lui plaire.

À 18 heures, je commence à me préparer. Je passe une culotte en dentelle, un collant noir, mon soutif et un débardeur sous mes nouveaux vêtements. Je consulte l’heure, il est déjà 18 h 40. Je dois me dépêcher, je mets mes nouvelles chaussures puis ma veste et j’y vais. Je parviens à l’arrêt juste quand le tramway arrive. Comme il n’y a pas grand monde, je prends place sur un fauteuil. Ça m’arrange bien, je peux me reposer un peu après ma balade de l’après-midi, je n’ai pas arrêté, entre mon thé et la consultation des horaires de tram. J’espère que je ne commets pas une erreur en allant à ce dîner. Au bout d’un trajet assez long, il est déjà 19 h 30. Je marche paisiblement jusqu’au restaurant. Quand j’arrive à côté, je n’ose pas rentrer, je préfère attendre Éric dehors. Il arrive au bout de cinq minutes. Il me regarde des pieds au visage. Je fais pareil, il est en smoking gris.

— Bonsoir, dit-il. Je vous ai dit de rester naturelle.

— Bonsoir. Je le sais, mais vous m’invitez dans le bistrot le plus chic de la ville et je n’avais que des jeans.

— D’accord. Mais sachez que le patron n’allait pas vous interdire de manger dans son restaurant si vous étiez en jean.

— Si vous voulez, je peux rentrer chez moi me changer, dis-je d’une voix assez forte.

— Non, je plaisantais. Je vous trouve vraiment belle. En plus, elle met en valeur votre corps. Venez, allons manger.

En rentrant, je remarque que le restaurant est vide.

— J’ai demandé qu’on soit seuls ce soir, dit Éric en voyant mon visage surpris.

— Euh… Ce n’était pas la peine réellement, dis-je en regardant autour de moi.

— Si, je voulais être seul avec vous ce soir, Elsa. Allons-nous asseoir, dit-il en me prenant la main.

On va s’asseoir à la table qui se trouve au centre. Éric me tient la chaise pour que je m’assoie.

— Merci.

— Elsa, j’aimerais qu’on se tutoie. Du moins, si ça ne vous dérange pas.

Je le regarde sans répondre.

— Elsa !

— Oui, désolée, ça sera avec plaisir.

— Alors c’est d’accord, dit Éric. Tu vas voir, on mange très bien ici.

  • C’est la première fois que je viens et pourtant, je passe souvent à côté depuis que je suis de retour à Brest.

Le serveur arrive pour prendre notre commande.

  • Elsa, quel vin veux-tu ?
  • Oh ! Euh, je ne bois pas de vin, mais un coca, ça ira, dis-je.

Éric commande un vin blanc pour lui.

  • Désolée, dis-je.
  • Pourquoi ?
  • Parce que je ne bois pas de vin.
  • Il n’y a aucun problème, mais tu n’as jamais bu d’alcool ?
  • Si, mais pas de vin, je bois pour les occasions et pas de boisson forte.
  • D’accord.

Le serveur arrive avec notre commande. Tout se passe bien, on parle de tout jusqu’au moment où Éric me demande :

  • Comment ça se fait que tu sois encore seule ?

Voyant que je ne lui réponds pas, il ajoute :

  • Tu peux tout me dire, je ne me moquerai jamais de toi.
  • C’est que je ne sais pas comment débuter, dis-je.
  • Dis comme ça vient dans ta tête.

Je prends une inspiration et commence.

  • Je me suis mariée quand j’avais 24 ans avec le premier homme que j’ai vraiment aimé. Tout se passait bien au départ, mais au fur et à mesure, mon ex sortait en boîte de nuit. Chaque année, il retournait dans son pays. Il est d’origine africaine. En 2015, je suis allée avec lui là-bas, mais je n’ai pas de bons souvenirs. Quelques mois après, il est reparti puis revenu, et de nouveau reparti. Quand il est revenu trois mois plus tard, c’est à ce moment-là que tout a basculé, c’était, dispute sur dispute. Un vendredi soir quand il est revenu du travail, il m’a dit qu’il partait pour tout le week-end. Le lundi matin, il m’a annoncé qu’il voulait divorcer. Je suis partie vivre chez mes parents. Pendant la procédure, j’ai appris qu’il me trompait, que sa maîtresse attendait un enfant.

Je finis mon histoire en larmes.

Éric me prend la main et la caresse.

  • Depuis ce jour-là, je n’ai plus réussi à dire de mots tendres, je n’arrive plus à faire confiance. J’ai dû mettre une barrière autour de mon cœur pour ne plus souffrir et depuis, je n’aime plus mon corps.

Je baisse la tête, car je ne veux pas voir le visage d’Éric qui a dû changer.

  • Elsa, regarde-moi, dit-il d’une voix douce.

Je lève la tête, et là, ce que je vois, c’est un regard triste et en colère. Éric me tient toujours la main.

  • Je suis désolé pour ce que tu as vécu, tu ne le mérites pas et il ne te méritait pas. S’il était là, je le lui dirais, je le frapperais pour t’avoir mal traitée. Ne doute pas une seconde de toi. Quand je te dis que je te trouve belle, il faut me croire.
  • Je me demande toujours pourquoi tu es intervenu jeudi. Je suis une femme timide qui n’a pas confiance en elle, j’ai des complexes.

Éric se lève, prend sa chaise et vient s’asseoir à côté de moi.

  • Tu vas arrêter. Ce soir, je dîne avec une magnifique femme. Depuis que je suis à Brest, c’est la première soirée que je passe sans penser au boulot que j’ai demain.
  • Je te crois même si j’ai du mal. Est-ce qu’on peut arrêter de parler de moi ?
  • Bien sûr.
  • Comment ça se fait que tu sois PDG de la maison d’édition Bretagne ?
  • Je vois que tu as effectué des recherches. Avant, j’étais à Paris, mais le directeur éditorial est absent pendant quelques mois. Du coup, pour ne pas faire retarder les parutions, je suis venu à Brest pour aider et je ne le regrette pas, dit Éric en me regardant. Pour ta question, depuis mon enfance, j’aime lire et je veux aider les jeunes écrivains à être publié.
  • D’accord. Mais pourquoi ?
  • Elsa, c’est un sujet assez délicat pour moi et je ne veux pas gâcher la soirée.

On continue à parler, j’oublie même de consulter l’heure.

  • J’aimerais prolonger et rester avec toi, Elsa, mais j’ai une réunion demain très tôt.
  • Oui, bien sûr, je comprends. Moi aussi, je dois rentrer, dis-je en regardant l’heure. Il est déjà deux heures du matin !

Comme j’ai levé le ton en voyant l’heure, Éric s’inquiète.

  • Il y a un souci, Elsa ?
  • Oui, mais ce n’est pas grave.
  • Quel est le problème ?
  • Eh bien, je suis venue en tram et le dernier était à une heure du matin.
  • Je vois, tu habites loin d’ici ?
  • Environ, une heure trente à pied. Je n’aime pas conduire la nuit.
  • Ne t’excuse pas, je vais te raccompagner en voiture.
  • Non, je vais trouver un taxi, je te remercie. Je ne veux pas abuser de ta gentillesse.
  • Je ne vais pas te laisser prendre un taxi alors que je possède une voiture. Comme ça, je vais pouvoir profiter de toi encore un peu.
  • Oh !
  • Je ne pensais pas à mal. Ne t’inquiète pas. Viens avec moi, dit-il en me prenant par la main.

Je sens tout de suite l’électricité passer. Éric me regarde et sourit. On arrive à la voiture, un homme sort côté conducteur.

  • C’est mon chauffeur, dit Éric. Où habites-tu ?
  • Euh… 5 rue des lilas, dis-je l’air ahuri.

Éric donne mon adresse à son chauffeur puis m’ouvre la portière arrière. Dès qu’on est dedans, la voiture démarre. Pendant le trajet qui passe vite, je reste silencieuse, Éric aussi. La voiture se gare dans ma rue.

  • On est arrivé, dit le chauffeur.

Éric m’accompagne jusqu’à ma porte.

  • Merci pour cette soirée, Elsa.
  • C’est à moi de te remercier.
  • Écoute, j’aimerais te revoir un autre jour, mais je comprendrais que tu ne veuilles pas, dit-il. Tu me plais beaucoup. Ne te sens pas obligée de me répondre.

Éric se penche vers moi et pose un baiser sur mes lèvres. Je suis surprise, mais je lui rends son baiser. Éric l’intensifie soudain avec passion. Sa langue cherche la mienne. Dès qu’il la trouve, il la caresse. Nos langues s’enroulent ensemble. Je passe mes bras autour de son cou. Éric met ses mains autour de mon visage et arrête de m’embrasser.

  • Dors bien, ma belle, dit-il en posant un dernier baiser sur mes lèvres humides.

Il part en me laissant devant la porte. Je finis par rentrer chez moi. Je me mets au lit directement et je fais un rêve.

Dans mon rêve, il y a Éric bien sûr. Au début, on se trouve dans une pièce sombre et Éric arrive derrière moi et me bande les yeux. Il m’embrasse, sur les lèvres, sa bouche sur mon cou, il descend jusqu’à mes cuisses qu’il écarte, il insère un doigt dans mon sexe puis un deuxième. Je bouge mon bassin en rythme pour enfoncer ses doigts. En sentant que je ne suis pas loin, il remplace ses doigts par sa langue, je finis par jouir.

Le lendemain matin, je vois ma couette qui se trouve sur mes pieds et aussi mon drap mouillé et surtout ma main sur mon sexe. Durant la nuit, je me suis caressée en pensant que c’étaient les doigts d’Éric. C’est la première fois que ça m’arrive. Je regarde l’heure et me précipite sous la douche. Dès que je suis prête, je ramasse mes affaires que j’ai laissées à côté de la porte d’entrée. Je prends mon portable dans ma pochette. Je remarque tout de suite que j’ai des messages. Le premier, à trois heures du matin.

« J’ai passé une excellente soirée, mais j’ai un petit souci, bonne nuit, ma belle Elsa. »

Puis vers 7 heures du matin.

« Bonjour, ma jolie ! J’espère que tu as bien dormi ? Pour ma part, après avoir réglé mon problème, j’ai rêvé de toi, dans ta magnifique jupe et ton haut blanc. »

Encore un à 9 heures.

« Encore au lit, je pense à toi, à ta bouche, alors que je suis en réunion. »

Et un dernier à 9 h 45.

« Elsa, tu es là ? »

Je lui réponds :

« Bonjour, je me suis levée à 10 heures.

Je viens de voir tes messages.

Oui, j’ai bien dormi. »

Faire un tour me fera du bien. Vu que j’ai pris mon petit-déjeuner tard, je me prendrai à manger dehors. Je n’ai pas encore fermé ma porte que mon portable sonne.

« D’accord, je pensais que tu ne voulais plus me parler après ce que j’ai fait hier soir. Ne prends pas peur s’il te plaît, je ne m’attends pas à une réponse. C’est juste que j’en avais envie depuis que je t’ai vue la première fois, je suis en réunion toute la journée. »

« Je t’ai rendu ton baiser aussi.

Je te laisse, passe une bonne journée. »

« On en reparle ce soir après ma journée de travail. »

Depuis que j’ai reçu son dernier message, je me pose des questions : est-ce que j’ai passé une bonne soirée ? La réponse est oui. Est-ce que j’ai apprécié notre baiser ? Joker. Est-ce que je pense à lui ? C’est un grand oui, il est dans toutes mes pensées, et même dans mes rêves. Mais je ne suis pas encore prête à avoir une relation. Vers 16 heures, je finis par lui envoyer un SMS.

« Je pense qu’il faut qu’on arrête de se voir. »

Cela étant, je laisse mon portable, puis j’allume mon ordinateur et me connecte à Facebook. Je vois que mon ami est connecté, je lui envoie un message.

« Bonjour, tu vas bien ? »

« Bonjour, oui ça va et toi ? »

« Oui et non, j’ai rencontré un homme

et je ne sais pas quoi penser. Il m’annonce

que je lui plais et on a passé la soirée

hier ensemble et après on s’est embrassé.

Et là, je viens de lui envoyer un SMS pour

lui apprendre qui vaut mieux arrêter de se voir. »

« Pourquoi tu veux plus le voir ? »

« Je pense que j’ai pris peur, il me dit que

je suis belle, mais j’ai du mal à le croire.

Je ne suis pas prête à avoir une relation. »

« Arrête un peu, tu es jolie et tu as droit au bonheur. Si tu n’essaies pas, tu vas le regretter. Comment l’as-tu rencontré ? »

« Il m’a sauvé de mon ex qui m’a

retrouvée et m’a frappée. »

« Ah ouais ! Quand même ! »

« Oui. Je me mets même à faire des rêves érotiques.

Cette nuit, je me suis caressée. »

« Eh bien ! Attends sa réponse à ton dernier SMS. »

« Merci, je te laisse, bisou. »

« À plus tard, bisou. »

Je me déconnecte. Éric répond à mon message vers 18 heures.

« Elsa, pourquoi ne veux-tu plus me voir ? C’est par rapport à hier ? Si c’est le cas, excuse-moi. »

Je lui réponds.

« Éric, ne t’excuse pas. C’est moi,

j’ai pris peur en lisant tes messages.

Tu n’y es pour rien. Je te l’ai dit, je n’ai

pas confiance en moi. J’ai des complexes

depuis mon divorce. Et je t’ai rendu ton baiser. »

« Je le sais. Tu peux avoir confiance en moi. Je comprends très bien. Je suis allé trop vite. Écoute, on va aller à ton rythme. Mais s’il te plaît, ne renonce pas aussi vite. »

« Merci de comprendre. Désolée, c’est plus

fort de moi. »

« D’accord, je ne te mettrai pas la pression. Je comprends ce que tu ressens, prends tout ton temps. »

« Merci, je vais faire à manger. »

« Bon appétit, ça a été ta journée quand même ? »

« Oui et toi ? »

« Long, réunion toute la journée. Là, je suis dans ma chambre d’hôtel et je travaille encore. »

« Je vais te laisser travailler. »

« Non, on peut parler, ça ne me dérange pas. »

« Moi je dois faire à manger alors plutôt après dîner. »

« D’accord, pas de soucis, je te laisse, bisou. »

« Bisou. »

Je me fais une « Carbonara ». Je mange doucement, la télé allumée, le moral en berne. Je regarde « Demain nous appartient ». Après avoir fait la vaisselle, je me mets un DVD, « KEANE ». Comme je le mets à 20 heures, il finira à 21 h 30. Je suis quand même fatiguée, même si j’ai dormi la nuit dernière. Pendant que je regarde le film, je reçois un SMS d’Éric.

« J’ai fini de travailler. Que fais-tu de beau ? »

« J’ai fini de manger, je me suis mis un film,

“KEANE”, c’est bien. »

« OK, j’aurais aimé être avec toi pour voir le film sans arrière-pensées. »

« Mais tu n’es pas là. »

« Tu aurais aimé que je sois avec toi ? »

« Oui. »

« Je peux te poser une question ? »

« Oui. »

« Qu’as-tu pensé de notre baiser hier ? Tu n’es pas obligée de répondre. »

« Ce que j’ai pensé du baiser est ceci :

Il embrasse bien. Ça, c’était hier.

Ce matin, je me suis dit que

je ne suis pas prête. »

« D’accord. Je comprends. Sache que j’ai aimé t’embrasser et que j’avais une érection, j’avais envie de te prendre, mais je me suis retenu. »

« … »

« Tu aurais aimé que je te prenne hier soir ? »

« Franchement, j’en avais envie aussi.

Personne ne m’a embrassée comme tu l’as fait. »

« C’est bon à savoir. Mais j’attendrai que tu sois prête pour recommencer et te prendre comme tu le mérites. Est-ce que tu as des fantasmes ? »

« Plusieurs. »

« Je veux en savoir plus. »

« Jure-moi de ne pas rigoler. »

« Je te le promets. »

« J’aimerais faire l’amour en pleine

nature ou encore dans une voiture,

dans une douche, sur le sable.

Me faire dominer dans le lit. Essayer la sodomie. »

Au bout de cinq minutes, je n’ai pas encore de réponse. Du coup, j’envoie un nouveau message.

« Tu ne dis plus rien. »

« Désolé, tu n’as jamais eu de rapport sexuel autre part que dans un lit ? »

« Non, on ne le faisait que sur le lit.

Je n’ai pas beaucoup d’expérience. »

« Tu as déjà sucé une bite au moins ? Est-ce que tu t’es déjà caressée ? »

« Non, j’aimerais essayer aussi un cunni. »

« D’accord, j’ai quelque chose à te demander, mais si tu refuses, je ne le prendrai pas mal. »

« Que veux-tu me demander ? »

« Est-ce que ça te dit que je te fasse jouir par message ? Il n’y a pas d’obligation. »

En lisant son message, je rougis, je réponds :

« Tu peux toujours essayer. »

« Un défi, Elsa, je le relève. Tu dois faire tout ce que je te dis. »

« D’accord. »

« Bien, comment es-tu habillée ? »

« Tenue de sport. »

« Sois plus précise. »

« Pantalon et T-shirt. »

« D’accord, et en dessous. »

« Soutif et culotte. »

« Enlève ton pantalon et ton T-shirt. Garde ton soutif et ta culotte. Préviens quand c’est fait. »

Je me lève et entreprends de me déshabiller. Dès que c’est fait, j’envoie un message à Éric.

« Fait. »

« Bien. Maintenant, commence à te caresser. »

« Je ne me suis jamais caressée de ma vie. »

« Je vais te guider. Ne t’inquiète pas, commence par tes seins, tire aussi sur tes tétons. »

Je le fais. En quelques minutes, je sens mon sexe se mouiller.

« Descends une main jusqu’à ta chatte et titille ton clitoris, caresse-toi le sexe lentement, pense que ce sont mes mains. Que ressens-tu en ce moment ? »

Je descends ma main droite tout en laissant l’autre sur mon sein.

« Du plaisir. »

« Mmm, je caresse mon sexe aussi en imaginant que c’est ta main. Enfonce-toi un doigt. »

Je n’arrive plus à lui répondre tellement, je suis occupée à me donner du bonheur.

« Mets un deuxième puis un troisième. Fais des va-et-vient, au début lentement, puis de plus en plus vite. Ne jouis pas tout de suite. »

« Comment je fais pour pas jouir ? »

« Débrouille-toi. »

Je me caresse. Au bout de quelques instants, j’ai envie de jouir, mais j’arrête.

« Je peux jouir ? »

« Non pas encore. »

« S’il te plaît. »

« Jouis maintenant. »

Je me caresse plus vite, je jouis, en quelques secondes.

« Tu as joui ? »

« Oui »

« Comment as-tu trouvé ce qu’on vient de faire ? »

« Franchement très bien »

« Ça te dirait qu’on le fasse de temps en temps, et aussi par téléphone ? »

« Oui. »

« Je ne t’oblige à rien. Si tu as envie, tu me le dis. Mais sache que tu peux me faire confiance. »

« Je le fais parce que je le veux.

Je sais que je peux te faire confiance. »

« Merci. Je dois te laisser. »

« Pas de soucis. »

« Bonne nuit, fais de beaux rêves, Elsa, bisou. »

« À toi aussi, bisou. »

J’éteins mon portable et je remarque que je n’ai pas du tout suivi mon film. Je suis encore en culotte et soutif du coup, je vais dans ma chambre et je me mets en pyjama. Ensuite, je sors le DVD, j’éteins la télé. Enfin, je vais au lit et je m’endors tout de suite.

 

 

Chapitre n° 4

La magnifique nuit

 

Le lendemain matin, je m’occupe d’imprimer mon manuscrit et aussi la lettre que j’ai écrite durant le week-end. Je mets le tout dans une enveloppe à bulles. Je sors vite fait pour aller à la poste. En rentrant, j’envoie un texto à Éric.

« Bonjour, monsieur ! J’ai oublié de vous dire

que j’ai un rêve qui est de publier mon premier roman.

Je cherche une maison d’édition. Bonne journée. »

Mon portable sonne au bout de quelques minutes.

« Bonjour, si tu veux, tu peux envoyer ton manuscrit. »

Je lui réponds :

« Je ne veux pas de traitement particulier. »

« Ton texte manuscrit suivra la procédure habituelle. S’il arrive jusqu’à mon bureau, je le jugerai comme je le fais pour les autres. Passe une bonne journée, bisou. »

Pendant l’après-midi, je reste chez moi à finir d’écrire le deuxième tome. Vers 17 heures, je change de tenue. À 18 heures, je remarque que mon portable est déchargé. Avant d’aller au lit, je débranche mon mobile et le rallume. Quelques instants plus tard, il émet plusieurs bips, j’ai reçu plusieurs messages et tous d’Éric.

« J’ai fini ma journée. Je vais à mon hôtel. »

« Qu’as-tu prévu ce soir ? Ça te dit qu’on fasse comme hier soir ? »

« Elsa, tu es là ? N’aie pas peur de me dire si tu ne veux pas. »

« Tu as décidé de plus me parler. »

Je réponds directement :

« Désolée, Éric, mon portable était déchargé.

J’ai dû le mettre en charge.

Je viens de recevoir tes textos. »

Une réponse m’arrive tout de suite.

« Je me faisais du souci, je me disais que tu avais décidé de ne plus me parler. »

« Non, je suis désolée que tu te sois inquiété. »

« Ça va mieux maintenant que je sais que tu me parles toujours. Qu’as-tu fait de ta journée ? »

« Pas grand-chose. Ce matin, j’ai

envoyé mon manuscrit.

Cet après-midi, je suis restée chez moi.

Et toi tu as passé une bonne journée ? »

« J’ai travaillé toute la journée. Mon début de soirée était morose et là, il s’est illuminé. »

« Je suis encore désolée. »

« Ne t’excuse pas. Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu avais écrit un roman ? »

« Ce n’est pas une chose que

je dis à un homme que je viens de rencontrer. »

« Je te comprends. Si ton manuscrit arrive sur mon bureau, il n’aura pas de passe-droit. »

« Je ne demande pas de faveurs,

je veux réussir à le publier grâce à mon talent. »

« Je le comprends très bien. Ne t’inquiète pas. Tu veux qu’on joue un peu ? »

« Ça aurait été avec plaisir, mais mes yeux

commencent à se fermer. »

« Pas de soucis, dors bien. »

« Merci, toi aussi dors bien, bisou. »

« Bisou Elsa. »

Après le dernier SMS, je m’endors. Le jeudi soir, après mon cours de yoga, je reçois un SMS d’Éric.

« Ma chère Elsa, veux-tu jouer un peu avec moi, mais par téléphone ? Si c’est d’accord, je t’appelle vers 21 heures. »

« Éric, ça serait avec grand plaisir,

mais je préférerais qu’on le fasse par texto. »

« Je t’appelle à 21 heures, sois prête et allongée sur le lit. Je te veux toute nue. Ne refuse pas, tu obéis. »

« D’accord, mais comment tu pourras

être sûr que je suis allongée sur mon lit

et encore toute nue ? » 

« Je te fais confiance pour respecter les règles pour ce soir. Crois-moi, j’aimerais être à côté de toi. »

« Je te laisse. »

« Bien, à 21 heures »

Je mange rapidement afin d’être prête à l’heure. Je prends mon vibromasseur que je mets sur mon lit, puis me déshabille et m’allonge. Mon téléphone sonne à 21 heures précises, je réponds :

—    Allô.

  • Bonsoir Elsa. Dis-moi que tu es prête ?
  •  
  • Bien, comment es-tu ?
  • Allongée nue sur mon lit.
  • J’adore. Mets l’ampli et pose ton mobile sur ton lit.

Je mets mon haut-parleur et pose mon portable et dis :

  • C’est fait.
  • Maintenant, commence à te caresser le corps, mais sans toucher à tes seins ni ton entrejambe. Imagine que ce sont mes mains qui sont sur ton corps.

Je fais ce qu’Éric me dit de faire. Au bout d’un moment, j’entends sa voix.

  • Caresse-toi les deux seins, pince-toi les tétons en même temps.

Je mets mes deux mains sur ma poitrine, dès que je commence, je sens mon sexe se mouiller et je gémis.

  • Freine le mouvement, Elsa, je ne veux pas que tu jouisses tout de suite. Caresse-toi le clitoris et enfonce un doigt dans ta chatte.

Je ralentis. Ma main droite descend jusqu’à mon sexe. Je couine dès que mon doigt entre en contact avec mon sexe.

  • Continue comme ça, rajoute deux doigts. Je me caresse aussi en pensant que c’est ta main qui le fait.

Je mets un deuxième doigt puis un troisième. Je grince plus fort.

  • Éric, s’il te plaît.
  • Pas encore, dit-il en gémissant aussi. Rajoute un quatrième doigt.
  • Je ne peux pas.
  • Si tu le peux, pense que c’est ma bite qui te pénètre.

Je ferme les yeux et m’enfonce un quatrième doigt dans ma chatte.

  • Fais des va-et-vient, effleure-toi le clitoris en même temps.

Je le fais.

  • Oh ! Mon Dieu, oh ! Mon Dieu, je vais jouir, Éric.
  • J’y compte bien, Elsa. Continue comme ça.
  • J’y suis Éric. S’il te plaît, laisse-moi jouir.
  • Attends encore.

Je l’entends se caresser. Pour ma part, je n’ai pas encore arrêté, mes doigts sont encore en moi.

  • Oh ! mon Dieu, Éric…
  • Jouis, ma belle, maintenant.

Je jouis, comme je ne l’ai jamais fait. Je reprends mon souffle.

  • Elsa, tu es là ?
  • Oui, Éric.
  • Ça va ?
  • Oui, je n’ai jamais joui comme ça.
  • J’en suis heureux. Tu as été magnifique, Elsa.
  •  
  • Elsa !
  •  
  • J’aimerais te réinviter un jour pour dîner. Mais je te laisserai choisir le restaurant, du moins si tu acceptes mon invitation.
  • Je l’accepte avec plaisir. Je te donnerai l’adresse du bistrot plus tard.
  • Pas de souci, on dit pour mardi soir ?
  • D’accord.
  • Je viendrai te chercher cette fois. Je ne veux pas que tu prennes le tramway ou ta voiture.
  •  
  • J’ai hâte, à mardi.
  • Moi aussi.
  • Bonne nuit, fais de beaux rêves.
  • Toi aussi.
  • Je t’embrasse.
  • Je t’embrasse aussi.

On raccroche. Le lundi, j’envoie un texto à Éric pour le restaurant.

« Bonjour, voici l’adresse du bistrot

chinois, buffet à volonté. »

« Bonjour, c’est noté, je viens te chercher chez toi pour 19 heures Hâte, à demain, Bisou. »

« Pareil, à demain, bisou. »

Le lendemain, je pense à retourner au magasin « Louise » pour de nouveau m’acheter une tenue. J’y vais en début d’après-midi. Quand je rentre dans la boutique, je suis accueillie par une jeune vendeuse.

  • Bonjour, madame.
  •  
  • Je peux peut-être vous aider ?
  • Je pense que oui, dis-je.
  • Que cherchez-vous comme vêtement ?
  • Je cherche une robe un peu sexy, si possible, pas trop chère et aussi de la lingerie.
  • D’accord, on va voir ce qu’on peut trouver. Quelle taille faites-vous ?
  • Environ 44.
  • Vous avez une préférence pour la couleur ?
  • Noir, bleu, rouge.
  •  

La vendeuse regarde sur les cintres et prend au moins quatre robes.

  • Vous allez essayer celles-là pour le moment, dit-elle en me donnant les robes.

Dès que j’ai mis la première robe, je sors de la cabine pour me voir dans la glace. La vendeuse est là.

  • Elle ne vous va pas bien, dit-elle avec un air navré. Elle vous grossit un peu.

Comme je n’y connais rien, je retourne dans la cabine et j’essaie la deuxième et comme la première, la vendeuse me dit que la robe ne me va pas. Quand j’ai mis la quatrième, je sens que c’est la bonne.

  • Eh bien ! La voilà, cette robe est faite pour vous, dit la vendeuse.
  • Je trouve aussi. Mais je la trouve un peu trop sexy, elle est fendue sur le côté.
  • Vous êtes très belle dedans.
  • Je vous fais confiance. Je la prends.
  • Pour la lingerie, j’ai ceci, dit-elle en me montrant.
  • C’est parfait, merci.

Je vais payer. La robe que j’ai prise est bleu clair, fendue sur le côté. J’espère qu’elle va plaire à Éric. Cependant, mon budget en prend un coup. Je regarde l’heure et je remarque que j’ai passé 1 h 30 dans le magasin. Je retourne chez moi. En rentrant, je pose ma nouvelle robe sur mon lit puis j’essaie de m’occuper. À 18 heures, je me prépare pour la soirée. Je passe la robe puis mets mes chaussures, je me maquille un peu. À 19 heures précises, je reçois un message d’Éric.

« Je suis en bas. Je t’attends. »

« J’arrive tout de suite. »

Je ferme ma porte à clé et je descends. Éric m’attend debout à côté de sa voiture. Je m’avance vers lui.

  •  
  • Bonsoir, dit-il. Tu es magnifique. Une nouvelle robe ?
  • Merci, oui, achetée aujourd’hui.
  • On y va ?
  • Avec plaisir.

Il m’ouvre la porte, je monte, il s’assoit juste après moi. Il dit à son conducteur d’y aller. La soirée se passe royalement bien. Quand on reprend la voiture, Éric appuie sur un bouton et je remarque qu’une vitre monte entre le chauffeur et nous.

  • On sera plus tranquille, dit-il.
  • On est déjà au calme.
  • Oui, mais j’aimerais t’embrasser, si tu veux bien, bien sûr, dit-il.

Pour toute réponse, j’avance vers lui et lève mon visage vers le sien, il pose ses lèvres sur les miennes, je lui rends son bisou. Notre baiser devient rapidement intense, Éric me fait m’asseoir sur ses genoux.

  • Je n’avais rien prévu, Elsa, il faut que tu me croies.
  • Je te crois.
  • Reste avec moi cette nuit, j’ai envie de toi depuis que je t’ai entendu jouir au téléphone.
  • J’ai envie de toi aussi.
  • Je te promets, ça n’engage à rien.

Il m’embrasse à nouveau. Sa langue lèche la mienne. Quand il s’arrête, il appuie sur un interrupteur.

  • Allez à l’hôtel, ordonne-t-il.
  • Bien, monsieur.

Éric lâche le bouton et m’embrasse de nouveau en me caressant les cuisses. Il effleure mon clitoris à travers mon string. Je me tortille sur lui.

  • Est-ce que je te fais jouir maintenant où j’attends d’être dans ma suite ? demande-t-il tout en enfonçant un doigt en moi. Tu es déjà bien mouillée.
  • Fais-moi jouir maintenant, dis-je d’une voix enrouée.
  • Je pense que je te ferai jouir plus tard, dit-il, en retirant sa main.
  • Quoi ?
  • Patience, Elsa. On a toute la nuit devant nous. Je te promets de te baiser et tu vas me supplier.
  • Tu es diabolique, dis-je en me tortillant sur son sexe déjà dur.
  • Oui, tu n’as rien vu encore, dit Éric en posant un baiser sur mon front.

La voiture s’arrête, Éric me fait descendre de ses genoux. Le chauffeur ouvre la portière et Éric sort en premier, il m’aide à sortir. Pour rentrer dans l’hôtel, il garde ma main dans la sienne. On va directement à l’ascenseur. À peine les portes fermées, Éric appuie sur le dernier étage et fonce sur moi pour m’embrasser violemment. Je prie pour que l’ascenseur ne s’arrête pas en chemin. Éric m’embrasse sur le cou en descendant les bretelles de ma robe.

  • Putain, j’ai envie de toi, dit-il en se frottant à mon bassin pour que je sente son sexe en érection.
  • Prends-moi, maintenant, dis-je en gémissant.
  • Non, mais un jour, je te baiserai dans un ascenseur.

L’ascenseur s’ouvre, Éric me tire par la main et m’emmène dans sa suite. Dès qu’on est rentré, il m’attire à lui, m’embrasse encore.

  • Pour l’heure, je me contenterai de ceci, dit-il en me reculant jusqu’à la porte d’entrée. Je te promets, je serai doux après.
  • Baise-moi.
  • Tu n’as pas à me le dire une seconde fois.

Il baisse son pantalon et son boxer, je peux voir sa bite en érection. Il déchire mon string, lève ma robe, met un préservatif et enfonce son pénis dans mon sexe. Je me retiens comme je peux. Il m’embrasse et commence ses va-et-vient. Je sens que l’orgasme arrive.

  • Oh ! mon Dieu, dis-je en fermant les yeux.
  • Non, je veux voir tes yeux quand tu vas jouir.

J’ouvre les yeux et le fixe. Une de ses mains me tient les cheveux de sorte que je puisse voir son regard. L’autre me tient par la taille.

  • Laisse-moi jouir, Éric, s’il te plaît, dis-je.

Éric se retire et s’enfonce jusqu’à la garde. Je jouis directement. Il me suit quelques secondes après. Il me retient dans ses bras le temps que je reprenne mon souffle.

  • Désolé, c’était brutal, dit-il. J’en mourais d’envie depuis que je t’ai embrassée la première fois.
  • Pas grave. J’ai adoré.

Ce qui est vrai, c’est la première fois que je fais l’amour contre une porte et j’ai apprécié.

  • Viens, je n’ai pas encore fini avec toi, dit-il. Je te promets, tu vas aimer ce qui va suivre, dit-il en me prenant la main.

Il m’emmène jusqu’à la chambre où il y a un grand lit.

  • Déshabille-toi, dit Éric.

Je le contemple, je ne sais pas comment débuter. Je ne me suis jamais déshabillée devant un homme avant de faire l’amour. Remarquant mon regard, Éric me dit :

  • Commence par ôter ta robe.

Je fais ce qu’il me dit. Je vais pour enlever mon soutif, il m’arrête avant.

  • Je vais le faire, dit-il, en tirant sur les agrafes.

Il l’enlève et pince mes tétons au passage.

  • Couche-toi sur le lit.

Je m’allonge.

  • Bien, maintenant, montre-moi comment tu te câlines.

Je commence à me caresser les seins, à les titiller. Puis je descends une main jusqu’à mon clitoris, me pelote mon sexe et j’enfonce un doigt.

  • Mmm, poursuis, Elsa. Plonge deux autres doigts, dit Éric d’une voix rauque.

Je remarque alors qu’il caresse sa bite. Je mets un deuxième puis un troisième doigt dans ma chatte. Je commence à remuer le bassin.

  • Oui, continue comme ça. Rajoute un quatrième, tu peux le faire, dit-il.

Je rajoute un doigt et fais des va-et-vient. Je sens le lit bouger, Éric s’allonge à côté de moi.

  • Enlève tes doigts, dit-il d’une voix troublée.

Je retire mes doigts. Éric ramasse un sachet qu’il déchire puis place le préservatif sur sa bite dure. Il se couche sur moi, Éric fait rentrer son sexe lentement dans ma chatte. Il commence ses mouvements au début doucement, puis de plus en plus vite. Je mets mes jambes sur ses fesses.

  • Jouis, ma belle.

Je jouis dès que j’entends son ordre. Puis je l’entends jouir, il se retire, il s’allonge, m’attire à lui, pose un baiser sur le front.

  • Tu es magnifique, dit-il. Est-ce que tu t’es déjà caressée devant un homme ?
  • C’est la première fois que je le fais.
  • J’en suis honoré. Tu as aimé le faire ?
  •  
  • On recommencera alors. Je dois faire quelque chose, dit Éric en retirant le préservatif.
  • Ah ! et quoi ?

Pour toute réponse, il s’allonge sur moi de nouveau et commence à m’embrasser. Il passe ses lèvres sur mon visage puis sur mon cou, quelques instants après ses lèvres se trouvent sur mon corps, il écarte mes cuisses. Je comprends ce qu’il veut faire, je mets directement mes mains sur mon sexe.

  •  
  • Pourquoi ?
  • Je te l’ai dit, personne ne m’a léché le sexe.
  • J’irai doucement, je te le promets, Elsa. Mais si vraiment tu ne le veux pas, je ne te forcerai pas.

Je tire mes mains quelques secondes plus tard. Éric le voit comme une invitation. Il commence par cajoler mon clitoris puis sa langue est sur mon sexe. Il le lèche lentement, il entre sa langue dans ma chatte, je sursaute au moment où je la sens. Éric s’arrête !

Il demande :

  • Ça va ?
  •  
  • Tu veux que j’arrête ? Personnellement, j’adore ton parfum.
  • Continue, ne t’arrête pas.

Il recommence à effleurer mon clitoris et sans prévenir, il enfonce sa langue dans mon minou.

  • Oh ! Mon Dieu, continue, ne t’arrête pas.

Il continue, je jouis. Il prend un sachet noir qu’il déchire. Il met le préservatif sur sa bite dure puis s’allonge de nouveau sur moi et m’embrasse pour que je goûte mon plaisir. Son sexe se trouve à nouveau à l’entrée du mien. Il le fait rentrer lentement, il le sort, le rentre puis le ressort puis plonge jusqu’à la garde. Il ne bouge plus, Éric me regarde.

  • Tu es étroite, tu serres à fond ma bite, dit-il en la ressortant.
  • Baise-moi, Éric.
  • Avec plaisir, ma belle.

Il enfonce de nouveau sa bite et commence à bouger. Mon bassin suit le rythme. Je mets mes mains sur ses fesses arrondies et avec mes jambes, je l’aide à s’enfoncer plus loin en moi. Je sens l’orgasme arriver.

  • Oh ! mon Dieu, j’y suis presque.

Éric passe une main entre nos deux corps et caresse mon clitoris. Je jouis en quelques instants. Il me suit juste après. Au lieu de se retirer, il laisse sa bite dans ma chatte, nous fait basculer de sorte que je me trouve sur lui. Je sens sa queue durcir encore.

  • Merde, je pourrais encore te prendre, dit-il.
  • En quoi c’est dérangeant ?
  • Peux-tu encore jouir ? demande-t-il en se retirant pour tirer le préservatif.
  • Aucune idée. Je n’ai jamais autant fait l’amour.
  • D’accord. On va essayer quelque chose, dit Éric. Mets-toi à quatre pattes.

Éric se place derrière moi. Il commence à me cajoler le clitoris puis plonge deux doigts dans ma chatte.

  • Putain, tu es mouillée, dit-il.
  • J’ai envie de toi, dis-je en bougeant le bassin pour enfoncer ses doigts.

Il retire ses doigts pour prendre un préservatif. Il s’enfonce encore dans mon sexe.

  • Tu serres bien ma queue, Elsa.

Il me tient par les cheveux et me pénètre. Dans cette position, je sens sa bite tout au fond de moi. En sentant que je ne suis pas loin de l’orgasme, Éric passe une main sur mon clitoris.

  • Éric ! crié-je, en jouissant.

Il jouit à son tour. Il se retire tout de suite, enlève le préservatif, s’allonge à côté de moi et me prend dans ses bras.

  • Maintenant, repose-toi.

Je ferme les yeux directement. Je me sens en sécurité dans ses bras.

 

 

Chapitre n° 5

Les regrets

 

Je n’ouvre de nouveau les yeux que le lendemain. Ma main cherche le corps d’Éric, mais il n’y a personne à côté de moi. Parfaitement réveillée, je tourne la tête de l’autre côté et je vois un papier sur l’oreiller. « Bonjour, ma belle endormie ! Je n’ai pas eu le cœur à te réveiller, il faut dire que je t’ai bien fatiguée cette nuit. C’était une magnifique nuit pour moi. Tu trouveras des vêtements sur la chaise à côté du lit. Pas la peine de me rembourser, rentre bien, à plus tard, je t’embrasse. Éric. »

Je pose le mot d’Éric puis je vais me laver. Quand je rentre dans la salle de bain, je vois qu’elle est immense. Sous l’eau, je me souviens de tout. Je n’ai jamais joui quatre fois dans la même nuit, surtout pas comme ça. Éric m’a baisée quatre fois de suite. Bon, je l’ai supplié de le faire. Je ne me reconnais pas. Rien que d’y penser, j’ai encore envie de lui. Je commence à me caresser sous la douche. Quand je débute, je regrette que ça ne soit pas la main d’Éric. Je jouis directement. Avant de partir, j’envoie un texto de remerciement à Éric.

« Bonjour, merci, pour les habits,

je te les rembourserai, bisou. »

« Bonjour, pas la peine. Bien dormi ? »

« J’y tiens, oui très bien. Je rentre chez moi. »

« Je peux demander à mon chauffeur de te raccompagner. »

« Pas la peine, je vais prendre le tramway. »

« Comme tu veux. Passe une bonne journée. Je pense à toi. »

« Avant que j’oublie ce matin, j’ai joui

dans ta douche, mais ce n’était pas pareil

sans toi. »

« Ne me dis pas ça, alors que je suis à ma troisième réunion et que je ne peux pas partir. »

« Je te laisse alors, merci pour les

vêtements, bisou. »

« Tu ne perds rien pour ce que tu m’as dit. Bisou. »

Je range mon portable et sors de l’hôtel, je vais chez moi. Je ne me rappelle pas quand j’ai pris mon pied au lit. Mais cette nuit a été plus que magnifique, elle est inoubliable. Elle est mémorable. En arrivant chez moi, je range ma robe et je me connecte à « Facebook. » J’ai besoin de conseils d’un ami.

« Bonjour, tu vas bien ? »

« Bonjour, oui et toi ? 

« Bof, je ne sais plus où j’en suis. »

« Que se passe-t-il ? »

« J’ai couché avec l’homme que j’ai rencontré. »

« Est-ce qu’il fait bien l’amour ? »

« Il n’y a pas de mot pour le dire. 

J’ai joui quatre fois. »  

« Quatre fois ! »

« Oui. Et encore, je ne compte pas les deux fois

où il m’a fait jouir par SMS et téléphone. »

« D’accord, il a fait quoi pour que tu jouisses quatre fois hier soir ? »

« La première fois, il m’a prise à peine rentrée

dans sa chambre, puis je me suis caressée devant lui avant

qu’il me pénètre ensuite. Il m’a léché la chatte et pénétré, il m’a pris en levrette. »

« Ah ! Quand même, écoute, continue à le voir, mais juste pour coucher avec lui, surtout ne tombe pas amoureuse. »

« C’est ça le problème. Il est à Brest juste pour

quelques mois et je ne veux pas m’attacher

et souffrir après. »

« Je le sais, mais tu as trouvé l’homme idéal pour te faire connaître les jouissances. Profite. »

« Tu sais très bien que je m’attache

facilement aux gens. »

« Oui, dis-toi que c’est juste du plaisir. Est-ce qu’il t’a dominée au lit ? »

« Oui, j’ai adoré. »

« D’accord, dis-lui que tu veux être sa soumise. »

« Il sait que j’ai ce fantasme. »

« Profite pour le réaliser. Si tu as envie de discuter, je suis là. »

« Merci, j’avais besoin de conseils aujourd’hui. »

« Tu as bien fait de me parler, je dois te laisser, à plus tard. »

« À plus tard. »

Après cette conservation, je me déconnecte et éteins mon ordi. Je ressors de chez moi pour prendre l’air. Alex a raison, mais j’ai peur de m’attacher facilement à Éric et dès que son remplacement sera terminé, il va devoir repartir. Bon, je vais faire comme Alex m’a dit : profiter juste du plaisir qu’Éric me donne, mais je vais avant tout laisser passer le reste de la semaine et le week-end. À partir d’aujourd’hui, je ne lui envoie plus de SMS. Vers 22 heures, je reçois un message que je lis.

« Mes draps sentent encore ton odeur. »

Surtout ne pas réagir, je pose mon mobile qui vibre une seconde fois.

« Ton corps me manque. »

J’éteins directement mon mobile pour ne pas être tentée de lui répondre. Après mon film, je vais au lit. Du mercredi soir au dimanche soir, je laisse mon portable éteint. Je sais que quand je vais le rallumer, je vais avoir des textos d’Éric.

Quand je rentre de mon week-end, j’allume mon portable dès que j’ai rangé mes affaires. Déjà pour dire à mes parents que je suis bien arrivée, comme prévu, j’ai des SMS et même des appels en absence.

Jeudi matin à 9 heures.

« Bonjour, tu étais sûrement au lit hier soir. »

Le soir, à 19 heures.

« Pas de nouvelles de la journée, ton portable est éteint. »

Puis à 22 heures.

« Tu fais la tête ? »

Le vendredi matin.

« Elsa, réponds-moi. »

Le vendredi soir.

« J’ai fait quelque chose ? »

Le samedi, à 5 heures du matin.

« Je ne dors plus, dis-moi ce qui se passe. Tu n’as pas apprécié la nuit qu’on a passée ensemble ? »

Puis aujourd’hui à 6 heures.

« Je m’inquiète, je sais que tu n’as pas eu d’accidents, j’ai appelé les hôpitaux. Envoie-moi un SMS même si c’est pour me dire que tu ne veux plus me voir, je comprendrai. »

Je lui réponds tout de suite.

« Bonjour, Éric ! Je te rassure immédiatement,

tu n’as rien fait de mal.

Si j’ai éteint mon portable,

c’est juste que j’avais besoin

de prendre du recul,

par rapport à la nuit de mardi.

Oh ! Oui, j’ai apprécié

la nuit qu’on a passée ensemble. Pour tout dire, j’ai pris peur

ou j’ai peur de m’attacher à toi alors que tu es là juste pour

quelques mois. »

J’attends environ une heure pour avoir une réaction.

« Elsa, enfin tu me réponds, je suis rassuré. Je comprends ce que tu ressens, crois-moi. Je suis comme toi. Sache-le, je suis aussi perdu que toi. C’est la première fois que j’ai envie de revoir une femme avec qui j’ai couché. »

« Éric, je suis perdue, je pensais

qu’après ce week-end, j’allais trouver

la solution, mais non. »

« Écoute, on peut continuer à se voir, mais je te promets qu’on ne couchera plus ensemble si tu le veux. »

« Je peux te proposer une autre solution ? »

« Oui. »

« Je veux que tu réalises mon fantasme

d’être dominée au lit. »

« Tu veux être ma soumise ? »

« Oui. Tu m’as donné beaucoup de jouissance

la dernière fois et je veux en éprouver plus.

On couche ensemble sans sentiment

et l’on ne s’attache pas. »

Comme il ne répond pas, j’envoie un autre message.

« Éric. »

« Désolé, je réfléchissais. Je suis d’accord pour ta solution. Tu seras ma soumise juste au lit. Je te ferai connaître tous les plaisirs. »

« Merci. »

« Quand veux-tu que le contrat débute ? Pour ma part, j’ai envie qu’il commence ce soir. »

« On peut dire qu’il commence

à partir de demain. »

« Bien sûr, Elsa. Où veux-tu qu’on se retrouve pour en parler ? »

« À ton bureau ? »

« D’accord. Demain à 17 heures, si ça te va ? »

« Ça me va. À demain alors. »

« À demain, bisou. »

« Bisou. »

 

 

Chapitre n° 6

Le contrat

 

Le lendemain, à 16 heures, je vais prendre le tramway pour aller voir Éric. Je sais qu’il faut qu’on parle avant de commencer le contrat que je lui ai proposé, mais je stresse. Quand j’arrive enfin à son bureau, je vais voir sa secrétaire.

  •  
  • Bonjour, Madame. Que puis-je faire pour vous ?
  • J’ai rendez-vous avec monsieur Éric Delaunay à 17 heures.
  • Vous êtes Madame ?
  • Elsa Carrington.

La secrétaire regarde sur sa feuille où toutes les rendez-vous sont listés.

  • Vous pouvez patienter dans la salle d’attente, Madame. Je vais le prévenir que vous êtes arrivée, m’annonce-t-elle.
  •  

Je vais m’asseoir dans la salle d’attente et j’attends un bon quart d’heure, quand enfin, la secrétaire me conduit dans le bureau d’Éric.

  • Bonjour, Éric.
  • Bonjour, Elsa. Assieds-toi, je t’en prie. Tu vas bien ?
  • Oui, merci et toi ?
  • Je vais mieux depuis hier soir.
  • Je suis désolée de ne pas t’avoir dit que j’avais besoin de prendre du recul, dis-je en baissant les yeux.
  • Elsa, regarde-moi s’il te plaît, dit-il d’une voix douce.

Je lève les yeux.

  • Je comprends complètement que tu aies eu envie de prendre du recul, dit-il. Pour être honnête avec toi, je n’avais pas prévu de coucher avec toi mardi soir. Mais il s’est passé ce qu’il s’est passé. On ne peut pas revenir en arrière.

J’ouvre la bouche pour donner mon avis, mais Éric m’en empêche.

  • Laisse-moi finir. La nuit de mardi à mercredi, c’était pour moi, la nuit la plus magnifique. J’apprécierais de te dire que je voudrais encore te faire l’amour, mais je ne te le dirai pas. Quand hier, tu m’as proposé d’être ma soumise, je me suis dit pourquoi pas, mais je veux savoir si tu me l’as demandé juste pour réaliser ton fantasme ou si c’est pour qu’on couche ensemble ?
  • Avant de te répondre, je vais aussi être honnête avec toi. La nuit qu’on a passée ensemble a été pour moi inoubliable. Je n’ai jamais joui autant de fois. Je n’ai jamais dit à un homme de me baiser. C’était facile avec mon ex-mari, je ne pense pas que j’ai pris du plaisir un jour à faire l’amour avec lui. Je ne sais même pas si je jouissais. Le lendemain, j’admets que j’ai pris peur. J’étais même prête à te dire que je ne voulais plus te voir. Je sais que je n’ai pas beaucoup d’expérience dans le domaine du sexe, mais j’ai envie d’en connaître plus.
  • D’accord.
  • Pour ta question, il y a quelques jours, je t’aurais dit que c’était plus pour réaliser un fantasme. À l’heure actuelle, si je t’ai proposé d’être ta soumise, c’est surtout pour avoir les réponses à des questions que je me pose depuis des années.
  • Quelles questions te poses-tu ?
  • Est-ce que je suis soumise au lit et en dehors ?
  • Je vois tes interrogations. Écoute, ton idée de contrat entre nous deux, ça me va. Mais je vais rajouter des petites choses.
  • Comme quoi ?
  • Tu acceptes mes cadeaux que je te ferai, tu n’achètes plus de nouveaux vêtements, je me chargerai de ça. Tu fais tout ce que tu veux de ton temps libre, mais certains soirs tu viens dans ma suite soit juste pour passer la soirée ensemble ou alors coucher ensemble. Mon chauffeur est à ta disposition si tu veux aller quelque part soit pour t’emmener à mon hôtel soit pour te ramener.
  • Je peux prendre le tram, j’ai ma carte.
  • En journée d’accord, le soir c’est mon chauffeur qui vient te chercher.
  • D’accord.
  • Une dernière chose. Tu ne travailles pas ?
  • Non, pourquoi ?
  • J’ai besoin d’une assistante, tu seras parfaite pour ce travail.
  • Donc je n’aurai plus de temps libre en semaine ?
  • Non, mais comme je sais que c’est important pour toi, tu auras ton week-end, sauf si j’ai envie de toi. Pour le travail, tu seras payée bien sûr. Ne prends pas ta décision maintenant, mais réfléchis.
  • D’accord. Je te donne ma réponse dans la semaine.
  • Pour les modalités, c’est bon pour toi ?
  • Oui, j’ai une seule chose à ajouter.
  • Je t’écoute.
  • Est-ce que je peux continuer le yoga le jeudi ? Et est-ce qu’on peut passer quelques fois des soirées chez moi ?
  • Ça fait deux conditions, mais j’accepte, bien sûr que tu peux continuer le yoga. On dit que le jeudi, je passe la soirée chez toi.
  • Quand veux-tu que le contrat commence ?
  • Et toi ?

Je n’ai pas vraiment envie de prendre cette décision. Alors devant mon silence, il m’annonce :

  • On dit demain soir. Ce soir, j’ai un repas d’affaires. Ça te va ?
  •  
  • Bien, dit-il en se levant de son fauteuil.

Il vient vers moi.

  • Est-ce que tu veux que notre accord soit écrit?
  • Non, je te fais confiance, dis-je sans le quitter du regard.

Au moment où je vais me lever, Éric me prend par les épaules, il me retourne puis pose ses lèvres sur les miennes.

  • Désolé, mais j’en avais envie depuis que tu es rentrée dans mon bureau.

Au lieu de répondre, je lève mon visage vers le sien, il prend mon geste comme un signe engageant. Il pose de nouveau ses lèvres sur les miennes et attend. Je pose un léger baiser puis on entreprend de s’embrasser vraiment. Il me surélève du sol, puis se retourne et me fait m’asseoir sur son bureau en passant une main sous mon T-shirt. Mes seins se dressent sous ses caresses. Je rapproche mon bassin de lui.

  • Elsa, tu es sûre que c’est ce que tu veux ?
  • Oui, Éric. J’en ai envie aussi.

Il retire mon T-shirt et mon soutien-gorge puis il reprend un sein qu’il suce tout en touchant le deuxième. Je renverse la tête en arrière au moment où Éric me caresse les jambes, ses mains remontant jusqu’à mes cuisses. Enfin, une de ses mains caresse mon sexe à travers ma culotte.

  • Éric !
  • Quoi, tu veux que j’arrête ?
  • Ta secrétaire ?
  • Elle ne me dérange pas, sauf en cas d’urgences, dit-il en plongeant un doigt dans mon minou.
  • Ta porte n’est pas fermée.
  • Elsa, la porte est fermée. Arrête de t’inquiéter !

Éric enfonce un second doigt dans ma chatte et il m’embrasse pour me faire taire.

  • Je n’ai pas de préservatif ici.
  • Mais j’ai envie de jouir !
  • D’accord.

Il fait de la place sur le bureau.

  • Allonge-toi, mets tes fesses au bord du bureau. Tiens-toi où tu peux.

Je me mets comme Éric m’a dit de faire. Il enlève ma culotte, lève ma jupe puis écarte mes genoux. Il met son visage entre mes cuisses et commence à me lécher. Je me tiens comme je peux quand sa langue entre dans mon sexe. Je bouge mon bassin pour faciliter le travail de sa langue. Il dorlote aussi mon clito. Il enfonce deux doigts dans ma chatte et cajole mon clitoris avec sa langue. Je jouis violemment.

  • Éric !

Éric attend que je reprenne mon souffle.

  • Ça va ? me demande-t-il.
  • C’était…
  • Splendide !
  • Non, plus que magnifique. C’est la première fois que je jouis comme ça. C’est incroyable !

Je remarque que son sexe est en érection, alors lentement, je descends du bureau.

  • Et toi ?
  • Quoi, moi ?

Éric suit mon regard.

  • Ne t’inquiète pas pour moi.
  • Tu ne veux pas que…
  • Elsa, ce n’est pas la peine. Ça sera pour une autre fois. Écoute-moi, je sais que tu veux essayer la fellation, mais on le fera plus tard. Je voulais t’offrir ce plaisir. Ne sois pas déçue, dit-il en me regardant.

Il regarde l’heure.

  • Je dois y aller.
  • D’accord.
  • On se voit demain ?
  • Euh… Oui.
  • Rappelle-toi, si tu ne veux pas, tu me le dis, déclare Éric.
  • J’ai envie, ce n’est pas ça.
  • Quel est le problème ? Je vois, dit-il en voyant mon regard. Je t’ai dit de ne pas t’inquiéter.
  • Je sais, mais…

Éric m’embrasse.

  • Écoute, si je ne rentre pas trop tard de mon dîner, je t’appelle et on fait comme la dernière fois.
  • D’accord, mais je risque d’aller au lit assez tôt.
  • Pas de souci. Pour demain, envoie-moi un SMS pour l’heure et je t’enverrai mon chauffeur. Et ne va pas t’acheter une nouvelle tenue. Tu es très bien comme tu es, compris ?
  • Est-ce que je peux prendre le tram ce soir ?
  • Oui, bien sûr le contrat commence demain soir. Aujourd’hui, fais ce que tu veux et demain aussi.
  • D’accord.
  • En revanche, si tu as un problème, appelle-moi.
  • D’accord.

On se dit au revoir, puis je sors du bureau. Éric ne m’appelle pas le soir.

 

 

Chapitre n° 7

Le retour de Benoît

 

Le lendemain après-midi, je sors faire un tour. Je suis arrivée près de la librairie Dialogue quand je remarque que je suis suivie. J’accélère mes pas, mais la personne me rattrape et me prend par le bras. J’essaie de me détacher, mais je n’y arrive pas.

  • Laissez-moi !
  • Oh non ! dit l’individu.

Je reconnais la voix, du coup je me retourne et je me retrouve devant mon ex-mari.

  • Lâche-moi !
  • Non !
  • Que fais-tu ici ?
  • Je voudrais te parler.
  • Je n’ai pas envie de te parler.
  • Tu as juste à m’écouter.
  • Je t’accorde cinq minutes si tu me lâches.

Benoît obéit.

  • C’est suffisant. Je voulais te demander pardon pour tout ; de t’avoir cognée la dernière fois. Je voudrais que tu me donnes une seconde chance. Je n’arrive pas à t’oublier.
  • Tu as eu plusieurs chances et tu as un bébé, maintenant. Entre nous, c’est terminé ! Je ne veux plus te voir.

Je fais mine de partir, et il me rattrape par le bras et me pousse par terre en me frappant. Personne n’intervient. Il part au bout de quelques minutes, me laissant seule. Je me relève avec difficulté, puis je vais m’asseoir sur un banc qui n’est pas loin. Je regarde mes blessures. J’essaie de me redresser et de marcher, mais je me rassois aussi vite. Je ne peux pas rester ici. Je dois appeler de l’aide alors je pense à Éric en espérant ne pas le déranger. Il répond aussitôt.

  • Allo ?
  • C’est Elsa.
  • Elsa, que se passe-t-il ?
  • Est-ce que tu peux demander à ton chauffeur de venir me chercher au centre-ville ?
  • Bien sûr, où es-tu exactement ?
  • À côté de la librairie Dialogue, répondis-je en larmes.
  • Je vois. Tu ne veux pas me dire ce qui se passe ?
  •  
  • Bien, reste où tu es.
  • Je ne bouge pas.

Je raccroche. Au bout de dix minutes seulement, Éric arrive. Dès qu’il me voit, il court et se met à genoux devant moi.

  • Elsa, que s’est-il passé ? Qui t’a fait ça ?
  • Mon ex-mari. Pourquoi es-tu venu ? Ton conducteur aurait suffi.
  • Tu m’appelles, je ne vais pas faire venir mon chauffeur pour te chercher. Viens, je t’emmène à mon hôtel pour te soigner.
  • Non, ramène-moi chez moi, j’ai des pansements.
  • D’accord. Mais je reste avec toi, pas de discussion, dit-il en voyant mon regard. Tu peux marcher ?
  •  
  • Appuie-toi sur moi, dit-il en me tenant la main.

Je la prends et je me lève, mais je n’arrive pas à tenir debout. Éric me retient.

  • Tu arriveras à aller jusqu’à la bagnole ?
  • Je pense que oui.

Éric me tient jusqu’à la voiture, me soutient pour descendre les marches et m’aide à m’asseoir côté passager.

  • Ton chauffeur n’est pas là ?
  • Je ne lui ai pas demandé de venir.
  • D’accord.

On arrive chez moi très vite. Éric m’aide à monter les marches, il prend mes clés et ouvre ma porte. On rentre, il me fait m’asseoir sur une chaise et me demande.

  • Où ranges-tu tes produits ?
  • Dans la salle de bain.

Il revient très vite.

  • J’ai tout pris, dit-il en posant sur la table.
  •  

Je tends mon bras pour attraper une compresse, mais je grimace.

  • Attends, je vais t’aider, dit Éric en prenant la compresse.

Il commence alors à me soigner. Quand il a fini, il ramasse tout et va ranger. Dès qu’il a fini, il me demande :

  • Tu veux m’expliquer ?
  • Je me promenais quand j’ai remarqué qu’on me suivait. Au début, je ne savais pas que c’était mon ex-mari. C’est quand je me suis retournée que je l’ai reconnu.
  • Que s’est-il passé ?
  • Il m’a demandé pardon pour la dernière fois, qu’il voulait que je lui donne une seconde chance, ce que j’ai refusé. Au moment où j’allais partir, il m’a poussée, je suis tombée et il a commencé à me frapper, dis-je en larmes.

Comme je n’arrête pas de pleurer, Éric me prend dans ses bras.

  • Tu as bien fait de m’appeler.
  • Comment es-tu arrivé aussi vite ?
  • Je n’ai pas respecté les limitations. Quand j’ai vu ton nom apparaître, je me suis dit que tu voulais me dire l’heure pour ce soir. J’étais loin d’imaginer ce qui s’était passé.
  • Je ne t’ai pas dérangé en pleine réunion au moins ?
  • Mais est-ce que je peux te laisser seule jusqu’à 18 heures ?
  • Bien sûr, ça ira. Mon ex ne sait pas où j’habite.
  • D’accord. Je reviens pour 18 h 30 te chercher et l’on passe la soirée ensemble comme prévu.
  • D’accord.

Éric se penche vers moi et pose un baiser sur mon front.

  • À tout à l’heure.

Je le regarde partir de chez moi. Je me lève difficilement. J’ai mal aux côtes et aux bras, là où il a frappé avec ses pieds. Je vais m’allonger et quand j’ouvre les yeux, Éric est devant moi.

  • Ça va ?
  • Oui, mieux, il est quelle heure ?
  • 18 h 30.
  • Déjà ! Je dors depuis que tu es parti.
  • Ça t’a fait du bien ?
  • Tu veux que je t’aide à préparer tes affaires pour cette nuit ?
  • Je vais le faire après avoir téléphoné à mes parents.
  • D’accord. Je t’apporte ton fixe.
  •  

Il me laisse seule le temps de discuter avec mes vieux. Ma mère me répond.

  • Allo ?
  •  
  • Bonjour, Elsa ! Ça va ?
  • Pas trop, j’appelle pour vous parler de quelque chose qui s’est passé cet après-midi.
  • Rien de grave ?
  • Un peu. Voilà, en me promenant, j’ai remarqué que j’étais observée. C’était Benoît qui me suivait, il m’a dit qu’il voulait que je lui donne une seconde chance, ce que j’ai refusé. Il m’a poussée, je me suis retrouvée par terre et il a commencé à me frapper.
  • Quoi ? Tu n’as rien de grave ?
  • Non, juste quelques bleus et des égratignures, mais ça va. Un ami est avec moi en ce moment.
  • D’accord, tu veux qu’on passe te voir ?
  • Non, ça ira. Je voulais juste vous prévenir.
  • Tu as bien fait. Fais attention à toi.
  •  

On raccroche. Éric arrive.

  • Ça va ?
  •  

Je prépare mes affaires. Dès que c’est fait, Éric et moi, on sort. Cette fois, le chauffeur est là. Le trajet est court et silencieux jusqu’à l’hôtel. Quand on rentre dans la chambre, je sens une bonne odeur.

  • J’ai commandé le dîner, dit Éric.
  • Tu n’aurais pas dû.
  • Bon, si tu ne veux pas, je mangerai ton hamburger.
  • Où les as-tu pris ?
  • Au meilleur restaurant.
  • Je retire ce que j’ai dit.
  • Tu le veux.
  • Oui !
  •  

On commence à discuter.

  • Est-ce que tu veux bien me parler de ton ex ?
  • Il n’y a rien à dire. Pendant l’année de notre séparation, j’ai appris qu’il me trompait et qu’il avait fait un enfant. Il a abusé de ma confiance, ma gentillesse et celle de mes parents, aussi.
  • C’est pour ça que tu as du mal à refaire confiance aux hommes ?
  • Oui, j’en souffre encore.
  • Je comprends mieux pourquoi tu m’as repoussé la semaine dernière.
  • Et oui.
  • Je ne suis pas comme ton ex-mari, crois-moi, dit-il. Un jour, je te parlerai de quelque chose.
  • Pourquoi pas maintenant ?
  • Ça attendra.
  • D’accord. Sache que mon cœur souffre encore.
  • Je ferai tout pour qu’il ne souffre plus.

On finit de manger tranquillement.

  • Elsa ?
  • Oui ?
  • Je sais que normalement notre contrat devait commencer ce soir, mais il vaut mieux que tu te reposes après ce que tu as vécu.
  • D’accord.
  • Est-ce que je peux voir tes blessures ? C’est juste pour me rassurer.
  • Pas de souci.

Je m’approche de lui et il surélève mon T-shirt. Il regarde mes bras. Je ne tremble pas par peur, mais de plaisir.

  • Ça va. Tu auras des marques, je vais les désinfecter un peu pour éviter que ça s’infecte, dit-il en se levant.

Il va chercher ce qu’il faut pour me soigner. Dès qu’il revient, il commence à nettoyer mes blessures. Au bout d’un moment, il me regarde.

  • Tu le sens ?
  •  
  • Elsa ?
  • Oui ?
  • J’ai envie de t’embrasser, tu veux bien ?
  • Je pensais que je ne devais pas choisir.
  • Tu as raison, dit-il en m’embrassant.

On s’embrasse passionnément. Éric passe ses bras autour de moi et m’attire à lui. Je gémis de douleur, car il appuie sur mes blessures.

  • Désolé !
  • Pas de problème, t’inquiète pas.
  • Si je le vois. On ne cogne pas une dame, merde !

Sa colère est palpable.

  • Éric…
  • Ne l’excuse pas, Elsa.
  • Je ne l’excuse pas. Personne n’est intervenu quand ça s’est passé et pourtant il y avait du monde.
  • Quoi ? Un homme frappe une femme en pleine rue et personne n’intervient ? Ton ex a de la chance que je n’étais pas là.
  • Je sais, je ne te remercierais jamais assez d’être venu me chercher.
  • Je serai toujours là, dit-il. On devrait aller au lit. Je commence tôt.

On va dans la chambre. Éric m’aide à enlever mes vêtements.

  • Lève les bras, dit-il en enlevant mon T-shirt. Assieds-toi sur le lit pour que je puisse enlever ton pantalon.

Je m’assois et Éric enlève mon pantalon ainsi que mes sous-vêtements. Il prend soin de moi avec une telle attention !

  • Si je te dis que j’ai envie de quelque chose maintenant, ce n’est pas bien ?
  • Comment ça ?
  • Oui, j’ai envie de te prendre, mais je me suis promis de ne rien faire ce soir, le temps que tes blessures disparaissent. Alors, lève les bras pour que je puisse mettre ton haut de pyjama.

Dès que le haut est mis, Éric passe le pantalon.

  • Lève-toi, dit-il.

Je me lève. Avant de mettre bien mon pantalon, il pince mon clitoris qui me donne envie de plus.

  • Désolé, je n’ai pas pu résister, dit-il en montant mon pantalon. Allez au lit !

Je me mets au lit. Éric me rejoint et me prend dans ses bras.

  • Je ne te fais pas mal ?
  • Non, pas du tout. Je me sens bien dans tes bras.
  • C’est bon à savoir. Allez, dors maintenant.
  • Bonne nuit, Éric.
  • Bonne nuit, Elsa.

 

 

Chapitre n° 8

Le premier jour du contrat

 

Le lendemain matin, je me réveille, car je sens le lit bouger.

  • Où vas-tu ?
  • Je dois aller au boulot, j’ai une réunion avec le comité de lecteurs d’ici 1 h 30.
  • Quelle heure est-il ?
  • Pas plus de 7 heures. Tu peux te rendormir, je ne voulais pas te réveiller.
  • Pas grave.
  • Je t’envoie un SMS dans la journée. Rappelle-toi, mon chauffeur est à ta disposition.
  •  
  • Si tu vois ton ex-mari, tu m’appelles directement.
  • Mais je ne pense pas le revoir.
  • On ne sait jamais, dit-il en posant un baiser sur mon front. J’y vais.

Éric part. Je me rendors pendant deux heures encore. Après le petit-déjeuner, j’envoie un SMS à Éric.

« Est-ce que je peux rester dans la chambre ? »

« Bien sûr. »

« Merci. »

« De rien. »

Le reste de la matinée, je la passe assisse. Vers 13 heures, je reçois un texto d’Éric.

« Pourquoi m’as-tu demandé si tu pouvais rester dans la chambre ? »

« J’ai peur de sortir et de croiser mon ex. »

« C’est normal après ce qui s’est passé hier, je rentre vers 18 heures. Tu peux tenir jusqu’à mon retour ? »

« Oui. »

« À ce soir, bisou. »

« À ce soir. »

Vers 18 heures, Éric rentre. On va s’embrasser quand mon téléphone sonne, je réponds.

  • Allo ?
  • Bonjour, ma chérie. Tu vas bien ?
  • Oui, maman. Ce soir je vais bien. Il ne faut pas vous inquiéter, Benoît ne sait pas où j’habite. Je suis allée chez un copain.
  • On aimerait remercier ton ami.
  • Je lui dirai.

On raccroche après avoir dit que je venais vendredi soir et que sur le moment, je n’avais pas trop le temps de discuter. Éric s’est éloigné pour me laisser tranquille.

  • Ça va ?
  • Mes parents te remercient pour hier.
  • Je n’ai rien fait, je suis juste venu te chercher et te soigner, dit Éric.
  • C’est déjà beaucoup pour eux.
  • Alors, qu’as-tu fait de ta journée ?
  • Rien de spécial.

Mes larmes recommencent à couler sans que je ne le veuille. Éric me prend dans ses bras.

  • Elsa, dit-il en me levant le menton ? C’est normal que tu aies peur après ce que tu as vécu hier.
  • Je sais, mais je n’aime pas être comme ça. Je n’arrête pas de revoir la scène. Je me dis que je vais le croiser à chaque coin de rue.
  • Ne t’inquiète pas, avec moi tu ne risques rien, dit Éric en posant un baiser sur mon front.
  • Vrai ?
  • Oui, je te le promets. Est-ce que tu me permets que je regarde tes plaies ?
  • D’accord.
  • Allez, on retire ton T-shirt.

Il passe une main dessus mon bras et je grimace, il le remarque.

  • Elles te font encore mal ?
  • Un peu.
  • Je vais les nettoyer.

Il va chercher de quoi me soigner tout en grognant pour lui-même :

  • Si je le tenais, je lui dirais qu’on ne frappe pas une femme encore moins quand elle est aussi belle que toi.
  • Éric !
  • Promis, je ne ferai rien, mais s’il recommence, je ne te promets rien.
  •  

On s’embrasse. Éric fait attention à ne pas toucher mes blessures.

  • J’ai réfléchi à ce que tu m’as dit lundi, dis-je en arrêtant notre baiser.
  • Par rapport à quoi ? J’ai dit beaucoup de choses, tu sais !
  • Pour le boulot que tu m’offres.
  • Ah ! Je ne m’attendais pas que tu me donnes ta réponse aussi vite.
  • Je veux bien accepter, à une seule condition.
  • Je t’écoute.
  • On n’a pas de relations au travail.
  • Je suis d’accord même si ça va être dur de résister, dit-il en me serrant plus fort.
  • Aïe !
  • Désolé !
  • Pas de problème.
  • Donc, pour ce qui est du travail, on verra demain.
  • À quelle heure, je commence ?
  • Je dirais vers 9 heures.
  • Pas avant ? Mais toi, tu commences plus tôt normalement.
  • C’est vrai, mais pour le premier jour, on va faire comme ça. Tu me rejoindras au bureau.
  • D’accord, mais…
  • Pas de décision, rappelle-toi, tu dois m’obéir.
  • On avait dit que je devais me soumettre qu’au lit.
  • C’est vrai, mais je serai aussi ton patron.
  • Mince ! Je n’avais pas fait le rapprochement.
  • Pour l’heure, j’ai très envie d’aller dîner au restaurant.
  • On ne peut pas manger ici ?
  • Je serai avec toi. Allez, viens !

On sort de la suite. Dans l’ascenseur, Éric m’attire à lui et passe ses deux bras autour de ma taille. Quand on sort de l’ascenseur, Éric me prend la main puis on traverse le hall lié par nos mains entrelacées. On rentre dans la voiture.

  • Où veux-tu dîner ? me demande-t-il.
  • Je n’ai aucune idée.
  • D’accord. On va retourner au restaurant où on était la première fois. Au bistrot L’imaginaire, rue Fautra, indique Éric à son chauffeur.
  • Bien, monsieur.

Au bout de vingt minutes, Éric sort de la voiture pour m’aider à sortir. On entre dans le restaurant et un garçon arrive vers nous.

  • Bonsoir, Madame, Monsieur.
  • Une table pour deux s’il vous plaît, dit Éric. Si possible à un endroit à l’écart.
  • Attendez quelques minutes, dit le serveur.
  • Pas de souci.

Le serveur repart. Je demande à Éric :

  • Tu n’as pas fait privatiser le restaurant ce soir ?
  • Je n’ai pas eu le temps, mais ils vont nous trouver une table qui sera à l’écart.
  • Tu sais que ça ne me dérange pas de rester manger avec les gens.
  • Oui, mais j’aime rester avec toi seule et je n’aime pas trop le monde, dit-il.
  • Si tu voulais être seul avec moi, on aurait pu rester à l’hôtel. Pourquoi n’aimes-tu pas le monde ?

Le serveur arrive, ce qui empêche Éric de répondre à ma question. On arrive à la table, Éric tire la chaise pour que je m’assoie.

  •  

Éric s’assoit en face de moi.

  • Pourquoi ne réponds-tu pas à ma question ?
  • Elsa, n’insiste pas, s’il te plaît.
  • Éric, je t’ai raconté mon histoire, mais tu ne me dis rien sur toi. Je sais que tu es le PDG d’une maison d’édition et c’est tout.
  • C’est suffisant, dit-il de sa voix forte. Écoute, si je ne te dis rien, c’est pour te protéger, mais promis, un jour, je te parlerai de mon passé. J’ai juste besoin de temps.
  • Bon, d’accord, je serai patiente.
  • Merci, Elsa.

Le serveur arrive pour prendre notre commande.

  • Un verre de vin blanc, dit Éric. Que veux-tu boire ? me demande-t-il.
  • Un Orangina, s’il vous plaît.
  • Vous avez choisi vos plats ?
  • Je prendrai le plat du chef, dit Éric.
  • Pareil, dis-je.
  • Je vous apporte vos boissons, dit-il en partant.
  • Quoi ? demandé-je, en voyant le regard d’Éric.
  • Rien, juste que j’ai très envie de toi, me dit-il. Je bande.
  • J’ai aussi envie de toi. J’ai envie de sentir ta bite dans mon sexe, ta langue sur ma chatte, dis-je d’une voix basse.

Éric fait signe au serveur qui arrive.

  • Oui, monsieur.
  • Préparez nos plats pour les emporter, dit Éric tout en me regardant.
  • Pas de problème, monsieur.
  • On ne mange plus ?
  • Plus tard, dit Éric en se levant. Viens !

Je prends sa main puis on part dès qu’Éric a payé nos repas qu’on a récupérés.

  • À l’hôtel tout de suite, dit Éric à son chauffeur.
  • Bien, monsieur.

Il démarre. Éric ferme la vitre dès qu’elle est bien fermée, il m’attire à lui. Me positionne sur son sexe pour que je sente son érection.

  • Tu la sens ? demande Éric.
  •  
  • J’ai très envie de toi et je ne pense pas que je tienne jusqu’à la chambre.
  • Alors, prends-moi, Éric. J’ai envie de toi aussi.

Éric appuie sur l’interrupteur qui est à sa droite.

  • Continuez à rouler, ne vous arrêtez pas avant que je vous le dise.
  • Bien, monsieur, répond son chauffeur impassible.
  • Voilà, on a tout le temps devant nous. Ôte tes chaussures et ton pantalon, dit Éric. Puis ton haut aussi, j’ai envie de voir tes seins.

Je me déshabille. Éric enlève sa chemise et baisse son pantalon. Je vois son érection.

  • Ça te plaît ce que tu vois ?
  • Oui !
  • Viens là, dit-il en montrant ses genoux.

Je me rassois sur ses cuisses.

  • Tu sais que j’adore tes seins, dit-il en en prenant un dans sa bouche.

Il masse le deuxième.

  • Mmm !
  • Tu aimes ?
  • Oui, continue !
  • Allonge-toi sur la banquette.
  • Ça ne va pas la salir ?
  • Elsa, allonge-toi immédiatement. Sinon je baisse la vitre et mon chauffeur pourra me voir te donner du plaisir !

Je m’allonge tout de suite. Éric commence à m’effleurer les jambes, il s’arrête au niveau des genoux puis me caresse le haut du corps sans toucher mes seins.

  • Éric, s’il te plaît.
  • Pas encore, dit-il.

Il m’embrasse tout en frottant son sexe sur le mien. Je gémis sans retenue.

  • Éric !
  • Que veux-tu ?
  • Tu le sais très bien.
  • Mauvaise réponse. Que veux-tu, Elsa ? Réponds et sois précise.

Éric suce mes seins.

  • Prends-moi !
  • Encore une mauvaise réponse.
  • Putain, Éric, baise-moi !
  • Elsa, sois polie ! En plus, il manque un mot dans ta phrase.

Je le regarde sans comprendre de quoi il parle. Il plonge un doigt dans mon sexe. Au bout de quelques secondes, je comprends ce qu’il attend.

  • Baisez-moi, Maître !
  • C’est beaucoup mieux, dit Éric tout en baissant son boxer. Redis-le !
  • Baisez-moi, Maître !
  • Avec plaisir, ma belle.

Éric enfonce lentement son pénis dans ma chatte, le retire puis l’enfonce de nouveau.

  • Comment veux-tu que je te baise ? demande Éric. En voyant mon regard, il ajoute, en missionnaire ou en levrette comme la première nuit ? Réponds !
  • En missionnaire, s’il vous plaît Maître.

Sans plus attendre, Éric retire sa bite et l’enfonce jusqu’à la garde.

  • Tu serres bien ma queue, Elsa, dit-il en commençant ses va-et-vient.

Il le fait doucement, puis de plus en plus rapidement.

  • Oh ! mon Dieu, dis-je. Je vais jouir !
  • Maintiens-le, dit Éric.
  • Quoi ?
  • Retiens ton orgasme.

Je le regarde, il se retire, quelques secondes plus tard, il enfonce de nouveau sa bite.

  • Éric !
  • Attends, ne jouis pas tant que je ne te l’ai pas dit.
  • Je ne peux pas !

Il me regarde dans les yeux et me dit :

  • Jouie maintenant, dit-il en retirant sa bite et en l’enfonçant encore plus loin.

Je jouis directement. Éric me suit tout de suite. Il se retire immédiatement et enlève le préservatif.

  • Je ne trouve pas de mot pour dire comment c’était.
  • Habille-toi, dit-il en passant son boxer. À l’hôtel, dit Éric au chauffeur.

Le chauffeur s’exécute.

Je m’habille.

  • Je suis d’accord avec toi, il n’y a pas de mot pour ce qui vient de se passer, dit Éric. Est-ce que tu as aimé être dominée ? me demande-t-il.
  • J’aimerais le refaire.
  • On recommencera, je te le promets, dit-il en me prenant la main. Ça te dérange de m’appeler Maître pendant qu’on fait l’amour ?
  • Ça m’a juste surprise.
  • Je vois. J’aurais dû te le dire avant, mais j’avais trop envie de toi.
  • Moi aussi. Je suis désolée d’avoir joui aussi vite, dis-je en baissant la tête.
  • Elsa, je ne t’en veux pas pour ça. Je t’apprendrai à retarder ton orgasme.
  • Tu arrives à te contrôler, toi ?
  • Tu y arriveras un jour, ne t’inquiète pas.

La voiture se gare devant l’hôtel. Le chauffeur ouvre la portière d’Éric qui s’empresse de venir m’ouvrir à son tour. J’aime sa galanterie. Nous restons silencieux jusqu’à la chambre où Éric parle :

  • On va manger maintenant.
  • Oui, j’ai trop faim !

Mon estomac gargouille, ce qui fait rire Éric.

  • Viens !

Éric met nos repas sur la petite table. En mangeant, on discute :

  • Je peux te poser une question ? me demande Éric.
  • Bien sûr.
  • Pourquoi n’as-tu jamais envoyé ton manuscrit à une maison d’édition ?
  • Je n’ai jamais eu de soutien. Personne ne l’a lu encore.
  • Ton ex ne l’a pas lu ?
  • Il ne s’est jamais intéressé ou il a fait semblant.
  • D’accord. Sache que je ne l’ai pas vu sur mon bureau pour le moment. Ça ne veut pas dire qu’il n’est pas arrivé. Tu sais, on reçoit plein de manuscrits par jour.
  • Je sais. Est-ce que tu veux le lire avant ou non ?
  • Je préfère le lire quand il sera sur mon bureau.
  • S’il parvient jusque-là !
  • Je suis sûr que oui. Tu as du talent.
  • Euh… Sans le lire, tu peux pas dire ça.
  • C’est vrai, mais je crois en toi.

On finit de manger et on va au lit. En pleine nuit, mon mobile se met à sonner. J’essaie de le trouver pour l’éteindre, mais au lieu de ça, je le fais tomber ce qui réveille Éric.

  • Que se passe-t-il ?
  • Désolée, mon mobile sonnait, je voulais l’éteindre, mais il est tombé.

Éric allume pour que je le récupère. Avant, je regarde qui m’a appelé.

  • Quoi ? demande Éric.
  • Je ne connais pas le numéro, mais la personne m’a laissé un message.
  • Écoute-le.

« Elsa, je suis désolé pour ce que je t’ai fait hier. Je ne voulais pas, pardonne-moi. » En reconnaissant la voix de mon ex, je me laisse tomber sur le lit. Je commence à trembler. Éric me prend dans ses bras tout de suite.

  • Qui est-ce ? me demande-t-il d’une voix douce.
  • Mon ex-mari.
  • Que disait-il ?
  • Qu’il était désolé pour mardi et qu’il ne voulait pas faire ça !
  • Il a ton numéro ?
  • Normalement non, je l’ai changé dès que je suis partie de chez nous. Du moins jusqu’à maintenant, il ne l’avait pas.
  • D’accord. Tu devrais dormir. On verra demain pour cette histoire.
  • D’accord.

Éric me prend dans ses bras et je m’endors.

 

 

Chapitre n° 9

Premier jour de travail

 

Vers 7 heures, Éric se lève du lit, ça me réveille.

  • Désolé, dit-il. Rendors-toi. Tu as encore une heure.
  • Je ne pourrai pas me rendormir, dis-je en me levant.

Éric vient me voir.

  • Écoute, si tu veux, tu peux commencer un peu plus tard.
  • Non, je veux aller travailler.
  • D’accord. Je t’attends à mon bureau à 9 heures précises.
  • J’y serai.
  • À tout à l’heure, ma princesse, dit Éric en posant un bisou sur mon front comme c’est devenu son habitude.
  • À tout à l’heure.

Éric part et après ma toilette, j’allume mon portable qui émet un bip après quelques minutes.

« Bonjour, Elsa, tu étais très belle au réveil, à tout de suite. »

« Bonjour, Éric, merci. À tout de suite.

Je viens tout juste de sortir de la douche. »

Je commence à me préparer pour la journée. Quand je regarde l’heure, je remarque qu’il est 8 h 30. Je reçois un message d’Éric.

« Mon chauffeur t’attend en bas de l’hôtel. »

« Merci, j’allais justement partir. »

Je sors de la chambre et je vois la voiture avec le chauffeur qui vient m’ouvrir la porte.

  • Bonjour madame.
  • Bonjour, appelez-moi Elsa, s’il vous plait.
  • Bien, Elsa.

Je rentre dans l’immeuble pour aller au dernier étage. Dès que j’arrive, je vais voir la secrétaire.

  • Bonjour, Madame.
  •  
  • Je suis la nouvelle assistante de monsieur Delaunay, dis-je.
  • Je suis au courant, il vous attend dans son bureau.
  • Merci, je peux y aller ?
  • Bien sûr. Vous êtes même en avance. Il adore quand les gens sont ponctuels.
  • D’accord.

Après avoir dit au revoir, je vais au bureau d’Éric. Je frappe à la porte.

  • Oui ?

Je rentre.

  • Bonjour, Éric.
  • Bonjour, dit Éric en se levant. Ça va depuis qu’on s’est vu ?
  • Oui, merci.
  • Écoute, j’aimerais avec ton accord faire une enquête sur ton ex-mari, si tu veux bien sûr.
  • Euh… Je ne sais pas si c’est bien de faire ça, dis-je.
  • Je n’interviendrai pas, si tu ne veux pas, dit Éric en me prenant la main.
  • Est-ce que je peux y réfléchir ? demandé-je, inquiète.
  • Pas de problème.
  • Que dois-je faire comme boulot ?
  • Ton travail sera de noter mes réunions sur mon agenda. Me suivre à mes rendez-vous, mes dîners d’affaires. Je sais que ça n’est pas fameux, mais il faut bien démarrer par quelque chose.
  • Pas de problème, je vais voir toute la procédure pour publier un roman.
  • Ne t’inquiète pas, je ferai tout pour que tu ne voies pas ton manuscrit.
  •  
  • Avant de commencer, je peux demander une ultime chose ?
  •  
  • Tu sais comment il a eu ton numéro de téléphone ?
  • Non, à part par sa sœur. Mais la dernière fois que je l’ai eue au téléphone, elle m’a dit qu’elle était en froid avec lui.
  • D’accord, il faut commencer à travailler, dit Éric. Assieds-toi à côté de moi. J’ai mis un fauteuil ici pour toi, m’indique-t-il en tapotant l’assise.
  •  
  • Une chose, arrête de me remercier.

On va s’asseoir. Pendant près d’une heure, je ne fais rien à part regarder Éric parler au

téléphone. Quand il finit son coup de fil, c’est au moins le cinquième, il me regarde.

  • Désolé, je sais que ce n’est pas très agréable de rester à ne rien faire. Tu ne t’ennuies pas trop ?
  • Non, c’est bon, ne t’inquiète pas.
  • D’accord.

Le téléphone sonne, Éric me fait signe de répondre, ce que je fais.

  • Allo ?
  • Je voudrais parler au PDG, s’il vous plaît.
  • À qui ai-je l’honneur, s’il vous plaît ?
  • Je suis le responsable de la maison d’édition à Paris.
  • Une seconde, je vais voir s’il est disponible.

Je mets la main sur le combiné et me tourne vers Éric.

  • C’est le directeur de ta maison d’édition à Paris. Il veut te parler, dis-je.
  • Passe-le-moi.

Je lui passe le téléphone.

  • Allo ?
  • Bonjour, monsieur Delaunay.
  • Il y a un problème ?
  • Écoutez, je vous avais dit de faire ce que vous pouvez. Alors, ce n’est pas grave. Pour le moment, faites votre possible.
  • Au revoir.

Éric raccroche. Il reste silencieux un instant.

  • Il y a un problème Éric ?
  • C’est juste que ma maison d’édition ne publie pas assez à Paris depuis que je suis ici.
  • Est-ce que c’est grave ?
  • Je leur avais dit de faire ce qu’ils peuvent.
  • D’accord.
  • Tu te débrouilles comme un chef au téléphone, dit Éric avec un grand sourire.
  •  
  • Viens, j’ai un rendez-vous avec le comité de lecteurs.
  • D’accord.

On sort du bureau pour aller voir le comité de lecteurs. Quand on rentre dans la salle, tout le monde se lève.

  • Bonjour, monsieur Delaunay, disent toutes les personnes présentes.
  • Bonjour, je vous présente ma nouvelle assistante, Elsa.

Éric me fait signe de m’asseoir à côté de lui.

  • Commençons, dit Éric. Est-ce qu’il y a un manuscrit qui fait l’unanimité aujourd’hui ?
  • Oui, monsieur, un en particulier.
  • Bien, racontez-moi l’histoire de ce manuscrit.
  • C’est une jeune fille qui tombe à amoureuse au collège, elle joue au football. Le couple subit quelques épreuves, mais réussit chaque fois à sauver leur couple. La fin laisse penser à un deuxième tome, dit une personne.

Dès la première phrase, j’ai reconnu mon roman. J’essaie de faire signe à Éric pour le lui faire comprendre.

  • Passez-moi le manuscrit, je vais le lire pour prendre ma décision, dit Éric.

Je passe une main sur la cuisse d’Éric qui finit par me regarder.

  • Il y a un problème ? me demande-t-il à voix basse.
  • C’est mon roman, dis-je en lui montrant le texte manuscrit posé devant lui.

Ses yeux passent de moi au manuscrit.

  • D’accord. Va m’attendre au bureau, j’arrive dès que j’ai fini ici, dit Éric.
  • D’accord.

Je sors de la salle pendant qu’Éric trouve une excuse à mon départ.

  • Désolé, mais mon assistante vient de me dire que j’avais un rendez-vous important juste après, dit Éric. Alors on va faire assez vite.

La réunion dure encore vingt minutes. Juste après, Éric me rejoint dans le bureau. Il pose sur son bureau tous les manuscrits que le comité de lecteurs lui a soumis.

  • Désolé de t’avoir mis dans l’embarras durant la réunion, dit Éric.
  • Tu ne pouvais pas savoir, dis-je. Ton téléphone a sonné deux fois, j’ai noté les numéros et les noms sur ton agenda.
  • Merci, Elsa.

Il prend le papier que je lui donne et le regarde.

  • Je les rappellerai après le déjeuner.

Je le regarde.

  • Pour ton information, je lirai ton manuscrit et, crois-moi, c’est rare que le comité de lecteurs fasse l’unanimité pour un manuscrit. Viens, on va déjeuner.

Quand on retourne au bureau, il est 14 heures. Comme il n’a rien de prévu, Éric commence à lire mon roman. Pendant ce temps, j’essaie de m’occuper pour ne pas y penser. À un moment, je me lève et Éric le remarque.

  • Ça va ?
  • C’est juste que…
  • Que tu en as marre de rester assise, dit Éric.
  • Un peu.
  • Désolé, il y a mieux comme boulot, je le sais. On trouvera comment s’organiser dans les prochains jours. C’est vrai que pour le moment, je n’ai pas beaucoup de travail à te donner. Mais à priori, il n’y a pas que ça, dit-il.
  •  
  • Je t’écoute.
  • Je suis en stress, depuis la fin de la matinée.
  • Pourquoi stresses-tu ?

Mon regard passe de lui à mon manuscrit et il comprend tout de suite.

  • D’accord. Ne stresse pas pour ça. Je ne l’ai pas encore lu en entier. Pour le moment, je te confirme que tu as du talent, Elsa. Allez, on va rentrer.
  • Est-ce que je peux rentrer chez moi ? Je n’ai pas d’affaires pour demain.
  • Ça peut s’arranger. Tu as réfléchi pour ce que je t’ai demandé ce matin ?
  • Oui, je suis d’accord que tu enquêtes sur mon ex, mais je veux être informée si tu trouves quelque chose.
  • Pas de problème, tu seras tenue au courant.

On sort du bureau. Dès qu’on est dehors, le chauffeur nous ouvre la portière.

  • On va où, monsieur ?
  • On ramène madame chez elle, dit Éric. Rue des lilas, c’est ça, Elsa ?
  •  

Chapitre n° 10

Benoît attaque

 

Durant le trajet, Éric ne me lâche pas la main. Quand on arrive en bas de chez moi, il me parle :

  • Je viens avec toi.
  • Il ne va rien m’arriver, je n’ai que quelques pas à faire. Et je n’en ai pas pour longtemps.
  • On ne sait jamais, dit-il en ouvrant sa porte.

Je descends côté trottoir. Le temps qu’Éric me rejoigne, je vois Benoît arriver vers moi.

  • Éric !
  • Oui, Elsa.

Je n’ai pas le temps de parler, Benoît est sur moi. Je n’ai pas le temps de voir son poing arriver qui est déjà sur ma figure, puis un autre coup vient. Je tombe en arrière. Le troisième coup ne me parvient pas. Je vois Éric attraper la main de Benoît avant que mes yeux ne se ferment.

  • Tu vas la laisser, maintenant ! Depuis quand on frappe une femme ?
  • C’est vous qui allez me lâcher, dit Benoît en tapant Éric en plein visage. Qui êtes-vous ?
  • Un ami qui lui veut du bien et aussi son patron, dit Éric en rendant le coup à Benoît. Alors, écoutez-moi bien, car je ne me répéterai pas, vous allez partir et croyez-moi, la prochaine fois que je vous vois vous approcher d’Elsa, je ne vous manquerai pas. Je suis assez clair ?
  • Vous ne me faites pas peur, dit Benoît en levant sa main pour frapper encore.

Éric évite le coup de justesse.

  • Monsieur, dit le chauffeur.
  • Quoi ?
  • Il faut l’emmener à l’hôpital, elle a perdu conscience.
  • Quoi ? crie Éric en se retournant.

Ces quelques secondes permettent à Benoît de se libérer et de s’enfuir comme un lâche. Éric le regarde puis s’assoit à côté de moi.

  • Elsa, ouvre les yeux s’il te plaît, dit Éric en me tenant la main. Robert , ramassez son sac et roulez aussi vite jusqu’à l’hôpital le plus proche, dit Éric en me portant dans la voiture.
  • Bien sûr, monsieur.

Éric me tient dans ses bras pendant le trajet et ne cesse de me parler.

  • Ouvre les yeux, Elsa. Je sais que tu peux le faire.
  • Monsieur, on y est dans environ vingt minutes. Je les ai prévenus de notre arrivée, ils nous attendent.
  • Merci, dit Éric. Mon amour, ouvre les yeux, pour moi.

La voiture s’arrête devant les urgences, Éric en sort en me tenant dans ses bras. Deux médecins arrivent tout de suite. Éric me pose sur le brancard.

  • Vous savez ce qui s’est passé ? demande l’un d’eux.
  • Son ex l’a frappée en bas de chez elle. Elle a perdu connaissance quand elle est tombée, dit Éric. S’il vous plaît, soignez-la !
  • C’est notre métier. Vous connaissez son prénom ?
  • Elle s’appelle Elsa.

Les docteurs poussent le brancard. Arrivée devant l’accueil, une infirmière me reconnaît et dit tout de suite à la secrétaire :

  • Monsieur, vous ne pouvez pas nous accompagner, mais si vous voulez attendre, il y a une salle à droite.
  •  

Au bout d’une heure, mes parents arrivent enfin à l’hôpital, ils vont voir le docteur qui s’occupe de moi.

  • Bonsoir, on nous a téléphoné pour nous dire que notre fille Elsa est arrivée, dit ma mère.
  • Oui, c’est exact, dit le médecin.
  • Comment va-t-elle ?
  • Écoutez, d’après le scanner, elle n’a pas de commotion, elle aura juste quelques bleus. Mais elle est encore inconsciente.
  • Pourquoi reste-t-elle inconsciente ?
  • Le choc. D’après son copain, son ex l’a frappée en bas de chez elle. S’il n’était pas intervenu, ça aurait pu être pire.
  • Où se trouve son ami ? demande mon père.
  • Dans la salle d’attente.
  • D’accord, on va aller le voir pour le rassurer, dit ma mère.
  • On a mis votre fille dans une chambre seule, elle est dans la chambre 201 au premier étage.
  •  

Mes parents vont voir Éric qui fait les cent pas dans la salle d’attente.

  • Bonsoir, vous êtes l’ami de notre fille ?
  • Oui, je m’appelle Éric. Elsa va bien ?
  • Enchanté. Oui, elle va bien. Elle n’a pas de commotion, mais des bleus. Vous allez bien ? demande mon père en voyant les mains d’Éric.
  • Oui, ce n’est rien, répond ce dernier.
  • Vous devrez vous faire soigner, confit ma mère.
  • Je voulais savoir avant comment Elsa allait.
  • D’accord. Le médecin nous a dit que c’est son ex qui l’a frappée, c’est vrai ?
  • Je la raccompagnais chez elle après la journée de boulot qu’on venait de finir.
  • Elle ne nous avait pas dit qu’elle travaillait, s’inquiéta ma mère.
  • C’est tout récent, elle a commencé aujourd’hui.
  • D’accord, elle allait sûrement nous en parler alors, ajouta mon père.
  • Son ex devait l’attendre. Le temps que je fasse le tour de ma voiture, c’était trop tard.
  • Ce n’est pas votre faute. Vous avez sûrement sauvé sa vie.
  • Je vous promets qu’il ne l’approchera plus.
  • Si vous voulez, on vient vous chercher quand Elsa aura repris connaissance.
  •  

Après avoir parlé avec Éric, mes parents vont me voir. Je reste la moitié de la nuit inconsciente. Quand j’ouvre les yeux, ma première pensée est pour Éric.

  • Elsa, dit la voix de mon père.
  • Que faites-vous ici ?
  • Est-ce que tu te souviens de ce qui s’est passé ? demande ma mère.
  • Où est Éric ?
  • Il est dans la salle d’attente. On va aller le prévenir que tu es réveillée, dit ma mère.
  • Merci, maman, est-ce que vous pourrez nous laisser seuls, s’il vous plaît ?
  • Bien sûr, pas de souci.

Mes parents sortent de la chambre. Ils reviennent quelques instants plus tard avec Éric qui me regarde. Mes parents nous laissent seuls.

  • Ça va ?
  • Oui, merci d’être intervenu.
  • De rien. Je t’avais dit que tu pouvais compter sur moi pour te protéger.
  • Est-ce que tu as mal ? demandé-je, en voyant ses mains.
  • J’irai me faire soigner en sortant d’ici. Je lui ai dit de ne plus t’approcher.
  • Merci, Éric.
  • Pour ce dont on a parlé au bureau, ça tient toujours. J’aimerais aussi te faire protéger.
  • Tu crois qu’il le faut vraiment ?
  • Oui, Elsa. Déjà pour tranquilliser tes parents et me rassurer aussi.
  • D’accord. Je vais aussi appeler sa sœur pour la prévenir et aussi pour savoir si elle lui a donné mon numéro. Où sont mes affaires ?
  • Dans la voiture, j’irai les chercher.
  •  
  • Arrête de me remercier.
  • D’accord. Mais va te soigner, s’il te plaît.
  • Ne t’inquiète pas.

Mes parents reviennent sur ces dernières paroles.

  • Désolé de vous déranger, dit mon père.
  • Pas grave, papa.
  • On va y aller. Ça ira ?
  •  
  • On te voit plus tard. Repose-toi ce week-end.
  • D’accord. J’ai quelque chose à vous dire, dit Elsa.
  • On t’écoute.
  • Benoît a mon numéro de téléphone, je ne sais pas comment il l’a eu. J’ai décidé de téléphoner à sa sœur pour savoir si c’est elle qui lui a donné.
  • D’accord. Est-ce que tu vas porter plainte ?
  • Je ne sais pas encore.

Mes parents nous disent au revoir et partent. Éric va chercher mon portable. Pendant qu’ils vont vers la sortie, ils se parlent.

  • On vous remercie encore, disent mes parents à Éric.
  • Ce n’est pas la peine. Je n’aime pas qu’on frappe une femme.
  • On est d’accord avec vous, dit mon père. On a un service à vous demander.
  • Je vous écoute.
  • Est-ce que vous pouvez protéger Elsa ? Et la forcer à porter plainte aussi ?
  • Bien sûr. Si vous voulez, je peux l’amener chez moi le temps qu’elle se remette, du moins.
  • Ça serait bien. Vous êtes plus âgé qu’elle.
  • Oui, j’ai 35 ans. Je travaille dans une maison d’édition.
  • Comment vous êtes-vous rencontrés ? demande ma mère.
  • Je l’ai sauvée quand son ex l’a frappée la première fois.
  • Comment ? Mais c’est une histoire horrible ! Notre petite fille avec ce fou ! On y aurait jamais cru !

Mes parents rentrent chez eux. Éric revient dans la chambre avec mes affaires après être allé se faire soigner.

  • Il faut qu’on parle, dit-il.
  • Ça peut attendre que j’appelle ?
  • Bien sûr. Tu veux que je sorte ?
  • Non, reste.

Éric me prend la main. Je fais le numéro d’Audrey qui répond au bout de quelques sonneries.

  • Bonjour, c’est Elsa.
  • Bonjour, Elsa.
  • Désolée de te téléphoner aussi tôt.
  • Pas de souci, tu vas bien ?
  • Euh… Comment te dire ça ?
  • Que se passe-t-il ?
  • Je suis à l’hôpital. Benoît m’a retrouvée et il m’a frappée. Je suis restée inconsciente toute la nuit, mais j’ai juste des bleues.
  • Tu me rassures, j’ai eu peur que ça soit sérieux.
  • Ça aurait pu être plus grave, mais mon ami est intervenu. Écoute, si je t’appelle c’est aussi pour te demander une chose.

Sa réponse me laisse froide. Finalement, elle ne s’inquiète pas plus que ça que son frère me frappe sans raison. Je poursuis quand même le sujet de mon appel.

  • Que veux-tu me demander ?
  • Voilà, la nuit dernière, j’ai reçu un appel de Benoît et je voulais savoir si tu lui avais donné mon numéro.
  • Bien sûr que non, je ne l’ai pas eu au téléphone depuis des mois.
  • C’est ce que je pensais, mais je devais te le demander.
  • Je comprends très bien, Elsa. Soigne-toi.
  • Oui, merci.

Je raccroche.

  • Alors ? demande Éric.
  • Elle n’a pas donné mon numéro.
  • Tu vois une autre personne ?
  • Non, les personnes qui ont mon numéro sont ma famille, mon ex-belle-sœur et toi.
  • D’accord.
  • Que voulais-tu me dire quand tu es arrivé ?
  • Voilà, tes parents m’ont demandé de te surveiller, ce que j’ai accepté. Et aussi te forcer à porter plainte, chose pour laquelle je suis d’accord avec eux.
  • Je comprends.
  • Il y a autre chose. Quand tu sortiras soit aujourd’hui ou demain, tu n’iras pas chez toi, mais dans ma suite le temps que tu guérisses.
  • Éric, tu m’as dit que les soirées et les nuits, je serai à ta disposition.
  • C’est vrai.
  • Je fais réfléchir pour porter plainte aussi, dis-je.
  • D’accord.
  • Et pour le travail ?
  • Tu ne viens pas aujourd’hui, pas dans ton état. Tu dois te reposer avant tout.
  •  
  • Si le médecin t’autorise à sortir dans la journée, tu m’appelles et je viens te chercher.
  • D’accord.
  • Je vais aller au travail.

Éric me dit au revoir et part. Au bout de deux heures, le médecin vient me voir.

  • Comment allez-vous allez, mademoiselle ?
  • Bien mieux que je pensais.
  • Vous avez eu de la chance. Ça aurait pu être plus grave.
  • Je sais. Est-ce que je peux sortir ?
  • On va vous faire passer un nouveau scanner pour vérifier que tout va bien, si c’est le cas, oui. Vous avez quelqu’un qui peut venir vous chercher ?
  •  
  • On va vous emmener au scanner d’ici quelques minutes.

Le médecin sort de la chambre. Je prends mon mobile et envoie un message à Éric.

« Je vais passer un nouveau scanner

et, si tout va bien, je pourrai sortir. »

Il me répond directement.

« Bonne nouvelle, préviens-moi quand tu sais si tu sors. »

« Oui. »

Je pose mon portable. Quelques minutes plus tard, deux infirmières rentrent dans la chambre.

  • On vient vous chercher pour le scanner, dit une soignante. Vous avez déjà passé un scanner ?
  • Oui, je ne compte plus le nombre !
  • Vous n’avez pas d’allergies au produit ?
  •  
  • Bien, on va y aller. Je sais que c’est énervant les questions, mais il faut qu’on le fasse chaque fois.
  • Je comprends.

Dès que j’ai répondu à toutes les questions, on va au scanner. Je reviens dans ma chambre, une heure après. J’attends les résultats avec impatience.

 

 

Chapitre n° 11

Sortir de l’hôpital

 

Au bout d’une heure d’attente, le médecin vient me voir.

  • J’ai vos résultats de scanner, dit le docteur. Tout va bien. Vous pouvez rentrer chez vous. Mais si vous avez des vertiges dans les 24 heures, revenez nous voir.
  •  
  • Votre ami peut venir vous chercher ou je peux téléphoner à vos parents ?
  • Mon ami va venir me chercher. Il attendait que je lui dise quand je pouvais sortir.
  • Je vous dis au revoir, alors.
  • Au revoir, encore merci, docteur.
  • On a effectué notre travail, mademoiselle.

Le médecin sort. Je prends directement mon portable pour envoyer un texto à Éric.

« Je peux sortir, c’est bon.

Tout va bien. »

Éric me répond presque immédiatement.

« D’accord. Je viens te chercher. Je serai à l’hôpital dans environ 1 heure. Attends-moi dans ta chambre. »

« D’accord. J’ai hâte de sortir. »

« Je me dépêche d’arriver. »

Je repose mon portable et commence à m’habiller. Éric arrive dans les temps annoncés.

  • Tu es prête ? demande Éric en ouvrant la porte.
  • Plus que jamais. Est-ce qu’on peut passer par chez moi pour que je prenne quelques affaires ?
  • Tu as réfléchi par rapport à la question de porter plainte ?
  • Je sais que c’est ce qu’il faut faire, mais en même temps je me dis que je ne peux pas faire ça.
  • Je comprends. Écoute, si tu veux, attends les résultats de l’enquête que j’ai lancé ce matin. On y va ?
  •  

On sort de l’hôpital, le chauffeur m’ouvre la porte.

  • Bonjour, je suis ravi de vous voir sur pieds.
  • Merci.
  • On va chez Elsa en premier, dit Éric.
  • Bien, monsieur.

La voiture démarre. Éric appuie sur le bouton et la vitre se ferme. Dès que la glace a fini de monter, il m’assoit sur ses genoux.

  • Tu m’as manqué au travail ce matin.
  • Je peux venir cet après-midi ?
  • Non, tu te reposes.
  • D’accord. Je peux aller à mon cours de yoga ce soir ?
  • Tu peux louper un cours ?
  • Oui, je crois.
  • Tu n’y vas pas ce soir. Crois-moi, tu pratiqueras du sport quand même.

On arrive en bas de chez moi.

  • On est arrivé, monsieur, dit le chauffeur.
  •  
  • Tu peux rester, je n’en ai pas pour longtemps, dis-je en posant une main sur la portière
  • Je viens avec toi. Je ne prends pas de risque.
  • D’accord
  • Attendez-nous, on n’en a pas pour longtemps, dit Éric au conducteur
  • Bien, monsieur.

Éric et moi sortons. Je prends mes clés et ouvre la porte. Par prudence, je laisse Éric entrer en premier.

  • Prends ce qu’il te faut. S’il te manque quelque chose, on improvisera.
  • Pas de souci.

Je prépare mes affaires de beauté et je commence à sortir mes vêtements quand Éric me rejoint dans ma chambre.

  • Tu n’as pas besoin de tout ça ?
  •  
  • Elsa, prends le nécessaire, dit-il. Tiens, prends cette robe, cette jupe. Choisis un jean et un T-shirt, ça ira. Pas de discussion.

Je finis de préparer mes affaires et l’on repart.

  • Je te dépose à l’hôtel et je vais au boulot.
  •  
  • Si tu veux sortir, mon chauffeur est à ta disposition.
  • Je peux très bien prendre le tram.
  • Non ! Pas quand ton ex est dans les parages.
  • Oui, c’est vrai.
  • Écoute-moi bien. Je sais que tu es une femme merveilleuse, courageuse, tu es belle. Tu ne te laisses pas aller, car tu as repris ta vie après ton divorce. Tu as même décidé d’être ma soumise sexuellement, dit Éric en me plaçant sur ses genoux.
  • Tu te trompes, je ne suis pas vaillante. Si c’était le cas, j’aurais porté plainte. Je cache même un mystère à mes parents.
  • Tu veux en parler ?
  •  
  • Comme tu veux, mais arrête de te dénigrer, dit Éric un peu agacé. Je serai là quand tu voudras parler de ton secret.
  •  

Éric bouge pour que je sente son sexe se durcir.

  • Tu sens ça ?
  • Oui, dis-je, un peu excitée aussi.
  • Depuis le premier jour, j’ai envie de toi. Je ne suis pas comme tu me vois. D’habitude, je baise la femme et je ne la vois plus après.
  • Ça veut dire que je suis une de plus sur ta liste ?
  • Non, Elsa. Avec toi, je me sens différent. J’ai envie d’être avec toi tout le temps. C’est vrai que j’ai agi comme un con au début. On n’aurait pas dû faire l’amour surtout que tu m’avais raconté ton histoire.

La voiture s’arrête.

  • J’ai prévenu l’accueil, attends-moi dans ma suite, dit Éric en m’embrassant.

Il passe son pouce sur mon clitoris et enfonce un doigt dans mon sexe. Je gémis.

  • Je ne serai pas long, promis.
  • À ce soir.
  • À ce soir.

À peine arrivée dans la suite d’Éric, je reçois un message.

« Fais comme chez toi, si tu sors, mon chauffeur est en bas. Il a ordre de t’accompagner partout, à ce soir. »

« Merci. Je ne vais pas sortir.

J’ai un petit problème, à ce soir. »

« Quoi comme problème ? »

« Tu m’as excitée, je vais devoir

me soulager. »

« Je te l’interdis et c’est ton Maître qui parle »

« D’accord. »

J’envoie un SMS à mes parents pour les rassurer.

« Bonjour, je vais bien. Je suis chez Éric,

alors ne vous inquiétez pas. »

Ils me répondent tout de suite.

« Bonjour, Elsa. D’accord.

À plus tard, bisous. »

Pendant l’après-midi, je surfe sur internet. Vers 16 heures, je reçois un texto d’Éric.

« Elsa, ma belle, j’aimerais que tu m’attendes nue sur le lit, c’est un ordre de ton Maître. J’arrive à 17 heures. »

Je suis obligée de le relire trois fois. Vers 16 h 45, je vais dans la chambre et commence à me déshabiller. Je m’allonge sur le lit. À 17 heures, j’entends la porte de la suite se fermer. Éric entre dans la chambre. J’ai fermé les yeux.

  • Je remarque que tu as fait ce que je t’ai demandé de faire, dit Éric. N’ouvre pas les yeux. Pour commencer, je vais t’attacher les mains aux montants du lit.
  • Je ne veux pas t’entendre sauf pour dire mon nom. C’est compris ?
  •  
  • Oui qui ? demande-t-il en me tapant une fesse.
  • Oui, Maître.
  •  

Je sens une main sur ma peau.

  • Tu sais que tu as une peau douce, ma belle, dit-il en posant un baiser sur mes lèvres.

Il ne me laisse pas le temps de le lui rendre. Il me caresse les cuisses. Puis sans prévenir, il passe sa main sur mon entrejambe. Je commence à gémir.

  • De quoi as-tu envie ? demande Éric. Peut-être de ça, dit-il.

Il plonge un doigt dans mon sexe, titille mon clitoris. Je commence à bouger mon bassin.

  • Oui, tu aimes, conclut Éric.

Il enfonce un second doigt puis un troisième. Il commence ses va-et-vient. Au bout de quelques minutes, il retire ses doigts.

  • Rhabille-toi, on sort dîner.
  • Quoi ?!
  • Tu m’as très bien entendu, Elsa. Ne t’inquiète pas.
  • Tu ne vas pas me laisser comme ça ?!
  • Oh ! si. Tu vas apprendre la patience. Allez, ne fais pas la tête. Habille-toi, je te promets que tu vas aimer le lieu où on va.
  • Que dois-je mettre ?
  • Ta robe de la dernière fois.
  • J’ai combien de temps pour me préparer  ?
  • Vingt minutes.
  • C’est tout ?
  • Oui, et pas une de plus.
  • Compris, dis-je en me levant dès qu’Éric m’a détachée.

Je prends la direction de la salle de bain. Pendant que je me lave, Éric est au téléphone. Quand je passe ma robe, il frappe à la porte.

  • Je peux entrer ?
  • Bien sûr.
  • Tu es encore plus belle que la dernière fois !
  • Merci, dis-je en baissant la tête.
  • Elsa, ne baisse pas la tête. C’est juste un compliment, dit-il en se rapprochant.
  • Je suis désolée. J’ai encore du mal avec les éloges.
  • Ne sois pas désolée, ça va revenir. Je vais aller me préparer.
  • D’accord. Je vais t’attendre de l’autre côté.
  • Je fais aussi vite que toi.

Éric va dans la salle de bain et me retrouve que quelques instants plus tard. Je le regarde avancer vers moi. Mes yeux s’attardent entre ses jambes.

  • Tu aimes ce que tu vois ?
  • Désolée, dis-je en baissant les yeux.
  • Ne t’excuse pas. Viens, il est l’heure, dit Éric en me tendant la main.

Je la prends avec plaisir. On descend jusqu’au hall. Éric me tient la main jusqu’à la voiture. En chemin, je demande :

  • Dans quel restaurant va-t-on ?
  • C’est une surprise. Je ne te dirai rien du coup.
  • D’accord, dis-je mais de façon grognon.
  • Ne t’inquiète pas, tu vas aimer.
  • Je ne suis pas angoissée.
  • Bien, car on est arrivé, dit-il. Attends, je vais t’ouvrir la porte.
  • Où est-on ?
  • Regarde par toi-même.

Je regarde autour de nous, je remarque qu’on s’est arrêté à côté d’une plage.

  • Je me suis dit que ça serait bien qu’on dîne sur le sable. Si tu n’aimes pas, on peut toujours aller au restaurant.
  • C’est très bien. Mais pourquoi m’as-tu dit de mettre ma robe ?
  • Parce que tu es belle et, je l’admets, je voulais te revoir avec, dit-il en passant une main sur ma taille. Viens, notre repas nous attend.

Je remarque tout de suite un drap avec tout ce qu’il faut pour passer un bon moment. On commence à manger. À un moment, je demande à Éric :

  • Pourquoi t’intéresses-tu à moi ?
  • Je pensais que j’avais déjà répondu à cette question.
  • Je me suis mal exprimée. Je voulais dire que tu peux avoir toutes les femmes que tu veux et tu es là avec moi.
  • Je peux avoir toutes les femmes que je veux, mais c’est toi que je veux et je passe de bons moments avec toi. Je ne veux pas que ça s’arrête.

On arrête de parler, puis tout d’un coup, je dis :

  • J’aimerais pouvoir avoir confiance comme avant, mais je n’y arrive pas. C’est comme si quelque chose m’en empêchait, mais je ne sais pas quoi. Mon esprit est prêt à vivre une nouvelle histoire, même mon corps, mais mon cœur non, dis-je avec des larmes qui perlent à mes yeux
  • Je comprends, Elsa. Ton cœur souffre encore. Il n’a pas trouvé la personne qui va le faire battre de nouveau, dit Éric en posant ses lèvres sur les miennes. Peut-être que ton cœur finira par battre en réalisant ton fantasme d’être dominée. Couche toi.

Je m’allonge sur la couverture, Éric commence par les jambes puis je sens que sa main me caresse mon sexe à travers mon string. Je gémis de bonheur.

  • Je ne veux entendre que mon nom, dit Éric.

Il enlève mon string puis recommence à me caresser, mais en évitant soigneusement mon sexe. Par contre, il m’embrasse partout. Ses lèvres descendent sur mon cou et une de ses mains descend jusqu’à mon sexe finalement. Éric utilise son pouce et titille mon clitoris, puis il plonge un doigt dans mon sexe.

  • Tu aimes ?

Devant mon léger gémissement, il descend se positionner vers mon entre jambes. Je sens son souffle chaud sur mes lèvres humides de désir. De ses deux mains, il me frôle le ventre, les hanches, le haut des cuisses. Dans un geste de bienvenue, j’écarte les jambes pour le laisser passer.

  • Ça va ? me demande-t-il.
  • Oui, Maître.
  • Tu en veux encore ? demande Éric en s’allongeant sur moi.
  • Oui, Maître.
  • Bien, car je n’ai pas encore fini avec toi, dit-il.

Sa langue s’engouffre alors dans mon intimité. Je me sens monter au septième ciel ! J’entends les vagues refluer comme mon désir qui devient intense ! Sa tête s’enfouie dans mon sexe et ses coups de langue deviennent forts et puissants. Ses doigts ont lâché mes cuisses pour se poster sur mes seins. Je les recouvre des miennes avant de lui saisir les cheveux en criant ma jouissance !

Voyant que j’ai besoin de souffler, il remonte vers moi et m’embrasse goulument. Je sens mon gout sur ses lèvres.

Puis il descend les bretelles de ma robe. Comme je veux toucher son corps, je commence à déboutonner sa chemise, mais il m’arrête directement. Il met mes bras au-dessus de ma tête et les attache avec mon string.

  • Interdiction de toucher, de parler sauf si je te pose une question. Compris ?
  • Oui, Maître.

Éric titille mes seins, tire sur mes tétons, je gémis. Sa main arrive sur mon sexe, il commence à le caresser.

  • Tu es trempée. Dis-moi, c’est quoi ce qui te fait autant mouiller ? Ce que je viens de te faire ou peut-être ceci ?

Il titille mes tétons, les tords entre ses doigts et je gémis encore plus fort.

  • Je pense que ce sont les deux, dit-il.

Éric continue son manège pendant encore quelques minutes.

  • Elsa, que veux-tu ? Dis-le-moi ?
  • Je vous veux, dis-je avec une voix rauque.
  • Comment ?
  • Baisez-moi, Maître.

Éric déboutonne son pantalon et enlève son boxer. Il prend un préservatif, le met sur son sexe et me pénètre lentement.

  • Je ne sais pas si je vais vous baiser, dit-il en se retirant.
  • Baisez-moi, Maître, s’il vous plait !
  • Retourne-toi, alors et mets-toi à quatre pattes.

Je me mets comme il me dit. Éric me pénètre de nouveau et démarre ses va-et-vient. Il a accéléré la cadence.

  • Ne jouis pas tout de suite, dit-il. Attends encore.
  • Je n’en peux plus, Maître.

Éric se retire puis s’enfonce jusqu’à la garde et ressort puis recommence. À la cinquième fois, il dit :

  • Jouis maintenant !

Je jouis en criant son nom. Éric me rejoint quelques secondes après. Il se retire et se met à côté de moi puis m’attire à lui.

  • Tu as été magnifique, dit-il.
  • Merci, Maître.
  • Viens, il est l’heure de rentrer, dit Éric en se levant.

Il m’aide à me lever puis on va à la voiture.

  • À l’hôtel s’il vous plaît, dit Éric au chauffeur.
  • Bien, monsieur.

Pendant le trajet, je reste dans les bras d’Éric. Dans la suite, Éric me regarde dans les yeux.

  • Va m’attendre dans la chambre, place-toi à genoux. Reste habillée. J’arrive au plus vite.
  • Oui, Maître.

Je vais dans la chambre et je me mets à genoux puis attends. Éric arrive tout de suite.

  • Il est temps de faire quelque chose, dit-il en s’approchant.

Dès qu’il est près de moi, je remarque qu’il est nu.

  • Prends ma queue dans ta bouche et suce-la. Tu l’as enfin méritée ! Commence par la lécher puis prends-la en entier.

J’entreprends d’effleurer sa bite, puis, quelques minutes après, je la prends dans ma bouche.

  • Fais des va-et-vient.

J’obéis à sa demande.

  • Prends mes testicules, caresse-les, avec une main.

Je l’entends gémir.

  • Continue, ma belle, dit-il d’une voix sourde.

J’accélère mes va-et-vient.

  • Je vais jouir dans ta bouche si tu ne t’arrêtes pas !

Je passe ma langue sur son gland et tourne autour. Au bout de quelques minutes, Éric jouit. J’avale tout. Quand je me retire, Éric me regarde.

  • Tu es sûre que tu ne l’avais jamais fait ?
  •  
  • C’est la meilleure pipe que j’ai eue, dit-il en me relevant.

Il m’embrasse.

  • Allez, au lit. Demain, tu vas au travail.
  • À quelle heure ?
  • Comme moi. Tu vas venir avec moi.
  • D’accord.

Éric me met mon pyjama.

  • Je t’achèterai d’autres vêtements pour la nuit, dit-il. Bonne nuit, fais de beaux rêves, ma belle.
  • Bonne nuit.

Je pose ma tête sur son torse et je m’endors directement.

 

 

Chapitre n° 12

Départ pour Paris

 

Le lendemain matin, je suis réveillée par les bisous d’Éric.

  • Il est l’heure de se réveiller.

J’ouvre les yeux.

  • Bien dormi ?
  • Oui, et toi ?
  • Va te préparer. Pendant que tu seras dans la douche, je vais commander le petit-déj.

Quand je sors de la salle de bain, habillée, je vois sur la table le petit-déjeuner. Il est gargantuesque !

  • Tout ça ?!
  • Désolé, je ne savais pas quoi prendre. Du coup, j’ai tout pris.
  • Je vois.
  • Tu n’as pas d’autres vêtements pour le travail ?
  • Quelqu’un ne m’a pas laissé prendre d’autres vêtements, dis-je avec un ton sarcastique.
  • Bon, il faudra y remédier. Demain après-midi, shopping pour madame et pas de discussion. Je vais aller me préparer.

Je le laisse se préparer pendant que je mange. Quand il revient, il est en costume noir.

  • Tu es prête ?

On descend. Dès qu’on arrive, le chauffeur nous ouvre la portière.

  • Bonjour, au bureau, dit Éric.
  • Bien, monsieur.

En arrivant, on va tout de suite dans son bureau. À peine rentré, il me parle :

  • Assieds-toi en face de moi, j’ai quelque chose à te dire.

Je m’assois, puis il s’assoit sur son fauteuil.

  • Hier pendant que tu étais dans la chambre, j’ai fini de lire ton roman, commence-t-il. Je vais me répéter, mais tu as du talent pour l’écriture. Je comprends pourquoi le comité de lecteurs l’a apprécié. Je l’ai adoré, j’ai envie de connaître la suite, s’il y a une suite.
  • Il a une suite, mais elle n’est pas encore finie.
  • Bien, je ne le dis pas parce qu’on couche ensemble.
  • Je comprends.
  • Ton manuscrit est très bien. J’aimerais le faire éditer, mais pas à Brest.
  • Où, alors ?
  • Dans la principale maison d’édition Bretagne qui est à Paris, je leur ai déjà parlé hier et ils sont d’accord.
  • Tu sais, s’il est publié je serai la plus heureuse !
  • Je le sais, Elsa. Le souci c’est que je dois aller leur apporter ton manuscrit. Et j’aimerais que tu m’accompagnes à Paris.
  • Je ne peux pas partir comme ça, j’ai ma vie ici.
  • Je le sais, c’est une affaire de quelques jours. J’aimerais beaucoup que tu viennes avec moi, mais si tu ne veux pas, je comprends.
  • Quand partirais-tu ?
  • D’ici dimanche, le temps de mettre tout en place.

Je réfléchis un instant en pesant le pour et le contre. Si Éric me propose de l’accompagner, c’est que ce doit être important pour lui. Alors, finalement je veux faire cet effort ! Et puis il s’agit de l’avenir de mon livre, aussi !

  • Est-ce que j’ai le temps d’aller dire au revoir à mes parents ?
  • Ça veut dire que tu acceptes de venir avec moi ?
  • Oui, j’ai toujours adoré Paris et je suis ton assistante quand même !
  • C’est vrai. Écoute, j’organise notre départ pour dimanche soir, ce qui te laisse le temps d’aller voir tes parents.
  •  
  • Mais l’après-midi shopping de demain tient toujours. Maintenant, tu peux revenir à côté de moi.

Je me lève et prends place à ses côté.

  • Pourquoi tu ne m’as pas dit tout ça hier ?
  • Je voulais attendre ce matin. Regarde dans mon carnet et dis-moi si j’ai des réunions.

Je m’exécute en n’ayant pas eu ma réponse.

  • Tu as un rendez-vous téléphonique avec un certain Charlie à 10 heures et c’est tout.
  • Merci, Elsa.

Mon téléphone sonne. Discrètement, je regarde le message. C’est un texto de Benoît.

« Elsa, il faut qu’on parle. »

Je ne lui réponds pas, mais mon cœur se serre. Le téléphone d’Éric sonne et me sort de ma réflexion.

  • Allô.
  • Éric, c’est ta secrétaire qui souhaite te parler.

Éric me prend le combiné.

  • Monsieur, le directeur est là et il aimerait reprendre sa place.
  • Qu’il attende que j’aie fini !
  • Il veut rentrer tout de suite.
  • Dites-lui que je suis en rendez-vous.
  • Il ne veut rien entendre.

La porte s’ouvre si violemment qu’elle tape le mur en me faisant sursauter.

  • Oui, merci de m’avoir prévenu, dit Éric en raccrochant. Monsieur, si vous voulez bien sortir, j’aimerais finir ce que je fais.
  • Désolé, mais je suis dans mon bureau et je vous demande à vous de sortir.

Éric me regarde et baisse la voix.

  • Sors et attends-moi dans la salle d’attente.

Je sors assez vite du bureau. Pendant qu’ils se parlent, j’en profite pour répondre à Benoît.

« Je ne veux pas te parler, ne m’appelle plus,

ne m’écris plus. »

J’entends la porte du bureau claquer encore et Éric vient me chercher.

  • Viens, on part, me dit-il en tendant sa main.

Éric est énervé et marche vite.

  • Éric !

Il ne me répond pas. On arrive dehors, puis on va jusqu’à la voiture.

  • À l’hôtel, tout de suite !
  • Bien, monsieur.

Pendant le trajet, j’essaie de le faire parler, mais je n’y arrive pas. Il a gardé le silence tout le long jusqu’à l’hôtel. Une fois arrivés, Éric n’a toujours pas desserré les dents. Je décide de faire une autre tentative.

  • Éric !

Il me regarde comme si c’était la première fois qu’il me voit, puis m’annonce :

  • Changement de programme, on part demain. Mon chauffeur va t’accompagner chez tes parents pour que tu leur dises au revoir.
  • Tu viens avec moi ?
  • Non !

Je sursaute au son de sa voix.

  • Désolé, Elsa, mais, il vaut mieux que tu y ailles seule. J’ai besoin d’être seul un moment.
  • D’accord, si tu veux je peux rester ici le temps que tu ailles à Paris.
  • Non, tu viens avec moi. Écoute, la personne que tu as vue est le directeur de la maison d’édition à Brest.
  • Je pensais qu’il était en arrêt.
  • Il l’est jusqu’à nouvel ordre, mais il veut reprendre.
  • D’accord. Si je pars maintenant, je serai de retour d’ici deux heures.
  • J’ai hâte que tu reviennes, dit Éric en me prenant dans ses bras.

Il me lâche à regret.

  • Pars, je t’attends, et ne t’inquiète pas, l’après-midi shopping on la fera, mais à Paris.

Arrivée en bas de l’hôtel, je retrouve le chauffeur.

  • À Porspoder, s’il vous plaît.
  • Bien, madame.

Pendant le trajet, je ne peux m’empêcher de réfléchir au comportement d’Éric.

  • Je n’en ai pas pour longtemps, dis-je.
  • Je vous attends.

Mes parents sont étonnés en m’ouvrant.

  • Bonjour, ma chérie. On ne t’attendait pas, dit mon père.
  • Je sais. Si je suis venue, c’est pour vous dire que je vais à Paris avec Éric. Je sais que vous ne le connaissez pas depuis beaucoup de temps, mais il m’a demandé de l’accompagner pour le travail.
  • D’accord. Combien de temps restez-vous ? demande ma mère.
  • Pas longtemps. On part demain matin.
  • Bien, tu nous envoies un message pour nous dire quand vous êtes arrivés ?
  •  
  • Alors, pars le rejoindre.

On revient à l’hôtel vers 12 h 30. Je monte directement dans la chambre où Éric attend.

  • Est-ce que tu as faim ? me demande-t-il.
  •  
  • Bien, va t’habiller. Ou encore mieux, reste comme tu es.

Je me regarde. Je suis en jean et en T-shirt.

  • Tu es sûr ?
  • Oui, mais si tu veux tu peux te changer quand même.

Il me regarde avec un petit sourire en coin.

Je vais dans la chambre où je remarque une robe sur le lit.

  • Elle est pour toi, dit Éric qui m’a suivie. Je ne veux pas de discussion, dis-toi que c’est ton Maître qui te l’offre.
  •  
  • Je t’attends, prends ton temps.

Dès qu’il est parti, je me change, la robe est bleue, fendue des deux côtés, je n’ai même pas besoin de mettre un soutien-gorge. Je décide en même temps de ne pas mettre de sous-vêtements du tout. Ce sera ma surprise à moi. Cette fois, c’est moi qui souris.

  • Je suis prête !

Il se retourne.

  • Tu es magnifique dans cette robe, dit-il en s’approchant. Je ne sais pas si je vais tenir tout le déjeuner sans faire ceci, dit-il en me caressant les cuisses.

Sa main remonte jusqu’à mon sexe, je l’entends gémir dès qu’il remarque que je n’ai pas de culotte.

  • Petite coquine ! Allez, viens.

On descend. Dans le hall, Éric me prend la main. Le chauffeur nous ouvre la portière.

  • On va où, monsieur ?
  • Au bistrot La roue du vin.
  • Bien monsieur.

Pendant le trajet, Éric me caresse les cuisses sans aller plus haut. Dès qu’on est arrivé, le conducteur ouvre la portière. Éric sort en premier. Il tend sa main pour m’aider à sortir.

  •  
  • Elsa ?
  • Oui ?
  • J’ai demandé qu’on soit seuls au restau, dit Éric.
  • Pourquoi ?
  • Tu le comprendras assez vite.

On rentre dans le restaurant. Le serveur vient prendre notre commande. En attendant qu’il nous apporte nos plats, Éric déplace sa chaise pour la mettre à côté de moi. Je le regarde faire. Dès qu’il est assis, il met une main sur ma cuisse. Il me parle à l’oreille :

  • Ne fais pas de bruit, dit-il en passant sa main sous ma robe. Ne parle pas. Tu as compris ?
  • Oui, Maître.
  •  

Éric caresse mon clitoris. Je gémis.

  • Tu as bien fait de ne pas mettre une culotte, dit-il en enfonçant un doigt dans mon sexe.

Le garçon arrive avec nos plats. Aussitôt, Éric Me lâche et toussote dans sa main. Le serveur fait semblant de n’avoir rien vu, mais je sais qu’il a regardé notre jeu. Pour preuve, le rouge qu’il arbore à ses joues !

Quand il part, Éric me demande :

  • Est-ce que tu as faim ?
  • Oui, mais pas de nourriture !
  • Je vois. Ça peut s’arranger, dit-il en enfonçant son doigt dans son sexe. Je vais te faire jouir juste avec mes doigts.
  • Et le repas ?
  • Soit on mange tout de suite, soit je continue. Choisis.
  • Continuez, Maître.
  •  

Le regard lubrique qu’il me lance, montre qu’il est satisfait de ma réponse. Doucement, il remet sa main entre mes cuisses. Ses doigts se promènent sur ma peau dont les poils se hérissent. Sa bouche se rapproche de la mienne et je n’attends que son baiser. Il ne tarde pas à venir et me réchauffe à l’inverse de ses doigts. Mon corps vibre petit à petit en espérant qu’il aille plus loin dans ses caresses. Mon vœu est exaucé quand sa main se pose sur mon sexe chaud. Avec lenteur, il frotte sa paume contre mon clitoris et la chaleur dégagée me submerge. Sa langue s’est perdu dans mon cou maintenant et d’un mouvement ample, je bascule ma tête vers l’arrière en fermant les yeux. À partir de ce moment, j’oublie où je suis, que n’importe qui peut nous surprendre, même si cette idée est très excitante ! Éric poursuit son œuvre et m’envoie au septième ciel !

  • Est-ce que tu as aimé ? demande Éric.
  • C’est la première fois que je jouis dans un restaurant !
  • Je suis content. Alors, maintenant, on mange !

Nous avons passé une belle soirée débutée par un orgasme ! Voilà ce que j’appelle un diner parfait ! À peine rentré dans la voiture, Éric monte la vitre de séparation.

  • Allonge-toi, me dit-il.
  • Oui, Maître.

Encore ce regard coquin ! Je me suis allongée en remontant ma robe jusqu’à la taille. Éric m’observe en souriant. Il a surement remarqué que je mouille déjà beaucoup. C’est vrai que j’ai jouis avant le repas, mais cela ne me suffit pas. J’en veux encore !

Je pense qu’il sait à quoi je pense, car il se penche vers mon ventre pour l’embrasser tendrement. Il s’amuse à jouer avec mon nombril en le titillant. Je me trémousse, je me languis.

— Arrête de bouger, Elsa ou je serai obligé de te punir. Et quoi de mieux que de te priver de sexe ? Tu ne veux certainement pas ça, Elsa ?

Il est sadique ! Bien sûr que je ne veux pas être priver de ses doigts, de sa langue et de sa queue ! Alors, d’un signe de tête, je réponds à sa question par la négative.

Satisfait, il enfouie de nouveau son visage au creux de mon intimité et se délecte de ma saveur épicée.

J’ai franchement du mal à ne pas me retenir de crier tellement Éric me donne du plaisir !

L’auto s’arrête.

On sort de la voiture. Dans l’ascenseur, Éric se met derrière moi et passe ses bras autour de ma taille. Mon portable sonne.

  • Tu ne regardes pas qui c’est ?
  • Je regarderai plus tard.

Même si Éric fait la moue devant ma réponse, il est encore imprégné de nos ébats et ne relève pas plus ma réponse.

Dans la suite, il semble un peu ennuyé.

J’aimerais continuer à faire ce qu’on faisait, mais je dois régler les derniers détails pour demain. J’en ai pour environ 1 heure.

  • Ne t’inquiète pas, j’ai des choses à faire aussi.
  • Bien, en revanche dans une heure, tu te mets à ma disposition.
  • Oui, Maître.

Éric m’embrasse et juste après il prend son téléphone et appelle. J’en profite pour regarder qui m’a envoyé un texto.

« Je te demande au moins 1 heure, il faut que je t’explique les vraies raisons de notre divorce, Benoît. »

Je lui réponds.

« Laisse-moi. »

« S’il te plaît, 1 heure de ton temps c’est possible. De plus, tu ne bosses pas. »

« Je travaille depuis peu

dans une maison d’édition. »

Éric arrive, je range tout de suite mon portable.

  • Désolé, j’en ai encore pour un petit moment.
  • Pas grave, je vais m’occuper, je peux utiliser ton ordi ?
  • Bien sûr.
  • Éric ?
  • Oui ?
  • Est-ce que tu as des nouvelles de l’enquête sur mon ex ?
  • Pas encore, pourquoi ?
  • Euh… Rien.
  • Elsa !
  • Il m’a envoyé des messages.
  • Quand ?
  • Le premier hier, et aujourd’hui, il veut me parler.
  • Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? Comment veux-tu que je te protège si tu ne me dis pas tout ?
  • Je ne sais pas, mais je lui ai dit que je ne veux pas le voir.
  • Demain, on sera à Paris, tu seras en sécurité, dit-il. Je ne serai pas long.
  • Tant mieux.

Dès qu’il reprend ses conversations, je lui emprunte son ordi. Je me mets à écrire mon deuxième tome. Je suis complètement focalisée sur mon roman, à tel point que je ne vois pas Éric venir s’asseoir en face de moi. Quand je le vois, je suis surprise.

  • Ça fait longtemps que tu es là ?
  • Une bonne vingtaine de minutes ! Je ne voulais pas te déranger, tu avais l’air d’être concentrée.
  • C’est le cas. Comme chaque fois que j’écris.
  • Tu veux continuer ?
  • Non, c’est bon.
  • Alors, va dans la chambre, mets la nuisette qui est sur le lit et mets-toi à genoux comme hier. J’ai mis un coussin pour que tu sois à l’aise.
  • Oui, Maître.

Au moment, où je me lève, Éric vient vers moi et m’embrasse.

  • Dépêche-toi, dit-il. J’arrive dans la chambre dans cinq minutes et si tu n’es pas prête tu seras punie.

Je cours jusqu’à la chambre. Je me dépêche de me changer et mettre la nuisette. Au moment où je me mets à genoux sur le coussin, Éric entre dans la chambre.

  • Bien, ma belle, je vois que tu es prête.

Je ne réponds rien, déjà surexcitée.

  • Lève-toi et garde les yeux baissés.

Il me met quelque chose sur les yeux.

  • C’est un bandeau, tu vas devoir faire confiance à tes autres sens.

Allonge-toi sur le lit.

Éric m’aide à m’installer confortablement sur le lit. Le bandeau sur les yeux me gêne un peu au début. Je suis comme à sa merci, prisonnière de mes sens. Mon corps exprime mon malaise par de légères crispations dès qu’Éric me touche. Je sursaute, je tremble. J’écoute attentivement tous les bruits environnants. J’entends les souffles, les bruits de la ventilation, quelques bruits lointains provenant du couloir. C’est impressionnant comment mon ouïe se trouve décuplée ! Petit à petit, je me détends. Éric se lance dans une myriade de baisers légers sur mes bras, mon cou. Il embrasse l’intérieur de mes coudes, de mes cuisse, de mes genoux même de mes pieds. À chaque fois d’Éric pose ses baisers, je sens son souffle chaud.

  • Je passerais mes journées à te regarder, tellement que tu es belle, Elsa. Je sais que tu ne me crois pas. Laisse-moi te prouver que je connais ton corps.

Éric pose un baiser sur mon ventre et lèche mon nombril. Ses coups de langue sont précis. Alors que je pense qu’il va m’embraser, il lèche un de mes seins tout en titillant le deuxième. Il tire sur mon téton puis fait de même avec l’autre. Voyant mon orgasme arriver, Éric s’arrête.

  • Pas tout de suite, ma belle. Je veux prendre mon temps.
  • Éric, s’il te plaît.

Il reprends ses baisers légers, tout mon corps est prêt à exploser. J’essaie de l’imaginer dessus moi. Comme mes mains sont libres, je caresse son torse, je remarque qu’il a enlevé sa chemise. Alors que ma main descend jusqu’à son entrejambe, il m’arrête.

Puis j’entends Éric me dire doucement à l’oreille :

  • Je voudrais que tu ne jouisses pas, que tu te retiennes. Je vais t’apprendre à retenir ta passion, à différer le moment de la jouissance.

Cette demande m’étonne, car je ne sais pas si j’en serai capable. Mais pour lui, je veux bien essayer. J’acquiesce et souris légèrement. Une pression monte en moi soudain.

Éric commence alors des baisers plus poussés. Il s’immisce dans mon entrejambes qu’il écarte fermement. Ce changement brutal d’attitude envoie à mon ventre des picotements délicieux. Mes bras rejoignent sa tête et mes doigts s’engouffrent dans sa chevelure. Je pousse sur son crâne pour qu’il accentue ses caresses. Éric me saisit alors mes mains pour les mettre au-dessus de ma tête.

  • Non, Elsa. Je ne veux pas que tu me touches. Laisse tes bras au-dessus de ta tête. Si tu n’obéis pas, je serai obligé de te les ligoter.

J’avale difficilement. Est-ce que je vais arriver à me retenir de le toucher ?

Lorsque sa langue vient lécher mon clitoris, mon corps entier se crispe en un plaisir intense. Je gémis à n’en plus finir. Mes bras se contorsionnent. J’ai si envie de lui attraper les cheveux pour le forcer à m’engloutir, que je ne résiste pas et mes doigts se retrouvent encore dans sa tignasse soyeuse.

  • Ah ! Elsa ! Je t’avais prévenue pourtant ! Tu ne me laisses pas le choix.

Il retire sa ceinture et attache mes poignets avec. Il a glissé la lanière sur un des barreaux de la tête de lit et me maintient ainsi encore plus à sa merci.

Au début, cela m’a fait peur de me retrouver prisonnière, puis un frisson d’excitation a pointé son nez. Je me sentais vulnérable. Mais finalement, j’aime beaucoup cette sensation d’être à la merci d’Éric.

Enfin, comme je n’en peux plus, je voudrais lui demander de me prendre, mais je sais que je n’en ai pas le droit. C’est lui qui doit prendre cette décision.

Mes genoux sont repliés et cartés, laissant à sa bouche tout le loisir de me sonder au plus profond que sa langue le permet. Mon bassin remut de plus en plus. Je suis contrainte et par le lien et par son ordre de ne pas jouir ni le toucher. C’est extrêmement dur !

Éric a dû le comprendre, car j’entends du bruit quand ses lèvres se retirent de mon intimité. Je n’en peux plus ! J’ai envie de lui à un point inégalé jusqu’à présent. Soudain, je le sens se faufiler entre mes cuisses et je sais que ma délivrance ne va pas tarder. Effectivement, Éric s’insinue en moi d’un coup ! C’est violent, mais si libérateur ! Je hurle de plaisir ! Pas de jouissance, mais juste de la satisfaction d’être remplie. Éric intensifie ses mouvements. Il est sauvage et brusque. Mon corps est secoué sous ses assauts. Je ne tiens plus. Cette fois, la jouissance est au bord de se déclencher. Mes muscles tremblent de plus en plus, mes cuisses se tétanisent. Une larme perle au bord de mes yeux, vite absorbée par le coton du bandeau. Je me mords la lèvre pour ne pas plus crier mon bonheur.

  • Vas-y, Elsa ! Jouie pour moi !

Son ordre me libère et mon plaisir explose !

Je suis lessivée. Éric me retire la ceinture et le bandeau en déposant de légers baisers sur mon front.

  • Repose-toi, maintenant, Elsa.

Je ferme les yeux.

Quand j’ouvre les yeux, le soleil pointe à travers les rideaux. Éric m’observe, assis au bord du lit.

  • Je suis réveillé depuis un moment, je peux t’affirmer que tu es belle quand tu dors. Je vais commander le petit-déj. On n’a pas mangé hier soir. Il faut dire que je t’ai fatiguée.
  • Oh oui ! Mais quelle soirée !
  • Est-ce que tu te rappelles la première fois ?
  •  
  • À cet instant, j’ai qu’une envie, c’est d’enfoncer ma bite dans ta chatte.
  • Alors, prends-moi.
  • Humm, ça ne va pas le faire, dit-il en tirant sur mes cheveux.
  • Pardon, Maître. Je voulais dire, voulez-vous me baiser, Maître ?

Il met sa main en coupe sur mon sexe et remarque mon envie.

  • Putain ! Tu es si mouillée ! Ça t’excite de savoir que je te prends contre cette porte ?
  • C’est vous qui m’excitez, Maître !

Éric prend une capote, il déchire l’emballage et enfile le préservatif.

  • Prête ?
  • Toujours, Maître !

Il rentre en moi jusqu’à la garde.

Debout, la position est précaire. Pour m’aider à supporter ses coups de boutoir, Éric me maintient sous les bras, mon corps plaqué contre la porte. Mon dos cogne par intermittence sur le bois dur. C’est douloureux, mais je sais que de cette manière, je peux voir le regard sauvage d’Éric. Et j’aime cette sensation ! D’un coup, sa main large et puissante vient encercler mon cou. Ma tête appuyée contre la paroi, je suis immobilisée. Mes doigts s’agrippent à son dos quand le souffle manque. Mais, Éric n’est pas une brute sans âme et sa poigne ne me maintient que quelques secondes. Juste assez pour sentir sa force et son envie de moi. Nous jouissons rapidement dans un râle de béatitude.

Dans la voiture qui nous emmène à l’aéroport, je reste sur les genoux d’Éric. Sur le tarmac, un bel avion nous attend.

  • C’est mon jet privé, me dit-il.
  • Tu as un jet rien qu’à toi ?
  • Oui, c’est plus simple pour voyager. Viens, je vais te le faire visiter, dit-il en me prenant ma main. et nous courrons tels des gosses découvrir un nouveau jouet.
  • Je vous rejoins à Paris, dit le chauffeur.

On monte dans l’avion. Quand on est dedans, je suis éblouie. Éric m’emmène tout au fond puis ouvre la porte.

  • C’est là que je dors quand je dois faire de longs trajets. Un jour, je te promets que je te ferai l’amour en plein ciel. On n’en a pas pour longtemps et on va bientôt décoller.

Je m’assois sur le fauteuil qui est à côté du hublot. Éric s’assoit à côté de moi. Dès que l’avion roule, mes mains accrochent le fauteuil, Éric le remarque.

  • Ça va, Elsa ?
  • Oui, je crains juste le décollage, dis-je avec une voix faible.

Éric me fait retirer mes mains et en prend une dans la sienne.

  • Tout ira bien, ne t’inquiète pas, le commandant sait ce qu’il fait.

L’avion accélère, je ferme les yeux.

  • Elsa, regarde-moi.

Je regarde les yeux d’Éric. Le vol se déroule normalement. À l’atterrissage, Éric s’adresse à moi avec un grand sourire.

  • Je t’ai promis un après-midi shopping.
  • Oui !
  • On va y aller, mais je veux que ça soit une surprise. Mais mon chauffeur ne sera là que ce soir.
  • Ça ne peut pas attendre plus tard, alors ?
  • Je vais trouver un moyen.

Il sort son portable.

  • Bonjour, je voudrais vous louer une voiture pour la journée, c’est possible ?

Il écoute la réponse.

  • Vous pouvez me l’amener à l’aéroport ?

Dès qu’il raccroche, il dit :

  • La voiture arrive dans environ dix minutes.

On sort de l’aéroport pour aller attendre dans un café. Une voiture se gare devant nous. Pile dans les temps ! Quelqu’un en sort et donne les clés à Éric qui m’ouvre la portière. Éric va conduire et me donne quelque chose.

  • Mets-le sur tes yeux.
  • Oh !

Je mets le bandeau, puis la voiture démarre.

 

 

Chapitre n° 13

Paris

 

Au bout d’une heure de route, Éric s’arrête. Je vais pour enlever le bandeau, mais Éric m’en empêche.

  • On n’est pas encore arrivé, garde-le encore un instant. Je vais t’aider à marcher.

À un moment, Éric se place derrière moi et enlève le bandeau de mes yeux. Je découvre où il m’a emmenée. On est sur les Champs-Élysées, devant le magasin Louis Vuitton.

  • Tu peux rentrer, tu sais.

Je reste sans voix.

Je rentre dans le magasin. Je n’ose toucher à rien. Quand je regarde les étiquettes, j’ai qu’une envie, c’est de ressortir.

  • Elsa, ne consulte pas le prix. Je vais payer. Mais fais-toi plaisir.
  • Je ne sais même pas quoi choisir tellement j’aime tout.
  • Déjà, tu peux prendre des vêtements pour le travail, pour le rendez-vous pour la présentation de ton roman, pour toi.
  • Génial !
  • Pendant que tu choisis et essaies, je vais aller voir quelque chose.

Je hoche la tête. Éric m’embrasse.

  • À tout de suite, ma belle.

Il part. Pendant près d’une heure j’essaie des robes, jupes, pantalon. Je finis par choisir une robe jacquard sans manches à imprimés roses. Une mini-jupe en maille, un haut Péplum. Un pantalon slim, puis une robe de soirée longue brodée à volants, ainsi que des escarpins Heartbreaker, et pour finir des sandales Call Bac.

Éric revient quand j’ai terminé tous mes essayages.

  • Tu as fini ?
  • Enfin, j’aurais pu continuer longtemps, mais il faut bien une fin à tout !
  • Mettez tout sur mon compte, dit-il à la vendeuse.
  • Bien, monsieur.

On sort du magasin.

  • J’espère que tu t’es fait plaisir au moins ?
  • Je pense que oui. Je me suis pris une robe, une jupe, un haut, un pantalon, une robe de soirée et deux paires de chaussures.
  • Très bien.

On retourne à la voiture, puis on va à l’hôtel. Je suis quand même étonnée qu’on aille à l’hôtel.

  • Pourquoi va-t-on à l’hôtel ? Tu n’habites pas à Paris ?
  • J’habite à Paris, depuis plusieurs années, mais quand je suis partir de Paris pour aller à Brest, j’ai passé mon appartement à une amie qui en avait besoin. Je n’ai pas eu le temps de la prévenir de mon arriver, du coup, j’ai réserver cette chambre d’hôtel.
  • Ah bon ?!

On monte jusqu’au dernier étage, où il me laisse entrer en premier dans sa suite.

  • Ce soir, on sort. Tu pourras mettre ta nouvelle robe de soirée.
  • Génial !
  • Je vais te laisser un moment, je dois juste aller au bureau, mais je reviens te chercher pour aller dîner. Tu peux mettre des vêtements dans le dressing de la chambre.
  •  

Éric me laisse seule jusqu’au soir. Quand il revient, je suis déjà prête. Dès qu’il me voit, il ne me quitte pas des yeux. J’ai mis la robe de soirée longue brodée à volants et les sandales Call Bac.

  • Tu es sublime ! Retourne-toi, je veux te regarder. Viens, on va dîner.
  • Où va-t-on ?
  • Au Ciel de Paris.
  • Je ne vois pas où c’est.
  • Au 56eétage de la tour Maine-Montparnasse.

Je le regarde, étonnée et heureuse.

  • Allez, viens !

On sort de la suite. Je remarque que son conducteur n’est pas là.

  • Où est ta voiture ?
  • Mon chauffeur n’est pas encore arrivé.

On va au restaurant. En arrivant, je suis émerveillée par la vue qu’on a. Éric est obligé de me tirer par la main pour aller à notre table. Quand on est assis, je me tourne côté fenêtre pour regarder la ville briller sous mes yeux.

  • Ça te plaît ?
  • Oh oui ! Paris est magnifique vue de là.
  • J’ai déjà passé commande, tu ne m’en veux pas ?
  • Non, sauf si tu as commandé quelque chose que je n’aime pas.

Le serveur arrive avec nos entrées. Quand il met mon assiette en face de moi, je ne reconnais pas. Voyant mon regard, Éric m’en dit plus :

  • C’est du caviar avec son Champagne ultra-brut Laurent-Perrier, dit-il.
  • Je n’en ai jamais mangé.
  • Tu vas voir, c’est très bon.

J’en prends un peu sur un blinis, puis je goûte.

  • Humm c’est bon ! dis-je en en reprenant.
  • Ravi que ça te plaise.

Quand on a fini l’entrée, le serveur débarrasse. Environ 20 minutes plus tard, il nous apporte nos plats.

  • Homard entier avec des asperges vertes rôties, risotto aux fèves et petits pois avec son jus lié au corail d’oursin, nous annonce le serveur vêtu de sa chemise d’un blanc immaculé.
  • Tu connais le homard, me demande Éric.
  • Oui, j’en ai déjà mangé, mais pas comme ça, dis-je en commençant.
  • Alors ?
  • C’est exquis !

On finit nos plats. Éric me semble nerveux tout d’un coup. Pendant que je regarde la vue sur Paris, il sort quelque chose de sa poche.

  • Elsa ? J’ai quelque chose pour toi.
  • Pour moi ?
  •  

Il tend une main et pose une petite boîte devant moi.

  • Si tu n’aimes pas, on ira le changer au magasin demain, dit-il. Et non, ce n’est pas une bague de fiançailles.

J’ouvre le boîtier que je lâche dès que je vois le collier qui se trouve dedans.

  • Éric, je ne peux pas accepter ce collier. Déjà, tu m’achètes des vêtements et maintenant un collier, dis-je en lui rendant la boîte.
  • Elsa, accepte-le. Tu le mérites. Depuis que je te connais, je vois de nouveau la lumière.
  • Je ne sais même pas si je vais le porter, il est tellement élégant !

Éric se lève et se place derrière moi, puis prend la boîte et sort le collier et me le passe au cou.

  • La rose, parce que tu es belle comment une rose, dit-il.

Il retourne à sa place.

  • Il te va très bien.
  • Tu as bien choisi. C’est du vrai or ?
  • Et les diamants aussi. Dès que je l’ai vu, j’ai compris qu’il était pour toi.

Le serveur arrive.

  • Est-ce que vous prenez un dessert ? s’informe-t-il.
  • Elsa, tu veux un dessert ? me demande Éric en passant sa langue sur ses lèvres.
  • Non, merci.
  • On ne prendra pas de dessert ni de café.

Le serveur nous laisse. Éric se lève et me tend la main que je prends.

  • Viens, j’ai déjà payé.

On va jusqu’aux ascenseurs. Dedans, Éric se place derrière moi et me prend dans ses bras. Je sens son sexe entre mes fesses et je remarque qu’il est déjà dur.

  • J’ai très envie de toi, me dit-il dans l’oreille.

Au moment où je pense qu’il va m’embrasser, la porte s’ouvre. Deux personnes entrent.

  • Ça ne sera pas aujourd’hui que je vais te baiser dans un ascenseur, chuchote Éric.

À l’abri des oreilles indiscrètes, je lui pose la question qui me taraude l’esprit.

  • Tu es sérieux quand tu me dis que tu veux me baiser dans un ascenseur ?
  • Oui, absolument. Encore plus avec cette robe sur toi.

Je rougis. On arrive en bas de l’hôtel.

  • Attends-moi là, je n’en ai pas pour longtemps.

Je l’attends dans le hall. Éric est allé voir la réception. Il revient au bout que quelques secondes. Il appuie sur le bouton de l’ascenseur. Dès que les portes s’ouvrent, on rentre et il appuie directement sur le dernier étage et met une clé dans une serrure.

  • C’est une clé pour empêcher que les portes s’ouvrent, dit Éric. Je crois bien que c’est ce soir qu’on va faire l’amour dans un ascenseur, dit-il en s’approchant de moi.
  • Là ? Maintenant ?
  • Ici, me répond-il en m’embrassant.

Je suis tout excitée à cette idée. C’est tellement ahurissant le fait qu’Éric puisse mettre à profit tous mes fantasmes aussi facilement. Je lui souris avec émotion. Dans son regard, je lis la fièvre et la passion débordante.

Instinctivement, je recule vers la paroi de la cabine. La plaque de bois qui la recouvre m’amortie un peu. Au sol, de la moquette soyeuse invite à s’y coucher. J’ai plein d’idées qui me traversent la tête. Je voudrais le sucer, là, à genoux. Je voudrais qu’il me prenne nue dans ce lieu exigüe. Je voudrais que le temps s’arrête pour nous laisser ensemble pour le reste de nos vies ! Mais Éric pense à autre chose. Il se rapproche de moi, lentement comme un lion prêt à sauter sur sa proie. Ses mains se posent sur mes épaules et font descendre les bretelles l’une après l’autre. Je frissonne déjà. Son corps frôle le mien et sa bouche se colle à la mienne. Je ressens sa chaleur. Je ressens son envie qui se mêle à la mienne. Notre baiser est lent et mouillé.

Une de ses mains touche ma cuisse en se faufilant sous les pans de la robe. Elle est douce et ferme. Il pétrie ma fesse et cherche à aller plus loin. Je tressaille ! Non ? Il cherche à s’insinuer par l’arrière. Je n’en peux plus ! Je bouge mes jambes pour lui faciliter l’accès en me décollant du mur de l’ascenseur. D’un coup d’œil, je vérifie bien que l’ascenseur est à l’arrêt et ne risque pas de faire entrer quelqu’un. C’est bon ! La clé est en place et interdit toute intrusion inadéquate. Mais ce n’est pas le cas pour le doigt d’Éric qui a trouvé le chemin vers mon endroit secret. Celui qui n’a jamais été visité par un sexe d’homme. Un autre de mes fantasmes.

Tout à coup, Éric me retourne face contre la paroi. Surprise, je pousse un petit cri.

  • Chut ! C’est pas parce qu’on est seul dans cet ascenseur, qu’on ne va pas t’entendre de l’extérieur. Fais-moi confiance. Je ne vais pas te faire de mal.

Il a écarté mes jambes d’un coup rapide avec la sienne. Je suis écartée et penchée vers l’avant.

  • Pose tes mains sur le mur.

Je m’exécute.

Derrière moi, Éric soulève ma robe qu’il fait reposer sur mes hanches. Mes fesses sont à sa vue. Mon petit string ne cache rien évidemment. Il caresse le bombé de mon cul et je m’attends à des surprises. Instinctivement, mes fesses poussent sur sa main. j’ai si envie qu’il m’offre une pénétration forte !

  • Je vois que tu as des envies intéressantes, Elsa ! j’aime ça ! Cambre-toi plus encore. Je veux voir ton cul offert.

Je n’en peux plus ! Il mets mes nerfs à bout. Vite ! Prends-moi !J’ai envie de lui crier ça, mais je me retiens. Je pense que mon corps parle pour moi.

Un cliquetis derrière moi m’informe qu’il passe à l’action. Je penche la tête sur le côté, curieuse de le voir se déshabiller.

  • Tss ! Tss ! Non, Elsa. Tourne la tête. Ne me regarde pas.

Déçue, j’obtempère, malgré tout.

Je sens quelque chose de froid couler sur ma peau. Un liquide coule et son doigts glisse dans mon trou. La sensation est étrange. Intrusive, mais pas désagréable.

Cependant, ce n’est pas le chemin qu’il prend pour me pénétrer. Il garde la voie classique et s’introduit d’un coup en moi. Je crie. Il ne mets pas longtemps à jouir, plaqué contre mon dos. Nous finissons collés l’un à l’autre, plaqués contre le mur de l’ascenseur. Nos souffles sont courts et quelques gouttes de transpiration suintent de nos tempes.

Avant de remettre en route l’ascenseur, on remet nos vêtements. Dès que c’est bon, Éric retire la clé et l’ascenseur se remet en route.

  • J’ai encore envie de toi, dit Éric en me prenant dans ses bras.
  • Moi aussi, j’ai envie de vous, Maître.
  • Enlève ta robe, mais garde le collier et tes sous-vêtements.

Je commence à enlever ma robe tandis qu’Éric enlève sa chemise.

Éric se poste devant moi, torse nu. Il a gardé son pantalon et ses chaussures. Quant à moi, je suis juste en sous-vêtements comme il me l’a demandé. D’un signe de la main, il me demande de le rejoindre.

  • À genoux, Elsa. Je crois que tu me dois bien quelque chose en retour.

Ce moment que j’attendais depuis longtemps, arrive enfin. J’ai tellement hâte de le prendre en bouche.

Je tombe à genou devant lui, je déboute son jean, le lui baisse. Je caresse sa queue à travers son boxer. En entendant, Éric gémir, ça me donne envie de le faire jouir.

  •  

Je baisse son boxer. Contrairement à la première fois, je pose un bisou sur son gland, je ne prends pas directement son sexe en entier, mais seulement son gland ou je passe ma langue. Au lieu de le prendre dans ma bouche, je lèche sa queue en tournoyant. Il a un goût salé.

Au moment où je passe ma langue pour la seconde fois, Éric émet un gémissement.

  • Elsa, suce-moi.

En entendant son ordre, je prendre sa queue en entière dans ma bouche. Je fais des petits va-et-vient. Tout en continuant à le sucer, je prends ses testicules et les caresses. Je l’entends gémir. En levant les yeux, je croise son regard remplir de désir. Je me rends compte de l’effet que j’ai sur lui.

  • Continue, ma belle, dit Éric d’une voix sourde.

Au moment où j’accélère mes va-et-vient, Éric pose une main sur ma tête et bouge son bassin. Il passe sa main dans mes cheveux, je n’ai pas le choix de suivre le mouvement. Il retire son sexe puis le refait rentrer dans ma bouche jusqu’au fond de ma gorge. Je pose mes mains sur ses fesses pour le maintenir contre moi. Je sens que je commence à être exciter, je suis sûre que s’il me caresse mon sexe, je jouis directement. Je le regarde de nouveau tout en gardant sa queue dans ma bouche.

  • Je vais jouir, Elsa, dit-il en se retirant.

Je le reprends directement dans ma bouche puis je passe ma langue sur son gland et tourne autour. Au bout de quelques minutes, je sens sa jouissance arrivée, j’avale tout. Contrairement à la dernière fois, j’apprécie plus le goût de sa jouissance. Je lâche son sexe puis passe ma langue sur mes lèvres. Éric me lève, m’embrasse et m’enlace.

  • C’était encore mieux de la première fois, me dit-il.
  • Je suis excité, osé-je dire.
  • Voyons voir ce qu’on peut faire pour te soulager.

Éric passe sa main entre nos deux corps puis me caresse à travers mon string. Il passe sa main et enfonce ses doigts dans mon sexe tout en titillant mon clitoris avec son pouce. Il ne m’en faut pas plus pour que je jouisse. Éric me porte dans ses bras puis m’allonge sur le lit puis il s’allonge à côté de moi et nous met le drap dessus nous.

Après deux jours magnifiques, ou Éric m’a fait l’amour, dans la douche, contre la porte de la chambre, sur la table, contre le lavabo, contre la vitre de la chambre, Éric doit partir très tôt au travail. Je suis réveillé par un bruit.

  • Désolé, Elsa. Je ne voulais pas te réveiller.
  • Quelle heure est-il ?
  • Sept heures. Je dois aller au bureau. Tu me rejoins quand tu es prête ?
  • Je peux être prête d’ici vingt minutes.
  • Prends ton temps. Viens vers 9 h 30.
  • Pourquoi aussi tard ?
  • Je dois avant tout proposer un manuscrit à mon équipe. Reste ici tranquille, dit-il en m’embrassant. Mon chauffeur viendra te chercher pour t’emmener à mon bureau.
  • Parfait, merci Éric.
  • À tout à l’heure.

Éric est parti et je n’arrive pas à me rendormir. Alors, je me lève et me prépare. J’adore mes nouveaux vêtements ! Comme je ne sais pas combien de temps il faut pour aller au bureau d’Éric, je descends. Le conducteur est déjà là.

  • Vous pouvez m’emmener au bureau d’Éric, s’il vous plaît ?
  • Bien sûr, madame.
  • À moins qu’on soit trop en avance ?
  • Non, c’est bon, dit le chauffeur.

Devant l’immeuble, je lève la tête pour voir l’édifice.

  • Le bureau de monsieur est au dernier étage, me dit le chauffeur.
  •  

Avant d’appuyer sur le bouton d’appel de l’ascenseur, j’envoie un message à Éric.

« Je suis en bas devant les ascenseurs. »

Devant son bureau, je vois Éric en sortir pour venir m’accueillir.

  • Bonjour, monsieur, dis-je.
  • À l’heure, c’est bien, dit-il. Je vais te faire visiter.
  • Qu’en penses-tu ?
  • Que c’est plus grand que Brest !
  • C’est vrai. Ton travail sera de me rappeler mes rendez-vous, répondre au téléphone, dit-il. Mais pour l’heure, je dois te parler.
  • De quoi ?
  • Assieds-toi.

Je m’assois sur le fauteuil.

  • Ce matin, comme tu le sais, je devais voir mon comité de lecteurs et leur montrer ton manuscrit. En ce moment même, ils sont en train de le lire. Si tout va bien, d’ici ce midi, ils doivent me donner leur réponse.
  • D’accord.
  • Autre chose. J’ai eu des nouvelles de mes enquêteurs.
  • Ils ont appris quelque chose ?
  • Oui, ils ont découvert que ton ex habite dans l’appartement qui est en dessous de chez toi. Il t’a pris souvent en photo quand tu rentrais, sortais, quand tu étais dehors dans les magasins.
  • Ce n’est pas possible, je l’aurais vu !
  • Ça fait un mois qu’il est installé. Il ne sort pas souvent.
  • Donc, là il sait que je ne suis pas chez moi ?
  • J’ai demandé à mes hommes de rester dans le coin.
  •  

On frappe à la porte.

  • Entrez !

La porte s’ouvre.

  • Bonjour, monsieur. Je viens pour vous donner la réponse du comité de lecteurs.
  • Je vous écoute.
  • Alors le manuscrit a vraiment plu. On n’a jamais lu quelque chose d’aussi plaisant. Le comité de lecteurs de Brest ne s’est pas trompé.
  • Bien, merci de votre rapidité.
  • De rien, monsieur.
  • Je viens d’ici quelques instants.

La personne part. Éric se tourne vers moi.

  • On dirait que ton roman va être publié.

Je ne dis rien, car la surprise me cueille.

  • Viens, je vais te présenter.
  • Attends, je ne sais pas si c’est une bonne chose. Je ne veux pas qu’on croie que j’ai un passe-droit parce qu’on a une relation.
  • Tu as posté ton manuscrit, le comité de lecteurs de Brest l’a accepté tout comme celui de Paris.
  • Je sais, mais tu m’as emmenée ici. Ils peuvent penser que je te l’ai donné.
  • Je te comprends, mais je te rassure, ils ne savent pas que c’est toi qui as écrit le manuscrit
  • D’accord.

On va voir le comité de lecteurs.

  • Rebonjour à tous, dit Éric en rentrant. Je voulais vous présenter celle qui a écrit le manuscrit que je vous ai demandé de lire. Elle se prénomme Elsa. Elle a un talent pour l’écriture comme vous avez pu le voir.
  • Enchantée.
  • Enchanté Elsa. Ton manuscrit est parfait, on espère qu’il y a une suite.
  • Elle est en cours d’écriture.
  • Oh super !
  • Sachez qu’Elsa est mon assistante depuis peu. J’ai appris qu’elle avait écrit quand son roman est arrivé sur mon bureau, dit Éric. Bon, on va retourner au travail.

On sort de la pièce pour rejoindre son bureau.

  • Ton contrat sera près d’ici quelque temps. Pour le moment, je dois juste rédiger des contrats pour des manuscrits que j’ai déjà décidé de publier.
  • Il n’y a pas d’urgence.
  • C’est vrai.

Éric rédige des contrats. Pour ma part, je me suis mise à écrire le deuxième tome. Le téléphone sonne.

  • Allô.
  • Bonjour, je voudrais parler à Éric, s’il vous plaît.
  • Qui dois-je annoncer ?
  • Je suis monsieur Arnaud.
  • Je vois si monsieur Éric est disponible.
  •  

Je mets ma main sur le téléphone.

  • Éric ? J’ai un certain Arnaud en ligne, il aimerait te parler.
  • Je le prends, dit Éric. Est-ce que tu peux aller nous chercher un café ?
  • Bien sûr.
  •  

Je lui passe le téléphone et je sors pour aller lui chercher un café. Quand je reviens au bout de quelques minutes, Éric continue sa conversation.

  • Vous êtes sûr ?

Éric écoute la réponse de la personne

  • D’accord. Continuez la surveillance.

Éric raccroche.

  • Merci pour le café, Elsa.
  • Je t’en prie.
  • Elsa ? Est-ce que tu as un compte Facebook ?
  • Oui, pourquoi ?
  • Ton ex-mari a peut-être eu ton numéro par ce biais.
  • Impossible, il n’y a que moi qui peux le voir.
  • Est-ce que ton ex est bon en informatique ?
  • Alors là non. Je devais tout faire pour lui.
  • Mes hommes pensent qu’il a pu plagier ton compte pour avoir ton numéro.
  • Il n’est pas bon en informatique, je viens de te le dire.
  • Oui, je sais. Mais en même temps, depuis combien de temps tu ne l’as pas vu ?
  • Trois ans.
  • En trois ans, il a pu faire une formation ou connaître une personne qui sait pirater un compte.
  • Sa nouvelle compagne. Elle s’appelle Véronique. Je l’ai vue une seule fois.
  • D’accord. Je vais demander à mes hommes d’enquêter sur elle.
  • Merci de faire tout ça pour moi.
  • De rien, ma belle.

Éric prend son téléphone et appelle.

  • Est-ce que vous pouvez enquêter sur une certaine Véronique ? C’est la compagne de Benoît.

Il écoute la réponse, tout en me regardant

  • Une seconde.

Éric met sa main sur le téléphone et me parle :

  • Tu es sûre qu’il est avec elle ?
  • Oui, ils ont un enfant ensemble.

Il reprend sa conversation.

  • Inspectez l’appartement. Il y a un enfant aussi.
  • Monsieur, on ne peut pas rentrer comme ça chez quelqu’un.
  • Trouvez une solution, mais allez fouiller !
  • Bien, monsieur.

Éric raccroche.

  • Que fais-tu ?
  • J’avance sur le deuxième tome.
  • D’accord. Tu veux manger quelque chose ?
  • Je n’ai pas vraiment faim.
  • Elsa, il faut que tu manges. Si tu veux, je peux demander à nous faire livrer quelque chose. Je connais un bon chinois, dit Éric en posant un baiser sur le cou.
  • Bon, si tu insistes !

Éric appuie sur un bouton.

  • Oui monsieur, dit une voix.
  • Pouvez-vous commander deux plats chinois ?
  • Oui, monsieur. Je les prends au même restaurant que d’habitude ?
  • Bien sûr.
  • Je le fais tout de suite.

Éric me regarde et dit :

  • Le repas sera là d’ici trente minutes. Tu sais, on peut faire beaucoup de choses en trente minutes, dit-il en approchant son fauteuil.
  • Ah ! Et quoi ?
  • Ceci, dit-il en posant un baiser sur mes lèvres. Désolé, mais j’en avais envie depuis que tu es arrivée.

Éric me lève de mon fauteuil, me positionne sur ses genoux puis commence à me caresser.

  • Éric, je ne sais pas si c’est une bonne idée.
  • Elsa, c’est une très bonne idée. Ne me dis pas que tu n’as pas envie, dit-il en déboutement mon pantalon.

Il passe sa main dedans, arrive sur ma culotte et commence à me caresser à travers. Il écarte ma culotte et enfonce un doigt dans ma chatte.

  • Tu es déjà mouillée.
  • Oui, je sais.
  • Comme on n’a pas beaucoup de temps, ça sera seulement l’apéro, dit Éric en enfonçant un deuxième doigt.
  • Éric !
  • Cependant, essaie de ne pas faire trop de bruit, dit-il en enfonçant un troisième doigt.
  • Comment ? demandé-je en gémissant.
  • Débrouille-toi, dit Éric en commençant ses va-et-vient.

Je bouge mon bassin en rythme pour enfoncer plus loin ses doigts. Au moment où je sens que je vais jouir, Éric met sa deuxième main sur ma bouche. Il retire ses doigts puis il me tient dans ses bras. On frappe à la porte du bureau. Éric me fait descendre de ses genoux.

  • Entrez !

La porte s’ouvre.

  • Je vous apporte votre repas, monsieur.
  • Merci, posez-le sur la table s’il vous plaît.

La personne pose notre repas sur la table puis sort, et l’on commence à manger.

  • Alors ?
  • C’est bon.
  • C’est tout ?
  • C’est très bon.
  •  

Après manger, Éric passe son temps au téléphone. Vers 17 heures, il me dit :

  • Tu peux rentrer à l’hôtel si tu veux, j’en ai encore pour un moment.
  • Pas de problème.

Je prends mes affaires et je pars après avoir dit au revoir à Éric. À peine rentré dans la chambre, je pose mes affaires quand j’entends un son. Le bruit vient du bureau d’Éric. C’est un fax qui crache un papier. Je me dis que c’est peut-être par rapport à Benoit et je déchiffre la lettre. Je tombe des nues en voyant mon nom dessus. Je prends la feuille pour lire. Dès que j’ai fini, je comprends qu’Éric a enquêté sur moi. Sans plus attendre, je décide de partir et de rentrer chez moi à Brest. Je me sens trahie par lui. Pourquoi cette enquête ? Qu’a-t-il à craindre de moi ?

Je prends mes affaires. Je laisse en revanche les vêtements et le collier qu’Éric m’a offert. Avant de partir, j’écris un mot pour expliquer mon départ : « Éric, un fax est arrivé pendant ton absence. En pensant que c’était important, j’ai regardé. J’ai pu voir que tu avais enquêté sur moi, chose que je n’aime pas. Déjà, que je ne sais rien de toi sauf que tu es PDG, alors enquêter sur mon compte est inadmissible ! Je pars. N’essaie pas de me revoir. Pour mon roman, je trouverai une autre maison d’édition. »

Je prends un taxi pour m’emmener à l’aéroport où je prends un billet d’avion pour Brest. Mon avion décolle trois heures plus tard. Pendant que j’attends, mon mobile sonne. C’est Éric évidemment. Je ne veux pas répondre. Au bout de cinq minutes, j’ai un nouveau message vocal que j’écoute « Elsa, où es-tu ? Laisse-moi t’expliquer. » Puis des textos.

« Reviens s’il te plaît, ne pars pas. »

« Réponds-moi. Où es-tu ? »

J’éteins mon portable pour être tranquille.

 

 

Chapitre n° 14

Le viol

 

Deux mois sont passés depuis que j’ai quitté Paris et Éric par la même occasion. Il continue de m’envoyer des textos, mais je ne réponds pas. J’ai reçu le contrat pour mon roman que je n’ai pas signé. Bref, j’ai repris ma vie. Je sais que mon ex habite dans le même immeuble. Par moments, j’ai l’impression que je suis surveillée.

Je suis sortie au parc. En marchant, je lis le dernier SMS d’Éric.

« Elsa, je ne sais pas si tu lis mes messages, mais sache que je pense à toi et qu’il faut qu’on parle ou du moins que je te parle. »

Je range mon mobile sans répondre. Après une heure de marche, je décide d’opérer un demi-tour, quand je vois un homme arriver en courant vers moi. J’ai juste le temps de voir qu’il porte une cagoule, qu’il m’entraîne derrière un arbre. Je me débats comme je peux, mais la personne me tient fort. Elle tire sur mon pantalon et ma culotte.

  • Arrêtez !

Je le vois baisser son pantalon et son boxer. Il enfonce sa bite dans mon sexe. Je sens mes larmes couler. Il s’en fout, il continue, jusqu’à jouir en moi. Il a plaqué sa main sur ma bouche pendant tout le temps du viol. Et c’est au moment où on entend du bruit, qu’il me lâche. Je hurle à plein poumon.

  • Madame, vous allez bien ?

Un homme est près de moi. Il me pose plein de questions auxquelles je n’arrive pas à répondre tellement le choc est violent.

  • Que s’est-il passé ?
  • Je viens de me faire violer !
  • Quoi ? Je vous emmène à la gendarmerie.

Je me lève. Mes jambes tremblent. L’homme qui me dit s’appeler Cédric me soutient. On arrive à sa voiture. Il va jusqu’au poste de la police. Je ne peux m’empêcher de pleurer.

  • Vous voulez que je vienne avec vous ou ça ira ?
  • J’aimerais que vous veniez avec moi.
  • Oui ! Bien sûr, pas de problème !

On sort de la voiture et l’on rentre dans le commissariat.

  • Bonjour, est-ce que je peux voir un inspecteur ? demande Cédric toujours en me soutenant.
  • Il vous arrive quoi ? demande l’agent en me passant un mouchoir.
  • Je veux porter plainte pour viol.
  • Oh ! Je vois. Et vous, monsieur ?
  • Je l’accompagne, je n’ai pas vu la scène, mais je suis arrivé peu de temps après.
  • D’accord. Je vais prévenir l’agent.

Pendant toute la conversation avec l’inspecteur, j’ai les larmes qui coulent quand je parle. La discussion est très pénible. Les questions sont embarrassantes, mais la gendarme qui me parle essaie d’être bienveillante.

  • Il va falloir vous faire examiner par un médecin. Pour …prouver le viol, dit-elle sur un ton gêné.
  • Je comprends, oui.
  • Vous n’avez pas vu son visage ?
  • Il portait une cagoule. Je n’ai vu que ses yeux. Il n’a même pas parlé.
  • D’accord, oui. C’est classique pour les affaires de viol. Vous avez un moyen pour aller à l’hôpital ?
  • Je vais l’accompagner, madame, dit Cédric.
  • Vous avez quelqu’un à prévenir ?
  • Mes parents, mais je préfère le faire un peu plus tard.
  • Bien, mais il ne faut pas que vous restiez seule.

Cédric et moi, on sort du commissariat pour se rendre à l’hôpital. Le docteur qui me consulte me demande s’il doit appeler mes parents. Même si je ne suis pas mineure, comme ce sont les seules personnes proches, il pense qu’il vaut mieux les prévenir.

  • Vous avez raison, docteur. Je vais les prévenir.
  • Je donnerai les résultats à l’inspecteur. Une dernière question, est-ce que vous avez eu des rapports dans les jours précédents ?
  • Non, le dernier remonte à deux mois, et encore c’était avec un préservatif.
  •  

Le médecin part. Il revient au bout d’une heure.

  • Madame, l’examen a permis de confirmer le viol. On va vous faire une prise de sang. Est-ce que vous avez une contraception ?
  •  
  • Je vais vous prescrire la pilule du lendemain, dans ce cas. C’est plus prudent.
  • D’accord.
  • Vos parents vont arriver bientôt ?
  • Oui, ils viennent me chercher.
  • Vous devez vous reposer en attendant.

Le médecin part. Bien que je ne lui parle plus depuis deux mois, je dois prévenir Éric. Je l’appelle, mais il ne répond pas. Je lui envoie alors un SMS.

« Éric, il faut que je te parle, c’est urgent. »

Mes parents arrivent sur la fin de mon message.

  • Chérie, le médecin nous a dit ce qui s’est passé, dit ma mère. Comment vas-tu ?
  • Je me sens mal !
  • Oh ma chérie, c’est si affreux ! Tu as bien fait d’aller directement porter plainte.
  • Que veux-tu faire ?
  • Là, dormir.
  • D’accord. Tu veux qu’on te laisse ?
  • Non, restez s’il vous plaît.
  • Bien sûr.

Mes parents posent un bisou sur mon front et s’assoient sur des chaises. Je m’endors paisiblement. Je me réveille seulement au bout de trois heures.

  • Comment vas-tu ?
  • Est-ce que mon mobile a sonné ?
  • On est désolé, mais on a lu le message. C’était Éric. On l’a appelé, on lui a dit ce qui t’était arrivé et il vient ici.
  • Il vient ?
  •  
  • Où est mon mobile ?
  • Tiens, dit ma mère en me le passant.

J’envoie une réponse à Éric.

« Éric, je ne sais pas si tu es dans l’avion,

mais ce n’est pas la peine de venir. »

Je pose mon portable.

  • Tu sais, il nous a dit que tu étais importante pour lui, dit ma mère. Il nous a dit aussi qu’il voulait te parler. Tu devrais lui laisser une chance de s’expliquer.
  • Je sais.
  • On va aller chez toi et on revient demain.
  • Elsa, réveille-toi, tu fais un cauchemar.

J’ouvre les yeux. Éric est devant moi. Dehors, il fait nuit.

  • Je suis là, dit-il en me prenant dans ses bras. Tu faisais un cauchemar.

Je me mets à pleurer.

  • Chut, il ne t’arrivera rien à présent. Tu veux me parler de ce qui s’est passé ?
  • Pas maintenant.
  • Pas de problème. Sache que je serai là quand tu voudras parler. J’ai des choses à te dire, mais j’attendrai que tu ailles mieux.
  • Merci d’être venu.
  • C’est normal, Elsa.
  • Comment fais-tu pour ton travail ?
  • Ne t’inquiète pas, je me suis arrangé pour le moment. Où sont tes parents ?
  • Ils sont allés chez moi.
  • Tu veux que je reste près de toi cette nuit ?
  • Oui, mais comment as-tu fait ? Les visites sont interdites le soir ?

Éric s’assoit sur la chaise.

  • Ne t’inquiètes pas pour ça. Les infirmières savent ce qui t’es arrivé et elles m’ont laissé entrer. Je ne voulais pas que tu restes seule cette nuit.
  • Est-ce que tu peux venir à côté de moi ?

Je me déplace et Éric rentre dans le lit. Il passe ses bras autour de moi et m’attire à lui. Je pose ma tête sur son torse, au bout de quelques secondes, je m’endors.

 

 

Chapitre n° 15

Le retour d’Éric

 

Quand je me réveille, je vois les yeux d’Éric au-dessus de moi.

  • Bonjour, Elsa.
  • Bonjour, Éric. Ça va ?
  • Oui merci.

Éric s’extirpe du lit.

  • Tes parents vont bientôt arriver. Ils ont appelé quand tu dormais.
  • Ah ! Très bien.

En effet, quelques minutes plus tard, on frappe à la porte.

  •  

Ce sont mes parents qui rentrent, les bras chargés de cadeaux.

  • Bonjour, ma chérie.
  • Bonjour, maman, papa.
  • Tu vas mieux ? me demande mon père.
  • Oui, j’ai bien dormi. Est-ce que je peux rentrer ?
  • Oui, mais on aimerait que tu viennes à la maison, dit ma mère. Le temps que la police trouve le coupable.
  • Mais ma vie est à Brest.
  • Écoute, on sait, mais on sera plus tranquille, dit ma mère.

Éric écoute la conversation, mais je vois bien qu’il veut intervenir.

  • Excusez-moi, si ça peut vous rassurer, je peux rester avec Elsa à Brest.
  • On ne peut pas exiger ça de vous, dit mon père.
  • Vous ne m’avez rien demandé, j’ai quelques semaines calmes et je peux travailler loin de mon bureau.

Mes parents se regardent.

  • Maman, papa. Vous pouvez lui faire confiance, dis-je en essayant de les rassurer.
  • Bon, d’accord, si Elsa veut que vous restiez près d’elle, vous pouvez, dit mon père.
  • Merci, papa.

Mes parents partent.

  • Merci d’avoir pris ma défense, Elsa.
  • Je ne sais pas si j’ai bien fait.
  • Elsa, je dois te parler…
  • Pourquoi as-tu enquêté sur moi ?

Ma question lui coupe la parole. J’ai besoin de connaitre ses raisons.

  • Je voulais en savoir plus sur toi. Je ne t’ai jamais caché que tu me plais énormément. Comme tu sais, je suis riche et j’ai connu des femmes qui en ont toujours voulu à mon argent.
  • Mais je ne suis pas comme ça !
  • Je le sais. Du moins, je l’ai compris, mais trop tard. J’avais déjà lancé l’enquête. Je suis désolé.
  • Je comprends.
  • Je peux te poser une question ?
  • Bien sûr.
  • Est-ce que tu sais si c’est ton ex qui t’a violée ?
  • Je ne sais pas. Je n’ai pas vu son visage et je n’ai pas regardé.
  • Ça te dit de quitter cette chambre ?
  • Avec plaisir, mais pour aller où ?
  • Chez toi, pour que tu puisses te changer, après on improvisera. Mon chauffeur n’est pas encore là.
  • D’accord. On peut prendre le tramway pour aller chez moi.
  • Bien, je vais te laisser t’habiller.

Éric sort de la chambre pour m’attendre. Dès qu’on sort de l’hôpital, Éric passe immédiatement un bras autour de ma taille.

  • Bon, il est où l’arrêt du tram ?
  • Suis-moi !

On se dirige vers l’arrêt. En arrivant, Éric se prend un ticket. Je me suis écartée de quelques pas le laissant faire. Il vient près de moi dès qu’il a son ticket et me prend directement la main.

  • Ne t’éloigne pas de moi, s’il te plaît.
  • Je n’étais pas loin.
  • Peut-être, mais je te préfère à côté de moi.
  • D’accord, dis-je en lui serrant la main.
  • Combien a-t-on d’arrêts à faire ?

À peine rentré chez moi, je me dirige vers la salle de bain.

  • Je vais me laver.
  • Tu veux que je t’aide ?
  • Non, dis-je en levant la voix. Désolée, c’est juste que je me sens sale.
  • Je comprends très bien, dit Éric en me prenant dans ses bras. Prends ton temps.

J’ai du mal à sortir de la douche. Mes larmes se confondent avec l’eau. Quand enfin, j’en sors, Éric voit à ma mine que cela ne va pas.

  • J’aimerais t’aider à effacer cette douleur.
  • Je sais, je vais m’en remettre. Quand ? Je ne sais pas… Déjà, ta présence me fait du bien.
  • J’en suis heureux alors. Je sais que tu ne veux pas en parler, mais je peux te poser une question ?
  •  
  • Comment as-tu fait pour aller au commissariat ?
  • Un certain Cédric est arrivé et m’a emmené. Je dois avoir son numéro dans mon portable.

Je vois bien qu’Éric a l’air contrarié, mais il ne fait aucune remarque.

  • Que veux-tu faire maintenant ?
  •  

Éric s’assoit sur une chaise et me pose sur ses genoux.

  • Elsa, je suis désolé.
  • Pourquoi ?
  • De ne pas t’avoir parlé de ma vie. Alors que toi tu m’as ouvert ton cœur.

Je le regarde.

  • Ma vie n’a pas toujours été rose. Ma mère est décédée quelques mois après ma naissance. C’est mon père qui m’a élevé. Il était alcoolique.
  • Comment as-tu fait ?
  • Je me suis débrouillé tout seul. Ça n’a pas toujours été facile. À l’âge de 15 ans, j’étais dehors, je vendais de la drogue, j’en prenais aussi, mais c’est grâce à ma tante que j’ai réussi à m’en sortir. Elle m’a payé mes études.
  • Et ton père ?
  • Je ne le vois plus, et ma tante, de temps en temps. Tu comprends pourquoi je n’en parle pas ?
  • Oui, mais aussi je comprends ta réaction quand mon ex m’a frappée.
  • Pour moi, on ne frappe pas les femmes. Mon père ne s’est jamais intéressé à moi. Dès que j’ai eu 10 ans, il me laissait faire tout ce que je voulais, c’est à ce moment-là où j’ai dérapé la première fois. Je me suis battu contre un garçon plus âgé que moi parce qu’il battait une fille. À mon retour à la maison, mon père m’a envoyé dans ma chambre sans rien me dire.
  • Je suis désolée pour toi.
  • Ne le sois pas. Écoute, voilà ce que je te propose : on sort !
  • Pour aller où ?
  • On va s’éloigner de Brest pour le week-end.
  • Mais comment on va y aller, ton chauffeur n’est pas là ?
  • Tu as une voiture, toi ?
  •  
  • Bien, on va la prendre. Où sont les clés ?
  • Dans le panier sous la télé. Que dois-je prendre avec moi ?
  • Rien

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